Défis littéraires
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Ce qu’on a pensé de nos lectures Jeune adulte

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Je suis tellement contente de voir la participation à notre défi littéraire de 2016. Vous avez été nombreux à nous écrire pour nous dire que vous alliez participer et honnêtement, ça nous fait bien plaisir. On espère le plus humblement vous inspirer à lire davantage et surtout à lire québécois! En voyant des vidéos comme celui-ci, on se dit qu’on peut réellement inciter les gens à découvrir des nouveaux genres et auteurs. Bonheur!

Alors, voilà pour ce premier mois de l’année, le thème était Jeune Adulte. Voici donc ce que nous avons lu et ce que nous en avons pensé. N’hésitez pas à nous écrire dans les commentaires quelles ont été vos lectures et si elles vous ont plu.
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Pour ma part, j’ai lu Camille de Patrick Isabelle. Ce roman empreint de lumière traite de thèmes fort tragiques comme la violence conjugale. Le père de Camille est violent, manipulateur et complètement inapte. La jeune fille est donc élevée entourée de peur, de cri et de douleur. Elle cache ses bleus et tente par tous les moyens de prévenir les colères de son père. Prise avec la douleur de sa mère, c’est avec soulagement qu’elle se sauve en Acadie avec celle-ci pour retrouver sa famille maternelle qu’elle n’a jamais vraiment connue. S’ensuit une belle amitié avec son cousin et enfin, la découverte du sentiment de liberté et de quiétude. Camille est une œuvre jeunesse, mais rien n’est « jeunesse » dans l’écriture comme dans les thèmes abordés. Ce bouquin est engagé, très bien écrit et fondamentalement lumineux. Le réalisme des dialogues comme la dureté de l’enfance de Camille font de ce roman un incontournable de la littérature jeunesse québécoise, mais surtout, un baume inespéré pour beaucoup trop de jeunes coincés dans une famille dysfonctionnelle où on ne sait pas bien aimer.

Caroline, de son côté, a lu Le supplice du cornichon d’Annie Dubreuil. Voici ce qu’elle en a pensé : « Comme j’ai aimé me glisser pendant quelques instants dans le cerveau d’un garçon! C’est tellement le genre de truc que, nous les filles, on aimerait pouvoir faire pendant quelques heures, pour savoir enfin comment vous pensez messieurs! Avec Annie Dubreuil, c’est possible et c’est même très amusant dans son roman Le supplice du cornichon.
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Trop souvent les livres pour ados sont des histoires de filles, du moins de mon point de vue, alors qu’elle fût ma joie de me retrouver enfin avec un personnage principal masculin. Damien, 16 ans, ne l’a vraiment pas facile (comme à cet âge, rien n’est toujours facile ;)), bref il fait de l’acné, n’a aucun sou en banque et se trouve à être amoureux de la plus belle fille de l’école qui, elle, trouve qu’il ressemble à un pauvre cornichon (P.-S. moi, j’adore les cornichons, Damien!). C’est alors que notre Damien se met à croire (et il l’apprendra à ses dépens) que le secret du succès dans la vie et auprès des filles c’est de faire de l’argent, beaucoup d’argent! Il trouvera toutes sortes de stratagèmes, notamment en utilisant son pauvre petit frère pour arriver à ses fins, un passage où j’ai tellement rigolé. Bref, le roman d’Annie Dubreuil se lit d’un trait, et nous ramène parfaitement dans tous ses lieux « d’ados » : dans notre chambre, dans les rues à errer pour n’aller nulle part, sur le banc dans le corridor de l’école ou à la café’ avec nos amis et c’est un vrai plaisir de s’y retrouver avec Damien! Un vrai petit bonbon pour la nostalgique que je suis encore de temps en temps de Ces bons moments d’adolescentes… »

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De son côté, Alexandra G. a lu Coeur de slush et elle a beaucoup aimé : « Billie Fay aime boire de la slush bleue jusqu’à en geler son cerveau, écouter des chansons tristes même quand elle ne l’est pas et porter sa robe rouge qui virevolte dans le vent. Le tout premier roman de Sarah-Maude Beauchesne se lit d’une seule et même traite. Les mots coulent, s’enchaînent, se succèdent à une vitesse folle dans une naïveté pleine de franchise. Sans aucun détour, avec la candeur qu’on reconnaît à l’adolescence, le récit décrit ce tiraillement entre la peur de devenir femme et le confort de s’attarder à l’enfance encore un peu. On effleure au passage quelques bouts de vérité sur la réalité d’être adolescent. Risquer d’être blessé seulement pour expérimenter de nouvelles choses, éprouver une tonne d’émotions contradictoires et se frapper aux désillusions de la vie d’adulte. On rit aux éclats en lisant Cœur de slush, mais on pleure aussi. On se reconnaît à travers le personnage de Billie qui tente de comprendre tant bien que mal les changements qui surviennent dans son corps et le tout nouveau plaisir qu’elle éprouve en regardant les fesses des garçons. On se voit à travers ce désir plus grand que nature de vivre l’amour avec un grand A à l’âge où tout est en perpétuel changement. Un roman sensible qui goûte la slush bleue et la fragilité des premiers amours d’été. »

Kim a aussi craqué pour Coeur de slush : « C’est en une courte soirée que j’ai fait, sans pouvoir m’arrêter, la lecture de Coeur de slush de Sarah-Maude Beauchesne. Inspirée des propres journaux intimes de l’auteure, l’histoire ne pourrait paraître plus vraie. De la première à la dernière page, les mots m’ont bercée dans la douce nostalgie des sentiments adolescents. Je recommanderai d’ailleurs cette lecture dans mon prochain article sur le blogue. »

12626079_1123517594359818_1060727313_nEt Karina a lu Paysages aux néons de Simon Boulerice : « L’année dernière, j’ai eu la chance de lire mon premier Boulerice, Javotte, grâce au même défi et ce fut une belle découverte. J’avais tellement aimé ma lecture que je suis allée voir l’adaptation en pièce de théâtre. J’étais impatiente de lire un autre de ses romans. Paysage aux néons me fut donné comme cadeau de Noël par ma cousine Martine. J’étais curieuse de redécouvrir l’univers de Boulerice, surtout dans un tout nouveau genre (Javotte étant plus pour les adultes). De plus, à la suite de la critique très positive de Martine sur Jeanne Moreau a le sourire à l’envers, où nous retrouvons les mêmes personnages que dans Paysage aux néons, j’avais de plus en plus envie de lire ce roman. Cette fois, nous suivons les aventures du jeune Léon, 17 ans. Léon est animateur dans un camp de jour où il s’amuse à faire le portrait des enfants et comme il ne travaille que le matin et le soir, il se retrouve avec beaucoup de temps libre. Lors de ces moments, il s’en va au gym où il admire Marky Mark alias Monsieur muscle. Mais Léon ne fait pas que s’entraîner, il lit des poèmes, des poèmes dont il aime bien retranscrire quelques vers sur les cartons d’exercices des autres membres du gym. Outre son admiration pour les muscles de Marky Mark, on fait la connaissance de la fée Adidas aux kilos en trop. Celle-ci est l’amoureuse mal-aimée par ce Marky. La fée Adidas et Léon apprendront à s’aimer et à se découvrir. Les personnages de Marky Mark et de la fée Adidas se trouvent à être très attachants par leur défaut.

En fait, ils représentent tout ce que nous pouvons avoir peur d’être. Ils sont deux extrêmes, deux contraires, deux stéréotypes. J’ai pu constater que, dans les deux romans de Boulerice, le physique semble avoir une grande importance, puisque l’un des sujets principaux de Jeanne a le sourire à l’envers serait l’anorexie. Alors que, dans Paysage aux néons, il est question d’exercices extrêmes pour le personnage de Marky Mark, et du fait que la fée Adidas se retrouve avec un surpoids et du Pepsi Diet dans les mains. Pendant ce temps, Léon vit avec une sorte de boulimie de poèmes. Ce qui est aussi génial dans ce roman, ce sont les dessins qui accompagnent le personnage lors de ses séances de gym. Cela met un certain dynamisme au livre. »

Marie-Hélène a lu Tromper Martine, le dernier roman de Stéphane Dompierre et voici ce qu’elle en a pensé :  « Lire Tromper Martine, c’est prendre du recul sur soi-même et, si c’est le cas, sur son propre couple. Dès l’ouverture du roman, Stéphane Dompierre cite Frédéric Beigbeder (auteur de L’Amour dure trois ans, notamment) et ce n’est pas sans raison : on parle d’amour dans ce livre, cette grande thématique universelle, mais tout comme avec Beigbeder, ce n’est pas sous l’angle le plus idyllique. On suit donc Nicolas et Martine, un couple de banlieusards complètement écrasés par la routine et leur vie familiale. Sous les recommandations de son médecin, Nicolas décide de s’évader pour se remettre de son burnout et s’éloigne de sa maison, de sa famille, sillonnant ainsi les routes tout en collectionnant les endroits louches (le couple de motards douteux est un passage particulièrement captivant!). Je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier à ce Nicolas en détresse, qui cherche seulement un moyen de mieux se retrouver. Le roman de Dompierre engendre les introspections et choque par les vérités criantes qui s’en dégagent. Le style est simple, les thématiques accessibles (amour, crise identitaire, sexualité, évasion, etc.) et la plume humoristique de Dompierre vient réellement balancer les sujets un peu plus lourds du roman. Vraiment, à lire! »
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Marion a lu Charlotte before Christ d’Alexandre Soublière : « Il y a un petit je-ne-sais-quoi dans le roman Charlotte before Christ qui nous touche, nous atteint, nous invite à tourner les pages toujours plus vite. Car oui, j’ai lu ce livre très rapidement, en une seule soirée je suis passée à travers sans me rendre compte du temps qui passe.

Il y a la langue, québécoise, familière, parfois grossière, qui transcende le roman. L’histoire nous est racontée par les mots d’un jeune homme, quelque peu désabusé par sa vie, par l’école, et c’est à travers ses yeux que nous voyons le monde. C’est cru, mais sans lourdeur, ça aborde des thèmes comme la drogue, le sexe, mais avec une certaine naïveté adolescente. Et surtout, c’est l’amour franc et puissant qui guide les personnages que nous retrouvons au centre du roman, et un certain espoir de comprendre, d’aimer, de survivre. »
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Marjorie a lu Marie-Tempête de Dominique Demers : « Marie-Tempête c’est un peu comme la grande sœur de tous les romans jeune adulte/ado québécois. C’est le roman qu’on a tous lu au secondaire et qui a marqué l’univers de plusieurs. Ce fut donc un plaisir de me replonger dans cette histoire qui ne vieillit pas, qui reste éternellement actuelle. Je ne me rappelais pas que l’histoire de Marie-Lune était aussi intense et bouleversante et je me suis prise à me demander comment j’avais réagi à ma lecture en tant qu’adolescente, mes souvenirs étant un peu flous.

C’est un récit qui est à la fois universel et propre à chacun et dans lequel tout le monde est susceptible d’y trouver son compte. C’est une histoire d’amour qui se dévoile et se développe sous plusieurs formes, c’est une histoire de deuil, deuil de l’enfance, deuil de premier amour.

Bref, Marie-Tempête a tout pour être le roman jeune adulte type, celui qui nous bouleverse plus qu’on ne tient à l’admettre. »

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Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

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