Réflexions littéraires
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Le genre littéraire policier: le mal-aimé?

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J’ai toujours affectionné le genre littéraire policier, et ce, depuis le jour où ma mère m’a acheté une boîte pleine de romans d’Agatha Christie à la bouquinerie de la Terrasse Dufferin alors que j’étais âgée de dix ans. En vieillissant, toutefois, je me suis rendu compte que mon genre littéraire « chouchou » était plutôt mal aimé, comme un sous-genre peu appréciable. Souvent, le genre policier est considéré comme de la paralittérature. Est-ce que ce genre littéraire a moins de sens esthétique pour l’exclure des œuvres faisant partie de la littérature? Cela m’a parfois amenée à être complexée d’aimer tant ce genre. Je me suis questionnée sur ce que m’apportaient mes lectures de romans policiers et ma réflexion a fait ressortir des caractéristiques démontrant tout l’intérêt que peut avoir ce genre. En voici quelques-unes qui me font tant aimer le policier! 

Authenticité

Le genre policier aborde toujours les personnages avec authenticité. Souvent, ils sont des personnes tout ce qu’il y a de plus normal, proches de notre réalité. Leur dualité, propre à chaque être humain, y est décrite nous permettant ainsi de voir leur lumière, mais aussi leur noirceur. Ceci normalisant par le fait même notre propre dualité et nos questionnements intérieurs les plus profonds comme être humain. Par exemple, les détectives sont souvent abordés selon la réalité exaltante de leur travail et leur bienveillance face aux victimes, mais aussi, leurs problèmes y sont bien décrits, les ramenant ainsi au commun des mortels. Le fait que leur dualité y est présentée avec autant d’acuité et de normalisation permet de s’attacher aux personnages, de s’y identifier et d’embarquer alors complètement dans l’histoire racontée.

Être transporté

Les romans policiers permettent également de voyager. De pouvoir suivre une intrigue qui se passe en Suède, dans un petit village côtier comme dans les romans de Camilla Läckberg, nous permet d’en apprendre un peu plus sur ce pays, sur sa culture, son climat, sur les habitudes alimentaires et les valeurs. Pour un moment, cela nous déconnecte de notre train-train quotidien. Mais, ils nous permettent également de voyager à travers d’autres réalités. Pour un moment, on peut se mettre dans la peau d’un policier menant une enquête de front ou dans celle d’une victime et ressentir ce qu’elle vit. Nous pouvons même adopter le point de vue du tueur si l’on veut. C’est là, la magie des livres, nous permettre de vivre des choses que nous ne pourrions vivre autrement, d’endosser le rôle que l’on veut le temps de quelques pages.

Humanité

Personnellement, comme lectrice, un bon roman est un roman qui vient me toucher dans ma réalité, qui m’inspire, qui joue avec mes émotions. En raison de l’humanité qui se dégage des romans policiers, je suis très souvent touchée par mes lectures. Je me rappelle avoir vécu un moment difficile cet été, alors que j’essayais de prendre en main ma santé, mais que la motivation n’était pas au rendez-vous. Je lisais à ce moment un roman de Lisa Gardner, Jusqu’à ce que la mort nous sépare, et aussi improbable que cela puisse paraître, la situation du personnage principal (elle s’entraîne pour affronter son ex-mari meurtrier) est venue me parler dans ma propre situation de démotivation à l’entraînement. La vision de la « persévérance » décrite par un des personnages est venue changer ma propre perception :

« Vous ne vous disiez pas, j’ai trop mal ou trop peur. Vous remontiez parce que vous n’aviez pas le choix. C’est la même chose ici, Angela. Vous nagez et vous nagez encore, sans réfléchir, parce que c’est la règle. Vous faites des pompes et des abdominaux jusqu’à l’épuisement, parce que c’est la règle. Et puis, un jour, vous vous rendez compte que vous êtes dans la zone et que vos bras, vos jambes n’existent plus. Vous n’êtes qu’un mouvement. C’est cela, la zone. Quand on la découvre, on est capable de tout. »

Je crois que si un livre nous parle et nous rejoint dans notre réalité, il a atteint son but. Le livre nous a interpellés et nous a fait ressentir des émotions, alors il a atteint son but, sans égard à son genre littéraire. Ainsi, peu importe que notre genre préféré ne soit pas considéré comme de la littérature, s’il comble nos besoins de lecteur et qu’il nous fait du bien, il est de la littérature à mon sens.

Et vous, y a-t-il un genre littéraire qui vous passionne, mais que vous n’assumez pas complètement? Lequel?

 

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Un commentaire

  1. Annie Dugas says

    On peut ajouter les inférences lors de la lecture et le fait que le roman policier traite des personnes en marge de la société ou de la déviance criminelle qui conduit vers la.marginalité.

    J’aime

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