17 Résultats de recherche pour : dominique fortier

« Au péril de la mer » – et de la mère – de Dominique Fortier

Il y a quelques années déjà, j’avais été envoûtée par le talent de conteuse de l’auteure québécoise Dominique Fortier avec la lecture de son premier roman, Du bon usage des étoiles (Alto, 2008), hautement salué par la critique. Un faux récit historique de navigation, richement documenté, au verbe vif et brillant comme l’étoile Polaire. L’imaginaire éclectique et l’intelligence de l’écriture Fortier m’avaient alors grandement impressionnée et je m’étais promis de suivre ses prochaines publications. Toujours tourné vers le passé, son dernier-né, Au péril de la mer (Alto, 2015), prend la forme d’un être hybride, partagé entre carnet d’écriture et roman. Présente sur la liste préliminaire du Prix des libraires 2016 – et malheureusement exempte des cinq finalistes provinciaux – cette œuvre apparaît solide et mûre. Je dois l’avouer ici, écrire cette critique m’est pesant tant mon désir de rendre justice au texte de Fortier est grand. Aussi, je lancerai beaucoup de fleurs, à mon sens toutes méritées. D’abord, et c’est maintenant connu, Fortier démontre un talent particulièrement solide pour parler aux âges anciens et les …

Les coups de cœur littéraires des fileuses en 2019

Les choix de Camille Morin 1- Le livre d’un été, de Tove Jansson Mon coup de cœur de l’année! C’est le premier ouvrage de cette autrice que j’ai lu et je suis désormais fascinée par le personnage. Le livre d’un été parle d’enfance et de liberté, mais aussi de deuil et de sagesse. En 2020, je veux lire davantage de littérature scandinave. Ça fait partie de mes résolutions littéraires. 2- Chauffer le dehors, de Marie-Andrée Gill J’ai tellement pleuré en lisant sa poésie. Pleuré de joie, de nostalgie, d’admiration devant la beauté. Tout ce qu’elle écrit me va droit au cœur. 3- Les merveilleux nuages, de Françoise Sagan Une amie m’a fait découvrir cette autrice et nous avons lu ce livre en même temps, pour ensuite en discuter autour d’une bière… Ça parle d’une relation de couple toxique et de la difficulté de s’en sortir. Un sujet lourd, mais fascinant en raison de tous les mécanismes de défense présents chez l’un et chez l’autre. 4- Kuessipan, de Naomi Fontaine Je vais la citer : « …

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L’absente ou l’omniprésente

Emily Dickinson, l’énigme Pour que s’installe une relation, parfois, il faut laisser passer plusieurs saisons et voir éclore plus d’un bourgeon avant de sentir dans l’air le parfum des fleurs. C’est peut-être ce qui explique mon silence ici, des derniers mois, où je me suis penchée vers ma poétesse intérieure – lui offrant espace, écoute et voix. C’est de cette manière que l’univers de l’énigmatique Emily Dickinson s’est tranquillement introduite dans mon esprit. En femme curieuse, en femme qui se questionne, qui cherche à comprendre le beau, l’insaisissable et l’imperceptible, je me rallie aux autres pour tenter une approche vers la « mother Dickinson » et tenter, moi aussi, d’élucider une petite part du mystère. Sans vouloir nommer ou expliquer, je veux sentir et ressentir en moi ses mots, ses préoccupations, l’essence de ce qui la propulsait vers la nature d’un côté et vers l’isolement d’un autre, et à travers tout cela, la nécessaire poésie. Les villes de papier Le nom d’Emily Dickinson n’avait fait qu’effleurer mon esprit jusqu’à tout récemment. C’est avec le sublime roman …

Un livre québécois par mois : Mars : Alto

En mars, on lit un livre de la maison d’édition Alto! Alto a été fondé en 2005 par Antoine Tanguay. C’est une maison indépendante qui publie principalement des romans et des nouvelles d’auteurs québécois. Elle offre aussi différentes traductions d’auteurs et d’autrices anglophones (Canada, États-Unis, Angleterre et Australie). En plus des romans de grand format, on retrouve aujourd’hui des versions poche de plusieurs de ses grands succès. Pourquoi avoir choisi Alto? Je crois qu’avec cette maison d’édition, j’étais certaine de tomber sur des œuvres dont j’allais apprécier la lecture. Alto n’a pas encore réussi à me décevoir. À chacune de mes lectures, c’est une découverte et une surprise. Ils ont une grande variété de romans, ce qui leur permet de plaire à un large public de lecteurs et de lectrices. Voici quelques suggestions de lecture : Moi, ce que j’aime, c’est les monstres; Emil Ferris (la toute première bande dessinée de chez Alto, et ils ont fait fort. Une BD complètement époustouflante qu’il faut absolument lire!) Hôtel Lonely Hearts; Heather O’Neill De synthèse et Ataraxie; Karoline Georges …

Les coups de coeur littéraires des fileuses en 2018

Ariane  Castagnettes, de Marie-Élaine Guay, un recueil de poèmes qui m’a tour à tour fait rire et pleurer… et le tout, en public. Les prénoms épicènes, d’Amélie Nothomb, qui m’a fait renouer avec cette autrice que j’ai pratiquement adulée toute mon adolescence pour ensuite la bouder. Konbini, de Sayaka Murata, un roman empreint d’humanité, qui parle du fait que certaines personnes sont plus heureuses dans une vie toute simple qui sort des cadres de la «normalité». Les furies, de Lauren Groff, un roman aux personnages complexes, où il est jouissif de pouvoir lire les deux versions différentes de la même histoire. Frédérique  L’étang, de Claire-Louise Bennett, roman qui rend hommage aux détails quotidiens avec un mystère et un cynisme décapants. Hôtel Lonely Hearts, d’Heather O’Neill, dont l’ambiance est demeurée en moi, même plusieurs mois après avoir terminé le livre. Grosse, de Lynda Dion, qui m’a ouvert tout un pan de réflexions sur la manière de voir son propre corps. Virginie  Le chant de la terre blanche, de Jean Bédard, un roman qui m’a happée, et …

On vous donne enfin des nouvelles !

Il me semble que ça fait des vies qu’on n’a pas pris le temps de vous écrire, ce qui n’est pas faux, car en vérifiant, j’ai vu que la dernière infolettre avait été envoyée le 6 mai dernier. Il s’en est passé des choses depuis et on avait envie de vous écrire pour vous tenir au courant et parce que ça nous avait manqué de vous écrire ainsi. La plupart d’entre vous le savent peut-être, mais nous animons depuis janvier dernier des clubs d’écriture, nous avons eu déjà 4 beaux groupes de 8 femmes créatives et allumées. C’est incroyablement beau ce qui se passe lors de ces séances, on tente du mieux qu’on peut de redonner l’envie d’écrire aux participantes. Et on tente de les accompagner le mieux qu’on peut là-dedans. Et bien, cordonnier mal chaussé, comme on dit, nous avons mis un peu de côté l’écriture… Peut-être l’avez-vous remarqué, mais sur le blogue, il y a de moins en moins d’articles écrits par nous deux. Bref, on en discutait cette semaine justement et on …

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Une ficelle qui relie tous les livres

L’autre jour, je lisais Captive de Margaret Atwood et j’ai réalisé qu’il y avait beaucoup de citations d’auteurs en début de chapitres. Celles qui ont davantage attiré mon attention étaient d’Emily Dickinson. Pourquoi? Parce qu’une de mes récentes lectures portait sur sa vie, Les villes de papier de Dominique Fortier (vous pouvez d’ailleurs lire ici mon article au sujet de cette œuvre remarquable). Je me disais : quelle coïncidence! Captive était dans ma bibliothèque depuis plus de six mois mais j’ai choisi par hasard de le lire tout juste après avoir lu un livre sur la poète. La révélation Je me suis rappelé une phrase frappante que m’a déjà dite une amie : tous les livres sont liés entre eux. À cette époque, je lisais très peu et je ne savais jamais quoi choisir comme lecture. Cette amie m’avait répondu qu’elle en avait trop à lire et que chaque livre la menait vers un autre… J’étais restée figée sur place, me demandant si c’était vrai. Puis, j’ai commencé à lire un roman qu’elle m’avait recommandé qui, par …

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L’univers d’Emily Dickinson : un monde fait de villes de papier

Les villes de papier n’est pas un livre ordinaire. Il s’agit d’une œuvre unique arrivée à la fin de l’été tel un vent de fraîcheur salutaire. Dominique Fortier, autrice et traductrice québécoise, nous offre ici une fenêtre unique sur l’univers de la poète américaine Emily Dickinson. Tomber sous le charme Lorsque j’ai vu passer l’annonce de la parution du livre Les villes de papier, j’ai été accrochée par la page couverture arborant des fleurs séchées identifiées avec minutie. Moi qui plaçais régulièrement, étant enfant, des violettes à sécher entre les pages des dictionnaires, ce rituel attira mon attention. Un extrait de l’œuvre, les premières lignes en réalité, nous était offert au-dessus de l’image. « Emily est une ville toute de bois blanc nichée au milieu de prairies de trèfle et d’avoine. Les maisons carrées y ont des toits en pente, des volets bleus qu’on ferme à l’approche du soir et des cheminées par lesquelles il arrive que s’engouffre un oiseau qui volera, éperdu, les ailes pleines de suie, par toutes les chambres. Plutôt que de tenter …

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Club de lecture de la Ville de Québec : Remèdes pour la faim

Depuis l’automne dernier, j’ai la chance d’animer les séances du club de lecture du Fil rouge dans la ville de Québec. Pour notre dernière rencontre de la session d’hiver, notre choix s’est arrêté sur Remèdes pour la faim, un récit autobiographique écrit par Deni Y. Béchard.  Avant chaque rencontre, je suis toujours un peu fébrile de connaître l’appréciation du livre choisi par les participantes bien que je dois dire que les échanges sont toujours captivants, et ce, même quand la lecture du mois ne fait pas l’unanimité. Dans le cas de Remèdes pour la faim, j’étais encore plus préoccupée de l’appréciation du livre, car il s’agit d’une brique de presque 600 pages sans grands rebondissements et la dernière chose que je souhaite est que la lecture devienne une corvée pour les participantes. C’est donc avec ce petit stress en tête que je me suis rendue au lieu de la dernière rencontre. Or, ce stress a vite disparu, car tout le monde a réussi à terminer le livre avant la rencontre et la plupart des participantes ont beaucoup aimé leur lecture. …

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Hôtel Lonely Hearts : Les dessous de Montréal

Il y a de ces livres qu’on choisit pour leur couverture. Ce fut le cas pour Hôtel Lonely Hearts : je ne connaissais ni l’auteure, ni la trame narrative du roman. Le premier chapitre m’a tout de suite sortie de mes habitudes littéraires pour plusieurs raisons, et cet effet demeura tout au long du récit. D’abord, le roman est écrit par une femme québécoise anglophone, ce qui, d’emblée, est une première exploration pour moi. Ensuite, les personnalités très excentriques des personnages m’ont déstabilisée. Finalement, l’époque dans laquelle prend place l’histoire, le Montréal des Années Folles et de la Grande Dépression, m’était plutôt inconnue point de vue lecture.  Montréal crasse Bienvenue dans le monde naïf, désillusoire, choquant et plein d’humour de Heather O’Neill, que Dominique Fortier, elle-même romancière notable, nous traduit de l’anglais vers le français. On y découvre Montréal sous son jour le plus sombre, au détour de ses ruelles et à travers les yeux de ceux que la ville a rejetés. Il est étrange, donc, que malgré le plongeon tête première dans la prostitution, les …