Poésie et théâtre
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Besoin d’inspiration ?

 

Je l’avoue, je suis une fille généralement motivée. Quand je dois faire quelque chose ou que j’ai l’envie de faire quelque chose, je n’ai souvent pas besoin de grand chose pour le faire. Je ne dis pas que ce que je fais est nécessairement bon (c’est même souvent plutôt mauvais!), mais l’important, c’est que je le fais. L’important c’est que j’ai trouvé du temps et de l’énergie à consacrer à cette chose. Et ça, c’est une mini victoire qui m’appartient!

Je ne suis par contre pas toujours motivée… Et quand je ne le suis pas, je ne le suis vraiment pas, et il n’y a pas grand chose à faire…

Dernièrement, penser à tout ça m’a fait réaliser la difficulté qu’on peut avoir à se concentrer et surtout à être inspiré. Assez inspiré pour commencer ou terminer quelque chose… Assez inspiré pour créer!

Je me souviens d’ailleurs d’une journée où j’étais chez moi avec ma coloc. Je travaillais sur la rédaction d’un travail quelconque. C’était une de ces journées où, sans trop savoir pourquoi, l’inspiration n’y était pas! Pourtant, le travail me tentait: ça avait l’air le fun à faire… Rien de trop compliqué, un sujet que je connaissais relativement bien et du temps. Oui, j’avais même du temps devant moi !

Mais… n’étant pas plus motivée qu’il ne le faut, j’ai commencé à aller traîner sur Facebook, à lire quelques petits articles ici et là, à sauter d’un vidéo à l’autre sur Youtube (me laissant aller avec leur espèce de « vous aimerez sûrement « , placé stratégiquement à la fin d’une vidéo que je viens juste d’aimer… C’est certain que je vais l’écouter… Aussi bien perdre quelques précieuses heures à écouter ce qu’un ordinateur me dit d’écouter…) Mais bon… je m’emballe. Tout ça pour dire que, cette fameuse journée, j’ai passé le plus clair de mon temps à niaiser et à faire autre chose que ce que j’aurais vraiment dû faire : mon travail!

Puis, ma coloc m’a montré quelque chose… Quelque chose qui a eu le potentiel de provoquer un changement chez moi. Immédiatement. Un changement qui me permit d’être soudainement productive d’un coup. Une vidéo…puissante.

Je me suis alors mise à penser à tout ce qui aurait le pouvoir de m’inspirer et de m’inciter à me remettre au travail. Cette journée-là, j’ai perdu un temps fou alors qu’il existait quelque chose pour me faire retourner au travail plus vite. Je sais bien que nous sommes tous différents et qu’une chose peut facilement bien fonctionner pour quelqu’un et ne faire aucun effet pour un autre. Mais ce que je sais aussi, c’est que ceci a eu un effet très productif sur moi. Et bien que depuis des semaines, je parle de livres qui font du bien, je suis parfaitement consciente du fait qu’il n’y a pas que les livres qui peuvent faire du bien.

Tout dépend de tout.

Si lire un livre peut procurer un bien énorme, cela demande quand même un minimum de temps de lecture… Temps dont nous ne disposons pas tous !

Ce que je vous propose ici, c’est l’écoute que deux vidéos inspirantes. Des vidéos que vous connaissez peut-être déjà bien… ou pas du tout, mais qui ne sont jamais dépassées et qui font souvent du bien à entendre. Le genre de vidéo qui nous permet de nous arrêter quelques minutes, d’écouter…

Bien que ces vidéos puissent avoir une certaine valeur politique et philosophique… je vous invite à simplement les savourer et les prendre comme ils viennent. Je vous invite à comprendre ce que vous voudrez bien en comprendre. À écouter ce qui est dit dans ces deux grands discours et profiter du fait que vous n’êtes en train de faire rien d’autre que ça, à cet instant précis.

Le premier extrait, donc, est le fameux discours prononcé par Charlie Chaplin (jouant le Barbier) à la fin du film « The Dictator » (1938).

Le voici ici traduit en français pour tous ceux et celles qui ne comprennent pas particulièrement bien l’anglais et qui voudraient comprendre toute la force de ce discours :

Je suis désolé, mais je ne veux pas être empereur, ce n’est pas mon affaire. Je ne veux ni conquérir, ni diriger personne. Je voudrais aider tout le monde dans la mesure du possible, juifs, chrétiens, païens, blancs et noirs. Nous voudrions tous nous aider si nous le pouvions, les êtres humains sont ainsi faits. Nous voulons donner le bonheur à notre prochain, pas lui donner le malheur. Nous ne voulons pas haïr ni humilier personne. Chacun de nous a sa place et notre terre est bien assez riche, elle peut nourrir tous les êtres humains. Nous pouvons tous avoir une vie belle et libre, mais nous l’avons oublié.

L’envie a empoisonné l’esprit des hommes, a barricadé le monde avec la haine, nous a fait sombrer dans la misère et les effusions de sang. Nous avons développé la vitesse pour nous enfermer en nous-mêmes. Les machines qui nous apportent l’abondance nous laissent dans l’insatisfaction. Notre savoir nous a fait devenir cyniques. Nous sommes inhumains à force d’intelligence, nous pensons beaucoup trop et nous ne ressentons pas assez. Nous sommes trop mécanisés et nous manquons d’humanité. Nous sommes trop cultivés et nous manquons de tendresse et de gentillesse. Sans ces qualités humaines, la vie n’est plus que violence et tout est perdu. Les avions, la radio nous ont rapprochés les uns des autres, ces inventions ne trouveront leur vrai sens que dans la bonté de l’être humain, que dans la fraternité, l’amitié et l’unité de tous les hommes.

En ce moment même, ma voix atteint des millions de gens à travers le monde, des millions d’hommes, de femmes, d’enfants désespérés, victimes d’un système qui torture les faibles et emprisonne des innocents.

Je dis à tous ceux qui m’entendent : Ne désespérez pas ! Le malheur qui est sur nous n’est que le produit éphémère de l’habilité, de l’amertume de ceux qui ont peur des progrès qu’accomplit l’Humanité. Mais la haine finira par disparaître et les dictateurs mourront, et le pouvoir qu’ils avaient pris aux peuples va retourner aux peuples. Et tant que des hommes mourront pour elle, la liberté ne pourra pas périr.

Soldats, ne vous donnez pas à ces brutes, à une minorité qui vous méprise et qui fait de vous des esclaves, enrégimente toute votre vie et qui vous dit tout ce qu’il faut faire et ce qu’il faut penser, qui vous dirige, vous manœuvre, se sert de vous comme chair à canons et qui vous traite comme du bétail.

Ne donnez pas votre vie à ces êtres inhumains, ces hommes-machines avec une machine à la place de la tête et une machine dans le cœur. Vous n’êtes pas des machines ! Vous n’êtes pas des esclaves !

Vous êtes des hommes, des hommes avec tout l’amour du monde dans le cœur. Vous n’avez pas de haine, sinon pour ce qui est inhumain, ce qui n’est pas fait d’amour. Soldats ne vous battez pas pour l’esclavage, mais pour la liberté. Il est écrit dans l’Evangile selon Saint Luc « Le Royaume de Dieu est dans l’être humain », pas dans un seul humain ni dans un groupe humain, mais dans tous les humains, mais en vous, en vous le peuple qui avez le pouvoir : le pouvoir de créer les machines, le pouvoir de créer le bonheur. Vous, le peuple, vous avez le pouvoir : le pouvoir de rendre la vie belle et libre, le pouvoir de faire de cette vie une merveilleuse aventure.

Alors au nom même de la Démocratie, utilisons ce pouvoir. Il faut tous nous unir, il faut tous nous battre pour un monde nouveau, un monde humain qui donnera à chacun l’occasion de travailler, qui apportera un avenir à la jeunesse et à la vieillesse la sécurité.

Ces brutes vous ont promis toutes ces choses pour que vous leur donniez le pouvoir : ils mentaient. Ils n’ont pas tenu leurs merveilleuses promesses : jamais ils ne le feront. Les dictateurs s’affranchissent en prenant le pouvoir, mais ils font un esclave du peuple.

Alors, il faut nous battre pour accomplir toutes leurs promesses. Il faut nous battre pour libérer le monde, pour renverser les frontières et les barrières raciales, pour en finir avec l’avidité, avec la haine et l’intolérance. Il faut nous battre pour construire un monde de raison, un monde où la science et le progrès mèneront tous les hommes vers le bonheur. Soldats, au nom de la Démocratie, unissons-nous tous !

Puis, le deuxième extrait vidéo est celui de la lecture du poème de Michèle Lalonde (grande écrivaine, poète et dramaturge québécoise) « Speak White ». Poème écrit en 1968 (pour répondre aux injures lancées par les anglophones aux Canadiens français lorsque ces derniers parlaient français en public) et lu par cette dernière lors de la  Nuit de la Poésie de 1970.

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