All posts tagged: livres qui font du bien

Pablo Neruda La Solitude Lumineuse Le Fil Rouge

La solitude lumineuse de Pablo Neruda, un voyage en quelques pages

Pablo Neruda est un auteur et poète chilien que j’aime beaucoup. Ce genre d’auteur qui sait révéler la beauté et la cruauté du monde avec des mots simples et percutants. Qui sait balader le lecteur sur le fil qui sépare le réel de l’imaginaire. Je reviens d’un (trop) court séjour au Chili, durant lequel j’ai beaucoup appris sur la dictature de Pinochet, ce régime qui a contrôlé le pays entre 1973 et 1990 et qui n’est pas encore tout à fait reconnu comme dictature par le gouvernement chilien. Si vous allez un jour à Santiago et que le sujet vous intéresse, je vous recommande d’aller faire un tour au Musée de la mémoire et des droits de l’homme. Une belle claque dans la face. Si je vous en parle, c’est parce que la vie et l’œuvre de Neruda y sont liées. Le coup d’État de 1973 Dans les années 70, le Chili est gouverné par le socialiste Salvador Allende. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis de Richard Nixon voient d’un mauvais œil la …

Roxane Gay, Hunger, Éditions HarperCollins, essai, mémoires, livre qui parle du rapport au corps, le fil rouge, le fil rouge lit, livres qui font du bien, bibliothérapie, littérature, livre

Hunger: laisser les corps se raconter

Roxane Gay est une auteure qui répond à la plupart de mes dialogues intérieurs. Lorsque mes questions prennent des proportions incontrôlées jusqu’à en devenir étouffantes, j’ouvre un de ses livres et plus rien ne tombe à plat. Ça avait été le cas avec Bad feminist, ce l’est une fois de plus avec son essai Hunger.  Dans ce dernier livre, elle nous raconte l’histoire d’un traumatisme qu’elle a vécu. Gay aborde comment cet événement a morcelé sa vie et a drastiquement changé son rapport à son corps. À partir de son expérience personnelle, elle pose la question du corps en général : comment celui-ci est disséqué sous l’œil de la caméra et enfermé dans des statistiques. Roxane Gay rappelle que malgré tout ce qu’occultent préjugés, tous les corps ont une histoire. Et en partie à cause de tout ce qu’elle remue, je considère la parole de son livre comme incontournable. À travers les courts chapitres qui constituent Hunger, c’est un peu plus d’humanité et d’empathie, envers soi et envers l’autre, qui peuvent naître. Ici, la forme du livre sert absolument bien …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, livres qui font du bien, Glenn Gould une vie à contretemps,Sandrine Revel, Dargaud, Roman graphique, littérature étrangère, Glenn Gould, musique, musique classique,

La vie à contretemps de Glenn Gould, le roman graphique

Un homme au dos rond, le nez sur les touches d’un piano, chantonnant la mélodie comme si personne n’était là. L’image vous est peut-être familière si vous vous intéressez un tant soit peu à la musique classique. Glenn Gould est un des pianistes canadiens les plus reconnus internationalement et un interprète des plus exceptionnels. Moi-même étant pianiste, Gould est un exemple à suivre pour sa rigueur hors pair au travail et sa façon d’interpréter qui se distingue. Sandrine Revel, scénariste et illustratrice, s’est attardée à la vie de ce virtuose dans son roman graphique Glenn Gould, une vie à contretemps. Je l’ai lu d’une traite sans que je m’arrête. À part en écoutant ses enregistrements dans ma jeunesse et dans mon parcours pianistique, je ne connaissais rien de l’homme en arrière du génie. L’auteure s’est intéressée à l’enfance où Glenn Gould a commencé à jouer du piano, à sa façon particulière d’agir en spectacle et son parcours professionnel. Tout ça enveloppé de superbes illustrations, de beaux cieux gris que Glenn Gould appréciait tant, et de récits …

Bibliothérapie, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, lire et voyager, livres, livres qui font du bien, plaisir de lire, Lac Saint-Jean, Borealium tremens, Mathieu Villeneuve, La Peuplade, littérature québécoise, ruralité, terroir, santé mentale, Saguenay-Lac-Saint-Jean

Mathieu Villeneuve et sa folie du Nord

Dans Borealium tremens, histoires de fond de rang, alcoolisme et prophétie se mélangent pour créer une épopée plus grande que nature… Le premier roman de Matthieu Villeneuve nous transporte dans un Saguenay-Lac-Saint-Jean démesuré, un royaume à cheval entre le réel et l’imaginaire. J’ai plongé la tête première dans cet univers, emportée par la beauté des mots. Il en ressort une sorte de poésie douce-amère. L’histoire est celle de David qui, après une errance de plusieurs années dans l’Ouest, décide de s’installer dans un rang perdu du Lac-Saint-Jean pour retourner aux sources et écrire un roman. Ayant reçu une maison abandonnée en héritage, il se met en tête de la rénover et cultiver ses terres. Or peu à peu, l’alcoolisme et les fantômes ont raison de lui et on assiste à sa lente descente vers la folie. Les lieux « Dans le lac ancien, souvenance du glacier qui recouvrait tout le continent, même le vent restait inaudible. La tourbière est une bête préhistorique endormie qui agonise depuis des millénaires. » — Borealium tremens, p.138 Les lieux parfois fabuleux jouent un …

correspondance, amour, révolution tranquille, littérature québécoise, pauline julien, gérald godin, couple, inspiration, lettres, arts, chanson, journaliste, politique

«Vous ne m’êtes pas d’un amour tranquille»

«Il faut absolument que tu lises ça». J’étais au salon du livre avec ma cousine, il y a deux ou trois ans, et c’est ce qu’elle m’a dit en me tendant un exemplaire de La renarde et le mal peigné. Habituellement, quand quelqu’un m’aborde avec cette phrase pour me suggérer une lecture, ça pique ma curiosité. J’ai envie de découvrir ce qui justifie l’emploi de l’impératif dans la phrase : s’il faut que je lise ce livre, c’est parce que mon interlocuteur y a découvert quelque chose d’extraordinaire… Et même si ce n’est pas une garantie que j’aimerai la recommandation, ça me touche que quelqu’un que j’aime me partage une lecture avec autant de ferveur ! Toujours est-il que lors de cette fameuse visite au salon du livre, j’achetai le livre que me tendit ma cousine. Quelques années plus tard, je la remercie encore de me l’avoir fait découvrir. Ce récit de correspondances est encore à ce jour une des lectures qui m’ont le plus bouleversées et auxquelles je reviens souvent. La renarde et le mal …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, livres qui font du bien, Steve Gagnon, Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, Atelier 10, essai, masculinité, virilité, définition des genres

Redéfinition de la masculinité : un territoire encore à explorer

Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles, quel titre magnifique! Le lire crée dans mon imaginaire la silhouette d’un homme droit, grand, fort et beau. Vous vous l’imaginez sans doute aussi, mais détrompez-vous, je ne parle pas d’une beauté, d’une grandeur ni d’une force physique. Il s’agit plutôt du genre de force qui émane de quelqu’un d’assumé, d’entier, de pleinement confiant. Ce titre me renvoie l’image d’un homme prêt à accueillir l’autre dans tout ce qu’il est, dans toute sa vulnérabilité. Ses réflexions et espoirs pour l’homme d’aujourd’hui m’intriguaient beaucoup. J’ai la chance d’être la tante de trois magnifiques garçons et de voir grandir les enfants de ma sœur, voir leur personnalité se définir, m’amène souvent à me demander quels genres d’hommes ils seront, quels chemins ils emprunteront. Ce court essai, par son titre et son sujet, m’apparaissait comme une continuité de ma réflexion. Dès les premières pages, on ressent l’indignation de l’auteur, Steve Gagnon. L’homme du 21e siècle est emprisonné dans les carcans imposés par la définition des genres, et sans les …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, essai, littérature, lecture, livres, livres qui font du bien, Hubert Reeves, J'ai vu un fleur sauvage, L'herbier de Malicorne, fleurs sauvages, nature, écologie, Seuil

Un baume léger pour adoucir l’hiver et attendre le printemps

Il neigeait à plein ciel lorsque j’ai ouvert, pour m’y plonger, le dernier livre d’Hubert Reeves : J’ai vu une fleur sauvage, l’herbier de Malicorne, un véritable herbier tout en photos, en délicatesse et en simplicité. Véritable ode à la beauté de la nature sauvage qui ne demande qu’à être reconnue et appréciée, ce livre nous présente une quarantaine de fleurs qui embellissent les campagnes de France et parfois d’ici. C’est accompagnée d’une neige duveteuse et collante, doux rappel que l’hiver allait s’accrocher encore un peu malgré l’approche éminente du printemps, que je me suis laissée raconter la beauté de ces fleurs sauvages. L’homme qui aimait les fleurs sauvages Astrophysicien, vulgarisateur scientifique, environnementaliste, militant : Hubert Reeves est un homme d’envergure. Il m’impressionne par l’étendue de son savoir, de son implication, mais aussi par sa capacité de s’émerveiller. S’émerveiller pour les grandes choses et les petites, pour notre planète avec laquelle il souhaite nous faire reconnecter. C’est justement ce qu’il souhaite faire avec cet herbier composé des fleurs poussant à Malicorne, le village français où il est …

littérature étrangère, littérature de femmes, littérature contemporaine, Moyen-âge, Espagne, personnages féminins, Carole Martinez, Du domaine des Murmures, Le Coeur cousu, Gallimard, Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien

Merveilleux et mysticisme : la plume onirique de Carole Martinez

C’est par hasard que j’ai lu Du domaine des Murmures et que j’ai découvert l’écrivaine Carole Martinez. Je choisis normalement scrupuleusement mes lectures en fonction de suggestions trouvées sur des blogues, à la radio, dans le journal, etc. J’ai emprunté Du domaine des Murmures parce que le Moyen-Âge me fascine. Je ne connaissais rien du récit et j’ai été soufflé par ce roman qui se réapproprie le merveilleux pour créer un conte poétique singulier. Par la suite, j’ai lu le Cœur cousu, premier roman de l’auteure, dans lequel j’ai retrouvé ce style, ce rythme, ce souffle et des thématiques semblables malgré deux univers bien distincts. Des personnages féminins marginalisés Du domaine des Murmures raconte l’histoire d’Esclarmonde qui, pour échapper à un mariage imposé, décide de se faire emmurer. Si le geste d’Esclarmonde nous semble tout à fait inusité, ce phénomène existait bel et bien au Moyen-Âge. Certaines femmes décidaient de se reclure pour toujours dans une cellule de quelques mètres contiguë à une église où seule une petite ouverture leur permettait d’avoir un contact avec …

le fil rouge, Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson, Cabane, Isba, folio, prix Médicis, le fil rouge lit, Sibérie, Récit de voyage, ermite, livres, livres qui font du bien, bibliothérapie

Six mois d’ermitage… dans les forêts de Sibérie

Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson faisait partie de ma pile à lire depuis un bon moment. Les journées de froid glacial que nous avons connues me semblaient un moment propice pour entamer cette lecture et m’ont décidée à me plonger dans ce récit de voyage dans lequel l’auteur relate les six mois qu’il a passés dans une cabane (isba) isolée en Sibérie sur les rives du lac Baïkal. Quelle aventure! Le livre est écrit sous la forme d’un journal dans lequel l’auteur détaille pour chaque journée de quelle manière il a occupé son quotidien. Dans la mesure où aucune route ne mène à la cabane où il a élu domicile, que le village le plus proche se situe à cent vingt kilomètres de distance et que les plus proches voisins se trouvent à cinq heures de marche, Sylvain Tesson mène une vie assez sobre durant ces six mois. Malgré la sobriété de son rythme de vie, le récit s’avère captivant, car il dépeint une réalité aux antipodes de nos vies contemporaines. À l’heure …

Bibliothérapie, C'est de la faute des livres, Côte-Nord, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, lire et voyager, livres, livres qui font du bien, plaisir de lire, rituels de voyage, voyages

La lecture s’invite dans nos rituels de voyage

On dit souvent que les livres sont les meilleurs moyens de s’évader. Il n’est donc pas étonnant de découvrir que les actions de lire et de voyager sont plus intimement liées qu’on pourrait le croire. Ces livres qui guident tes pas… Au commencement, il y a ce lieu mythique qui jaillit d’une histoire, comme une étincelle. Je me mets à rêver de cet endroit, à regarder où ça se trouve sur une carte, à calculer le nombre d’heures que ça prend pour s’y rendre… La première fois, c’était la faute d’Anne, la maison aux pignons verts si j’ai choisi la merveilleuse Île-du-Prince-Édouard comme destination. C’est la faute de Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem, si je prépare cette année une escapade en Nouvelle-Angleterre. Et c’est encore la faute de Dracula si mon voyage de rêve consiste à aller marcher dans le cimetière de Whitby en Angleterre… Compagnons de route Emporter de la lecture dans nos bagages est un incontournable pour tous les amoureux des livres. Cela peut même causer un problème lorsqu’on doit faire un …