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Filles missiles; plonger dans ce vide qui n’est pas le mien

D’un point de vue «lecture», mon été a passé comme un véritable coup de vent et j’avais envie, avant la rentrée littéraire et la découverte d’une foule de nouveaux titres, de m’arrêter sur le numéro estival du zine Filles missiles ayant pour thème Gérer le vide. Un thème vaste qui m’a finalement proposé une plongée dans le vide comme un sentiment nourri par le manque, le mal-être, la perte de sens, la dépression et l’anxiété. Une perspective qui s’annonçait pesante et étouffante comme la canicule qui a accompagné ma lecture. Filles missiles, le blogue, le zine et l’univers Créé en 2015 par Marie Darsigny, Sara Hébert et Daphné B., Filles missiles est une plateforme web et papier de diffusion et de promotion d’artistes féminines québécoises en littérature et en arts visuels. Le contenu est féministe, fort, engagé et très contemporain.  Je dois avouer que je connais Filles Missiles depuis peu, mais que je ne suis pas la première collaboratrice a m’y être intéressée; le second magazine papier des Filles Missiles : #pouvoir magique résume bien sa ligne …

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La douceur et la précarité de l’amour

On dit que l’été est la saison des amours. Peut-être pour ses longues nuits qui ne se terminent jamais ou pour ce laisser-aller collectif. On en oublie même le temps. Les jours deviennent des secondes et nos yeux restent toujours ouverts devant le bonheur de chaque personne qui croise notre chemin. On s’éternise au parc, on renoue avec un vieil ami ou bien on accepte de prendre un verre ou deux avec un inconnu. Tout est léger, frivole et frais. On s’émerveille et on se laisse aller au gré de cette saison volatile jusqu’au moment où la réalité reprendra son cours de route. Ou pas. Bien qu’il y ait le coup de foudre, il y a aussi ce type d’amour qui exige de nous une désinvolture totale. Car rien n’est plus dur que de s’affirmer, de se laisser aller et de décider de prendre le risque de voir son coeur se briser ou celui d’une personne qu’on aime déjà plus qu’elle ne le croit. Mea culpa ; j’ai un petit faible pour l’été et les …

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Apologie de la nature et de l’anticonformisme : Walden ou la vie dans les bois

Le minimaliste est assez tendance par les temps qui courent. Les ouvrages et les blogues sur le sujet pullulent et nous donnent tous les trucs indispensables pour faire le tri de nos possessions et désencombrer le fouillis qui règne dans nos espaces de vie. Pourtant, bien que j’aie moi-même usé de certains de ces trucs, ces lectures me laissent souvent sur ma faim. J’avais envie d’une lecture davantage réflexive, moins axée sur les étapes à suivre pour devenir le parfait minimaliste, mais plutôt sur la philosophie de vie dont découlent la simplicité et le minimalisme. Je me suis donc tournée vers Walden ou la vie dans les bois de Henry David Thoreau, une œuvre phare ayant nourri, entre autres, la pensée écologiste moderne, les mouvements de retour à la terre et de simplicité volontaire. Prémices de l’oeuvre Le récit, mêlant autobiographie, observations, philosophie, spiritualité, poésie et critique sociale, relate l’ambitieuse expérience de Thoreau qui décida, au printemps 1845, de s’exiler dans les bois près de l’étang de Walden pour vivre un quotidien guidé par les différents …

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Bad Girl, récit intime d’une autrice

Je n’en suis pas à mon premier livre écrit par Nancy Huston. Je dévore ses fictions et me délecte de ses mots assez souvent pour dire qu’elle fait partie de mes auteurs préférés. J’appréhende bien le jour où je vais avoir terminé son oeuvre complète et qu’il faudra que j’attende une nouvelle sortie de sa part… Il y a quelques mois, j’ai sorti la fin de session de ma tête en lisant Bad Girl, son récit autobiographique. La forme: « autobiographie intra-utérine » L’autrice utilise la narration à la deuxième personne, le « tu » étant adressé à la petite Nancy sur le point de naître, dans le ventre de sa mère. Cela change toute la manière dont les points biographiques sont amenés, rendant le tout beaucoup plus intime et moins linéaire. Les chapitres sont courts, parfois seulement constitué d’un paragraphe, racontant une courte anecdote. «Toi, c’est toi, Dorrit [Nancy]. Celle qui écrit. Toi à tous les âges, et même avant d’avoir un âge, avant d’écrire, avant d’être un soi. Celle qui écrit et donc aussi, parfois, on espère, …

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L’étreinte des vents: un récit de liens et d’amour

L’étreinte des vents d’Hélène Dorion est un récit introspectif qui nous emporte dans un retranchement ultime, aux confins d’une île terre-neuvienne.
L’autrice, suite à une rupture amoureuse, sonde, descend au sein des bouleversements intérieurs pour nous proposer un récit profondément humain, universel qui résonne par sa vérité. Elle explore les failles des humains, êtres liés, lieurs et liables, et les possibilités créatrices.

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Livres-mystères à la librairie l’Exèdre

Dans le cadre de la journée des librairies indépendantes qui se tenait le 2 juin dernier, la Libraire L’Exèdre de Trois-Rivières proposait à ses clients l’achat de livres-mystères : des livres emballés dans du papier kraft et identifiés en fonction des thèmes qu’ils abordent, sans indices suffisants pour découvrir un titre ou un auteur. Il s’agissait d’achats à l’aveuglette! L’idée m’a immédiatement charmée et je me suis dit que l’occasion était parfaite d’enfin découvrir cette librairie dont j’entendais parler depuis mon arrivée en Mauricie. L’endroit est chaleureux et il me surprend agréablement avec sa grande sélection de livres d’occasion. J’ai l’impression de découvrir une mine d’or! Je n’ai pas encore jeté un œil à la corbeille qui contient les livres-mystères que déjà, je sais que je ne pourrais pas résister à la tentation de prendre autre chose. Après avoir analysé et sous-pesé le contenu de la corbeille, je choisis finalement 4 livres-mystères. Le premier est identifié : « Œuvre majeure de la littérature mondiale parue en 1857. Roman d’amour qui questionne la maternité, la vie conjugale et la vie …

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Écouter des histoires pour mieux les ressentir

Les derniers mois, j’ai eu quelques moments difficiles. Ni aussi durables et intenses que ce dont parle Julie dans son article, mais tout de même assez lourds pour que, tout comme elle, je remette en question mes habitudes de lecture. Devant mon incapacité à lire, on m’a conseillé de tenter les livres audio. Mais pour être sincère, ça ne m’intéressait pas follement. En effet, les livres audio, c’est bon pour mes grand-parents, ou pour mon fils, à la limite. Mais quand on est adulte et dans une relative bonne santé, quel intérêt de se faire lire une histoire ? La fiction sonore C’est un fait indéniable : je suis plus sensible à l’écrit qu’à l’oral. Si tu te contentes de me lire l’histoire, je ne rentre pas dedans. Encéphalogramme à plat, je serai aussi réceptive qu’une huître (ce qui est tout de même un comble pour moi qui lis tant à voix haute avec le loulou). Par contre, si tu me joues l’histoire, c’est totalement autre chose. C’est là que la fiction sonore m’a saisie. …

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Colorer les écrits : Fanny Cloutier

Les journaux se sont entassés dans mes tiroirs. De mon enfance à aujourd’hui, les cahiers se sont empilés les uns sur les autres, ils se sont remplis et ont accueilli mes aspirations poétiques et les limites de mon talent. Parfois, ma vie trop banale me désespérait, j’aurais rêvé de quelque chose d’extraordinaire à coucher sur le papier, mais rien n’y faisait, le calme plat se fracassait aux pages de mes journaux. J’avais des rêves de grandeur pour mes carnets. Je rêvais de couleurs et d’images à couper le souffle, de phrases inspirées qui changent la vie des gens. Je rêvais que mes journaux soient des collages tellement vivants qu’ils m’amènent à les redécouvrir moi-même au fil des semaines. Mais je n’y suis jamais parvenue. Je retrouvais alors ce que je n’arrivais pas à écrire dans les textes des autres. J’aimais dévorer les journaux d’autrui. Les fictions, comme les écrits, qui provenaient du passé. Cette assiduité que je ne possédais pas, celle de prendre le temps d’écrire et de décrire la vie, me fascinait. Et voilà …

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La poésie, cette créature que je ne savais apprivoiser

Mes premières rencontres poétiques, à ce que je me souvienne, étaient avec Nelligan et St-Denys-Garneau. C’était à la fin du secondaire et au début du cégep. On ne peut pas dire que nos premières dates aient été fructueuses. Je n’arrivais pas à ressentir quoi que ce soit au travers leurs images. Je pense que mon esprit analytique et pragmatique empêchait quoi que ce soit de se produire. Je ne voyais que la surface, déboussolée par des mots que l’on ne pouvait associer ensemble pour décrire une réalité. Il y avait bien peu au-delà du Vaisseau d’or qui s’échoue et j’aurais bien aimé savoir qui était cette joie qui marchait aux côtés de St-Denys-Garneau. La poésie est longtemps restée bien mystérieuse. Je ne savais comment la définir, je ne savais comment l’apprécier, je ne savais comment l’apprivoiser. Mais je ne pouvais détacher mon regard d’elle. Et puis un jour, j’ai repris contact. J’ai participé à un atelier d’écriture. J’y ai mis tout mon cœur, mais l’animateur m’a dit à la toute fin que je n’avais pas …

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Courtepointe: une histoire délicatement tissée

C’est un tout petit livre, court et au format étroit qu’est Courtepointe de Theresa Kishkan. C’est d’abord et avant tout l’illustration sur sa couverture qui a capté mon attention: le portrait coloré d’une jeune femme d’une autre époque. La quatrième de couverture me promettait une plongée dans une quête identitaire et le retour aux sources d’une jeune canadienne d’origine rom, qui, après la restauration d’une courtepointe transmise aux femmes de sa famille de génération en génération, décide d’entreprendre un voyage au cœur de l’Europe centrale. Le sujet me semblait ambitieux pour l’épaisseur du roman, et c’est avec curiosité que j’avais envie de me plonger dans l’univers des Roms. Dès les premières pages, on découvre cette fameuse courtepointe qui accompagne Patrin dans sa quête d’identité. Grâce à l’écriture fine et simple, on sent son odeur de laine et de fumée, on touche les différents tissus qui la composent, on voit ses couleurs délavées et sa bordure élimée. On comprend d’emblée que cette courtepointe est un legs précieux pour Patrin et qu’elle contient plus que des souvenirs …