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Tout ce qui se dissimule dans Nos silences

Les femmes, en raison de leur genre, subissent la guerre de manière toute particulière. C’est ce que l’auteure Wahiba Khiari raconte, en libérant son propre vécu, dans Nos silences. Ce court roman, paru en 2018 aux Éditions XYZ après avoir été publié en Tunisie il y a quelques années, entrelace fiction et autofiction pour faire le récit de la guerre civile algérienne du point de vue des femmes. En composant un roman à deux voix, l’auteure brise le silence des femmes happées par le conflit armé. S’y alternent donc le récit d’une enseignante d’anglais ayant fui le conflit et les violences à leurs débuts et celui de son étudiante plongée dans l’épouvante de ce qui sera baptisé la «décennie noire». La première, tenaillée par les remords et l’impuissance, n’arrive pas à se défaire de l’idée que son élève traverse le pire là-bas.  «Je suis loin, mais pas elle. Ils l’ont eue, j’en suis douloureusement convaincue. Des années qu’elle m’habite comme une deuxième possibilité de moi-même.» Par l’écriture, elle la fait exister et elle fait exister …

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Sébastien Bérubé: Détruire et refaire le monde

Crédits photo: Daniel Aucoin C’était en janvier dernier, à l’occasion de la journée de l’alphabétisation familiale. La bibliothèque publique d’Edmundston (Nouveau-Brunswick) avait organisé une table ronde avec des auteurs de la région. J’y ai fait la connaissance de Sébastien Bérubé, poète engagé et artiste aux multiples talents. Il m’a tout de suite interpellée par son discours sur l’importance de la lecture ainsi que son engagement communautaire auprès des jeunes; il leur transmet sa passion pour la littérature, mais surtout, il leur ouvre un univers rempli de possibilités! Après avoir lu ses recueils de poésie, j’avais envie d’en connaître un peu plus, mais aussi de vous le faire découvrir. Je l’ai contacté et il a accepté avec plaisir de répondre à mes questions: Parfois, on comprend mieux la poésie quand on connaît l’histoire derrière. Parle-moi de ton background. D’où viens-tu, que fais-tu dans la vie? Je suis originaire du Restigouche, plus précisément de St-Quentin, mais j’ai passé presque la totalité de ma vie au Madawaska (à Edmundston). Je suis artiste multidisciplinaire. De la poésie à l’aquarelle …

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Une autrice et son œuvre : Delphine de Vigan

J’ai découvert Delphine de Vigan alors que je cherchais un roman qui allait m’attraper et dont je ne pourrais plus m’échapper, ce genre de livre qu’il faut finir d’une seule traite sans reprendre son souffle. J’ai aperçu en librairie Rien ne s’oppose à la nuit, l’un de ses romans, et j’ai été immédiatement séduite. Deux jours plus tard, j’avais fini le livre et, la tête pleine des mots de l’autrice, je m’attaquais à une autre de ses œuvres. J’avais trouvé exactement ce que je cherchais et découvert une écrivaine remarquable. Jours sans faim (2001) Delphine de Vigan est une romancière et réalisatrice française. Mère de deux enfants, elle vit avec le critique littéraire, journaliste et animateur d’émissions culturelles François Busnel. Elle se fait d’abord connaître avec un premier récit d’inspiration autobiographique intitulé Jours sans faim, qu’elle publie d’abord sous le pseudonyme de Lou Delvig.  Jours sans faim, délicat jeu de mot pour un texte intense qui aborde la complexité de l’anorexie, cette maladie dont l’autrice a elle-même souffert. L’héroïne, Laure, jeune fille de 19 ans …

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Escapades au Québec : un guide de voyage idéal pour pantouflards ou aventureux

Chacun a sa propre conception du voyage. Pour certains, il s’agit du pays à l’autre bout du monde. Pour d’autres, c’est la roulotte familiale à 15 minutes de route. Il existe autant de visions qu’il y a d’individus. Mais une chose est sûre : l’idée du voyage fait rêver et nous emmène loin dans nos pensées. Il y a des gens qui, à défaut de pouvoir se l’offrir, vont voyager dans leur imaginaire en s’évadant par les livres. Souvent ce sont des romans, parfois il s’agit de guides touristiques. Toutes les méthodes sont valables pour échapper au quotidien. Pour ma part, voyager au Québec est au cœur de mes choix. Je prends un malin plaisir à découvrir mon coin de pays au compte-gouttes. C’est ce goût du Québec qui m’a amenée à mettre la main sur Escapades au Québec, les coups de cœur de La Presse. Coup de foudre instantané En voyant le livre sur les tablettes d’une petite librairie de quartier, la couverture m’a immédiatement sauté aux yeux. La Belle Province m’apparaissait sous son meilleur …

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Jane Eyre : un conte de fées réinventé

Mal du pays, morosité, panne de lecture, voilà ce que je vivais quand je me suis plongée dans l’Angleterre victorienne de Jane Eyre. Jane Eyre est une jeune orpheline qui vit chez sa tante. Détestée par cette dernière, tyrannisée par son cousin, elle est envoyée dans un pensionnat dirigé par un pasteur qui aime humilier les élèves. Dans cet établissement, Jane Eyre connaît la faim, le froid et la maladie. Elle en retire tout de même une solide éducation qui lui permettra de se trouver un poste de gouvernante dans un riche manoir anglais. Elle tombe amoureuse du propriétaire, Edward Rochester, un homme plutôt laid et taciturne, mais brillant et cultivé. Ses sentiments s’avèrent être réciproques et voilà l’occasion idéale pour Jane Eyre, la petite orpheline sans avenir, de s’élever socialement, de se soustraire à sa condition et de trouver fortune. Conte de fées renversé : un modèle différent « Quand vous êtes venues à moi, dans Hay Lane, hier soir, j’ai pensé sans raison à des contes de fées, et j’ai bien failli me demander si …

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Des liens invisibles, mais invincibles

Comme beaucoup de filles de mon âge, les premiers «vrais romans d’adultes» sont ceux de la série Quatre filles et un jean, d’Ann Brashares. Donc, à la bibliothèque, quand j’ai lu la quatrième de couverture du roman Un été invincible, d’Alice Adams, je n’ai pas hésité très longtemps, car j’y ai retrouvé des thèmes similaires. Amis d’université Ce premier roman de l’autrice raconte l’histoire de quatre personnes, soit Benedict, Eva, Lucien et Sylvie. Les deux derniers sont frère et soeur, mais font également partie d’un groupe d’amis très proches, avec les deux autres. Ceux-ci se sont rencontrés à l’Université de Bristol, ou plutôt à la fac de Bristol, pour reprendre l’expression utilisée dans le livre. Or, le roman débute à la fin de leur dernière année en tant qu’étudiants, pour la plupart. C’est donc le moment pour eux de se séparer et de vivre leur vie d’adulte. Pour Eva, cette séparation rime avec le début d’un emploi à Londres, dans le monde des finances. Alors que Benedict reste à Bristol pour faire son doctorat, Lucien et Sylvie …

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L’Euguélionne de Louky Bersianik : humour et fureur féministes

Aborder ce roman mythique de la littérature féministe québécoise n’est pas chose facile lorsqu’on considère les nombreuses analyses et chroniques littéraires qui lui furent dédiées. J’avoue m’être questionnée à savoir si j’étais à la hauteur de la tâche d’en révéler tout le potentiel à travers un court article. C’est donc sans prétention et avec beaucoup d’humilité que je me permets de partager mon appréciation de ce fantastique roman, qui est définitivement un de mes coups de cœur littéraires des derniers mois. Certain.e.s se sentiront peut-être intimidé.e.s par l’imposante taille du volume; soyez au contraire assuré.e.s que ce petit bijou se dévore et se savoure avec aise, au fil d’une épopée complètement loufoque sans queue ni tête. Il faut approcher L’Euguélionne sans rien attendre d’autre que de se laisser transporter – et transformer – par l’intelligence humoristique et les réflexions de l’autrice. L’extraterrestre à la recherche du « mâle de son espèce » Dans ce récit non linéaire, on suit la quête de l‘Euguélionne, cette extraterrestre qui aboutit sur la planète Terre dans le but de trouver « sa …

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L’Espèce fabulatrice : réflexions sur la place de la fiction

Chez Le fil rouge, on affectionne particulièrement Nancy Huston. On en parle souvent (comme ici) et on la cite beaucoup. C’est une autrice canadienne ouvertement féministe, qui a plusieurs œuvres à son actif. Peut-être que les titres L’Empreinte de l’ange (1998) et Le Club des miracles relatifs (2016) vous disent quelque chose. Elle a écrit une multitude d’essais, dont L’Espèce fabulatrice, qui traite de la grande place que prennent les fictions dans la vie humaine. Ce livre a été un coup de cœur immédiat. J’ai toujours apprécié l’univers et la façon de penser de cette autrice, et cet essai a tout confirmé. Dès les premières pages, j’ai surligné énormément de passages, car les réflexions résonnaient en moi. J’ai tout dévoré en moins de trois jours. Cela m’a ouvert les yeux sur la façon dont les sociétés sont construites, sur la façon dont tous les enfants du monde sont élevés, sur la place du langage et de la littérature. En résumé, sans nos fictions — les mythes, les religions, les fables, les histoires — l’espèce humaine …

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Dans un corps de grosse

Je vise la brièveté pour cet article, car le livre dont il est question ici se dévore littéralement. Je n’ai donc pas l’ambition de le décrire en long et en large. Cet ouvrage m’apparaît important dans une ère, et on l’a déjà dit et redit, où la perfection standardisée du corps des femmes (voir de la femme) est le modèle proposé. Je vous suggère de lire ce récit avec sensibilité. Lynda Dion se présente Lynda Dion : femme adulte, blanche, occidentale et grosse. Surtout grosse. C’est à travers ce mot, tantôt insulte, tantôt simple constat, que Lynda Dion planchera pour créer cette autofiction prenante. Elle amène le lecteur dans ses pensées les plus sombres, dans ses soirées de gourmandise aux allures d’autopunition, dans ses rencontres chez le psy et même en plein cœur de son processus littéraire dont le roman lui-même est l’aboutissement.  L’impression qui se dégage de la plume autant que de la mise en forme du récit, à savoir une prose dépourvue de ponctuation et séparée en petits paragraphes, est de lire le journal intime de l’écrivaine. Ce regard excessivement …

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Les étoiles s’éteignent à l’aube après avoir raconté leur histoire

Un jeune Injun est élevé par un vieil homme (blanc) dans une ferme au milieu de nulle part. Son père, alcoolique, qui lui a rendu des visites, toutes rares et catastrophiques, lui demande de l’accompagner dans les montagnes pour y mourir « en guerrier », selon la tradition de leurs ancêtres. Ce livre est le récit de cette « Medecine walk » (le titre original du livre), cette marche de la guérison qui les soignera tous les trois de leurs plaies. La peur de vivre Ce qui frappe tout au long du livre, c’est le contraste incroyablement fort entre le père et le fils. Le père s’est tué à petit feu avec la boisson et sent à présent que sa mort est proche. Sa conscience est lourde, et il regrette de ne jamais avoir pris le temps d’apprendre des « trucs d’Indien » et de s’être coupé de ses origines. Il fait partie d’une génération « qui a appris à oublier […] parce qu’elle était trop occupée à survivre dans ce monde ». C’est pourquoi il demande à son fils de l’accompagner en …