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Outspoken, la soif de prendre parole

Outspoken, de Julia Serano, compile les textes et essais cumulés pendant dix ans d’activisme transféministe et transgenre. Cinq chapitres contiennent les essais inutilisés dans les dernières publications, les articles de blogues ayant pris la poussière et les œuvres présentées uniquement devant le public. Le tout est commenté par l’auteure, avec la perspective que lui a conféré toutes les années écoulées. Quel est le passage qui a retenu mon attention? C’est au début, un chapitre consacré au volet artistique de la carrière de cette auteure prolifique. Les textes créatifs de Serano, au nombre de 19 dans cette publication, sont généralement des œuvres de « spoken word ». Le style de l’auteure ne joue pas particulièrement dans la subtilité ou le recours à l’imaginaire : elle avoue d’ailleurs elle-même que le fait de partager ses textes sur scène l’encourageait à emprunter un style choquant qui fait bien réagir le public. Néanmoins, les anecdotes qu’elle raconte ont toujours une portée plus grande, elles sont la partie qui contient le tout. Les auteures trans anglophones et états-uniennes sont généralement …

Le retour des Baudelaire : une série (loin d’être) désastreuse

Chère lectrice, cher lecteur, Je préfère vous avertir que l’article que vous vous apprêtez à lire est pénible. Rien n’est aussi triste qu’une analyse comparative d’œuvres artistiques, d’autant plus lorsque cette analyse été rédigée par une personne en deuil d’avoir terminé ladite œuvre. Je vous suggère de vous tourner vers une lecture plus distrayante. Par exemple, Internet regorge d’articles sur la pensée positive et de vidéos de recettes de muffins aux bananes. Si vous décidez malgré tout de poursuivre votre lecture (ce que je vous déconseille fortement de faire) vous retrouverez mon appréciation de l’adaptation de la funeste série Netflix Lemony’s Snicket A Series of Unfortunate Events par rapport au film du même titre réalisé en 2004, tous deux infiniment décevants. Je vous propose un regard par trop subjectif (subjectif signifie relatif au point vue personnel) concernant un certain nombre d’éléments incomplets. Comme si une adaptation ne suffisait pas, Mark Hudis a cru bon de transposer à nouveau les livres (à quoi bon?) en une série télévisée interminable dont la diffusion a gâché le début de l’année 2017. F. Demeule …

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Être ici est une splendeur : La courte, mais passionnante vie de la peintre Paula M. Becker

Prêtez-vous au jeu suivant : nommez cinq peintres de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle. Il y a des fortes chances que vous ayez nommé exclusivement des hommes. Si vous refaites le même jeu en vous limitant aux femmes peintres, probablement que vous trouverez l’exercice plus difficile. C’est parce que nous en savons si peu sur les femmes artistes de ces époques que j’ai tant aimé le roman Être ici est une splendeur de Marie Darrieussecq qui porte sur la vie de l’artiste peintre allemande Paula Modersohn-Becker. J’ai bien sûr apprécié ma lecture, mais ce qui m’a réellement plu de ce roman, c’est qu’il m’a fait connaître la vie, l’univers et l’art d’une artiste peintre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Certes, je ne suis pas une experte en Histoire de l’art, mais cela démontre la difficulté pour les femmes de faire leur place dans l’Histoire. Paula Modersohn-Becker, alors Paula Becker, est née à Dresde en Allemagne en 1876, mais a vécu une bonne partie de sa vie à Worpswede, où vivaient plusieurs artistes allemands …

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Bordeline : pour se sentir moins seul.e avec sa folie

Folle. J’ai eu peur de l’être, souvent. Trop longtemps, j’ai eu l’impression de l’être vraiment, aussi. C’est douloureux pour la tête et les émotions quand le mot te traverse de bord en bord. Ça transperce, fort. Ça te balance en bas de ta chaise. Ça te fait pleurer en p’tite boule dans les couvertes, le cœur serré. Ce mot-là il est resté ancré en moi comme une cicatrice qui n’a jamais voulu s’effacer. Il revenait à la charge, toujours. Folle. Je suis folle. Je suis crissement folle. Mes instants de paranoïa, mes délires non-justifiés, mon humeur changeante, mes états dépressifs, ça en faisait trop, je me disais : j’suis pas normale. Tout le temps. Ça revenait à la charge, encore. Une p’tite crotte abandonnée sur le bord de la route. Une guenille sale qu’on a oubliée dans le fond de l’évier. Un lapin dans sa cage qu’on n’a pas lavé depuis des jours. Je croyais être seule au monde. Un jour j’en ai parlé à un psy, puis à des ami.e.s et à ma famille. J’ai …

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Péter sa coche ou briser le tabou de la maladie mentale

Personnalité connue du web, je suivais Matthieu Bonin depuis un bon bout sur les réseaux sociaux, pour son audace, pour sa sensibilité aussi. Puis, un moment donné, je l’ai trouvé juste, trop. J’ai décroché. Les années ont passé. Jusqu’à ce que dernièrement, mes yeux aient remarqué son nom à nouveau dans une librairie, sur une jaquette de livre. Matthieu Bonin avait écrit : Péter sa coche, publié en février 2017, aux éditions Un monde différent. Souffrant de trouble d’anxiété généralisée et de maladie affective bipolaire (de type 2 dans son cas), l’auteur doit jongler constamment entre les différents cycles que la maladie lui amène, tout en affrontant les aléas de la vie. Il doit essayer d’apprivoiser ses humeurs, basculant du deep down de la dépression jusqu’à émerger vers une stabilité trop courte et ensuite bifurquer dans l’hypomanie. Les autres peuvent le trouver difficile à suivre, pour lui, ce l’est encore plus. Le livre s’ouvre sur la réflexion qu’après 26 ans à vivre dans le chaos, ayant toutefois reçu l’aide de son médecin de famille et …

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Prix littéraire des collégiens 2017 : ce que des étudiants ont pensé Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard

Enseignante de littérature dans un cégep, j’ai motivé un groupe de douze étudiants à participer au Prix littéraire des collégiens 2017 au cours de la session d’hiver. Toutes les deux semaines, nous nous rencontrons pour discuter des œuvres sélectionnées, pour les décortiquer et les critiquer et ainsi en déclarer une gagnante du Prix littéraire des collégiens 2017. Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard était la lecture pour la cinquième et dernière rencontre du Prix. Les étudiants n’ayant que très rarement lu des recueils de nouvelles, ils ont découvert ce genre et accroché par la brièveté de celui-ci. Ils ont trouvé que la nouvelle se prêtait bien au message que l’auteure voulait passer, l’essentiel étant dit directement et sans détour. La majorité des participants au prix étant des filles, elles ont vécu différentes émotions en lisant : « Ça nous rentrait dedans. » Une lecture simple et facile, mais percutante et très vulgaire : « Ça ne remonte pas l’estime. » Savoie-Bernard utilise un langage cru, représentatif des actions de ces femmes, toutes aussi crues. Ce sont des femmes en détresse, malades …

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Françoise et Marie-Reine

L’amitié est un thème courant dans plusieurs romans, mais rarement est-elle le cœur d’une histoire, la raison d’être de deux personnages qui ne partageront qu’une amitié pure, simple et parfois cruelle. Françoise de Luca nous rappelle l’importance et l’influence des amitiés de notre enfance sur le reste de nos vies grâce à son roman Reine. Son écriture est fluide comme une longue rivière sur laquelle je me suis laissée glisser doucement. Notre amie Françoise Ce roman est écrit à la première et deuxième personne, la narratrice s’adresse au lecteur comme s’il s’agissait de son amie d’enfance : Marie-Reine. Cela ajoute une sensibilité et une pureté au texte, car l’auteure crée un espace intime et privé entre deux personnes, oubliant le reste du monde. Je ne sais pas à quel point l’auteure et le personnage de Françoise sont différents, mais la Françoise que j’ai appris à connaître dans ce roman est charmante. Douce, généreuse et fondamentalement gentille, elle vit la majeure partie de son enfance à travers les yeux de son amie Reine, qu’elle idolâtre. J’y ai …

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Le problème avec les femmes

Je suis tombée par hasard sur ce roman graphique alors que j’errais dans la section bd adulte de ma librairie de quartier. Le titre m’a d’abord intriguée, puis je l’ai feuilleté rapidement et j’ai décidé de me le procurer. Je n’ai pas été déçue de cette décision, puisque je l’ai lu deux fois de suite. Le problème avec les femmes de Jacky Flemming nous explique pourquoi les femmes ne se retrouvent pas dans nos livres d’histoire et pourquoi aucune femme ne s’est démarquée à travers les siècles. Plusieurs éléments sont en cause : leur tête est trop petite, elles vivent dans une bulle domestique, leur chevelure les empêche d’entendre et elles sont trop émotives pour comprendre les mathématiques, entre autres choses. Vous l’aurez compris, la totalité de cette histoire est basée sur l’ironie et le sarcasme. En utilisant un ton qui se rapproche du mansplaining, Flemming nous explique pourquoi les femmes, arrivées dans le monde bien après les hommes, n’ont pas les capacités physiques et mentales d’exercer les métiers masculins. Elle y insère même de …

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S’il ne fallait en lire qu’un

À l’époque, on disait d’une terre boisée, acquise par les colons français arrivés en Nouvelle-France, qu’elle était de bois debout. Que la forêt était son constituant premier, et que le travail qu’on devrait faire pour défricher la terre et construire sa maison serait gigantesque. Le père d’Alexandre, protagoniste principal du dernier ouvrage de Jean-François Caron, De bois debout, publié aux éditions de La Peuplade, est de ces hommes qui n’ont pas peur de suer sang et eau pour mener à terme un projet. Il ne craint pas les heures passées à s’arracher la peau des doigts, à se briser le dos pour accomplir la besogne quotidienne. Le père d’Alexandre est un homme de peu de mots, un amateur de silence, un homme qui, toutefois, s’il ne parle pas souvent, ne le fait jamais sans y avoir réfléchi longuement. Un homme qui n’aime pas les livres qui éloignent, dit-il, de la vraie vie. Et c’est sur la mort de cet homme que s’ouvre De bois debout. Tué à bout portant par un policier, devant son seul enfant. …

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Le rouge vif de la rhubarbe: la détermination d’une adolescente islandaise

Lorsque je voyage, j’aime beaucoup lire des auteur.e.s du pays de la destination en question. J’ai l’impression de baigner dans leur culture, de me mettre au diapason du peuple qui m’accueillera sur son territoire, de m’imprégner des lieux que je visiterai. Récemment, j’ai voyagé en Allemagne et j’avais lu Une femme à Berlin, en plus de voir la pièce de théâtre. Quand je suis partie en Islande l’an dernier, j’ai lu un roman policier d’Arnuldur Indridasson et Rosa Candida d’Auður Ava Ólafsdóttir, que j’avais beaucoup aimé. C’est donc avec enthousiasme que j’ai appris que cette dernière visiterait Montréal en mars! Fidèle à mon habitude, je n’ai pas réservé de place suffisamment d’avance pour l’entendre parler de son travail d’écrivaine, mais aussi, j’imagine, de sa belle Islande. Quelle déception! Je suis toutefois mitigée quant à son rapport au féminisme, elle qui donne une grande place aux personnages masculins et à la valorisation de la paternité dans certains de ses romans, comme Rosa Candida… Et son prochain roman s’annonce comme un questionnement sur la virilité. Elle affirme …