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Rencontre intime avec Geneviève B-Blain auteure de La cellule naïve

Un recueil de poésie intimiste et puissant publié par une ambitieuse maison d’édition indépendante. Le recueil est disponible chez plusieurs libraires (Euguélionne, Flèche Rouge, Verdun, Port-de-tête, Zone Libre) ainsi qu’en ligne chez Le Pressier.

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Je marche avec Walt Whitman

Walt Whitman. Pilier de la poésie américaine. Figure de proue d’une poésie qui tardait à naître aux États-Unis. Homme chantant l’Amérique et sa nature luxuriante. Walt Whitman. Vous le connaissez. Son nom est mentionné ici et là, car il ne peut pas être oublié. Une fois que vous avez posé vos yeux sur ses vers, ses mots s’incrustent dans votre esprit, vos lèvres s’imprègnent de ceux-ci. La culture américaine se l’approprie, car il en est le représentant le plus reluisant du XIXe siècle. Le personnage de Roberto Benigni y fait référence dans le film Down by Law de Jim Jarmusch. Walter White, personnage principal de la série à succès Breaking Bad, se voit offrir son recueil de poésie Leaves of Grass. Qui ne se rappelle pas la récitation pleine de verve de O Captain! My Captain! de Robin William dans le film culte Le Cercle des poètes disparus? Walt Whitman est là pour rester. O Captain! My Captain! our fearful trip is done; The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won; …

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Ciels Transitoires, une poésie salvatrice

Ciels Transitoires est un recueil de poésie écrit par Clara Brunet-Turcotte, paru chez la maison d’édition Poètes de Brousses. Il m’a tout de suite intéressée par sa première de couverture (oui je sais, on ne doit pas uniquement se fier à celle-ci, mais quand elle est aussi belle, c’est difficile de ne pas se laisser influencer), d’ailleurs, cette œuvre est signée Sam Ectoplasm. C’est le deuxième ouvrage que je découvre de cette maison d’édition qui se consacre à la poésie québécoise contemporaine, le premier étant Amélia de Laurence Veilleux, et je suis à nouveau conquise. Ciels Transitoires est un petit bijou de poésie libre et est superbement écrit. Le titre Transitoire est ce qui ne dure pas, les bonheurs, mais surtout les malheurs. Chacun développe sa propre interprétation en poésie. Pour moi, la poésie est subjective, on peut soit essayer d’imaginer ce que l’auteur.e pouvait penser ou bien créer notre propre interprétation selon nos besoins ou envies. Pour moi, Ciels Transitoires signifie ce qui ne dure pas. C’est un livre qui m’est tombé dans les …

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Bec-de-lièvre d’Annie Lafleur, ou comment dévorer le poème

Les taons sifflent, le lièvre se fait dévorer par le chien, l’hirondelle écoute, l’âne obéit, la bête s’évanouit, le cheval s’observe et le pigeon cache le soleil. Bienvenue dans l’univers d’Annie Lafleur, un univers poétique peuplé d’animaux et dépeuplé d’humains, dans lequel les mots s’entrechoquent à une vitesse folle. Dans Bec-de-lièvre, tout un bestiaire se meut avec le sujet poétique, c’est le spectacle de « la marche des animaux en lisière du monde » (p. 31). « J’essore l’oiseau du ciel les digues éclatent en vieux sang je remonte dans l’arbre à l’écart des hommes souffle sur la vermine qui ronge ma veine je vole au soleil sa boue jaune » (p. 51). Quatrième recueil de la poète montréalaise, il a été finaliste au Prix des Libraires 2017, dans la catégorie Poésie. Divisé en trois parties composées de courts poèmes sans titre, préfacés par un plus long poème « On a quitté la région », le recueil de Lafleur, Bec-de-lièvre (Le Quartanier, 2016) suit la voracité du sujet poétique alors que cette dernière se promène en forêt, dévorant et rapiéçant tout …

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Entre confidence et humour: Les Intimistes

Les Intimistes Les Intimistes est un collectif interculturel de comédiennes, de femmes talentueuses qui écrivent et jouent leurs propres textes (et parfois ceux des autres). Chaque mois, elles présentent un nouveau chapitre, nous offrant des bribes de leur intimité. J’ai eu le plaisir d’assister aux troisième et quatrième chapitres. Chapitre 3: Des femmes savantes Je me suis rendue au studio de l’Inis avec Martine. En entrant, on nous a demandé d’écrire le pire emploi que nous avions occupé sur un bout de papier et de le mettre dans un chapeau, sans plus explications. Dans le corridor menant à la salle de spectacle, les actrices dégageaient une fébrilité festive. Ce troisième chapitre avait une formule un peu différente des deux premiers, qui mettaient davantage de l’avant les textes intimes des comédiennes. Cette fois-ci, les femmes du collectif ont interprété un collage de textes de nouvelles tirées du recueil Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard. Leur interprétation des textes était touchante. Elles incarnaient magnifiquement les mots crus et honnêtes de l’œuvre de Savoie-Bernard. Pas de décor, que …

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La poésie de Kate Tempest: recevoir le chaos en plein cœur

Entre slam et poésie, politique et poétique, Kate Tempest nous ébranle, nous émeut, nous secoue, nous bouleverse. Elle crée une tempête d’émotions, en bref (pardonnez-moi le mauvais jeu de mots). C’est ce que j’ai découvert lorsque j’ai assisté à son spectacle en avril dernier. Un moment grandiose, alors que la foule se délectait de ses paroles, en symbiose avec elle. Pourtant, je ne savais alors rien de cette artiste, une amie m’ayant simplement fortement recommandé d’assister au concert. Pourtant, alors que je n’avais aucune attente, j’ai été hautement stupéfaite de l’expérience musicale et poétique que j’ai vécue: la sincérité et l’intensité du spectacle Let Them Eat Chaos m’est parvenue directement dans les tripes; un coup de foudre, un vrai! Le spectacle, d’une très grande qualité, soit dit en passant, s’inscrivait dans la tournée de Tempest pour son dernier album Let Them Eat Chaos, qu’elle interprète d’un bout à l’autre, en reprenant à peine son souffle. Pas de rappel, pas de diversions : l’album complet, du début à la fin, comme une seule et même chanson. …

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Ma visite au théâtre Prospero

Il y a quelques temps j’ai dû me rendre au Théâtre Prospero afin d’assister à la pièce de Théâtre Don Juan revient de guerre, une pièce d’Ödön von Horváth, mise en scène par Florent Siaud. C’est une pièce qui raconte l’histoire de Don Juan qui revient perdant de la guerre et fait face à une société hors du commun, complètement changée. Il se retrouve perdu dans ce néant de nouveauté et fait face à son passé, un amour perdu. J’ai adoré la lecture de celle-ci. On doit l’avouer qu’une lecture scolaire obligatoire est plus agréable lorsqu’on apprécie la lecture de celle-ci. Puis, lorsque j’ai vu la pièce jouée, j’ai été fascinée et éblouie. Cette heure et trente minutes a passée trop rapidement, le spectacle était fini que j’en aurais écouté encore plus. L’après-guerre au centre de la pièce La réécriture d’Horváth de Don Juan semble démystifier ce personnage célèbre au théâtre, tout en lui imposant une désunion avec la société, particulièrement les femmes, élément majeur dans l’histoire de Don Juan depuis la création du personnage. Le …

Coup de poing dans le réel : la poésie de Marjolaine Beauchamp

Vous la connaissez parce qu’elle a fait la première partie du show L’existoire de Richard Desjardins? Parce qu’elle a été championne québécoise du slam en 2009? Parce que vous l’avez déjà lue? En tout cas, Marjolaine Beauchamp, originaire de Buckingham en Outaouais, est à découvrir! Collaboratrice assez régulière au blogue Filles Missiles, Beauchamp a aussi un disque de slam disponible sur bandcamp si vous voulez entendre ses textes comme elle les lit. Une poésie abrasive : Aux plexus Aux plexus (2010, Éditions de l’Écrou), qui a été finaliste au prix Estuaire en 2011, offre des poèmes beaux et forts sur des gens ordinaires aux prises avec la misère humaine. Dans une langue joualisante, orale, proche d’une voix entendue lors de soirée de slam, Beauchamp fait exploser les préjugés dans ses poèmes narratifs. Aux plexus ne prend pas de détours pour traiter de sujets lourds comme le suicide, la pauvreté, le bien-être social, l’adultère et d’autres moins « lourds » sans être moins importants ou imposants comme l’amour, la maternité et la famille. Dans une entrevue dans …

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Atteindre les étoiles en pleurant un peu

Un bain poétique Depuis quelques semaines, j’ai pris l’habitude de lire en prenant un bain (c’est une activité que je suggère fortement, quel bonheur que de vivre ce moment de lecture et de relaxation). Je tamise la luminosité dans la petite pièce en allumant une seule chandelle, elle suffit à éclairer les pages du livre que je tiens au-dessus de l’eau parfumée aux essences de menthe et d’eucalyptus, mes favorites. L’eau, très chaude, crée une légère brume au-dessus de mon corps qui n’est jamais entièrement submergé. C’est là que j’ai commencé la lecture du recueil de poèmes Pleurer ne sauvera pas les étoiles de François Guerrette, paru aux Éditions Poètes de brousse en 2014. À haute voix, bien sûr. La poésie lorsqu’elle trouve une voix pour la prononcer est vivante, elle se délie sur la langue et se fait échos contre les murs bétonnés, elle les transperce. Elle flotte, elle fuit, elle danse. J’ai emprunté le recueil à une amie, après qu’elle ait partagé avec moi un extrait qui se situe au début du recueil. …

De migrations et d’origines : Outardes de Catherine Côté

L’Abitibi, c’est les mines, la forêt à perte de vue, les camps de chasse perdus dans le bois; c’est Val-D’Or et Rouyn-Noranda; c’est une terre colonisée sur le tard, lors de la crise économique des années 1930; c’est des petits lacs où se saucer l’été pour se sauver des mouches à perte de vue; c’est un hiver interminable avec le lourd silence qui l’accompagne, un « silence [qui] pren[d] toute la place » (p. 38). L’Abitibi, c’est Richard Desjardins et Raoûl Duguay. L’Abitibi, c’est aussi le sujet du premier recueil de Catherine Côté, Outardes, dernier titre parut à la collection poésie des Éditions du passage. Poésie des origines, Outardes raconte l’Abitibi où Côté n’a jamais habité; l’Abitibi qu’elle a explorée à la recherche des traces de ses ancêtres. Montréalaise, Côté a ses racines familiales en Abitibi. Avec son recueil, elle explore l’impossibilité en même temps que la nécessité de prendre racine dans un passé et un territoire inconnu. L’étau se resserre D’emblée, le sujet poétique est situé géographiquement : les vers « je suis fille de fleuve / …