All posts filed under: Poésie et théâtre

Carcasses au crépuscule : une poésie franche, sans fioritures

      Impossible pour moi de rentrer dans une librairie sans acheter de livres. L’achat est inévitable, c’est l’une des seules folies financières que je me permets sans trop me sentir mal. Je me dis que ça rentre dans mes « dépenses d’études » puisque je suis à la maîtrise en littérature et que je dois ouvrir mes horizons littéraires afin de mieux construire ma propre voix, tsé. J’pense que c’est une bonne justification, en tous cas c’est celle que je me répète à chaque fois que je sors ma VISA. Sauf que parfois, on n’a pas ben le choix de couper dans nos dépenses. Heureusement pour moi, la poésie, ça coûte pas cher! (ou malheureusement pour la jeune wanna be poète que je suis… C’est selon). Ce mois-ci, ma débit était vide et ma VISA réticente à sortir de son cocon de (faux) cuir, mais j’ai craqué pour le recueil de poésie de Patrick Brisebois, publié aux Éditions de l’Écrou, Carcasse au crépuscule. Environ le prix d’un sandwich poulet sauce aigre-douce au Subway …

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Beau brin de poésie épique : Le Grand feu

Nous sommes en 1820, à la Baie Sainte-Marie, ce coin d’Acadie qui gigote dans le sud-ouest de la Nouvelle-Écosse. Cécile est orpheline, mais pas mal prise: elle a un oncle descendu du Vieux Continent, bien décidé à l’y ramener, et un amoureux, loggeux de son métier, qui voudrait qu’elle reste bien près de lui. Quand Le Grand feu commence (ou braque, comme dirait Georgette LeBlanc), Cécile a entendu dire qu’un bateau (un bote), la Mary Celeste, a été retrouvé vide dans le milieu de la mer. Ses occupants, une famille, l’auraient déserté en y laissant toutes leurs affaires. C’est une histoire, plusse qu’une rumeur/tcheque mode de vision, que Cécile ressasse. Elle n’arrive pas à s’en défaire : le bote avait été laissé à flotte, vide la coquille, un fantôme rinque une histoire, peut-être peut-être, mais Cécile était pris l’histoire y collait partout dans le tchoeur (p. 22-23) J’ai grandi en Acadie, dans l’Acadie du Nord-Ouest qui se cale le cou contre la Baie des Chaleurs et la Gaspésie; celle qui est, géographiquement, à l’opposé de celle …

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Mes découvertes théâtrales à l’université (Partie 1)

J’étudie à l’université en écriture de scénario et création littéraire, ce programme bi-disciplinaire est constitué à 50% de cours orientés vers la littérature, puis l’autre moitié vers le cinéma. Lors de mes cours de littérature, je me suis principalement dirigée vers les cours de dramaturgie pour les cours à choix. À mon plus grand plaisir, je suis tombée en amour avec le genre, je trouve que l’évolution de cette forme d’écriture est passionnante. Dans cet article je vous présente mes coups de cœur à travers mes découvertes théâtrales au cours de mon bac. La mouette de Tchekhov De tout ce que j’ai lu de littérature russe, j’en ai toujours apprécié la lecture. Il n’est donc pas étonnant que La Mouette d’Anton Tchekhov soit l’œuvre dramaturgique que j’ai le plus appréciée au cours de mon parcours scolaire jusqu’à maintenant. C’est une histoire de famille, une histoire de triangle amoureux, une histoire de passion. L’art devient le nœud de l’histoire, chacun aspire à se découvrir et réussir de leur passion. Nina veut devenir actrice, Treplev cherche la …

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Un peu de brut et de frais : Autobiography of Red

J’avais deux petites semaines de vacances en juillet et une cabane pas d’Internet qui m’attendait sur le bord du fleuve. Deux pièces, la cabane : une cuisine et une chambre. Une grande cour ensoleillée, un recoin d’ombre sur la galerie, quatre poules rousses comme voisines immédiates. J’y suis arrivée un mardi après-midi, toute seule avec mon sac à dos et mes provisions. Je traînais huit livres dans mes bagages. J’avais mis beaucoup de temps à les choisir, avant de partir : je cherchais des histoires particulières, de celles qui donnent envie de raconter les nôtres. Parce que c’était pour écrire, la cabane. La cabane, le fleuve, les poules : un moment soigneusement découpé dans l’été. Je voulais avoir les bons livres. Je voulais lire pour pouvoir mieux écrire. Quelque part dans le lot, il y avait Autobiography of Red. Anne Carson y met en scène, de façon merveilleusement troublante, le personnage de Geryon, jeune garçon puis jeune homme, qui cache une grande paire d’ailes rouges sous ses vêtements. Élevé par une mère qu’il adore, très tôt victime des …

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« J’suis jamais malade en été d’habitude » : Rencontre avec l’auteure et comédienne Patricia Rivas

Il y a déjà quelques semaines, j’ai assisté avec Marjorie à la représentation de la pièce de théâtre J’suis jamais malade en été d’habitude. Nous avons été incroyablement et positivement surprises de cette pièce racontant l’histoire d’une jeune femme qui apprend qu’elle est atteinte de la sclérose en plaques. Avec beaucoup de sensibilité et d’humour, on suit cette jeune fille dans ses questionnements personnels lors de l’annonce de sa maladie à ses proches, puis dans son acceptation de cette maladie. La comédienne principale, Patricia Rivas, est tout à fait remarquable; elle a un regard très communicateur qui nous entraîne rapidement dans le récit. Elle est aussi l’auteure de cette pièce et est elle-même atteinte de la sclérose en plaques. J’ai été vraiment touchée et inspirée par son courage et son talent et j’ai donc eu envie de m’entretenir avec elle pour en savoir plus sur son processus créatif. Je vous invite fortement à suivre la page Facebook de la pièce pour être informé des prochaines représentations; ça vaut vraiment la peine de se déplacer!   …

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3 livres pour s’initier à la poésie… différemment!

Ces derniers temps, plusieurs de mes ami.e.s m’ont demandé conseil pour commencer à approfondir leurs connaissances en matière de poésie. Souvent, mes proches n’avaient que tâtonné ce style de littérature bien particulier lors de lectures imposées au secondaire ou au cégep, et trouvaient que ce qu’ils avaient déjà lu était… comment dire? Poussiéreux?

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Je marche avec Walt Whitman

Walt Whitman. Pilier de la poésie américaine. Figure de proue d’une poésie qui tardait à naître aux États-Unis. Homme chantant l’Amérique et sa nature luxuriante. Walt Whitman. Vous le connaissez. Son nom est mentionné ici et là, car il ne peut pas être oublié. Une fois que vous avez posé vos yeux sur ses vers, ses mots s’incrustent dans votre esprit, vos lèvres s’imprègnent de ceux-ci. La culture américaine se l’approprie, car il en est le représentant le plus reluisant du XIXe siècle. Le personnage de Roberto Benigni y fait référence dans le film Down by Law de Jim Jarmusch. Walter White, personnage principal de la série à succès Breaking Bad, se voit offrir son recueil de poésie Leaves of Grass. Qui ne se rappelle pas la récitation pleine de verve de O Captain! My Captain! de Robin William dans le film culte Le Cercle des poètes disparus? Walt Whitman est là pour rester. O Captain! My Captain! our fearful trip is done; The ship has weather’d every rack, the prize we sought is won; …

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Ciels Transitoires, une poésie salvatrice

Ciels Transitoires est un recueil de poésie écrit par Clara Brunet-Turcotte, paru chez la maison d’édition Poètes de Brousses. Il m’a tout de suite intéressée par sa première de couverture (oui je sais, on ne doit pas uniquement se fier à celle-ci, mais quand elle est aussi belle, c’est difficile de ne pas se laisser influencer), d’ailleurs, cette œuvre est signée Sam Ectoplasm. C’est le deuxième ouvrage que je découvre de cette maison d’édition qui se consacre à la poésie québécoise contemporaine, le premier étant Amélia de Laurence Veilleux, et je suis à nouveau conquise. Ciels Transitoires est un petit bijou de poésie libre et est superbement écrit. Le titre Transitoire est ce qui ne dure pas, les bonheurs, mais surtout les malheurs. Chacun développe sa propre interprétation en poésie. Pour moi, la poésie est subjective, on peut soit essayer d’imaginer ce que l’auteur.e pouvait penser ou bien créer notre propre interprétation selon nos besoins ou envies. Pour moi, Ciels Transitoires signifie ce qui ne dure pas. C’est un livre qui m’est tombé dans les …