All posts tagged: littérature

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Un film, Tchékhov et les femmes

Après des études en Lettres, j’en avais un petit peu soupé des classiques de la littérature internationale. Si bien que, pendant un bon bout de temps, j’ai laissé ce genre de côté, que j’avais exploré un peu par obligation, pour m’approprier plutôt la littérature québécoise et son langage qui est aussi le mien. J’y vivais davantage une proximité dans les sentiments décrits, dans la langue, dans les mœurs, ce qui me rejoignait mieux. Si vous voyiez le contenu de ma bibliothèque, vous verriez qu’elle a un fort penchant (et elle aussi est à veille de craquer!) pour les auteurs du Québec, pour ces mêmes raisons. Par où tout a commencé Puis, vint un jour où je suis tombée en amour avec le film de Rafaël Ouellet sorti en 2014, Gurov et Anna. Difficile à vous en expliquer la ou les raisons en version journaliste cinématographique que je ne suis pas. Je vous dirai simplement que ce film m’a séduite par ses sujets traités, imbriqués les uns dans les autres: la littérature, la banalité de la …

En lisant, en vivant, en écrivant

Je ne lis pas depuis plusieurs jours, j’écris, ou je fais autre chose, je peins, je dors, je marche, je ris, je pleure, mais je ne lis pas depuis plusieurs jours. Puis j’ouvre un livre, il m’accroche ou nous nous donnons rendez-vous un peu plus tard dans la vie. J’ouvre un autre livre et tout un monde fleurit dans ma tête, je me laisse submerger, je ne touche plus terre, le voyage débute et je suis déjà loin. Un nouveau cycle de lecture est lancé. Je n’ai pas encore déposé un livre, que déjà un autre s’installe au creux de mes mains. Je suis enfoncée dans mon lit, je suis une malade sans maladie. Une prisonnière dans la tempête. Je remets ma vie entière en question. Je suis dans un état constant près de l’inconscience, le sommeil n’est jamais loin. Cette douce lourdeur qui prend racine sur mes paupières et qui descend doucement sur mes épaules et dans mon ventre. Le syndrome de Berlin Je lis les mots de Mylène Bouchard au sujet d’une étrange …

À la rencontre d’une jeune Simone

Je dois vous faire un aveu, car même si j’ai fait un certificat en études féministes à l’UQAM, je n’ai jamais lu de livres ou de romans de Simone de Beauvoir. Évidemment, j’ai lu des textes et des extraits de ses théories et philosophies de pensée, mais ça s’arrête là. Lorsque je suis tombée sur Simone de Beauvoir, une jeune fille qui dérange et que je pouvais voir sur la quatrième de couverture le célèbre Jean-Paul Sartre, je fus immédiatement intriguée. La relation entre ces deux personnages m’a toujours fascinée. Je me disais qu’avec ce roman graphique, j’allais satisfaire ma curiosité. Au départ, le terme « fille » me dérangeait. J’aurais préféré retrouver « une jeune (FEMME) qui dérange » dans le titre, surtout avec sa célèbre réplique « On ne naît pas femme, on le devient ». Après ma lecture, j’ai compris pourquoi les auteur-e-s ont utilisé le terme « fille ». C’est que le roman graphique se concentre surtout sur la jeunesse de notre célèbre féministe française. J’ai donc fait la connaissance d’une très jeune …

Ne faire qu’un, envers et contre tous

Dans ce premier roman de Marie-Hélène Larochelle, Danill et Vanya, j’ai été surprise de la façon dont je me suis vue devenir complètement fascinée par cette histoire qui semblait toute simple au départ. Sans toutefois être un thriller psychologique, ce roman nous entraîne tout de même dans une quête qui côtoie meurtre, mensonge, agression sexuelle et identité. La prémisse semble fort simple : un couple très amoureux, Emma et Gregory, perdent leur enfant et décident de se tourner vers l’adoption internationale, c’est ainsi qu’ils deviennent les parents adoptifs de deux jumeaux, Danill et Vanya. Les premiers temps avec les bébés sont difficiles, ils semblent vivre avec des problèmes liés à une dépendance à l’alcool, alors d’emblée on ne trouve rien de douteux ou de louche avec les bébés qui sont distants, froids et incroyablement près l’un de l’autre. C’est au fil des pages qu’on y découvre une famille, qui semble parfaite de l’extérieur, mais qui est pourtant plongée dans des rapports froids et dépourvus de chaleur. Les jumeaux, cette entité, ne semble pas s’attacher à leurs …

Dans l’intimité des Reines

Publiée le 1er janvier 1991, Les Reines de Normand Chaurette est sans le moindre doute une pièce de théâtre surprenante, tant par son style d’écriture particulier, que par l’histoire rocambolesque. Une atmosphère obscure pour une famille obscure  Plongée à l’intérieur d’un palais londonien en 1483, la pièce présente six femmes affolées dans un univers pesant où toutes convoitent le trône d’Angleterre. La reine Elisabeth, les sœurs Anne et Isabelle Warwick, la reine Marguerite, Anne Dexter et la vieille duchesse d’York âgée de quatre-vingt-dix-neuf ans sont représentées toutes plus angoissées et affolées les unes que les autres. Je dois avouer que suivant ma lecture, je reste dans un état dubitatif. Certaines choses m’ont absolument séduite, par contre, l’histoire semblait par moment quelque peu complexe à suivre; peut-être par le style d’écriture s’appropriant le vocabulaire de l’époque, ou la façon dont elle est écrite, ou l’agitation parfois « mêlante » des personnages. Il reste que l’histoire m’a plu, elle me rappelle les pièces de Shakespeare dont j’ai toujours aimé l’écriture. Une famille entre vérité et mensonge Résumant l’histoire, …

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Le coup de poing et la performance de soi

Quelque chose en moi choisit le coup de poing est un oeuvre hybride entre essai et théâtre, écrite par Mathieu Leroux et publié chez La Mèche. C’est à la fois un rassemblement de courtes et moins courtes pièces écrites et mises en scènes par Leroux, précédé d’un essai sur la performance de soi dans l’art, plus particulièrement dans l’écriture. Le coup de poing, c’est la démarche autobiographique, c’est le Je dans l’écriture, le Je dans l’art, c’est l’acte de se mettre en scène, de se performer. Bien qu’il compare la réalité et la fiction à un coup de poing et une caresse, respectivement, il n’y a  pas pour autant de hiérarchie établie entre les deux. C’est seulement que, pour Leroux, quelque chose en lui choisit le coup de poing. N’ayant pas d’énormes connaissances en théâtre, j’ai trouvé intéressant d’être immergée dans une forme peut-être un peu moins classique, sans pour autant y être plongée sans notions quelconques. Que ce soit l’essai du début, auquel je reviendrai, ou bien l’entièreté des pièces dans lesquelles sont aussi …

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Souffler dans la cassette : Ode à la jeunesse

Premier roman de Jonathan Bécotte, Souffler dans la cassette est un roman poétique imprégné de magie. Cette ode à l’amitié et à la jeunesse nous transporte au temps de l’enfance où le simple fait de passer du temps avec son meilleur ami est l’unique plaisir de la vie. C’est l’histoire d’une amitié fusionnelle entre deux jeunes garçons qui insuffle en nous une nostalgie, celle de l’apprentissage de la vie, de l’apprentissage de ces sentiments qui sont si près de l’amour que le monde s’arrête. On les découvre lors des dernières semaines de classe : J’ai retrouvé un vieux coin-coin                                                                    Qu’on avait fait en catéchèse.                                                                          J’avais mémorisé quelle combinaison …

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Chroniques d’une anxieuse : ma petite peur de l’échec

J’me souviens encore du seul et unique examen que j’ai coulé. J’étais en cinquième année. C’était un test sur les divisions. Un test surprise. Quand madame Diane avait lancé avec un p’tit sourire narquois qu’on serait évalué là, maintenant, tout de suite, sur ce qu’elle nous avait enseigné la veille, j’ai buggué. Les autres soupiraient. Les autres tappaient du crayon nerveusement. Mais moi. J’ai buggué. Beaucoup. J’ai cru que le monde s’effondrait. J’étais pas préparée. D’habitude, j’étudiais, me pratiquais jusqu’à temps que ce soit ancré en moi comme si je l’avais toujours su. Comme si j’étais née en sachant diviser des nombres compliqués. Mais là, je ne pouvais pas, j’étais impuissante, je n’étais pas prête, je ne me souvenais de rien. Les mains moites. Le pied droit nerveux. Les yeux pleins d’eau. La prof qui passait d’un pupitre à l’autre en s’assurant de déposer face contre table le bout de papier qui me faisait trembler l’intérieur. Elle est arrivée à mon pupitre. Elle a déposé le test devant moi. Elle a dit : dans 4, 3, …

Les classiques? Oui, mais non

Depuis quelques semaines, je suis un cours sur l’enseignement de la littérature au collégial. Ce séminaire nous invite à réfléchir sur le choix des corpus et sur ce qu’est la littérature marquante pour nous, futurs et futures enseignants et enseignantes au cégep (du moins, on l’espère tous). Cette réflexion n’est pas banale et de multiples questions me trottent dans la tête depuis que je me suis penchée sur le sujet. Je tenais donc à vous faire part de mes impressions dans cet article. Les devis du ministère De prime abord, les devis du ministère demandent aux enseignants du collégial de faire lire des oeuvres qui « ont marqué l’histoire de la littérature d’expression française. » Ce genre d’affirmation suscite de nombreuses interrogations selon moi. D’emblée, marquantes selon qui? Au moment même où vous lisez ces lignes, chacun n’a pas en tête les mêmes titres. D’une part, parce que la lecture a quelque chose de très personnel. Nous ne sommes pas tous touchés par les mêmes auteurs, les mêmes livres, les mêmes courants et les mêmes …