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Marina de Carlos Ruiz Zafón: le mystère du teufel

Ce qui se cache dans les ombres de Barcelone «À la fin des années soixante-dix, Barcelone était une fantasmagorie faite d’avenues et de ruelles où l’on pouvait voyager trente ou quarante ans en arrière rien qu’en franchissant le seuil d’un immeuble ou d’un café. Temps et mémoire, histoire et fiction se mélangeaient dans cette ville ensorcelée, comme des couleurs d’aquarelle sous la pluie.  C’est là que, lointain écho de rues qui aujourd’hui n’existent plus, des cathédrales et des édifices échappés de légendes ont formé le décor de cette histoire.» (Zafón, 1999, p. 13). Ainsi débute l’histoire du roman Marina de Carlos Ruiz Zafón, publié dans sa version originale en espagnol en 1999. On se retrouve plongé dans une Barcelone peuplée de fantômes, d’ombres et de souvenirs, dans une Espagne nouvelle. Jeune étudiant de quinze ans, c’est lors de l’une de ses nombreuses excursions à la rencontre de cette capitale catalane qu’Óscar Drai fait la rencontre de Marina Blau, dans le quartier de Sarriá. Jeune femme du même âge avide d’aventures, elle l’entraîne dans une investigation …

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Ör d’Auður Ava Ólafsdóttir ou découverte de la littérature islandaise

Tout en douceur et tout en simplicité, Auður Ava Ólafsdóttir offre un roman d’une grande délicatesse avec Ör. Court récit d’une fluidité considérable qui se parcourt en une lecture, l’œuvre traite avec sensibilité de la mort, des blessures, des cicatrices et de tout ce que cela signifie pour chaque individu. « L’idée m’a traversé comme un éclair : je vais disparaître. Ainsi n’aurai-je pas à craindre que Nymphéa trouve mon corps. Comme un oiseau qui descend en tourbillonnant, plane à l’horizontale sur quelques mètres, puis s’abat et périt. Un dernier battement d’ailes avant la faille béante, dernier point de mire, et les os blanchis serviront de repère au voyageur. » (Ólafsdóttir, 2017, p. 67) La mort, la vie et ce qui mène de l’un à l’autre Ör, c’est avant tout Jónas Ebeneser, homme à la fin de la quarantaine pour qui la vie n’a plus de sens et pour qui le suicide est la fin qui s’impose. Homme divorcé, il quittera son pays, son île, pour aller se perdre dans un pays inconnu où la …

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La vraie mort avec Caitlin Doughty

La mort a déjà fait couler beaucoup d’encre chez les philosophes et chez les théologiens, mais aussi dans les journaux intimes du commun des mortels, des plus ésotériques aux plus terre-à-terre. Ce sujet est réfléchi encore aujourd’hui en Occident, mais ses aboutissants ne sont-ils pas tout de même tabous dans la société? Quel est notre rapport contemporain à la mort? Questions de prime abord lugubres, mais ô surprise, Caitlin Doughty tente d’y répondre (et réussi) avec humour, légèreté et précision dans Chroniques de mon crématorium. Faire la paix avec la mort Permettre aux gens de faire la paix avec la mort, tel est l’objectif ultime de Caitlin, personnage principal du roman, mais également son auteure. Cependant, ce but ne s’atteint pas si facilement étant donné qu’aujourd’hui, le vieillissement est médicalisé et se passe plus souvent qu’autrement à l’écart des vivants (hôpitaux, maisons de retraite), tout comme c’est le cas des processus entourant la mort, qui se sont littéralement industrialisés. Ces stratégies modernes, fondées sur le déni de la mort, sont censées aider les gens en deuil …

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Le brasier poétique de Jean-Marc La Frenière

Le Salon du livre de Montréal a pour moi toujours été une expérience surréelle. Voir tant de gens réunis pour une industrie qui peine à subsister me remplit toujours de fierté. Cette année, fidèle à mon habitude, je me suis pitchée dans le tas et je me suis laissée guider par ce que j’appelle mon instinct littéraire – instinct qui, disons-le, m’a rarement déçue. Au tournant d’un kiosque, j’ai reconnu au loin l’esthétique de Lino, l’un de mes illustrateurs préférés. En quatrième de couverte, cette phrase : « J’apprends aux pierres le mot aimer. »  J’étais conquise. La haute gastronomie littéraire Un feu me hante de Jean-Marc La Frenière et illustré par nul autre que Lino fait partie de ces recueils qui changent une vie. Il se doit d’être lu lentement et chaque mot doit être dégusté comme on dégusterait chaque bouchée d’un mets gastronomique. Je vous laisse ici un extrait qui saura, je l’espère, vous mettre l’eau à la bouche. « Il y a trop d’hommes avec la tête en majuscule et puis le cœur …

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Quand Pierre Lapointe devient conteur

J’ai depuis toujours un amour inconditionnel pour tout ce que crée Pierre Lapointe. Les paroles de ses chansons ainsi que sa musique, réussissent toujours à venir chercher en moi des émotions que j’essaie tant bien que mal de refouler. Je vous laisse ici un petit extrait de ma chanson préférée, Pointant le Nord, question de vous donner un peu l’eau à la bouche pour ceux d’entre vous qui ne le connaitraient pas. « Car il y a une rivière, qui a poussé entre nous Même si la terre toute entière ferme les yeux et s’en fout Et si un jour tu y plonges, moi j’y plongerais avec toi Pour noyer dans la pénombre la grandeur de nos ébats  Et si la terre toute entière se met à rire de nous Nous leur balancerons des pierres pour grafigner nos genoux Mais non jamais, mais oui je sais que je ne parlerais pas Bouche gelée jusqu’à ce que nos deux corps soient enterrés » Le conte réinventé Le tragique destin de Pépito, publié en 2016, m’a tout …

Moi aussi, immigrante, j’avais trouvé des semblables : Les platanes d’Istanbul

Des aquarelles floues et un titre qui mentionne Istanbul, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir Les platanes d’Istanbul, écrit par Tassia Trifiatis-Tezgel et illustré par Caroline Laverge, paru aux Éditions du passage. Le quatrième de couverture se lit ainsi: Un jour de 2011, mon mari H. et moi avons tout quitté pour déménager à Istanbul. Lui y retournait après 10 ans; moi, j’y allais pour la première fois, sans savoir si je reviendrais. Les yeux grands ouverts, j’ai fait mes papiers comme si j’allais rester. La prémisse est plutôt claire, c’est le récit d’une expatriée à Istanbul. Alors que ce type d’histoire peut prendre plusieurs formes, on se retrouve ici face à un objet bien unique, un livre-oeuvre d’art qui porte aux réflexions sur la vie, la mort, l’amitié, et qui, à travers un collage de moments et d’instants, retrace le parcours de cette femme – l’autrice – durant ses trois années de vie à Istanbul, en Turquie. Ralentir la cadence  Ce récit mérite d’être lu et relu lentement, de …

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Une autrice et son oeuvre : Vickie Gendreau

Vickie Gendreau est une romancière québécoise née en 1989, et décédée à 24 ans d’une tumeur au cerveau. Connue dans le milieu de la poésie au Québec, elle a publié deux romans à saveur autofictionnelle : le premier est paru juste avant son décès, et le deuxième de manière posthume. C’est que la maladie a frappé rapidement, et à l’improviste : Vickie Gendreau, 23 ans, débordante d’énergie, vivait sans retenue quand le diagnostic est tombé. C’est alors que l’urgence d’écrire s’est imposée, car elle considérait que c’était la seule manière de rassembler les méandres de sa vie pour leur donner un sens. Onze mois plus tard, elle s’éteignait. L’écriture aura été pour elle une bouée qui lui permettait de s’accrocher, de respirer. Et surtout, elle était pour elle la seule trace de son passage sur terre. Testament (2013) Testament, sa première publication, s’impose donc comme un legs. L’écriture, inspirée notamment de celle de Virginia Woolf, se fragmente entre la voix moqueuse de l’autrice et celles de ses amis qui réagissent à sa mort. Vickie Gendreau a voulu …

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Une enfance en nid de poule

Quand j’ai enfin ouvert Vogue la valise, j’ai été surprise de voir que, malgré mes hautes attentes, le bédéiste Siris les surpassait toutes. À chaque page, je me posais de nouvelles questions sur ma perception de la vie et de la société qui m’entoure. Sur mon enfance et les souvenirs qui y sont rattachés. Pour certains, les bons souvenirs dépassent de loin les mauvais. Pour d’autres, il y en a plus de mauvais que de bons. Et il y a ceux pour qui ces souvenirs sont si rares qu’ils sont souvent engloutis par tout ce qui fait mal et tout ce qui brise l’âme. L’auteur a su illustrer la réalité des enfants mal-aimés, laissés de côté et les répercussions que cela peut avoir sur leur vie. Une valise lourde de sens L’histoire commence avec Renzo, un alcoolique semi-attachant, qui enchaîne les bouteilles d’alcool aussi vite qu’il perd ses emplois. Il rencontre Luce, une femme douce et résiliente, qui deviendra sa femme et la mère de ses cinq enfants : Louis, Josée, Chantal, Claudine et finalement, La Poule. …

Aborder le deuil à l’aide de la littérature enfantine

 Ouvrir le dialogue à l’aide des livres Parler de la mort et du deuil aux enfants est une action délicate. Dans la littérature jeunesse, plusieurs albums abordent ce thème et peuvent vous aider à entamer le dialogue. Récemment, deux livres abordant le sujet m’ont particulièrement touchée. Il s’agit de Je ne te vois plus, écrit et illustré par Paul Martin, ainsi que Mingan les nuages, écrit par Marie-Andrée Arsenault et illustré par Amélie Dubois. Je ne te vois plus Dans ce mignon petit album, une fillette se souvient des objets et des beaux moments de vie partagés avec une personne décédée qu’elle aimait visiblement beaucoup et à qui elle accordait une grande place dans sa vie. Elle nous partage ses souvenirs un à un, comme pour apaiser son chagrin, et finalement elle se rend compte que lorsqu’elle pense à tout cela, elle pense à la personne qu’elle a tant aimée, et cela la fait sourire. Chaque anecdote débute par « Je ne te vois plus » : lire des histoires, dans ton jardin, sortir ton gros jeu d’échecs… …

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Ici, ailleurs : Fuir pour oublier

J’ai découvert Matthieu Simard un peu par hasard, sur les tablettes de ma librairie de quartier de l’époque. J’ai commencé avec La tendresse attendra et je n’ai pu m’empêcher de lire sans attendre tous les autres livres de sa bibliographie, les uns après les autres, en un court laps de temps, dans mon petit appartement de Verdun. J’attendais Ici, ailleurs comme j’ai pu attendre mes Moon Shoes, bien entourés au stylo dans le catalogue Sears, en ’94. Résumé Marie et Simon ont fui la ville en espérant renaître à la campagne. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont destinés à une fin tragique; ils seront le couple du « meurtre suivi d’un suicide ». Fisher dira qu’il ne l’avait pas vu venir, les Lavoie diront que nous étions pourtant « du ben bon monde », Alice ne dira rien et nos sangs se mélangeront dans les craques du plancher de la maison centenaire que nous venons d’acheter. Nous sommes invités à les suivre dans leur quête d’oublier le drame qui les a poussés …