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J’arrête la pilule : une enquête troublante

C’est avant tout par curiosité personnelle que je me suis mise à me questionner sur la pilule contraceptive, que je prenais depuis très longtemps, ayant commencé à 13 ans. Mon dermatologue de l’époque m’avait prescrit la pilule contraceptive pour améliorer mon acné, ce qui a évidemment marché, tellement que j’ai pris la pilule pendant 50 % de ma vie, eh oui, pendant 13 ans! Réalisant l’ampleur de cette période, j’ai décidé à 26 ans d’arrêter tout simplement. J’en avais marre d’avoir peur des effets secondaires, et j’étais de plus en plus curieuse de voir l’effet que cela pouvait faire sur moi, l’ayant pris depuis ma puberté. Ce n’est pas sans craintes que j’ai arrêté, au contraire. Mais maintenant, 10 mois plus tard, je confirme que ce fut une excellente décision. Voilà pourquoi le titre de cet essai, J’arrête la pilule – écrit par Sabrina Debusquat – m’a tout de suite donné envie de m’y plonger, question d’en savoir plus sur ce désir grandissant d’arrêter la pilule qui vivait en moi. Et aussi, j’étais curieuse de lire …

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Paper Girls : les filles d’hier pour les enjeux de demain

Depuis peu, je me suis découvert une nouvelle passion pour le genre de la bande dessinée. J’ai toujours été une lectrice de manga, mais depuis l’automne, je me laisse surprendre par des bandes dessinées aux styles différents et aux provenances diverses. À ce propos, je vous ai déjà parlé de Rat Queens, véritable révélation littéraire pour moi. Je me suis aussi plongée dans Bitch Planet un peu avant Noël. En ce moment, j’hésite à me procurer le deuxième tome puisque la lourdeur de la trame narrative me demande une certaine volonté. Disons que je cherche présentement des lectures de détente, des lectures qui font du bien. Comme la vie est bien faite, je suis tombée sur la bande des Paper Girls et laissez-moi vous dire que ces filles ont comblé le sentiment de béatitude que j’espérais obtenir à travers la lecture d’un tout nouveau récit. Paper Girls, ça raconte quoi? Paper Girls est une bande dessinée américaine de Brian K. Vaughan, Cliff Chiang et Matt Wilson. Elle est traduite par la maison d’édition Urban Comics qui …

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Maternité, la face cachée du sexisme : libérer les femmes du fardeau exclusif de la parentalité

« Être maman est le plus beau métier du monde ». Gageons que cette phrase populaire est parvenue à vos oreilles bien plus souvent que son pendant masculin « Être papa est le beau métier du monde ». Or, pourquoi en est-il ainsi? Pourquoi les femmes se retrouvent-elles encore aujourd’hui intrinsèquement liées à la parentalité et aux contraintes relevant de la responsabilité des enfants dans un couple? C’est ce qu’analyse la journaliste, chroniqueuse et bloggeuse féministe Marilyse Hamelin dans son essai Maternité, la face cachée du sexisme : plaidoyer pour l’égalité parentale.

Les récits de correspondances : entre indiscrétion et fascination

Quand j’étais adolescente, ma meilleure amie avait un chalet à la campagne, où nous passions nos étés. La maison avait appartenu à son arrière-grand-père. Je me souviens clairement d’une photo de son aïeul, accrochée au mur du salon : il posait devant le chalet, assis sur sa vieille chaise berçante, avec sa moustache et son chapeau, le regard au loin. Son regard était énigmatique : on n’aurait su dire s’il était triste, confiant ou serein, mais sa photo avait toujours fait partie du décor alors on ne se posait pas trop de questions… Jusqu’au jour où, par une journée pluvieuse, la mère de mon amie sortit une vieille valise du grenier. En l’ouvrant, nous découvrîmes un trésor : de vieilles lettres, des journaux intimes, des morceaux de correspondance… Le tout soigneusement conservé, nous révéla-t-on, par la deuxième femme de son grand-père. Nous venions de percer une partie du mystère qui se cachait derrière le regard de l’homme sur la photo. Une phrase parmi toutes celles que nous avons lues ce jour-là me revient en mémoire  : Je suis …

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La révolution sexuelle n’a pas tué les stéréotypes de genres

Vous connaissez probablement Lili Boisvert grâce à son émission Sexplora, dans laquelle elle parle sans tabous de toutes sortes de sujets reliés à la sexualité, ou peut-être l’avez-vous vue dans le duo Les Brutes, formé d’elle-même et de Judith Lussier, qui présente de courts vidéos dans lesquels elles survolent des problématiques sexistes, raciales, privilégistes, etc. Une chose est sûre, Lili Boisvert veut faire changer les choses au sein de notre société contemporaine, et elle n’emploie aucun détour pour faire passer le message. Avec Le principe du cumshot, son premier essai publié au printemps dernier chez VLB éditeur, son désir de renverser les stéréotypes sexuels et de genres se fait entendre et, disons-le, le titre en soi est un message revendicateur dès le premier abord. Le principe de qui? En pornographie, le cumshot est la scène finale où l’on voit l’actrice recevoir en plein visage – ou ailleurs – la jouissance de l’homme, tout en restant passive. (J’ai eu envie d’écrire la jouissance de l’Homme, avec un H majuscule.) Selon Lili Boisvert, cette scène ultime est …

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Lire des femmes de diverses origines en mars… et toute l’année

En 2018, je me suis résolue à lire davantage d’œuvres littéraires non occidentales, car il me semblait que mes lectures étaient très enracinées en Amérique du Nord et en Europe occidentale, et surtout réalisées par des personnes blanches. Diversifier mes lectures me permettrait de mieux connaître les expériences de vie et les terrains de luttes de celles et de ceux dont la réalité quotidienne est tout autre que la mienne, en raison de leur appartenance ethnoculturelle et de leur parcours migratoire. J’ai voulu partir à la rencontre de ces personnes qui disposent d’assez peu d’espace dans la société pour diffuser des représentations justes et positives d’elles-mêmes et de leur communauté. Avec l’arrivée du mois de mars et à l’approche de la Journée internationale des femmes, visant à souligner les contributions des femmes à travers le monde et à mettre en évidence les obstacles et les violences qui demeurent encore à enrayer pour parvenir à une réelle égalité entre les genres, j’ai jugé qu’il était plus que temps d’accorder une plus grande place aux femmes de …

Club de lecture : Moi, Tituba, sorcière…

Dimanche le 21 janvier, café Zoha.  Le café Zoha est un petit café bien chaleureux situé dans Centre-Sud, sur Ontario. Si vous voulez aller au Sfouf mais que vous vous butez à un café plein, dirigez-vous vers le Zoha, à deux pas de là. Nous avions le café à nous pour une bonne partie de la séance, nous en avons donc profité pour prendre place sur le bord de la fenêtre, sur les banquettes, question d’être bien installées pour discuter du magnifique livre qu’est Moi, Tituba, sorcière… de Maryse Condé. Alors, qu’en avez-vous pensé? À l’évidence, toutes les participantes ont apprécié leur lecture de Moi, Tituba, sorcière… Ce fut un bon moment de lecture, une histoire intéressante, intrigante qui nous porta à avoir une multitude de discussions sur le rôle des femmes, la liberté, le racisme, etc. L’une des participantes a d’abord mentionné comment elle avait eu l’impression de se faire raconter une histoire, quelque chose de presque chanté, de mélodieux. Par contre, malgré le talent d’écriture de Maryse Condé, malgré l’aspect musical, rythmé et doux de …

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Les figures de l’ombre, un hommage à la reconnaissance des femmes noires scientifiques

Je ne sais pas par où commencer cet article tant j’ai de choses à dire sur ce livre, sur ce film mais surtout, sur ces femmes mathématiciennes extraordinaires que sont Dorothy Vaughan, Mary Jackson, Katherine Goble Johnson et Christine Darden. Margot Lee Shetterly raconte l’histoire exceptionnelle, longtemps restée inconnue, de ces quatre femmes noires qui ont permis d’envoyer le premier homme américain dans l’espace grâce à leur rôle de «calculatrice humaine». Étant très impliquée dans la progression des femmes dans les professions reliées aux sciences et au génie, qui encore aujourd’hui sont des milieux très masculins, Les figures de l’ombre était sur ma liste de livres à lire depuis un bon moment. Peut-être avez-vous surtout entendu parler du film qui est sorti en 2016 et qui a reçu plusieurs nominations aux Oscars, dont pour la catégorie «Meilleur film» . Pour ma part, je vous conseille de lire le livre avant de visionner le film et si vous l’avez déjà vu, prenez le temps de vous plonger dans l’histoire écrite par Margot Lee Shetterly. Le livre …

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Nord et Sud, un roman social et féministe

La lecture de Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell fut toute une aventure. Le livre a été trimballé pendant plus d’un an dans les bus, et parfois oublié parmi tous les livres que je lisais en même temps. Il a souvent passé en second plan, mais j’ai toujours voulu absolument le finir. Peut-être que le lire dans sa langue originale, dans un anglais du 19e siècle, me rebutait un peu. C’est vrai qu’il est facile d’être distrait dans toutes ces descriptions de paysages et ces longues discussions de la vie quotidienne entre les personnages, mais c’est ce qui fait le charme des livres de ce temps, comme ceux de Jane Austen. L’intrigue tourne souvent autour du pot, mais quand on referme ces livres, nous sommes heureux d’avoir pu partager ces instants avec des protagonistes d’une autre époque. Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell fait  amplement partie de cette catégorie. Le thème principal est universel: les riches et les pauvres, le nord et le sud, s’affrontent. L’héroïne, Margaret, une jeune fille du sud au tempérament fougueux, déménage avec …

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Faire partie du monde… et le transformer pour mieux l’habiter

«Les théories écoféministes sont empreintes d’éléments philosophiques stimulants, offrant des lectures nouvelles de situations actuelles et historiques. L’expérience des premières lectures est à la fois rassurante et déstabilisante. […] Tant de complexité et d’échos forts à la fois. […] Comprendre. Comprendre au point de le sentir dans son corps. Douter, mais douter avec la ferme impression que ce doute même est un processus de solidarisation.» Ces mots de Maude Prud’homme décrivent assez justement mon expérience de lecture de l’ouvrage collectif Faire partie du monde, réflexions écoféministes, paru aux Éditions du remue-ménage. Dans le texte «Notes sur la négociation du réel», la militante réfléchit, à partir d’expériences personnelles, à la manière dont se manifestent les théories écoféministes dans le concret des luttes environnementales et les obstacles rencontrés par les militantes féministes dans les groupes écologistes. À la lecture de ce texte et de ceux qui l’accompagnent, j’ai oscillé entre une sorte d’exaltation face à la découverte d’analyses et de luttes qui m’étaient auparavant inconnues et la sensation d’avoir maintenant dans les bras un poids lourd à …