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Nord et Sud, un roman social et féministe

La lecture de Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell fut toute une aventure. Le livre a été trimballé pendant plus d’un an dans les bus, et parfois oublié parmi tous les livres que je lisais en même temps. Il a souvent passé en second plan, mais j’ai toujours voulu absolument le finir. Peut-être que le lire dans sa langue originale, dans un anglais du 19e siècle, me rebutait un peu. C’est vrai qu’il est facile d’être distrait dans toutes ces descriptions de paysages et ces longues discussions de la vie quotidienne entre les personnages, mais c’est ce qui fait le charme des livres de ce temps, comme ceux de Jane Austen. L’intrigue tourne souvent autour du pot, mais quand on referme ces livres, nous sommes heureux d’avoir pu partager ces instants avec des protagonistes d’une autre époque. Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell fait  amplement partie de cette catégorie. Le thème principal est universel: les riches et les pauvres, le nord et le sud, s’affrontent. L’héroïne, Margaret, une jeune fille du sud au tempérament fougueux, déménage avec …

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Faire partie du monde… et le transformer pour mieux l’habiter

«Les théories écoféministes sont empreintes d’éléments philosophiques stimulants, offrant des lectures nouvelles de situations actuelles et historiques. L’expérience des premières lectures est à la fois rassurante et déstabilisante. […] Tant de complexité et d’échos forts à la fois. […] Comprendre. Comprendre au point de le sentir dans son corps. Douter, mais douter avec la ferme impression que ce doute même est un processus de solidarisation.» Ces mots de Maude Prud’homme décrivent assez justement mon expérience de lecture de l’ouvrage collectif Faire partie du monde, réflexions écoféministes, paru aux Éditions du remue-ménage. Dans le texte «Notes sur la négociation du réel», la militante réfléchit, à partir d’expériences personnelles, à la manière dont se manifestent les théories écoféministes dans le concret des luttes environnementales et les obstacles rencontrés par les militantes féministes dans les groupes écologistes. À la lecture de ce texte et de ceux qui l’accompagnent, j’ai oscillé entre une sorte d’exaltation face à la découverte d’analyses et de luttes qui m’étaient auparavant inconnues et la sensation d’avoir maintenant dans les bras un poids lourd à …

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À toutes les femmes d’ici et d’ailleurs

Je me rends toujours à la bibliothèque avec, entre les mains, une liste de livres à me procurer. La plupart du temps, je retourne à la maison avec ma pile de livres, satisfaite de mes trouvailles anticipées. Mais lors de ma dernière visite, je me suis butée à répétition au fâcheux « prêté jusqu’au… ». Ce mot si louable, ce geste si encouragé… ne me faisait guère plaisir dans ce contexte. Je me suis donc résignée et je suis partie à la découverte entre les étalages, sans titre ni auteur en tête. Et parmi toutes les petites richesses qui s’y trouvaient, je suis tombée sur ce livre : Lettres aux femmes d’ici et d’ailleurs. Ce livre collectif regroupe des lettres écrites par des femmes et des hommes d’origines, d’âges et de professions diverses. La particularité de ces lettres, c’est qu’elles sont toutes adressées à une ou des femmes. L’inclusivité et la pluralité En 2017, comment percevez-vous le Québec sur les questions d’inclusivité? L’inclusivité des genres, mais également des différentes cultures? Que connaissez-vous de l’histoire de la laïcité et …

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Survivre à novembre grâce à Moi aussi je voulais l’emporter

12Novembre a été un magnifique et délicieux mois… niveau lecture! Comme si le manque de luminosité et mon besoin encore plus profond de nuits de sommeil longues et revigorantes m’avait rendue plus réceptive… Ou est-ce mes choix de lectures de ce mois-ci qui m’ont tant plu? Quoiqu’il en soit, avec Le monde est à toi de Martine Delvaux, qui a été un énorme coup de cœur, j’ai aussi ressenti quelque chose de grand en lisant Moi aussi je voulais l’emporter de Julie Delporte. Tout d’abord, je dois dire que je suis une grande admiratrice du travail de Delporte, j’en ai parlé à quelques reprises sur le blogue, déjà. Or, j’affirme que, selon moi, Moi aussi je voulais l’emporter est une de ses meilleures, sinon la meilleure, de ses publications. Dans ce roman graphique, l’auteure se questionne sur son féminisme, sur la façon dont elle l’est devenue, sur ce qui l’a amenée à voir les injustices envers les femmes. Elle parle de ses voyages, de ses amours, de son besoin de solitude, de sa prise de …

Ce qui dérange et bouleverse

Le pouvoir des livres est unique. Ils nous permettent de s’évader, de découvrir de nouveaux univers et de nous émouvoir devant autant d’imagination. Mais lorsque les livres prennent une plus grande ampleur et réussissent à se tailler une place dans nos vies personnelles, on se remet soi-même en question. Car lire nous permet avant tout de nous repositionner, de s’arrêter et se demander si nos envies, nos perversions et nos forces sont réelles. Certains livres changent notre perception de ce qui nous entoure de manière concrète. Ils allument en nous ce sentiment de sincérité face à notre propre confiance, mais surtout ils nous permettent de mieux comprendre notre entité, ce combat qui nous habite en tant que femme et avant tout en tant qu’être humain. 

C’est le cas du dernier objet littéraire de Maggie Nelson, Les argonautes (The Argonauts). Parue en 2015, cette œuvre à la fois mi-essai et mi-autofiction nous plonge dans diverses thématiques sans genre et sans nombre qui amènent une réflexion profonde sur l’art, la tendresse et la production sous toutes ses …

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Arlington Park : juste une de ces choses de la vie

Le quotidien est densément rempli par nos bavardages sur tout et rien, mais il est également rempli de toutes ces choses qui ne sont pas dites. Ce que je pourrais qualifier de petits mensonges dans les « oui, ça va bien » alors que pourtant on se retrouve souvent épuisé par le rythme où va la vie, ont attiré ma curiosité. À quelle image parfaite s’accroche-t-on quand on dissimule l’épuisement du quotidien? Le roman de Rachel Cusk que j’ai choisi de lire révèle une facette cachée, et vécue, du quotidien dans la vie domestique. Sujet banal ? Bien au contraire… Le cynisme dans le quotidien À Arlington Park, il pleut cette journée-là. La pluie tombe sur toutes les demeures du riche quartier anglais et elle teintera de gris le roman. Celui-ci fait la narration d’un jour bien précis, mais qui en fait aurait pu être n’importe quel autre jour dans la vie des femmes dont il est question dans le récit. Je le rappelle, Rachel Cusk s’attarde dans ce roman au quotidien. Ce cher quotidien qui nous guette …

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Quand les filles prennent les armes

Il y a près d’un an, je suis embarquée dans un projet incroyable au sein duquel j’ai rencontré des personnes exceptionnelles. Ce projet donne la parole à des femmes talentueuses qui souhaitent parler de sujets divers en lien avec l’univers geek… Il s’agit du podcast Les Amazones qui est diffusé sur choq.ca. C’est durant l’une des émissions et grâce à la chronique d’une de mes collègues (en écoute libre juste ici) que j’ai découvert l’une de mes plus belles révélations de 2017, à savoir la bande des Rat Queens. Rat Queens est une bande dessinée qui prend la forme, en quelque sorte, d’une partie de Donjons et Dragons. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement des jeux de rôle, il suffit de vous imaginer une troupe de personnages, lesquels détiennent très souvent des capacités extraordinaires dans des domaines spécifiques tels que la magie, le combat, le stratège, à qui on offre des quêtes dangereuses dans lesquelles ils pourront mettre à profit leurs qualités. Dans Rat Queens plus précisément, on met en scène …

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Très intime – Jardins secrets exposés

Québécoise vivant à Paris, Ina Mihalache, connue pour sa chaîne YouTube Solange te parle, s’est fait connaître entre autres avec sa vidéo expliquant aux Français certains termes québécois. Sa chaîne compte à présent plus de 200 000 abonnés et traite de plusieurs sujets, allant de la sexualité à des anecdotes sur son chien, en passant par de la poésie. Elle a également créé la série radio Solange pénètre ta vie intime, diffusée sur la chaîne française Mouv’, regroupant divers témoignages de femmes concernant leur sexualité et tout ce qui touche l’intimité. Très intime fut publié aux Éditions Payot en 2017. Cette œuvre de 285 pages aborde principalement la vie intime et sexuelle de diverses femmes. Il s’agit de la plus récente publication de Solange. Très intime Il faut d’abord souligner que le livre est en fait basé sur les témoignages reçus pour Solange pénètre ta vie intime, l’émission de radio. Avec sa couverture d’un vert vibrant et son dessin quelque peu explicite flanqué juste au-dessus du titre, il est difficile de passer à côté. Je n’avais encore …

The mother of all questions : Le féminisme de Rebecca Solnit

Rebecca Solnit, c’est un peu ma découverte de 2017. Je la trouve intelligente, posée, nuancée et tranchante à la fois. Elle m’impressionne sans cesse par sa prose et par la manière excessivement intéressante qu’elle a de mélanger histoire, actualité, statistiques, faits, art, littérature, environnement, politique, sociologie et j’en passe. Bien que je sois loin d’avoir lu l’ensemble de son œuvre, elle a quand même 17 livres à son actif, je crois quand même pouvoir affirmer qu’elle est une essayiste et une auteure fascinante qui mérite d’être lue. J’étais donc bien heureuse de retrouver sa plume dans son tout dernier essai : The mother of all questions, présenté comme une suite à son plus populaire — et controversé — livre qui popularisa le terme « mansplaining » : Men explain things to me. Une suite logique The mother of all questions est véritablement une suite au premier recueil d’essais féministe de Solnit. On y retrouve le même ton, le même humour, les mêmes thématiques. Très souvent, l’auteure s’attarde à la violence faite aux femmes. Au viol, à la violence conjugale et, plus …

Club de lecture : L’autre moitié du soleil

Dimanche 22 octobre 2017 Pour une seconde fois en 24 heures, nous nous retrouvons au café Chez l’Éditeur. C’est toujours un plaisir de nous retrouver dans ce café lumineux, entouré de livres, sur cette grande table de bois autour de laquelle les discussions coulent de soi. Cette fois-ci, pour notre seconde séance de notre club féministe, nous sommes en effectif réduit, à quatre autour de la table et nous nous demandons bien comment nous allons meubler notre temps. En plus, les deux participantes n’ont pas terminé le livre du mois. C’est des choses qui arrivent, surtout lorsqu’on donne à lire un livre de 660 pages tel que L’autre moitié du soleil de Chimamanda Ngozi Adichie. On profite du petit groupe pour se payer la traite avec les plus gros breuvages chauds possible, parfait pour la clémente température d’automne. On se rappelle qu’en septembre, lors de notre première rencontre, on était en pleine canicule. Considérant les lectures non terminées nous décidons de changer notre première question habituelle — qu’en avez vous pensez? – pour comprendre ce qui …