Mois : février 2018

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Corps flottants : poésie et art abstrait plein notre champ de vision

Avec sa verve et ses monologues colorés, Amélie Prévost me fait, à tous les coups, sourire, réfléchir et beaucoup rire. Elle possède une excellente maîtrise du rythme et du punch. Ce n’est pas pour rien qu’elle a remporté la Coupe du monde de slam en 2016. Sa vision de ce qui l’entoure et sa façon de la partager me charment complètement et chaque fois que je l’entends, je sais que je vais me régaler. J’étais donc très emballée par la sortie, à l’automne dernier, de son recueil de poésie Corps flottants paru chez Neige-Galerie et illustré par l’artiste Steve Poutré. Avec la lecture de cette œuvre, c’est un véritable recueil d’art que j’ai découvert. Un livre où les mots et les images sont d’une force, d’une beauté et d’une nécessité égales. Les mots d’Amélie Prévost Corps flottants renferme 60 courts poèmes, de quelques mots à une page tout au plus, nous parlant de solitude, de cassure, de tristesse, d’abîmes, mais aussi de force, d’acceptation et d’au revoir. J’ai été un peu déstabilisée par le choix …

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Agatha Christie, intemporelle et captivante

Lorsque j’ai su que Le Crime de l’Orient-Express serait adapté au cinéma, je me suis empressée d’emprunter le roman à ma bibliothèque de quartier. Agatha Christie, surnommée la reine du crime, nous captive depuis des décennies avec ses enquêtes policières et ses personnages connus mondialement tels que M. Hercule Poirot et Miss Maple. Malgré son décès en 1976, elle est toujours l’une des romancières les plus lues du monde. Le Crime de l’Orient-Express  Publié pour la première fois en 1934, Le Crime de l’Orient-Express fascine dès le début, devenant l’un des romans ayant connu le plus de succès, avec Dix petits nègres, publié 5 ans plus tard. 1 victime. 13 suspects. 1 train bloqué dans la neige sur une route enneigée. Les marques sur la victime sont bien étranges, révélant une grande agressivité, mais peu de stratégie. Les coups de couteau semblent provenir d’une main gauche et droite, certains d’une grande force alors que d’autres s’enfoncent à peine dans la peau. Le célèbre Hercule Poirot n’en est pas à son premier crime et il compte bien …

Recommencer à écrire pour soi

Je me suis remise à écrire. Détrompez-vous, ce n’est pas que j’avais arrêté. J’écris régulièrement pour vous, les lectrices et les lecteurs du Fil rouge. Je suis en rédaction de mémoire de maîtrise depuis plus d’un an. Oui, j’achève! Vivement avril 2018! J’écris toutes mes parties de Donjons et Dragons, ce qui équivaut à plus de 10h d’écriture par semaine. Certes, j’écris toujours et partout, mais ce que j’avais oublié depuis quelques années, c’était d’écrire pour moi. Loin de moi l’idée de vous faire croire que tous ces beaux projets ne me procurent aucun plaisir. Ils m’apportent tous, à leur façon, une grande satisfaction. Il demeure que chacune de ces écritures s’accompagne d’un échéancier, d’une date de remise. Récemment, j’ai donc ressenti le besoin de me replonger dans mon être pour aller voir ce qui s’y cachait. Il est si agréable d’être surpris par soi-même. La poésie Ce que j’y ai trouvé, c’est la poésie. Il y avait un moment que le genre n’était pas venu se pointer le bout du nez dans mon esprit. …

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Nord et Sud, un roman social et féministe

La lecture de Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell fut toute une aventure. Le livre a été trimballé pendant plus d’un an dans les bus, et parfois oublié parmi tous les livres que je lisais en même temps. Il a souvent passé en second plan, mais j’ai toujours voulu absolument le finir. Peut-être que le lire dans sa langue originale, dans un anglais du 19e siècle, me rebutait un peu. C’est vrai qu’il est facile d’être distrait dans toutes ces descriptions de paysages et ces longues discussions de la vie quotidienne entre les personnages, mais c’est ce qui fait le charme des livres de ce temps, comme ceux de Jane Austen. L’intrigue tourne souvent autour du pot, mais quand on referme ces livres, nous sommes heureux d’avoir pu partager ces instants avec des protagonistes d’une autre époque. Nord et Sud d’Elizabeth Gaskell fait  amplement partie de cette catégorie. Le thème principal est universel: les riches et les pauvres, le nord et le sud, s’affrontent. L’héroïne, Margaret, une jeune fille du sud au tempérament fougueux, déménage avec …

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La place de la lecture et des livres quand on a des enfants, toute une histoire!

Que font les enfants quand ils ne vont pas à l’école? Ils jouent, ils expérimentent, ils s’inventent des histoires… et ils lisent. Assis, debout, allongés, par terre, sur le canapé, dans leur lit, aux toilettes, dans leur cabane, dans la voiture, à table… Dans notre quotidien non-scolarisé et dans celui de maman à plein temps, j’aimerais vous parler de la place qu’occupent les livres pour nous. Je suis une fervente lectrice. Pas depuis toujours, car j’ai découvert la littérature sur le tard, juste au moment de choisir mon cursus universitaire. Je ne me souviens pas avoir passé des heures entières, dans mon enfance, plongée dans un bouquin. Je lisais, oui, mais parce que l’école me le demandait. Je lisais les ouvrages du corpus, ceux qu’il fallait présenter à la fin de mes études en vue d’un diplôme. Je ne me souviens pas d’avoir passé des heures de pur plaisir comme je peux en passer aujourd’hui et comme je vois ma fille de neuf ans en passer devant le huitième tome du Journal d’un dégonflé ou …

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Les buveurs de lumière : une dystopie chaleureuse

Jenni Fagan, auteure écossaise couronnée de nombreux prix littéraires, nous amène en 2020, dans la communauté fictive de Clachan Fells, en Écosse. Le monde entier est plongé dans une ère glaciaire; la température, en mars, atteint -56 degrés. Je ne me sentais donc pas trop déboussolée, après le temps que nous avons eu récemment! 😉 L’histoire se déroule dans un quartier de caravanes, où vivent Constance Fairburn et sa fille Stella, transgenre. C’est là que débarque Dylan MacRae, jeune homme qui a vécu toute sa vie dans un cinéma indépendant de Londres avec sa grand-mère et sa mère. Cette dernière lui a, à son plus grand étonnement, légué une des caravanes dans ce coin de pays. Entourés d’autres personnages excentriques, ces êtres tentent de survivre. Car il s’agit bien de survie : l’école est fermée, on empile les vivres, et on ne se balade pas à n’importe quelle heure du jour, et surtout pas habillé.e.s n’importe comment. À travers tout ça, c’est le récit de ces trois personnages qui habite le roman. D’abord, Stella, la préado …

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Les romans graphiques, un nouvel amour est né

L’hiver, temps qui s’allonge L’hiver est officiellement installé depuis le 21 décembre. Une nouvelle année débute. Dans mon coin du pays, presque chaque matin, au réveil, après le museau de mon chat, je vois tomber la neige sur Percé. Ailleurs, ce sont les grands froids qui perdurent. Depuis quelques années, je m’associe à la saison hivernale. Le paysage blanc, immaculé et pur, qui se renouvelle chaque jour, me touche et me rejoint dans ma personnalité. J’ai besoin d’un silence nouveau pour apprendre à me recomposer. J’ai l’impression que le temps prend son temps et qu’il me laisse le saisir, le regarder et l’habiter. J’aime sortir dehors et marcher entre les arbres ou sous la lune brillante et vive en pleine nuit. Je sens le vent pousser mon corps et le froid pointer mes joues. J’habite le paysage, je suis entourée et traversée par lui. Enfin. Avec l’hiver, de nouvelles lectures Avec l’hiver, de nouveaux projets, de nouvelles lectures et de belles découvertes. Même si je lis des bandes dessinées depuis quelques années, les romans graphiques, …

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Quand les philosophes s’invitent à la table

Commencer 2018 avec une œuvre aussi intéressante et originale que ce que Normand Baillargeon propose dans son tout dernier essai À la table des philosophes est le signe d’une année prometteuse. Enrichissant, instructif et vulgarisé, ce livre est un véritable coup de cœur! Normand Baillargeon, professeur de philosophie à l’Université du Québec à Montréal,  aborde le thème de la nourriture d’un point de vue philosophique et historique et ce, d’une manière divertissante. On ne peut le nier, l’alimentation est parmi l’un des sujets les plus discutés dans notre société. Outre qu’elle est essentielle à la survie de l’être humain, l’alimentation est liée aux divertissements (émissions et livres culinaires), aux traditions culturelles (la cabane à sucre) ou encore elle participe à créer des bons moment entre amis et en famille. Plus sombrement, la croissance démographique, les changements climatiques et la destruction de nombreux écosystèmes forcent l’être humain à réfléchir sur son rôle en tant qu’acteur de changements vis-à-vis ces problématiques majeures. Bien sûr, le sujet de l’alimentation ne peut échapper à toutes ces réflexions. En effet, …

Nos vies parallèles

L’amour. Ou plutôt cet ardent désir de posséder, de donner et de désobéir à notre conscience pour laisser nos maux nous guider. Cet état qui nous enivre ou nous envenime, qui désamorce tous nos processus de défense et nos convictions les plus creuses. Cette emprise qui réchauffe chaque parcelle de nos corps, qui fait de nous des êtres à la fois puissants et vulnérables. Ce drôle de sentiment qu’est l’amour… Lorsqu’on l’accepte, on sait déjà qu’il n’y aura plus aucune chimère semblable. Car l’amour n’est pas une continuité, c’est une histoire unique. Le passé, le présent et le futur ne s’appliquent plus. L’amour est intemporel. Et puis il y a aussi le premier. Celui qui nous définit, qui nous semble impossible à affronter. C’est celui qui nous hante encore aujourd’hui, à moitié éveillé de ce mélange d’émotions. On ne s’en remet jamais complètement. Bien que conscients du pouvoir de cet éloge, nous refoulons souvent notre élan sentimental. De peur d’avouer mes faiblesses, j’ai très longtemps boudé les romans pouvant susciter ce genre d’éveil en moi. …

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Homo Sapienne: du territoire intérieur

Le Groenland. Lorsque j’entends son nom, je pense à l’immensité brute de ce territoire, à sa blancheur, à son opacité. Ce n’est pourtant pas ce qu’aborde Niviaq Korneliussen, jeune auteure groenlandaise, dans son premier roman, Homo Sapienne. Depuis sa parution originale en 2014, ce livre a fait couler tellement d’encre, que je me suis longuement demandé « pourquoi diable ai-je choisi d’en parler pour mon premier article au Fil Rouge?». Au cœur de mon doute, toutefois, subsiste quelque chose qui me rattache aux personnages peuplant les (trop courtes) 213 pages du roman: l’importance de la subjectivité, et le discours intérieur comme réalité première. De l’enfermement Homo Sapienne est un de ces livres qu’on entame, la tête pleine d’attentes bâties par toutes les critiques qui nous préviennent: vous ne pouvez qu’être chamboulée par cette lecture. Pourtant, les premières pages se font dures. Sous la plume tranchante et inventive de Niviaq Korneliussen, rien n’est filtré ni embelli. Si, dans l’imaginaire populaire, le Grand Nord se charge de romantisme, il en est autrement dans le quotidien de ceux …