All posts tagged: anxiété

agression, agression sexuelle, anxiété, anxieuse, anxieux, Bibliothérapie, chronique, Chroniques d’une anxieuse, consentement, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, livres, peur, stress, tag, Trouble d’anxiété généralisé

Chroniques d’une anxieuse : la fois où on m’a pogné le cul

Perdue dans la brume et la slush brune de Saint-Jérôme, j’habitais une ville que je n’aimais pas vraiment. Une erreur de jugement, peut-être. Parce que de l’amour vaporeux était venu restreindre mes idées claires. Une erreur tout court, sûrement. J’avais quand même décidé de garder un pied à terre à Montréal. J’avais pas le choix de toute façon avec la maîtrise que j’avais entamée, je devais m’y rendre assez souvent. Mes journées étaient longues, presque trop. J’arrivais tard le soir dans la neige et le frette de l’hiver. Ma musique triste dans les oreilles, je descendais du train pendant que le sommeil m’emportait. Je traversais les rues sombres et vidées de toute action. À chaque fois, confiante, en route vers chenous. À chaque fois, confiante. Mais cette fois-là fut différente. Je marche. Je suis fatiguée. J’ai tellement d’angoisses que ça me sort par le nez avec les guédilles du froid. J’ai de la misère à voir où ma vie s’en va. Je la trouve ordinaire ces temps-ci. L’école, c’correct, je pense être dans la bonne …

La peur qui m’habite

Distinguer le vrai du faux nous donne parfois l’impression d’établir une justice et un équilibre dans une société aussi désaxée que la nôtre. C’est un sentiment paisible qui nous murmure à l’oreille que nous sommes bons, justes et honnêtes. La vérité nous procure une certaine confiance ainsi qu’un sentiment de contrôle total alors que le mensonge se caractérise plutôt par ce qui est mauvais et honteux. Pourtant, l’un et l’autre ne s’éloignent jamais bien longtemps. Et même si nous avons la profonde conviction que la vérité doit toujours avoir le dessus, elle ne donne pas toujours pour autant la réponse à certaines de nos questions. La vie, la mort et tout ce qui se trouve entre les deux ne sont qu’une suite d’évènements dont nous sommes le héros, ou bien la victime. Et dans ce dernier cas, le faux est peut-être plus facile à accepter. Car la vérité n’existe pas toujours. Il y a ces zones grises, ces choses odieuses qu’on ne peut expliquer et qui, parfois, nous obligent à nous reconstruire dans le silence.  …

anxiété, anxieuse, anxieux, Bibliothérapie, chronique, Chroniques d’une anxieuse, Hôpital, hypocondriaque, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, livres, maladie, nervosité, peur, stress, tag, Trouble d’anxiété généralisé

Chroniques d’une anxieuse : hypocondriaque

Tous les bobos m’appartiennent. Quand j’en vois un sur le net, il devient mien. Sang dans les selles, pipi foncé, toux, mucus pogné dans la narine droite, mal de cœur, acné, gonflement du bedon et envie de chier à toutes les demi-heures. C’est moi ça : j’pense que j’ai le cancer, l’hépatite B et une maladie incurable assez obscure qui n’a été répertoriée qu’en 1956 au Zimbabwe. Je me donne cinq mois à vivre, gros max. C’est une belle activité d’après-midi de lire nos symptômes sur internet. Pas malsaine du tout. La peur d’avoir toutes sortes de maladies, je l’ai ça. Je suis hypocondriaque. Je me dis souvent que si j’avais vécu au dix-septième siècle, je serais sûrement décédée avant mes vingt ans. Je sais pas trop pourquoi. J’ai juste l’impression que mon corps n’est pas fait pour endurer la vie. Endurer mon stress. Aucun corps n’est assez résistant pour survivre à une dose aussi élevée d’hormones-angoissées-prêtes-à-péter-au-frette. Ça va le tuer à petit feu et me rendre folle par la même occasion. Plus tard, je serai …

le fil rouge, le fil rouge lit, Sara Hébert, Marie Darsigny, Gérer le vide, solitude, bibliothérapie, lecture, livres qui font du bien, littérature, zine, été 2018, filles missiles, vide,

Filles missiles; plonger dans ce vide qui n’est pas le mien

D’un point de vue «lecture», mon été a passé comme un véritable coup de vent et j’avais envie, avant la rentrée littéraire et la découverte d’une foule de nouveaux titres, de m’arrêter sur le numéro estival du zine Filles missiles ayant pour thème Gérer le vide. Un thème vaste qui m’a finalement proposé une plongée dans le vide comme un sentiment nourri par le manque, le mal-être, la perte de sens, la dépression et l’anxiété. Une perspective qui s’annonçait pesante et étouffante comme la canicule qui a accompagné ma lecture. Filles missiles, le blogue, le zine et l’univers Créé en 2015 par Marie Darsigny, Sara Hébert et Daphné B., Filles missiles est une plateforme web et papier de diffusion et de promotion d’artistes féminines québécoises en littérature et en arts visuels. Le contenu est féministe, fort, engagé et très contemporain.  Je dois avouer que je connais Filles Missiles depuis peu, mais que je ne suis pas la première collaboratrice a m’y être intéressée; le second magazine papier des Filles Missiles : #pouvoir magique résume bien sa ligne …

anticipation, anxiété, anxieuse, anxieux, état de survie, Bibliothérapie, chronique, Chroniques d’une anxieuse, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, livres, nervosité, peur, sens de survie, stress, tag, Trouble d’anxiété généralisé

Chroniques d’une anxieuse : ils disent

Ils disent que mon sens de survie est plus accru que la moyenne des gens. J’suis toujours en panique. Prête à sacrer une volée. À casser des yeules. Prête à prendre la fuite. Comme si le danger se trouvait à chaque tournant. En prenant ma pression artérielle, ma médecin de famille m’a dit : « ben voyons donc, calme toi, on dirait qu’un ours te court après! ». C’est peut-être son sarrau blanc qui m’inspirait pas confiance. Ou que j’avais la chienne qu’elle me trouve un cancer. Mais mon pouls disait que j’étais prête à courir le marathon, drette là. Et je savais pas comment faire pour le slow down un peu. J’avais l’impression qu’à force de me démener comme une malade, mon cœur allait lâcher. Qu’il allait me laisser tomber dans le métro à force d’imaginer que tout était sur le point d’exploser. Que c’était pas bon pour ma santé d’être sur le qui-vive de même en attente d’une catastrophe-pas-belle-qui-fait-revoler-des-affaires-avec-des-explosions-pis-toutte. Une catastrophe qui me priverait de tout. Pas de break, jamais. Ils disent que …

anxiété, anxieuse, anxieux, Bibliothérapie, chronique, Chroniques d’une anxieuse, fantasme, féminisme, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, librairie, littérature, livres, nervosité, propos déplacés, respect, respect des femmes, stress

Chroniques d’une anxieuse : À toi, cher monsieur déplacé de la librairie

À toi, cher monsieur déplacé de la librairie, Apparemment que mes sourires et mes bonjours polis t’ont turné on. Apparemment que tu comprends pas que ce ne sont pas des avances. T’as comme pas catché que je fais juste ma job et que ça fait partie de mon travail de te sourire même si j’en n’ai pas envie. Sorry, mais cette journée-là, je t’aurais plus pitché un livre dans face que de te sourire à pleines dents. Mais je faisais ma job. J’étais une femme en train de faire son travail, tu vois. Je n’ai aucunement demandé à ce que tu me considères comme une pièce de viande prise dans son enclos à la caisse. Comme si je n’existais que pour le plaisir de tes yeux. Je ne peux m’empêcher de penser que si j’avais été un homme tu ne m’aurais pas dit des propos déplacés concernant ta libido. Mais pour toi c’était une blague, c’est ce que tu as dit, comme si je m’insurgeais pour rien. C’était juste une blague d’insinuer que malgré tes …

alcool, alcoolisme, anxiété, anxieuse, anxieux, Bibliothérapie, Candi Lauper, chronique, Chroniques d’une anxieuse, guerrière, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, Lisbeth Salander, littérature, livres, Michonne, nervosité, stress, superwoman, trouble de l’anxiété généralisé, Walking Dead

Chroniques d’une anxieuse : je voulais être de toutes les couleurs

Je n’avais pas été capable de sortir de ma chambre jaune et bleue. Ma meilleure amie m’avait dit que la gang se donnait rendez-vous dans un parc pas loin de chez nous pour engloutir quelques bières. Je souhaitais juste m’engourdir un peu pour être à l’aise avant de les retrouver, mais j’ai dérapé toute seule. Le ciel s’était obscurci, il faisait nuit et j’avais le visage boursouflé d’avoir trop pleuré. J’étais étendue dans mon lit les yeux rivés sur le ciel qui bougeait trop vite. Les nuages noirs dépassaient la lune et moi j’avais la tête qui tournait. Ça tournait à cent miles à l’heure. Ça tournait dans tous les sens. J’avais bu la moitié de la bouteille de rhum de mes parents. J’avais 15 ans. Les premières gorgées avaient lentement glissé en moi. Engourdir mes pensées pour mieux les supporter, c’était tout ce que je voulais. Ça fonctionnait, mais seulement pour quelques instants. Après je ne savais plus quand m’arrêter, plus où se situait la limite du tu-t’enlignes-pour-vomir-dans-la-cuvette-toute-la-nuit. De toute façon je la franchissais …

anxiété, autofiction, Éditions du Boréal, écriture de l'intime, Bibliothérapie, Boréal, Borderline, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, littérature québécoise, livres, Marie-Sissi Labrèche

Bordeline : pour se sentir moins seul.e avec sa folie

Folle. J’ai eu peur de l’être, souvent. Trop longtemps, j’ai eu l’impression de l’être vraiment, aussi. C’est douloureux pour la tête et les émotions quand le mot te traverse de bord en bord. Ça transperce, fort. Ça te balance en bas de ta chaise. Ça te fait pleurer en p’tite boule dans les couvertes, le cœur serré. Ce mot-là il est resté ancré en moi comme une cicatrice qui n’a jamais voulu s’effacer. Il revenait à la charge, toujours. Folle. Je suis folle. Je suis crissement folle. Mes instants de paranoïa, mes délires non-justifiés, mon humeur changeante, mes états dépressifs, ça en faisait trop, je me disais : j’suis pas normale. Tout le temps. Ça revenait à la charge, encore. Une p’tite crotte abandonnée sur le bord de la route. Une guenille sale qu’on a oubliée dans le fond de l’évier. Un lapin dans sa cage qu’on n’a pas lavé depuis des jours. Je croyais être seule au monde. Un jour j’en ai parlé à un psy, puis à des ami.e.s et à ma famille. J’ai …

anxiété, Bibliothérapie, bipolarité, Journal d'une vie sauvée, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, livres, maladie mentale, Matthieu Bonin, Péter sa coche, Un monde différent

Péter sa coche ou briser le tabou de la maladie mentale

Personnalité connue du web, je suivais Matthieu Bonin depuis un bon bout sur les réseaux sociaux, pour son audace, pour sa sensibilité aussi. Puis, un moment donné, je l’ai trouvé juste, trop. J’ai décroché. Les années ont passé. Jusqu’à ce que dernièrement, mes yeux aient remarqué son nom à nouveau dans une librairie, sur une jaquette de livre. Matthieu Bonin avait écrit : Péter sa coche, publié en février 2017, aux éditions Un monde différent. Souffrant de trouble d’anxiété généralisée et de maladie affective bipolaire (de type 2 dans son cas), l’auteur doit jongler constamment entre les différents cycles que la maladie lui amène, tout en affrontant les aléas de la vie. Il doit essayer d’apprivoiser ses humeurs, basculant du deep down de la dépression jusqu’à émerger vers une stabilité trop courte et ensuite bifurquer dans l’hypomanie. Les autres peuvent le trouver difficile à suivre, pour lui, ce l’est encore plus. Le livre s’ouvre sur la réflexion qu’après 26 ans à vivre dans le chaos, ayant toutefois reçu l’aide de son médecin de famille et …

anxiété, anxiété de performance, échec, école, Bibliothérapie, Chroniques d'une anxieuse, crise de panique, examen, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, livres, société, système académique

Chroniques d’une anxieuse : ma petite peur de l’échec

J’me souviens encore du seul et unique examen que j’ai coulé. J’étais en cinquième année. C’était un test sur les divisions. Un test surprise. Quand madame Diane avait lancé avec un p’tit sourire narquois qu’on serait évalué là, maintenant, tout de suite, sur ce qu’elle nous avait enseigné la veille, j’ai buggué. Les autres soupiraient. Les autres tappaient du crayon nerveusement. Mais moi. J’ai buggué. Beaucoup. J’ai cru que le monde s’effondrait. J’étais pas préparée. D’habitude, j’étudiais, me pratiquais jusqu’à temps que ce soit ancré en moi comme si je l’avais toujours su. Comme si j’étais née en sachant diviser des nombres compliqués. Mais là, je ne pouvais pas, j’étais impuissante, je n’étais pas prête, je ne me souvenais de rien. Les mains moites. Le pied droit nerveux. Les yeux pleins d’eau. La prof qui passait d’un pupitre à l’autre en s’assurant de déposer face contre table le bout de papier qui me faisait trembler l’intérieur. Elle est arrivée à mon pupitre. Elle a déposé le test devant moi. Elle a dit : dans 4, 3, …