Année : 2017

#mémoiredemaîtrise #rédaction #persévérance #écriture #discipline #lefilrouge #lefilrougelit #bibliothérapie #littérature #livres #lecture #leslivresquifontdubien #au-delàdeslivres

Écrire un mémoire: un combat contre soi-même

Expliquer aux gens en quoi consiste l’écriture d’un mémoire de maîtrise n’est pas une chose simple. Je ne dis pas qu’ils ne comprennent pas, mais plutôt que j’ai moi-même de la difficulté à cerner les contours d’un tel projet. Il n’y a pas de parcours typique, pas de modèle à suivre, pas plus qu’il n’y a de bonne ou de mauvaise manière de le faire. Pourtant, il semble que ce soit l’affaire de tout le monde, même si au fond, c’est toi qui devra remettre un produit fini, de ton cru, et c’est toi qui sera seul.e devant ton ordinateur. Alors, la plupart des personnes se permettent des remarques comme celles-ci: « Ben là, c’est comme genre trois travaux de fin de session, c’est pas si pire. » « Voyons, tu fais quoi de tes journées pour ne pas avoir écrit depuis 1 mois?! » « T’as juste à te faire un horaire vraiment strict et le respecter. » « Combien de pages tu as écrites? [Insérer un nombre de pages considérable selon vos capacités] C’EST TOUT??? » « Ok, faque dans l’fond, ça sert …

ctivisme transRemove term: art trans art transRemove term: Bibliothérapie BibliothérapieRemove term: Julia Serano Julia SeranoRemove term: Le fil rouge Le fil rougeRemove term: le fil rouge lit le fil rouge litRemove term: lecture lectureRemove term: les livres qui font du bien les livres qui font du bienRemove term: livre par des femmes trans livre par des femmes transRemove term: livres livresRemove term: Outspoken OutspokenRemove term: réflexion littéraires réflexion littérairesRemove term: Serano SeranoRemove term: Switch Hitter Press Switch Hitter PressRemove term: transféminisme transféminisme

Outspoken, la soif de prendre parole

Outspoken, de Julia Serano, compile les textes et essais cumulés pendant dix ans d’activisme transféministe et transgenre. Cinq chapitres contiennent les essais inutilisés dans les dernières publications, les articles de blogues ayant pris la poussière et les œuvres présentées uniquement devant le public. Le tout est commenté par l’auteure, avec la perspective que lui a conféré toutes les années écoulées. Quel est le passage qui a retenu mon attention? C’est au début, un chapitre consacré au volet artistique de la carrière de cette auteure prolifique. Les textes créatifs de Serano, au nombre de 19 dans cette publication, sont généralement des œuvres de « spoken word ». Le style de l’auteure ne joue pas particulièrement dans la subtilité ou le recours à l’imaginaire : elle avoue d’ailleurs elle-même que le fait de partager ses textes sur scène l’encourageait à emprunter un style choquant qui fait bien réagir le public. Néanmoins, les anecdotes qu’elle raconte ont toujours une portée plus grande, elles sont la partie qui contient le tout. Les auteures trans anglophones et états-uniennes sont généralement …

Le retour des Baudelaire : une série (loin d’être) désastreuse

Chère lectrice, cher lecteur, Je préfère vous avertir que l’article que vous vous apprêtez à lire est pénible. Rien n’est aussi triste qu’une analyse comparative d’œuvres artistiques, d’autant plus lorsque cette analyse été rédigée par une personne en deuil d’avoir terminé ladite œuvre. Je vous suggère de vous tourner vers une lecture plus distrayante. Par exemple, Internet regorge d’articles sur la pensée positive et de vidéos de recettes de muffins aux bananes. Si vous décidez malgré tout de poursuivre votre lecture (ce que je vous déconseille fortement de faire) vous retrouverez mon appréciation de l’adaptation de la funeste série Netflix Lemony’s Snicket A Series of Unfortunate Events par rapport au film du même titre réalisé en 2004, tous deux infiniment décevants. Je vous propose un regard par trop subjectif (subjectif signifie relatif au point vue personnel) concernant un certain nombre d’éléments incomplets. Comme si une adaptation ne suffisait pas, Mark Hudis a cru bon de transposer à nouveau les livres (à quoi bon?) en une série télévisée interminable dont la diffusion a gâché le début de l’année 2017. F. Demeule …

le fil rouge; le fil rouge lit; être ici est une splendeur; Marie Sarrieussecq; Paula M. Becker

Être ici est une splendeur : La courte, mais passionnante vie de la peintre Paula M. Becker

Prêtez-vous au jeu suivant : nommez cinq peintres de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle. Il y a des fortes chances que vous ayez nommé exclusivement des hommes. Si vous refaites le même jeu en vous limitant aux femmes peintres, probablement que vous trouverez l’exercice plus difficile. C’est parce que nous en savons si peu sur les femmes artistes de ces époques que j’ai tant aimé le roman Être ici est une splendeur de Marie Darrieussecq qui porte sur la vie de l’artiste peintre allemande Paula Modersohn-Becker. J’ai bien sûr apprécié ma lecture, mais ce qui m’a réellement plu de ce roman, c’est qu’il m’a fait connaître la vie, l’univers et l’art d’une artiste peintre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Certes, je ne suis pas une experte en Histoire de l’art, mais cela démontre la difficulté pour les femmes de faire leur place dans l’Histoire. Paula Modersohn-Becker, alors Paula Becker, est née à Dresde en Allemagne en 1876, mais a vécu une bonne partie de sa vie à Worpswede, où vivaient plusieurs artistes allemands …

Récit de jeunes rescapés

Les glissades d’eau sont souvent synonyme d’euphorie. Elles sont singulières par leur éphémérité et leur authenticité. Il faut l’admettre ; nager dans l’eau pendant des heures entières n’aura jamais procuré autant de satisfaction à un enfant. C’est le summum du divertissement, le Saint-Graal de nos jeunes étés. 
Mais si, comme moi, vous avez été cloîtré à une vision équivalente à celle de vos grands-parents, les glissades d’eau ont souvent été associées à la terreur. Car contrairement aux autres enfants de votre âge, le divertissement avait ses limites et ses conséquences. Je garde un souvenir très précis de cette peur constante. Celle de perdre ses lunettes, de devoir s’abstenir d’aller rejoindre mes amis dans la piscine à vague ou celle des nuits précédentes, où mon sommeil cédait à l’angoisse et aux mauvais scénarios déjà envisagés. Malgré tout, de loin ou de près, les glissades d’eau restent gravées dans notre mémoire comme l’équation d’une jeunesse absolue. Car pendant un bref moment, vous vous sentez à la fois en danger et immortel. C’est d’ailleurs cette idée qui a influencé un …

anxiété, autofiction, Éditions du Boréal, écriture de l'intime, Bibliothérapie, Boréal, Borderline, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, littérature québécoise, livres, Marie-Sissi Labrèche

Bordeline : pour se sentir moins seul.e avec sa folie

Folle. J’ai eu peur de l’être, souvent. Trop longtemps, j’ai eu l’impression de l’être vraiment, aussi. C’est douloureux pour la tête et les émotions quand le mot te traverse de bord en bord. Ça transperce, fort. Ça te balance en bas de ta chaise. Ça te fait pleurer en p’tite boule dans les couvertes, le cœur serré. Ce mot-là il est resté ancré en moi comme une cicatrice qui n’a jamais voulu s’effacer. Il revenait à la charge, toujours. Folle. Je suis folle. Je suis crissement folle. Mes instants de paranoïa, mes délires non-justifiés, mon humeur changeante, mes états dépressifs, ça en faisait trop, je me disais : j’suis pas normale. Tout le temps. Ça revenait à la charge, encore. Une p’tite crotte abandonnée sur le bord de la route. Une guenille sale qu’on a oubliée dans le fond de l’évier. Un lapin dans sa cage qu’on n’a pas lavé depuis des jours. Je croyais être seule au monde. Un jour j’en ai parlé à un psy, puis à des ami.e.s et à ma famille. J’ai …

anxiété, Bibliothérapie, bipolarité, Journal d'une vie sauvée, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, livres, maladie mentale, Matthieu Bonin, Péter sa coche, Un monde différent

Péter sa coche ou briser le tabou de la maladie mentale

Personnalité connue du web, je suivais Matthieu Bonin depuis un bon bout sur les réseaux sociaux, pour son audace, pour sa sensibilité aussi. Puis, un moment donné, je l’ai trouvé juste, trop. J’ai décroché. Les années ont passé. Jusqu’à ce que dernièrement, mes yeux aient remarqué son nom à nouveau dans une librairie, sur une jaquette de livre. Matthieu Bonin avait écrit : Péter sa coche, publié en février 2017, aux éditions Un monde différent. Souffrant de trouble d’anxiété généralisée et de maladie affective bipolaire (de type 2 dans son cas), l’auteur doit jongler constamment entre les différents cycles que la maladie lui amène, tout en affrontant les aléas de la vie. Il doit essayer d’apprivoiser ses humeurs, basculant du deep down de la dépression jusqu’à émerger vers une stabilité trop courte et ensuite bifurquer dans l’hypomanie. Les autres peuvent le trouver difficile à suivre, pour lui, ce l’est encore plus. Le livre s’ouvre sur la réflexion qu’après 26 ans à vivre dans le chaos, ayant toutefois reçu l’aide de son médecin de famille et …

Étudiants, Bibliothérapie, cégep, Chloé Savoie-Bernard, Des femmes savantes, Discussions, Le fil rouge, le fil rouge lit, Lectures, livres, livres qui font du bien, Nouvelles, Prix littéraire des collégiens, Triptyque

Prix littéraire des collégiens 2017 : ce que des étudiants ont pensé Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard

Enseignante de littérature dans un cégep, j’ai motivé un groupe de douze étudiants à participer au Prix littéraire des collégiens 2017 au cours de la session d’hiver. Toutes les deux semaines, nous nous rencontrons pour discuter des œuvres sélectionnées, pour les décortiquer et les critiquer et ainsi en déclarer une gagnante du Prix littéraire des collégiens 2017. Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard était la lecture pour la cinquième et dernière rencontre du Prix. Les étudiants n’ayant que très rarement lu des recueils de nouvelles, ils ont découvert ce genre et accroché par la brièveté de celui-ci. Ils ont trouvé que la nouvelle se prêtait bien au message que l’auteure voulait passer, l’essentiel étant dit directement et sans détour. La majorité des participants au prix étant des filles, elles ont vécu différentes émotions en lisant : « Ça nous rentrait dedans. » Une lecture simple et facile, mais percutante et très vulgaire : « Ça ne remonte pas l’estime. » Savoie-Bernard utilise un langage cru, représentatif des actions de ces femmes, toutes aussi crues. Ce sont des femmes en détresse, malades …

13 lettres pour vous dire qu’on vous aime

Parfois j’ai l’impression de me répéter sur ce blogue (!) parce que j’ai dit à de nombreuses reprises à quel point j’aimais Simon Boulerice. Tant pis, on dit jamais assez je t’aime, comme me l’a rappelé le roman dont je veux vous parler, je le redis, encore et encore, Simon Boulerice, je t’aime. (J’ai quand même eu la chance de lui dire, en vrai lors de notre dernier événement à Arsenal, n’ayez crainte, avec plus de nuance bien sûr!) Avec ce dernier roman pour adolescents, Le dernier qui sort éteint la lumière, Simon Boulerice nous fait découvrir une famille des plus attachantes. Pour vrai, j’avais presque envie d’être adoptée! Les deux jumeaux, Arnold (pour Schwarzenegger voyons!) et Alia vivent avec leurs deux papas : Papou et Poupa ou plus communément appelés Julien et Édouard. 13 lettres pour vous dire qu’on vous aime Les parents décident pour le 13e anniversaire de leurs jumeaux de leur offrir une lettre par jour, pendant 13 jours, pour leur avouer qui est entre les deux le père biologique des jumeaux, la …

Amélie Nothomb, Marika Guilbeault-Brissette, Rencontre, Séance de signature, Renaud-Bray

Entre chapeau et champagne

Je partage mon quotidien avec l’œuvre de cette femme depuis plus d’un an et je dois vous avouer que je me considère depuis une experte en la matière. Lorsque nous sommes plongés aussi profondément dans le travail d’un écrivain ou d’une écrivaine, il nous arrive de penser que nous connaissons de fond en comble la personne qui se cache derrière les lignes et ce, dans tous ses recoins les plus sombres et les plus secrets. Or, la rencontre des corps suffit souvent à nous prouver le contraire. Il y avait déjà sept ans que la prolifique auteure belge, Amélie Nothomb, n’était pas venue nous rendre visite au Québec. Étant invitée d’honneur au Salon du livre de Québec, cette dernière n’avait d’autre choix que de faire un passage obligatoire par Montréal. Le jeudi 6 avril, j’ai donc eu la chance de faire la file au Renaud-Bray de la rue Saint-Denis pour faire signer son petit dernier, Riquet à la houppe, et par le fait même, de rencontrer ma majestueuse sorcière bien-aimée. Arrivés bien en avance, nous …