All posts filed under: Au-delà des livres

Amélie Nothomb, Marika Guilbeault-Brissette, Rencontre, Séance de signature, Renaud-Bray

Entre chapeau et champagne

Je partage mon quotidien avec l’œuvre de cette femme depuis plus d’un an et je dois vous avouer que je me considère depuis une experte en la matière. Lorsque nous sommes plongés aussi profondément dans le travail d’un écrivain ou d’une écrivaine, il nous arrive de penser que nous connaissons de fond en comble la personne qui se cache derrière les lignes et ce, dans tous ses recoins les plus sombres et les plus secrets. Or, la rencontre des corps suffit souvent à nous prouver le contraire. Il y avait déjà sept ans que la prolifique auteure belge, Amélie Nothomb, n’était pas venue nous rendre visite au Québec. Étant invitée d’honneur au Salon du livre de Québec, cette dernière n’avait d’autre choix que de faire un passage obligatoire par Montréal. Le jeudi 6 avril, j’ai donc eu la chance de faire la file au Renaud-Bray de la rue Saint-Denis pour faire signer son petit dernier, Riquet à la houppe, et par le fait même, de rencontrer ma majestueuse sorcière bien-aimée. Arrivés bien en avance, nous …

Poésie moderne ou journal intime? Un nouveau phénomène sur Instagram!

J’ai découvert récemment un phénomène qui commence à prendre de l’ampleur sur Instagram. Peut-être l’avez-vous remarqué aussi? Je parle de pages de petites phrases pleines d’émotions qu’on retrouve tantôt avec tout un franc-parler, ou se rapprochant d’une douce poésie moderne. Fait intéressant : la plupart des propriétaires de ces pages ne le font pas dans le but d’être connus et, au contraire, se complaisent dans l’anonymat. La majorité des comptes que j’ai contactés m’ont avoué être une fille derrière l’écran et avoir entre 17 et 25 ans. J’ai listé une dizaine de ces pages (que je vous invite à découvrir!), et voici ce qui les a poussées à participer au phénomène du moment : @lestoutespetiteschoses – J’écris depuis que je suis toute petite, mais je n’avais jamais osé laisser qui que ce soit lire mes trucs. Il y a 2 ans, je me suis décidée à faire le certificat en création littéraire à l’UQAM et ça m’a aidée à sortir de ma coquille (…). Il y a presque un an, j’ai décidé de sortir de ma …

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Propager le goût de la lecture : mon expérience d’alphabétisation

Les gens qui me croisent dans le métro direction Côte-des-Neiges le mardi matin doivent bien se demander ce que je fais dans la vie, et où je m’en vais. C’est que je traîne sur mon épaule mon immense sac en coton rempli de livres cartonnés et d’albums jeunesse, en chemin pour aller au centre communautaire où j’anime des cercles de lecture chaque semaine. Quand je rentre dans le local de la garderie, les enfants m’accueillent chaleureusement. Une des petites, entre autres, est vraiment contente de me voir et me suit partout. Une fois mes bottes enlevées, on s’installe sur le tapis et on commence par chanter des chansons pour se calmer et se rassembler tout le monde ensemble. Puis, je me mets à raconter les histoires que j’ai préalablement lues et sélectionnées pour eux. Une dizaine de petits albums plus tard, les enfants ont la liberté de lire par eux-mêmes les livres de leur choix. Le cercle se termine après une heure et les enfants sont alors prêts à poursuivre leur journée. Si je suis bénévole pour faire …

Saint-Henri : quartier de ciels ardents

Hier, j’ai cru sentir l’odeur du varech, que je connais par cœur, dans la ruelle derrière mon appartement sur la rue du Couvent. Mon appartement est pourtant très loin du fleuve salé. Je suis sortie pour confirmer. Un rayon de soleil tendre et frais dissimulait mal la souillure du printemps présente dans la ruelle, sur les trottoirs, dans l’air même. Un rayon d’une lumière matinale, belle, mais sans merci, découpait toutes les ombres avec une précision fanatique. Partout, les déchets laissés derrière par l’hiver abondaient. Aujourd’hui, cela fait deux ans que j’habite le quartier Saint-Henri. Il y a quatre ans, je suis partie de l’Outaouais pour égarer mon futur dans Montréal. Puis, j’ai choisi Saint-Henri. J’ai décidé de me faire bercer** par l’histoire ouvrière, par les trains qui déchirent la nuit et par les carcasses d’usines vides. **Embourgeoisement : je m’installe dans un quartier qu’on a toujours voulu avoir les moyens de fuir; j’utilise le verbe bercer pour décrire mon arrivée. Bordée à l’est par l’autoroute 15, au nord par Westmount et l’autoroute Ville-Marie, à l’ouest …

Le livre est roi sur instagram : partie 2

En 2016, j’avais écrit un article sur les comptes Instagram de livres qui m’inspiraient, puisque c’est une plateforme en constante évolution qui semble contenir de plus en plus de beaux comptes dédiés aux livres. J’ai décidé de vous en présenter d’autres. Instagram est, pour plusieurs dont moi, une grande source d’inspiration pour découvrir de nouvelles lectures. C’est d’autant plus inspirant de voir que de plus en plus de gens s’y mettent et qu’une grande communauté d’amoureux de la lecture se développe. Voici donc quelques comptes à suivre !! N.B. : La photo de chacun des comptes est celle au dessus de chaque paragraphe       j.lis_ Jeanne est une montréalaise passionnée de littérature – et collaboratrice au blogue page par page – qui partage autant ses coups de coeur littéraires que ses escapades dans les cafés et les  bibliothèques. C’est elle qu’il faut suivre pour découvrir de nouveaux lieux en lien avec les livres ou des lectures intéressantes et engagées. a.panneton Bien avant qu’Amélie devienne notre collaboratrice, j’adorais jeter un coup d’oeil à son Instagram. En plus …

Ma grand-mère lectrice, mon modèle

Alors que je referme les dernières pages de La Femme qui fuit, ma grand-mère maternelle entre à l’hôpital, suite à une vilaine chute. S’enchaînent ensuite les infections, les complications, la médication. Elle sera transférée dans une chambre à elle, après un petit tour aux soins intensifs. Elle prend du mieux, heureusement pour nous, ma famille et moi. Mais elle nous a fait si peur. Au moment d’écrire ces lignes, je suis à son chevet et la regarde dormir. Je me remémore ma lecture du roman de Barbeau-Lavalette, puis je me dis que la vie est drôlement faite, quand même. La lecture de La femme qui fuit m’a profondément interpellée, bouleversée : si Anaïs Barbeau-Lavalette tente de recoller sa grand-mère à l’aide des mots, des souvenirs d’elle, celle qui a abandonné sa mère et son oncle alors qu’ils étaient encore enfants, moi, petite-fille de deux grands-mamans, me suis sentie complètement à l’opposé. Mes grands-mères sont loin d’avoir fui; j’ai été choyée, enfant, de les voir à chacun de mes anniversaires et de passer des journées à être …

S’offrir une expérience de lecture personnalisée en 3 étapes

Lorsque nous avons décidé de nous lancer dans la grande aventure que sont les coffret littéraires Le fil rouge, nous savions déjà que nous voulions donner une place importante non seulement à la littérature québécoise, mais aussi aux produits faits ici, aux artisans qui travaillent fort pour offrir des produits de qualité et qui font tourner l’économie d’ici. En plus, il y a tellement de beaux produits faits au Québec. Pourquoi aller voir ailleurs lorsqu’on peut offrir une expérience de lecture complète avec des produits et des livres d’ici? Si, vous aussi, vous avez le goût de personnaliser votre propre expérience de lecture, on vous propose quelques produits d’ici qui vous permettront d’adoucir vos moments de lecture et de détente. Le confort Le confort, lorsqu’on lit, c’est primordial. Parce que peu importe l’évasion que nous offre un livre, lire sur une chaise inconfortable durant des heures rend l’expérience un peu moins agréable. Qu’est-ce que ça prend pour être confortable lors de sa lecture? Ça, ça dépend de chacun. Pour nous, l’important c’est de s’asseoir confortablement …

Hochelaga, street art, 375è de Montréal

Hochelaga et son joyeux désordre poétique

Hochelaga pour moi, c’est comme une chanson de Bernard Adamus : puissant, poétique, beau et laid en même temps, mais surtout, profondément réaliste. J’ai découvert Hochelaga sur le tard. J’ai grandi à Outremont, et l’est de Montréal m’apparaissait comme une contrée lointaine pendant bien longtemps. Il y a un an, j’ai atterri sur l’avenue Bourbonnière à deux pas de la promenade Ontario et très rapidement, Hochelaga a pris sa juste place dans mon cœur. Les gens qui ne connaissent pas bien ce quartier s’imaginent beaucoup de choses; il inspire beaucoup de clichés. On dit que le quartier n’est composé que de miséreux et qu’il vaut mieux ne pas trop s’attarder à se promener le soir, à la sortie des bars. On dit aussi que les « bobos » l’ont envahi et font monter le prix des loyers. Même si de nombreux stéréotypes puisent leur fond d’une vérité, c’est restreindre énormément la richesse de ce quartier que de croire qu’il ne se résume qu’à ça. L’univers dépeint par les chansons de Bernard Adamus est sale, mais imprégné d’amour et de …

Passer du livre à l’écran, une bonne idée ?

Avec la sortie du dernier livre de la saga Harry Potter, plusieurs fans se sont lancés dans un marathon télévisé de l’intégralité des films et d’autres se sont plutôt tournés vers une relecture de la version originale romancée. Cette fureur médiatique m’a permis de réfléchir sur les fameuses adaptations cinématographiques. Dans certains cas, elles sont plus que réussies et fidèles à la réalité et dans d’autres, elles sèment l’émoi et sortent les lecteurs de leurs gonds. Mais pourquoi exigeons-nous, en tant que lecteurs, une si grande précision de la part du réalisateur ? Des interprétations divergentes  Le livre est un objet complexe. L’action de lire nécessite une importante activité cérébrale. Des pages et des mots sont sous nos yeux, il en revient à nous seul d’en déchiffrer le sens. Les images, les sensations et les personnages, nous les créons, nous les imaginons. L’auteur nous offre une description, certes, mais le résultat final en revient toujours au lecteur et varie considérablement selon un amalgame de facteurs : la compréhension du lecteur, ses origines, ses croyances, son bagage …

Flow, un magazine qui prend son temps

Les magazines sont un phénomène tellement plus éphémère que les livres. Du contenu au contenant, ils ont longtemps été conçus pour ne durer qu’un mois — si ce n’est pas qu’une semaine dans le cas des magazines à potins — et finir tout fripés dans un bac de recyclage (au moins). Par contre, on peut observer depuis quelques années l’apparition de magazines qui, sans se prendre pour des livres, proposent du contenu et des formes de plus en plus innovatrices et adaptées au passage du temps. Il y a, chez nous, un nouvel essor pour ce type de magazine. Que ce soit Dinette, Trois fois par jour ou Nouveau Projet, mais aujourd’hui c’est plutôt en Europe que se publie le magazine dont je veux vous parler : Flow. Offert en anglais, en français et en allemand, avec du contenu différent dans chacune des éditions, on peut dire que Flow est une marque bien établie. En français, le slogan du magazine est : Un magazine qui fait du bien, alors qu’en anglais, on a le droit à Celebrating creativity, …