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Hochelaga, street art, 375è de Montréal

Hochelaga et son joyeux désordre poétique

Hochelaga pour moi, c’est comme une chanson de Bernard Adamus : puissant, poétique, beau et laid en même temps, mais surtout, profondément réaliste. J’ai découvert Hochelaga sur le tard. J’ai grandi à Outremont, et l’est de Montréal m’apparaissait comme une contrée lointaine pendant bien longtemps. Il y a un an, j’ai atterri sur l’avenue Bourbonnière à deux pas de la promenade Ontario et très rapidement, Hochelaga a pris sa juste place dans mon cœur. Les gens qui ne connaissent pas bien ce quartier s’imaginent beaucoup de choses; il inspire beaucoup de clichés. On dit que le quartier n’est composé que de miséreux et qu’il vaut mieux ne pas trop s’attarder à se promener le soir, à la sortie des bars. On dit aussi que les « bobos » l’ont envahi et font monter le prix des loyers. Même si de nombreux stéréotypes puisent leur fond d’une vérité, c’est restreindre énormément la richesse de ce quartier que de croire qu’il ne se résume qu’à ça. L’univers dépeint par les chansons de Bernard Adamus est sale, mais imprégné d’amour et de …

Passer du livre à l’écran, une bonne idée ?

Avec la sortie du dernier livre de la saga Harry Potter, plusieurs fans se sont lancés dans un marathon télévisé de l’intégralité des films et d’autres se sont plutôt tournés vers une relecture de la version originale romancée. Cette fureur médiatique m’a permis de réfléchir sur les fameuses adaptations cinématographiques. Dans certains cas, elles sont plus que réussies et fidèles à la réalité et dans d’autres, elles sèment l’émoi et sortent les lecteurs de leurs gonds. Mais pourquoi exigeons-nous, en tant que lecteurs, une si grande précision de la part du réalisateur ? Des interprétations divergentes  Le livre est un objet complexe. L’action de lire nécessite une importante activité cérébrale. Des pages et des mots sont sous nos yeux, il en revient à nous seul d’en déchiffrer le sens. Les images, les sensations et les personnages, nous les créons, nous les imaginons. L’auteur nous offre une description, certes, mais le résultat final en revient toujours au lecteur et varie considérablement selon un amalgame de facteurs : la compréhension du lecteur, ses origines, ses croyances, son bagage …

Flow, un magazine qui prend son temps

Les magazines sont un phénomène tellement plus éphémère que les livres. Du contenu au contenant, ils ont longtemps été conçus pour ne durer qu’un mois — si ce n’est pas qu’une semaine dans le cas des magazines à potins — et finir tout fripés dans un bac de recyclage (au moins). Par contre, on peut observer depuis quelques années l’apparition de magazines qui, sans se prendre pour des livres, proposent du contenu et des formes de plus en plus innovatrices et adaptées au passage du temps. Il y a, chez nous, un nouvel essor pour ce type de magazine. Que ce soit Dinette, Trois fois par jour ou Nouveau Projet, mais aujourd’hui c’est plutôt en Europe que se publie le magazine dont je veux vous parler : Flow. Offert en anglais, en français et en allemand, avec du contenu différent dans chacune des éditions, on peut dire que Flow est une marque bien établie. En français, le slogan du magazine est : Un magazine qui fait du bien, alors qu’en anglais, on a le droit à Celebrating creativity, …

Expérimenter le «blind date» littéraire!

Avez-vous déjà tenté l’expérience d’acheter un livre, mais sans savoir duquel il s’agit? C’est ce que nous proposent, à l’occasion de la Saint-Valentin, deux librairies indépendantes de quartier: La librairie de Verdun et La librairie La Flèche rouge. À la manière d’un « blind date » ou d’une rencontre à l’aveugle, ces deux librairies vous offrent d’aller à la découverte d’un livre de papier comme s’il s’agissait d’un rendez-vous amoureux.   Le but? Vous faire découvrir quelque chose de nouveau, que vous n’auriez peut-être pas été porté à acheter autrement. Et, qui sait, peut-être provoquer un coup de foudre et un match parfait entre vous et un bouquin? Le concept de la vente ou du prêt de livres à l’aveugle n’est pas nouveau: les bibliothèques de la ville de Laval, ainsi que la Librairie Carcajou, entre autres, en ont déjà, dans le passé, proposé l’expérience. Mais jusqu’à maintenant, je n’avais jamais essayé. Curieuse, j’ai décidé de me prêter au jeu, et c’est ainsi que je me suis présentée à la Librairie de Verdun pour faire …

Les mots seront toujours amplement suffisants

Je suis de celles qui préfèrent les mots. Malgré l’émergence des médiums promouvant l’image, je suis de celles qui croient en l’invisibilité, en la puissance de ce qui est seulement écrit, dit et parfois, tu. À mes yeux, les mots seront toujours amplement suffisants et le visuel, jamais à la hauteur. Le livre ne mourra pas tant que moi je vivrai. Vous ne pouvez pas rivaliser avec le pouvoir de mon imagination et la justesse d’une plume. C’est la première raison pour laquelle j’ai eu peur lorsqu’il a été annoncé qu’un film serait fait sur l’écrivaine Nelly Arcan. Rappelez-vous, je vous avais fait part de mes impressions sur le Fil Rouge il y a quelques mois juste ici. En cet après-midi, plongée dans l’obscurité presque totale d’une salle de cinéma, mes doutes et mes inquiétudes se sont confirmés. Le long métrage Nelly n’avait pas raison d’être. Les meilleures séquences de l’oeuvre cinématographique demeurent les moments où Mylène Mackay lit des passages des écrits de la défunte auteure. Car les mots seront toujours amplement suffisants. Je …

Trois souris… dans la souricière

Agatha Christie, la reine du crime, a de nombreux classiques du roman policier à son actif : Le crime de l’Orient-Express, Les dix petits nègres, Le meurtre de Roger Ackroyd et Mort sur le Nil, pour n’en nommer que quelques-uns. Elle est la spécialiste du mystère et s’amuse à angoisser l’homme avec des énigmes qui sollicitent la logique. Agatha Christie écrit autant pour les enfants que pour les adultes : ses lecteurs se comptent par millions. Dans la nouvelle Les trois souris, parue en 1948, Agatha Christie réussit à intégrer cette morbidité enfantine à son mystère. Trois souris, une comptine anglaise du 17e siècle, donne son nom à la nouvelle. L’histoire est donc écrite dans le respect de cette petite comptine, où la mort de trois personnages est réalisée dans un huis clos pratiquement charmant, une pension familiale perdue en pleine tempête de neige. Un de ces personnages dit même lors du premier acte : J’adore les comptines, pas vous? Elles sont toujours tragiques et macabres. C’est pourquoi les petits enfants les aiment…  L’adaptation de cette nouvelle policière est la pièce phare du répertoire …

Bonne fête Montréal!

Montréal, c’est… Le territoire non-cédé des Kanien’keha:ka (Mohawk), un endroit qui a longtemps servi comme lieu de rencontre et d’échange entre les nations. 1,8 million d’habitants : 40% francophone, 11% anglophone et 33% allophone. Une des deux seules villes, avec New York, où on ne peut pas tourner à droite sur une lumière rouge en Amérique du Nord. Une ville cycliste! (ou presque…) Le CH, club de hockey aimé par tous.tes! C’était les Expos, c’est de plus en plus l’Impact. Tellement de parcs! Heureusement qu’on peut patiner à cœur joie au parc Lafontaine en hiver et se faire des pique-niques arrosés au parc Jeanne-Mance l’été. Un métro qui ne fonctionne jamais assez tard pour nos sorties et rarement les matins qu’on a vraiment besoin d’être à l’heure! Tellement d’autres choses! Pour vous, c’est quoi Montréal? Vous allez bientôt être tanné.es d’en entendre parler, mais oui, Montréal va avoir 375 ans cette année! Afin de célébrer l’occasion et de réfléchir à cette ville où plusieurs d’entre nous habitent, les fileuses vous ont préparé une série d’articles sur …

La dictature du bonheur : après le livre, le documentaire

L’an dernier, Martine et moi avions décidé d’écrire un article commun, sous forme de conversation, sur l’essai de Marie-Claude Élie-Morin, La dictature du bonheur. Cette année, avec la sortie du documentaire du même nom, il me semble intéressant de revenir sur cette question du bonheur, sur cette constante quête qu’il engendre et, surtout, sur les faux espoirs qu’on s’en fait parfois. Je me rappelle que, à la lecture du livre, j’avais un penchant plus grand pour les livres de psycho-pop, j’étais dans un moment de ma vie où je croyais vraiment qu’ils étaient ma solution. Je croyais que, en trouvant la clé, en changeant des éléments de ma personne à travers des formules préfabriquées, j’allais être plus heureuse. Il faut dire que ce n’était pas une période très rose de ma vie et que ce n’est qu’après en être sortie que j’ai réalisé, et accepté, qu’il y avait, dans cette façon de voir les choses, une certaine absurdité. Une absurdité à chercher sans arrêt une cause à mes maux là-dedans, à croire que je devais changer du tout …

L’audace d’être un littéraire

Des études littéraires? Pourquoi? À ma première journée universitaire, j’ai eu un cours de création littéraire. D’entrée de jeu, le professeur nous a demandé pourquoi nous avions choisi des études littéraires. Quelqu’un a dit que c’est parce qu’il aimait lire, un autre, qu’il aimait écrire. Mais le professeur a insisté. Pourquoi sommes-nous ici? La classe est restée silencieuse un moment. Je pense que personne ne le savait vraiment. Le professeur a continué de nous regarder avec un sourire en coin. Et il a fini par nous dire : « Mais c’est parce que vous êtes audacieux! » Au début, je pense que personne n’a vraiment compris. Audacieux de quoi? Pourquoi? Il nous a expliqué sa façon de voir les choses, mais voici ce que j’en ai retenu. Parce qu’il ne peut en être autrement. Choisir d’étudier en Littérature, c’est sans cesse se faire demander « Pourquoi? » On ne demande pas à un étudiant en médecine pourquoi il a choisi cette branche : c’est bien évidemment parce qu’il veut améliorer la vie des gens. Un étudiant …

« Assommez-moi quelqu’un » ou la chronique d’une fille (un peu trop) occupée

« Assommez-moi quelqu’un », c’est ce que je me disais hier soir, alors que je me suis retrouvée couchée à 8 h 30 dans mon lit à cause d’un mal de tête d’enfer, et qu’à ce moment-là, mon cerveau n’arrivait même pas à se relaxer trois secondes parce que je pensais à trop d’affaires. Pendant trois heures, je me suis tournée et retournée dans mon lit sans pouvoir avoir la paix. Et s’il n’y avait eu que ça! Le problème, c’est que ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait dans un temps rapproché, et surtout, le problème, c’est qu’il y avait un méchant problème quelque part, dans ma vie, et que c’est hier, la tête dans mon oreiller à me lamenter de douleur pendant des heures, que je me suis avouée vaincue. Après une gigantesque semaine à travailler tous les jours et à faire des millions d’affaires tous les soirs, je venais de passer une journée de samedi de congé à faire la dernière correction pour un texte dont je m’occupais de la …