All posts filed under: Réflexions littéraires

En lisant, en vivant, en écrivant

Je ne lis pas depuis plusieurs jours, j’écris, ou je fais autre chose, je peins, je dors, je marche, je ris, je pleure, mais je ne lis pas depuis plusieurs jours. Puis j’ouvre un livre, il m’accroche ou nous nous donnons rendez-vous un peu plus tard dans la vie. J’ouvre un autre livre et tout un monde fleurit dans ma tête, je me laisse submerger, je ne touche plus terre, le voyage débute et je suis déjà loin. Un nouveau cycle de lecture est lancé. Je n’ai pas encore déposé un livre, que déjà un autre s’installe au creux de mes mains. Je suis enfoncée dans mon lit, je suis une malade sans maladie. Une prisonnière dans la tempête. Je remets ma vie entière en question. Je suis dans un état constant près de l’inconscience, le sommeil n’est jamais loin. Cette douce lourdeur qui prend racine sur mes paupières et qui descend doucement sur mes épaules et dans mon ventre. Le syndrome de Berlin Je lis les mots de Mylène Bouchard au sujet d’une étrange …

Les classiques? Oui, mais non

Depuis quelques semaines, je suis un cours sur l’enseignement de la littérature au collégial. Ce séminaire nous invite à réfléchir sur le choix des corpus et sur ce qu’est la littérature marquante pour nous, futurs et futures enseignants et enseignantes au cégep (du moins, on l’espère tous). Cette réflexion n’est pas banale et de multiples questions me trottent dans la tête depuis que je me suis penchée sur le sujet. Je tenais donc à vous faire part de mes impressions dans cet article. Les devis du ministère De prime abord, les devis du ministère demandent aux enseignants du collégial de faire lire des oeuvres qui « ont marqué l’histoire de la littérature d’expression française. » Ce genre d’affirmation suscite de nombreuses interrogations selon moi. D’emblée, marquantes selon qui? Au moment même où vous lisez ces lignes, chacun n’a pas en tête les mêmes titres. D’une part, parce que la lecture a quelque chose de très personnel. Nous ne sommes pas tous touchés par les mêmes auteurs, les mêmes livres, les mêmes courants et les mêmes …

Lettre à Rose Patrie

Ma chère amie, Toi qui m’as accueillie alors que j’étais en terrain inconnu, toi qui m’as accompagnée dans mes longues marches vers une destination mystérieuse, dans cette nouvelle ville que j’essayais d’apprivoiser, sache que je ne t’oublierai jamais. Je me souviendrai de nos déjeuners à L’Entre-Pots, suivis d’une longue marche sur la Promenade Masson, afin de brûler les calories et de terminer les discussions sans fin. Même l’Afternoon tea de La Brume dans mes lunettes ne vient jamais à bout de nous faire taire. Je t’écoute me raconter ton histoire, nostalgique et envoûtante, et tu m’accompagnes dans mes moments d’incertitude et de doute. Il paraît que c’est ça, l’amitié. Je n’oublierai jamais nos après-midi ensemble, au Marché Jean-Talon l’été et au Cinéma Beaubien l’hiver. Incapables de nous quitter, on finit souvent la soirée à l’Isle de Garde, là où la bière est bonne et le rire est de mise. Quand on se sent un peu plus funnées, on se rend au Nacho Libre, obnubilées par les vidéos loufoques qui y jouent en boucle. J’avais toujours …

Le passage de 2016 vers 2017

Qu’ont en commun les bande-dessinées Louis parmi les spectres (Fanny Britt – Isabelle Arsenault) et S’enfuir (Guy Delisle), les essais Les superbes (Léan Clermont-Dion – Marie Hélène Poitras) et le Manuel de résistance féministe (Marie-Eve Surprenant), le roman Okanagan de Sara Lazzaroni et finalement l’ouvrage scientifique Une brève histoire du temps écrit par Stephen Hawking ? Ce sont les six livres qui m’ont aidé à faire le pont entre 2016 et 2017. Bien qu’il n’y ait de réel changement que dans un chiffre de l’année inscrite sur le calendrier, nous avons pris l’habitude de réfléchir les douze derniers mois juste avant d’entrer dans la prochaine année. Nous résumons nos vies sur plusieurs plans sous forme de bilan et nous dressons la liste de ce que nous aimerions accomplir et améliorer dans le futur proche. C’est en quelque sorte un droit, une possibilité de se recommencer, d’entamer une nouvelle étape sur de meilleures bases. Le passage vers une nouvelle année, c’est toujours un peu étrange, un sentiment qui mélange nostalgie, soulagement et euphorie. On soupire enfin, …

Quelques trucs pour lire un peu plus!

C’est difficile de trouver du temps. On agrippe les minutes qui s’envolent plus rapidement qu’une feuille d’automne au mois de novembre. Pour 2017, je me souhaite principalement une chose : arracher à mon horaire hyper trop chargé quelques minutes pour lire. Malgré le fait que je suis une étudiante en littérature, je dois m’avouer que hormis les lectures obligatoires, c’est rare que j’ouvre un livre par simple plaisir, parce que j’ai tellement de choses à faire durant ma journée. Or, y’a beaucoup d’occasions manquées aussi. Et c’est la faute à qui? À moi, juste à moi. À la place de dérouler mon fil d’actualité sur Facebook ad nauseam, je pourrais probablement en profiter pour tourner quelques pages… J’ai donc trouvé quelques petits trucs (sans réinventer la roue, qu’on se le dise) pour que vous, belles personnes, trouviez le temps de lire un petit peu plus. Métro, autobus, déplacements… Celui-là, il est classique, mais c’est le truc qui m’a fait renouer avec la lecture pour le plaisir. Avant, je passais mon temps en métro à écouter ma …

La nostalgie des séries

Lorsque j’avais le plaisir d’être une enfant, j’avais développé un intérêt grandissant pour la lecture de séries. J’adorais le sentiment de pouvoir débuter et terminer un livre sans que l’histoire, elle, ne soit arrivée à terme. Je ne voulais pas voir la fin. Ou du moins, je tenais à prendre mon temps. Vous savez, cette chose que vous avez en quantité phénoménale lorsque vous êtes jeunes. La jeune lectrice que j’étais suivait une règle bien rigoureuse, celle de ne jamais fermer un livre avant de l’avoir terminé. Même si je le détestais, je me devais de le finir. J’aurais dû rencontrer Pennac plus tôt dans mon existence, mais la vie en a voulu autrement. Je respectais la littérature à ce point que je ne voulais pas la froisser. Pas question que je laisse des orphelins derrière, des abandonnés, des délaissés, des oubliés. Bref, j’avais le cœur d’une enfant fragile et amoureuse d’un monde, le plus beau, celui des livres. À l’époque, j’avais passé à travers les divers tomes de Harry Potter, ceux d’Amos d’Aragon et …

375e de Montréal : Verdun, là où tout a commencé…

Dans le cadre du 375e de Montréal, notre collaboratrice Clara a eu la superbe idée de faire une série d’articles hommage à quelques quartiers de Montréal, vous pouvez lire l’article qui explique cette nouvelle série. Je me suis portée volontaire pour parler de Verdun, pourquoi? Parce que bien avant le #verdunluv, j’y étais attachée. J’ai passé les 17 premières années de ma vie sur la deuxième avenue, près de Wellington. Un coin qui était, au milieu des années 90, discutable. Avant les cafés troisième vague, la meilleure librairie (Librairie de Verdun!) et les restaurants innovateurs, Verdun c’était des locaux qui se louaient et se vidaient de saison en saison, c’était une période difficile, c’était la ville prise en exemple pour faire des blagues de pauvreté, c’est aussi la ville que j’ai déguisée en nommant à mes amis banlieusards que je rencontrais à mon camping : Montréal. Je ne suis pourtant plus gênée de dire que j’ai été élevée à Verdun. Je suis Même fière. Mes premiers souvenirs y sont, et aussi mon premier véritable amour, celui des …

Les résolutions littéraires des fileuses pour 2017

Maintenant qu’on connaît les coups de coeur des fileuses, on trouvait aussi intéressant de s’attarder à leurs résolutions littéraires pour l’année à venir. Avec la nouvelle année, il est toujours intéressant de faire le point et de se fixer des objectifs de lecture, non ? Les résolutions d’Ariane. «Terminer mon recueil de nouvelles & lire plus d’essais, surtout environnementaux.» La résolution de Stéphanie. «Me laisser davantage aller à écrire de la poésie.» La résolution de Fanie.  #spoileralert ! «Terminer d’écrire mon prochain roman…» Les résolutions d’Émilie. «Lire plus de romans québécois. M’inscrire à un atelier de création littéraire.» Les résolutions de Camille. «Écrire chaque jour ! Et prendre plus de temps pour moi.» La résolution de Karine. «Apprivoiser les livres audio.» Les résolutions de Martine : « Garder le cap sur mes lectures sur Goodread. Lire plus de livres sur l’entreprenariat. » La résolution d’Anne-Marie:  «Lire plus de femmes.» La résolution de Caroline: «Écrire plus pour mieux me comprendre dans mon cœur et dans ma tête! » Les résolutions de Laurence: «Lire plus d’essais et travailler …

Les coups de coeurs littéraires 2016 des fileuses

Pour terminer l’année littéraire en beauté, nous avons demandé aux fileuses quels avaient été leurs coups de coeur en 2016. Tout genre confondu, peu importe l’année de publication, voici les livres qui ont fait du bien aux fileuses en 2016. Les coups de coeur d’Ariane : Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard. Le Prix de la Chose de Joseph Elfassi. Hare Krishna de François Gilbert. Déjà la horde de chair se tait d’Ariane Audet. Hiroshimoi de Véronique Grenier. Les coups de coeur de Fanie : Le bleu des rives de Marie-Claude Lapalme. Je suis là de Christine Eddie. Villégiature d’Alice Michaud-Lapointe. Ronde de nuit de Laurie Bédard. Vous n’êtes probablement personne de Marie-Jeanne Bérard. Au péril de la mer de Dominique Fortier. Folie passagère de Vanessa Beaulieu. Des femmes savantes de Chloé Savoie-Bernard. Prague de Maude Veilleux. Les coups de coeur d’Émilie: Station Eleven d’Emily St. John Mandel. Persepolis de Marjane Satrapi. Milk and Honey de Rupi Kaur. Le coup de coeur de Stéphanie: Phobies des moments seuls de Samuel Cantin. « Premièrement, je ne …

Trouver l’âme sœur: Dany Laferrière

C’est en 2009 que j’ai, sur le tard, découvert Dany Laferrière. J’étais au Salon du livre et en cherchant quoi me procurer, je me suis dit «Bah! Pourquoi pas?» en tombant sur son tout dernier roman, L’énigme du retour, qui connaissait à cette époque un succès énorme. Depuis ce temps, je n’ai pas été déçue, véritable coup de foudre littéraire, j’ai su. Je n’ai pas tout lu de Laferrière et je clame haut et fort qu’il est mon auteur préféré. Je prends simplement mon temps. Parce qu’il est comme le bon vin, avec les années, ses livres n’en sont que plus savoureux. Bien qu’il ait reçu de nombreux prix et décorations, ce n’est pas tant ses exploits littéraires qui impressionnent, mais simplement ses écrits qui, pour moi, surpassent bien des classiques. Lire Laferrière, c’est l’odeur du café, le goût d’une mangue fraîche, les rayons du soleil sur la peau l’été, le droit à l’imaginaire, Montréal, Haïti, sous un tout autre angle. Laferrière c’est la permission d’être libre, d’être soi, sans compromis. C’est lire, puis avoir envie …