All posts filed under: Littérature québécoise

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Les choses brisées de Catherine Côté: écrire sur le banal et l’inconfort

Je me suis rendu compte que, depuis quelques années, à travers ma vie d’étudiante-adulte-active, je suis devenue très inconstante en ce qui concerne le temps que j’accorde à mes lectures personnelles. À certains moments, les livres s’enchaînent les uns après les autres à une vitesse folle, mais à d’autres, ils s’étirent en longueur pendant plusieurs semaines. Je passe aussi parfois des jours entiers sans lire, par manque de temps, ou d’autres fois, c’est l’envie qui n’y est pas (et alors, le même livre traîne sur ma table de chevet encore et encore, au point où parfois je ne me rappelle plus de ce dont il traite!). D’autres fois, l’étirement de la lecture s’impose par le livre lui-même. C’est ce qui est arrivé avec Les choses brisées, un recueil de dix-huit très courtes nouvelles écrites par Catherine Côté. Le livre avait beau ne contenir que 134 pages, je l’ai traîné sur moi plusieurs semaines, lisant des bribes par-ci par-là à travers la fin de session, dans les transports en commun et pendant les moments de fin …

Antarctique Solo, la fantastique aventure de Frédéric Dion racontée par Bryan Perro

Oser l’aventure

Je ne sais pas exactement quand ma fixation pour l’Antarctique et les glaciers a commencé. J’ai toujours rêvé d’y aller, de marcher sur les glaciers et d’y être seule au monde. Un rêve bien peu réalisable, quand on y pense bien. L’Antarctique solo? Pfffff! Pourtant, quelqu’un bien de chez nous a réalisé cet exploit. Frédéric Dion a traversé l’Antarctique sur une distance de 4 383 kilomètres en 54 jours et 6 heures. Je ne sais pas pour vous, mais ces chiffres me donnent (littéralement!) froid dans le dos. Antarctique solo : cinquante quatre jours et des poussières de solitude (presque, parce qu’il aura quand même rencontré quelques personnes sur son passage), de neige et de sastrugi. Une aventure qui m’a donné des frissons dans le dos, de peur et, oui, d’un peu d’envie. L’Antarctique solo racontée par Bryan Perro Quand j’étais petite, Bryan Perro était mon auteur préféré. J’adorais ses histoires, mais j’adorais surtout sa façon de les raconter. Quand je suis allée au Salon Aventure et Plein air à Montréal et que j’ai vu …

L’inestimable valeur du temps

« Poulin a une écriture qui prend son temps. Phrase après phrase, ce qu’on lit derrière la narration du récit, c’est la valeur du temps et des petits détails qu’on omet de regarder, sentir, goûter. À travers le récit de ce que cet écrivain fragile entreprend et vit, sens et ressens, on se retrouve à sa place, au rythme des marées du fleuve, respirant cet air salin qui traverse toute l’œuvre. »

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Partir de rien ou être forcée à grandir

Partir de rien est un roman écrit par Maude Nepveu-Villeneuve, paru aux éditions de Ta Mère en 2011 et réédité en 2019 avec une nouvelle première de couverture. Comme tous les livres de cette maison d’édition, le graphisme est alléchant et invite juste à vouloir plonger dans l’œuvre littéraire. À la mer pour tout recommencer Partir de rien est l’histoire de Chloé et Almée, deux meilleures amies d’enfance qui, après une fugue de quelques jours dans les champs, reviennent dans leur petit village natal désert. Il n’y a plus personne dans les rues, les maisons sont inoccupées et leurs familles sont parties sans explications. Les deux filles en profitent pour commencer une nouvelle aventure qui les mènera plus loin qu’elles ne le pensent. Elles rassemblent tout ce qu’elles peuvent trouver, livres et restants de nourriture, et partent à l’aventure avec leur lièvre Oreste. Elles décident d’aller jusqu’à la mer à vélo pour débuter leur nouvelle vie. Arrivées à la ville portuaire sans nom, elles décident de jouer les touristes quelques jours afin de découvrir la …

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Je pars en Inde : voyage à travers le monde et soi-même!

Cet hiver aura été plutôt difficile pour la plupart des gens avec cette météo en montagnes russes et un printemps se laissant désirer. Avec un tel hiver morose, l’envie de voyager se sera fait sentir pour plus d’un. Toutefois, le voyage n’étant pas toujours accessible à tous, il restait les livres sur quoi se rabattre pour s’évader afin d’oublier un tant soit peu notre calvaire enneigé et froid. D’ailleurs, en janvier, le blogue nous avait offert de belles suggestions pour se réchauffer. J’ai décidé, dans un moment de déprime hivernale, de choisir un des titres de cette liste en guise d’automédication. Voici ce qui est ressorti de ma lecture de Je pars en Inde de Véronique Daudelin.

Et vous, avez-vous déjà lu un livre vous ayant permis à la fois de voyager et de réfléchir sur votre propre existence? 

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Splendeurs et mystères au nord du 52e parallèle

J’ai découvert Ariane Gélinas à tout hasard, en tombant sur son roman Transtaïga sur les tablettes d’une librairie. Je venais tout juste de terminer ce livre lorsque j’ai visité la Côte-Nord pour la première fois. Je me rappelle très bien avoir contemplé la route, les forêts et les tourbières avec un regard différent. Comme si les images du livre se superposaient à la réalité. Quelle sensation étrange et libératrice. Et maintenant que je lis Quelques battements d’ailes avant la nuit, je me remémore à quel point j’ai souhaité tout laisser derrière pour m’établir sur la Côte-Nord, à l’instar de Séverine, le personnage principal de l’histoire. On tombe rapidement en amour avec cette façon dont Ariane Gélinas nous fait découvrir l’arrière-pays québécois. Elle possède un don pour concevoir des ambiances à la fois fantastiques et inquiétantes. Elle dépeint la beauté d’un endroit tout en y insérant une touche obscure, créant parfois un certain malaise. Les lieux sont toujours des éléments importants dans ses histoires. Ils peuvent même prendre vie, être habités d’une volonté, comme c’était le cas dans son …

Un livre québécois par mois : Mai : Boréal

En mai, on lit un livre de la maison d’édition Boréal! Les Éditions du Boréal furent créées en 1963, à Trois-Rivières. L’entreprise a vu le jour grâce à Gilles Boulet, prêtre, Pierre Gravel, libraire, Jacques Lacoursière, professeur, Denis Vaugeois, historien, et Mgr Albert Tessier, cinéaste et historien. Elle a été au départ reconnue pour son journal d’histoire du Canada. Le premier livre publié abordera justement des sujets historiques. La maison d’édition prendra beaucoup d’importance dans le cœur des Québécois lors de la Révolution tranquille, pendant laquelle ils souhaitent sonder leur passé. Pourquoi avoir choisi les Éditions du Boréal? Je crois que cette maison d’édition accorde une grande valeur à l’histoire du Québec. Son catalogue offre également une grande variété d’auteurs et d’autrices, aux styles de plus en plus variés. Elle est en constante évolution. Voici quelques suggestions de lecture : Feu le Soleil de Suzanne Jacob Le visage originel de Guillaume Morissette Les marées de Brigitte Vaillancourt Le temps qui m’a manqué de Gabrielle Roy Grand fauchage intérieur de Stéphanie Fillion Et puis, quelle sera …

M’étendre sur l’asphalte

«J’ai la tête qui éclate J’voudrais seulement dormir M’étendre sur l’asphalte Et me laisser mourir» «Le monde est stone», Starmania J’étais déjà charmée par le titre du roman jeunesse de Julie Bosman, qui représente la chanson «Le monde est stone», l’une de mes chansons préférées de la comédie musicale Starmania. Je me suis alors demandé si j’allais me retrouver dans un monde digne de Starmania? Ou encore dans une histoire où on retrouve une comédie musicale, ou qui sonne comme une comédie? N’aimant pas lire la quatrième de couverture avant de commencer ma lecture, je me gardais la surprise. Et j’ai rapidement constaté que l’idée du titre vient de l’époque. Je me suis retrouvée dans le corps d’une jeune femme de 12 ans, et dans un univers où on retrouve une petite odeur de fixatif. M’étendre sur l’asphalte parle des douleurs qu’on vit lors de l’adolescence : des premiers amours, des premières passions, des premières frustrations face à nos parents qu’on voudrait tant changer, des amitiés qu’on crée et qu’on perd, des montagnes russes d’émotions… et dans ce cas-ci, …

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Des contes culottés pour vraiment en finir avec les princesses parfaites, par Marie Demers

Dans le cadre de ma maîtrise en littérature, j’ai lu des réécritures de contes à la pelle. Il y en avait de toutes sortes et vraiment pour tous les goûts. Plusieurs étaient humoristiques, certaines plus dramatiques, quelques-unes avaient un objectif féministe et certaines, pour adultes, étaient même très glauques. J’ai lu beaucoup de très bonnes versions, mais je dois avouer que jamais, jusqu’à maintenant, je n’ai trouvé de réécritures contemporaines de contes pour enfants aussi réussies que celles que vient de publier Marie Demers dans la collection des Contes culottés. Ces contes, tout le monde les connaît, bien sûr. Mais ne vous attendez pas à lire des versions pareilles à celles popularisées par Perrault, Grimm ou Disney. Dans Le Petit Capuchon bleu (et le loup qui voulait s’appeler Jennifer), aucun chaperon rouge ni aucune grand-mère n’est mangé, et aucun chasseur ne vient sauver personne. C’est plutôt l’histoire d’une grand-mère qui jouit de la liberté qu’elle a de vivre comme elle l’entend (et qui fait du motocross!), d’un loup qui a l’impression d’être né dans le …

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Roux clair naturel de Fanie Demeule : performer la rousseur envers et contre tous

Mentir. Raconter un évènement en occultant certains détails. Trafiquer le déroulement d’un souvenir. Qui ne l’a pas déjà fait? Je suis la première coupable. Que ce soit pour ne pas avoir à entrer dans des longues explications concernant des choses personnelles, pour faire plaisir, pour masquer l’inconfort, j’ai menti. Mais j’ai aussi menti pour être mieux vue, pour ne pas être jugée. Dire « oui », alors que non, je n’étais alors pas en couple. Ou répliquer « j’étais malade » à quelqu’un qui me reproche de ne pas être allée à une soirée où j’ai « choqué » à la dernière minute. Est-ce à dire qu’on finit par croire à nos mensonges, à ces petites menteries qui viennent camoufler la réalité, la rendre meilleure ou plus alléchante? Et si ces petits mensonges paraissent inoffensifs, que faire lorsqu’ils prennent des proportions considérables? J’avais hâte de lire le second roman de Fanie Demeule, qui est aussi une collègue et amie. Son livre Roux clair naturel, dont le thème principal est le mensonge, ne m’a pas déçue …