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Lire et acheter avec discernement

Il y a déjà un bon moment qu’une problématique bien précise déclenche en moi des questions morales auxquelles je tente de répondre de façon avisée. Or, malgré mes nombreuses discussions sur le sujet et les multiples divergences d’opinions sur celui-ci, je ne connais toujours pas mon propre point de vue sur la chose. Mon questionnement repose sur la distanciation entre l’auteur et son oeuvre. En d’autres termes, pouvons-nous détacher l’auteur ou l’artiste de sa création? Devons-nous continuer de consommer une oeuvre même si nous ne respectons pas l’artisan derrière le projet en raison de ses comportements ou de ses valeurs? En somme, devrions-nous continuer d’acheter le travail d’un créateur pour notre plaisir personnel en mettant de côté les débats éthiques ou faudrait-il plutôt cesser d’encourager l’oeuvre en la boycottant? Le mouvement #metoo, qui a d’abord vu le jour dans le monde cinématographique, aura grandement contribué à nourrir ma réflexion sur le propos. Cela dit, une situation spécifique au sein de l’univers littéraire est véritablement parvenue à ébranler mes convictions sur le sujet. Voici la courte …

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Habiter la nuit

Jusqu’à 24h/24 La nuit se lève, je n’avais jamais lu de documentaire de ma vie. Cependant, j’affectionne la photo surtout lorsqu’on la retrouve contextualisée dans les pages d’un livre, et la thématique de la nuit m’a charmée avant même d’ouvrir l’ouvrage. Aussi, depuis ma lecture du roman de Martine Delvaux sur l’œuvre de Nan Golding la photographe, j’ai développé un intérêt pour les mélanges photos-textes et surtout pour les idées inédites qui en ressortent. Dénicher 24h/24 La nuit se lève, et en être ravie Donc, c’est en fouillant sur le site web d’Héliotrope, la maison d’édition, que je suis tombée sur cette pièce extraordinaire – dans le sens littéral du terme qui sort de l’ordinaire -, dans la section Beaux livres. Et en effet, lorsque je l’ai sorti de son rayon à la bibliothèque, le livre m’a rappelé qu’il n’est pas comme les autres : il est énorme… et c’est bien ainsi. Cela rend hommage au travail photographique de Marie-Reine Mattera et d’Emmanuel Joly. Ces deux photographes qui ont appris en France, mais qui sont bien connus …

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Entre fleuve, oisiveté et mots

Gabrielle Roy est l’une de mes autrices phares, une source à laquelle je m’abreuve et je reviens souvent. J’en ai parlé quelques fois déjà sur le blogue. Découvrant que le tout dernier roman d’Yvon Rivard traitait en partie de cette grande écrivaine, je me suis laissée vaguer vers cette oeuvre que, je l’avoue d’emblée, m’a émue aux larmes et m’a véritablement traversée. Le dernier chalet, publié aux Éditions Lémeac, c’est l’histoire d’Alexandre, l’alter ego de l’auteur qui, accompagné de Marguerite, son amoureuse, nous raconte une saison dans son chalet, lieu de repos, d’écriture et de contemplation, où ils décident ensemble de se réfugier pour écrire. Dans la soixantaine, le narrateur se questionne sur l’essence d’une vie réussie, sur ses amours, sur le passage du temps, sur l’importance d’aimer, sur la puissance des mots, et ce, en rêvassant devant le fleuve comme l’a fait avant lui Gabrielle Roy. Cet été qui chantait C’est en apprivoisant la mort, le commencement de l’après, qu’il arrive à réfléchir sur son passé ainsi que le futur. Il revient sur ses …

Envie d’un livre qui vous donnera faim ?

Étonnamment, cet article ne sera pas sur un livre de cuisine. Je sais bien qu’avec ce titre c’est ce que vous aviez pensé, mais cette critique et ce livre vous donneront l’eau à la bouche, c’est promis ! Célébrer le plaisir des sens Treize à table est un collectif de nouvelles inspiré et dirigé par Chrystine Brouillet et Geneviève Lefebvre. Elles ont choisi d’attabler 11 de leurs collègues écrivain(es) pour nous partager leurs souvenirs entourant les plaisirs de la table. On nous parlera d’odeurs, de voyages, de descriptions ultra détaillées de recettes qui font rêver, de souvenirs intimes, d’histoires émouvantes ou inventées, et souvent, et surtout, on nous parlera de nourriture, bien évidemment. C’est à Michel Marc Bouchard, Rafaële Germain, Patrice Godin, Michel Jean, Samuel Larochelle, Geneviève Brouillette, François Lévesque, Annie L’Italien, Ian Manook, Michèle Plomer et finalement Erika Soucy qu’on a demandé de nous raconter ce que la table leur inspirait et croyez-moi, vous ne serez pas déçus. Dans ce livre, on fait référence aux bonnes tables (ce resto qu’on se paye une fois dans sa vie), aux voyages qui …

Moi aussi, immigrante, j’avais trouvé des semblables : Les platanes d’Istanbul

Des aquarelles floues et un titre qui mentionne Istanbul, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir Les platanes d’Istanbul, écrit par Tassia Trifiatis-Tezgel et illustré par Caroline Laverge, paru aux Éditions du passage. Le quatrième de couverture se lit ainsi: Un jour de 2011, mon mari H. et moi avons tout quitté pour déménager à Istanbul. Lui y retournait après 10 ans; moi, j’y allais pour la première fois, sans savoir si je reviendrais. Les yeux grands ouverts, j’ai fait mes papiers comme si j’allais rester. La prémisse est plutôt claire, c’est le récit d’une expatriée à Istanbul. Alors que ce type d’histoire peut prendre plusieurs formes, on se retrouve ici face à un objet bien unique, un livre-oeuvre d’art qui porte aux réflexions sur la vie, la mort, l’amitié, et qui, à travers un collage de moments et d’instants, retrace le parcours de cette femme – l’autrice – durant ses trois années de vie à Istanbul, en Turquie. Ralentir la cadence  Ce récit mérite d’être lu et relu lentement, de …

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Filles missiles; plonger dans ce vide qui n’est pas le mien

D’un point de vue «lecture», mon été a passé comme un véritable coup de vent et j’avais envie, avant la rentrée littéraire et la découverte d’une foule de nouveaux titres, de m’arrêter sur le numéro estival du zine Filles missiles ayant pour thème Gérer le vide. Un thème vaste qui m’a finalement proposé une plongée dans le vide comme un sentiment nourri par le manque, le mal-être, la perte de sens, la dépression et l’anxiété. Une perspective qui s’annonçait pesante et étouffante comme la canicule qui a accompagné ma lecture. Filles missiles, le blogue, le zine et l’univers Créé en 2015 par Marie Darsigny, Sara Hébert et Daphné B., Filles missiles est une plateforme web et papier de diffusion et de promotion d’artistes féminines québécoises en littérature et en arts visuels. Le contenu est féministe, fort, engagé et très contemporain.  Je dois avouer que je connais Filles Missiles depuis peu, mais que je ne suis pas la première collaboratrice a m’y être intéressée; le second magazine papier des Filles Missiles : #pouvoir magique résume bien sa ligne …

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Omar mon voisin

Quel plaisir de découvrir une nouvelle histoire d’Abla Farhoud! Je suis tombée en amour avec sa plume à la suite de la lecture de son autofiction Toutes celles que j’étais. En fait, c’est la maison d’édition TYPO qui a réédité ce petit bijou qu’est Le fou d’Omar et j’étais bien heureuse de découvrir cette oeuvre. Cette fois, Abla Farhoud nous emmène dans une histoire de secret de famille d’immigrants. Lorsque je commençais un nouveau chapitre, je découvrais un nouveau personnage qui me permettait de découvrir le secret qui entoure cette famille. J’avais ainsi une perception différente du «problème» qui règne au sein de ce clan. Il y a tout d’abord le petit deuxième de la famille, Rawi, qui a littéralement tout fait pour mettre ce secret derrière lui. Il se fait passer pour un Français au teint olive en changeant de nom, et ce, même s’il est un immigrant libanais. Il est également un célèbre écrivain. Alors que par sa nouvelle identité inventée, il s’était fait orphelin pour que personne ne pose de questions sur …

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La douceur et la précarité de l’amour

On dit que l’été est la saison des amours. Peut-être pour ses longues nuits qui ne se terminent jamais ou pour ce laisser-aller collectif. On en oublie même le temps. Les jours deviennent des secondes et nos yeux restent toujours ouverts devant le bonheur de chaque personne qui croise notre chemin. On s’éternise au parc, on renoue avec un vieil ami ou bien on accepte de prendre un verre ou deux avec un inconnu. Tout est léger, frivole et frais. On s’émerveille et on se laisse aller au gré de cette saison volatile jusqu’au moment où la réalité reprendra son cours de route. Ou pas. Bien qu’il y ait le coup de foudre, il y a aussi ce type d’amour qui exige de nous une désinvolture totale. Car rien n’est plus dur que de s’affirmer, de se laisser aller et de décider de prendre le risque de voir son coeur se briser ou celui d’une personne qu’on aime déjà plus qu’elle ne le croit. Mea culpa ; j’ai un petit faible pour l’été et les …

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Alice marche sur Fabrice: une résilience de fer

J’ai reçu Alice marche sur Fabrice pour mon anniversaire. Je me suis dit que pour mes 23 ans, il n’y a rien comme un livre de chez Les éditions de ta mère pour plaire. Ce qui m’attirait de l’histoire, c’était la sensation de vivre quelque chose de nouveau à travers un personnage qui pourrait me ressembler. Si le personnage d’Alice était réel, on serait probablement des amies. Alice marche sur Fabrice raconte l’histoire d’Alice qui décider de marcher Compostelle en laissant derrière elle toute sa vie. Son but, il est simple: oublier Fabrice et étaler ce qui reste de lui sur des kilomètres de route en Europe. Il n’y a rien comme une peine d’amour pour nous ramener dans le présent et oublier le futur. Ce qu’Alice tente de faire dans ce roman savamment écrit par Rosalie Roy-Boucher, c’est d’oublier le passé. Pas une réinvention de soi « Alice marche sur le chemin de Compostelle pour oublier Fabrice, et elle se sacre du reste. La beauté des champs de tournesols, les villages abandonnés, les retraités …

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Une autrice et son oeuvre : Vickie Gendreau

Vickie Gendreau est une romancière québécoise née en 1989, et décédée à 24 ans d’une tumeur au cerveau. Connue dans le milieu de la poésie au Québec, elle a publié deux romans à saveur autofictionnelle : le premier est paru juste avant son décès, et le deuxième de manière posthume. C’est que la maladie a frappé rapidement, et à l’improviste : Vickie Gendreau, 23 ans, débordante d’énergie, vivait sans retenue quand le diagnostic est tombé. C’est alors que l’urgence d’écrire s’est imposée, car elle considérait que c’était la seule manière de rassembler les méandres de sa vie pour leur donner un sens. Onze mois plus tard, elle s’éteignait. L’écriture aura été pour elle une bouée qui lui permettait de s’accrocher, de respirer. Et surtout, elle était pour elle la seule trace de son passage sur terre. Testament (2013) Testament, sa première publication, s’impose donc comme un legs. L’écriture, inspirée notamment de celle de Virginia Woolf, se fragmente entre la voix moqueuse de l’autrice et celles de ses amis qui réagissent à sa mort. Vickie Gendreau a voulu …