All posts filed under: Littérature québécoise

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La séparation des corps : ruptures, incendies et renouveau

La séparation des corps raconte l’histoire d’amour entre Christina et Marie-Ange. Ces deux femmes vivent une passion dévorante et habitée d’un désir inépuisable d’amour, de tendresse, de durabilité, et ce, malgré tout ce qui les sépare.  Marie-Ange, qui a 42 ans, l’âge exact où sa mère est décédée, est la cuisinière de Marina, la mère de Christina, qui a tout nouvellement 20 ans. Ces années qui les séparent, ces passés qui les rattraperont viendront miner cette passion qui ne pouvait pas éternellement durer. 20 ans les séparent, mais c’est leurs milieux qui les différencient le plus. Fascinée par le feu, par les braises que font les fins de relation, Marie-Ange est un personnage complexe que je n’ai pas réussi à tout à fait cerner. Elle est la mère d’un garçon de 20 ans qui a des besoins spécialisés et qui, selon ses dires, restera toujours un enfant à ses yeux. Son fils âgé du même âge que Christina tombera sous le charme de cette dernière… ce qui viendra causer les premiers déchirements de cette relation …

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À combustion lente : Les corps extraterrestres

Quand Stella est arrivée avec ses bordées de neige invraisemblables, à la mi-mars, j’ai repensé au deuxième roman de Pierre-Luc Landry. Dans Les corps extraterrestres, le récit alterne entre les mondes de deux personnages, Hollywood et Xavier, qui ne communiquent qu’en rêve. Pour l’un d’entre eux, la planète suffoque de chaleur; pour l’autre, la neige n’arrête jamais de tomber. Je lisais les comptes rendus catastrophistes des médias, au lendemain de la tempête du 14 mars, et tout d’un coup j’ai pensé à Xavier, dont tous les déplacements sont ralentis par un hiver ininterrompu et lourd de précipitations. Je me suis souvenue de la ouate qui l’enveloppe et qui, un peu comme la neige quand elle tombe, assourdit pour Xavier les bruits du monde. Je me suis sentie replonger dans la nébuleuse de cette histoire, faite de rencontres impossibles et de grandes fatigues. Les corps extraterrestres est paru en 2015; je l’ai lu au tout début 2017. La vie publique des livres, celle des critiques et des chroniques, des listes de fin de saison et des …

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Ton histoire est aussi la mienne – Le Mur mitoyen de Catherine Leroux –

J’avais besoin de lire quelque chose qui me plairait sans détour et qui me rassurerait; un livre qui me prendrait longuement dans ses bras. La dernière fois que j’avais vécu cela, c’était avec le premier ouvrage de Catherine Leroux, La marche en forêt. J’ai donc amorcé avec beaucoup d’espoir la lecture de son deuxième roman, Le mur mitoyen.

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La nouvelle selon Charles Bolduc

En 2006, Charles Bolduc publiait son tout premier recueil de nouvelles Les perruches sont cuites, ouvrage qui a pris quelques années avant de se retrouver dans mes mains. Une toute petite brique d’à peine une centaine de pages, mais qui renferme de petits bijoux de la littérature québécoise contemporaine. Un genre mal aimé  On sous-estime souvent les auteurs de nouvelles. On a tendance à les distancier des auteurs de romans.  Oui, un roman est engageant et l’écrivain prend souvent plus de temps pour développer ses personnages, mais être capable de faire preuve de brièveté est un défi de maître. Pour que l’on se souvienne de son court texte, que l’on soit marqué par celui-ci, le nouvelliste a énormément de travail à faire. Beaucoup plus que l’on ne le croit. En peu de temps, il se doit de construire une histoire qui se tient, et dont les personnages sont assez développés pour être attachants. C’est avec brio que Charles Bolduc a su relever ce défi dans son recueil de nouvelles Les perruches sont cuites, mélangeant amour, sexe …

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Un long soir; microrécits à saveur d’exil

Un long soir, de Paul Kawczak, est une petite tablette qui se lit, du début à la fin, en l’espace d’une heure, peut-être deux. C’est la forme de ce livre qui m’a d’abord attirée, outre la couverture assez tape à l’oeil. J’ai eu envie de sortir de ma zone de confort de lectrice, sans pour autant m’engager longuement dans une nouvelle lecture. Une série de courts récits me semblait donc la réponse à mon envie d’aventure littéraire. Je n’aurais pu mieux tomber en termes d’aventure et de dépaysement. Non seulement la structure de type microrécits, mélangée à une écriture poétique et imagée, est venue me rejoindre, mais les thématiques, celles de l’exil, de la quête, du voyage, du passé et du désir sont aussi parfaitement mis en scène et adaptés à la forme. Dans un premier temps, il faut dire que j’ai été impressionnée par toute la force et l’émotion qui se dégagent de chacun des récits. Séparés par chapitres, les lieux, autant les maisons que les pays, sont au cœur de presque tout les récits, d’une …

La mort d’une princesse, ce n’est pas de la chick-lit et on aime ça !

Je le dit d’emblée, car j’avoue qu’avec India Desjardins (que j’aime de tout mon coeur,) je m’attendais avec son dernier roman à tomber dans de la fameuse chick-lit/littérature de poulettes et ce n’est pas du tout ce qui s’est produit. La mort d’une princesse est de loin le livre le plus mature d’India à mon avis, et je le décrirais plutôt comme un roman d’amour ultra moderne. Franchement, si vous n’avez jamais lu du India Desjardins, c’est vraiment le bon moment de commencer. Rapidement, voici l’histoire du roman. Sarah, trentenaire, femme d’affaires accomplie, vient de se faire larguer par l’homme de sa vie qui lui a été infidèle. Elle décide donc de tuer sa princesse intérieure qui rêve de prince charmant et d’amour qui durera toujours et choisit de prendre sa vie en main. L’amour, elle n’a pas besoin de ça, elle est une femme d’affaires qui a du succès et à qui tout réussit, a-t-elle vraiment besoin d’un homme à ses côtés ? Cette situation durera 7 ans. On pourrait croire que notre Sarah est désillusionnée, mais c’est, …

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Les filles sont-elles folles?

Quand j’avais douze ans, j’ai arrêté de manger. Au secondaire, Léa prenait des antidépresseurs. Avant ça, mon amie Jessica voulait mourir. Quand les gens dans notre entourage n’allaient pas bien, on ne disait rien. On savait, mais on ne disait rien. On n’en parlait pas parce que c’était comme ça. Pas de mots, pas de maux, nous disions-nous, peut-être? Ou l’on se contentait de pointer du doigt, en murmurant en silence, pour éviter d’avoir à comprendre. J’ai longtemps pensé que parler feelings était un signe de faiblesse, le propre des personnes pas solides, pas endurcies. À force de côtoyer les gens, et la vie, je me suis rendue compte que c’est moi qui m’empêchais de régler des choses en refusant d’en parler. Qu’au fond, je faisais partie du problème si je préférais me complaire dans le jugement plutôt que d’essayer de comprendre. Me comprendre, moi, ou comprendre les autres. Les filles sont-elles folles? On connait bien Carolane et Josiane Stratis pour leur blogue Ton petit look. Après avoir écrit un premier livre avec leurs collaboratrices, elles ont …

Le pouvoir de l’imaginaire

Je ne suis pas de ceux qui ont un grand génie de Sévryna Lupien est le dernier roman à paraître chez Stanké et le premier de l’auteure. Cette jeune libraire, également artiste multidisciplinaire, signe un roman drôle et touchant. Auguste est le personnage principal et le narrateur du récit. Dans la lignée des voix narratives de Room, C’est pas moi je le jure, To Kill a Mockingbird ou encore le magnifique La vie devant soi du côté des grands classiques, on a affaire à un narrateur à la voix candide de l’enfance. Cette candeur lui donne aussi une énorme franchise qui lui permet de poser un regard très juste sur le monde, malgré (ou grâce à?) sa grande naïveté : « Je ne suis peut-être pas de ceux qui ont un grand génie, mais je sais que les gens bien, c’est important pour notre existence. » (p. 138) Et les gens bien, Auguste aura la chance d’en rencontrer! Orphelin, Auguste vit au centre Saint-Marie-des-Cieux où des religieuses s’occupent de lui. Il en a marre d’être dans cet endroit sans …

Ne faire qu’un, envers et contre tous

Dans ce premier roman de Marie-Hélène Larochelle, Danill et Vanya, j’ai été surprise de la façon dont je me suis vue devenir complètement fascinée par cette histoire qui semblait toute simple au départ. Sans toutefois être un thriller psychologique, ce roman nous entraîne tout de même dans une quête qui côtoie meurtre, mensonge, agression sexuelle et identité. La prémisse semble fort simple : un couple très amoureux, Emma et Gregory, perdent leur enfant et décident de se tourner vers l’adoption internationale, c’est ainsi qu’ils deviennent les parents adoptifs de deux jumeaux, Danill et Vanya. Les premiers temps avec les bébés sont difficiles, ils semblent vivre avec des problèmes liés à une dépendance à l’alcool, alors d’emblée on ne trouve rien de douteux ou de louche avec les bébés qui sont distants, froids et incroyablement près l’un de l’autre. C’est au fil des pages qu’on y découvre une famille, qui semble parfaite de l’extérieur, mais qui est pourtant plongée dans des rapports froids et dépourvus de chaleur. Les jumeaux, cette entité, ne semble pas s’attacher à leurs …

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Le coup de poing et la performance de soi

Quelque chose en moi choisit le coup de poing est un oeuvre hybride entre essai et théâtre, écrite par Mathieu Leroux et publié chez La Mèche. C’est à la fois un rassemblement de courtes et moins courtes pièces écrites et mises en scènes par Leroux, précédé d’un essai sur la performance de soi dans l’art, plus particulièrement dans l’écriture. Le coup de poing, c’est la démarche autobiographique, c’est le Je dans l’écriture, le Je dans l’art, c’est l’acte de se mettre en scène, de se performer. Bien qu’il compare la réalité et la fiction à un coup de poing et une caresse, respectivement, il n’y a  pas pour autant de hiérarchie établie entre les deux. C’est seulement que, pour Leroux, quelque chose en lui choisit le coup de poing. N’ayant pas d’énormes connaissances en théâtre, j’ai trouvé intéressant d’être immergée dans une forme peut-être un peu moins classique, sans pour autant y être plongée sans notions quelconques. Que ce soit l’essai du début, auquel je reviendrai, ou bien l’entièreté des pièces dans lesquelles sont aussi …