All posts filed under: Littérature québécoise

Le fil rouge, Le fil rouge lit, #Lefilrouge, #Lefilrougelit, Littérature, Lecture, Bande-dessinée, Paul, Michel Rabagliati, Paul à la maison, Deuil, Solitude, La Pastèque, Littérature québécoise, Nostalgie, Montréal

Dans la solitude de Paul

J’attends la sortie des nouveaux tomes de la bande dessinée Paul comme j’attendais jadis celle des livres de Harry Potter, c’est-à-dire en usant d’énormément de patience et avec beaucoup, beaucoup d’enthousiasme! Au fil des années, Michel Rabagliati, l’auteur de la série, est devenu une des figures de proue de la bande dessinée québécoise et, de fait, un de mes auteurs préférés. Quatre ans après Paul dans le Nord, dans lequel son personnage était un jeune adulte, il nous offre enfin Paul à la maison. Dans ce nouvel opus, notre personnage préféré a 51 ans et il a un peu changé. Il est barbu, a pris du ventre et a l’air fatigué; bref, on sent qu’il n’est pas au meilleur de sa forme. Il faut dire qu’il vit seul depuis qu’il s’est séparé, que sa fille unique lui annonce qu’elle part vivre en Angleterre et que sa mère vieillit drôlement vite. Sa maison dans Ahuntsic est vide et il a du mal à s’y faire. D’autant plus que la vieillesse se fait tranquillement sentir : des …

Le fil rouge, Le fil rouge lit, #Lefilrouge, #Lefilrougelit, Littérature, Bibliothérapie, Lecture, La vie n'est pas une course, Léa Stréliski, Québec Amérique, Société, critique, vitesse, Essai, humour

L’essai de Léa Stréliski sur notre vie effrénée

Y a-t-il un sujet plus actuel que celui de la vitesse? De la performance et de notre travail toujours plus acharné? Dans le livre La vie n’est pas une course, Léa Stréliski, humoriste et mère de famille, souhaite remettre en question les valeurs d’ultraperformance et de vitesse de la société. Comme elle le dit mot à mot, elle « aimerait savoir pourquoi tout le monde court ». C’est décidément un sujet qui m’intéresse, et c’est la raison pour laquelle je souhaitais lire ce livre à tout prix. Je suis une fille qui court (au propre comme au figuré, je dois le préciser). Je m’améliore, mais je cours quand même pas mal, dans ma vie. Malheureusement, je n’ai pas du tout été satisfaite de ma lecture. En fait, je vais vous le dire, j’ai été vraiment déçue. Car, si Léa Stréliski aborde certains enjeux cruciaux de notre société d’aujourd’hui, elle tombe malheureusement dans les idées reçues et les discours figés, en plus de ne pas vraiment offrir d’idées nouvelles sur la question – ce qui est …

Les résolutions littéraires des fileuses en 2020

Voici les résolutions littéraires des membres de notre équipe pour 2020. N’hésitez pas à nous partager les vôtres dans les commentaires! Roxanne Pichette Je n’ai pas encore de résolutions littéraires en tant que telles. Je veux juste que cette année littéraire 2020 soit une belle année de découvertes, d’aventures et de réflexions pour moi et les lecteurs/lectrices du Fil rouge. Virginie Paquet Comme chaque année, mon objectif Goodreads est de lire 52 livres par année (environ un par semaine). Je veux aussi continuer la lecture du cycle Soifs et des Rougon-Macquart. Je dois dire qu’avec ces deux grands projets en cours, j’essaie de ne plus en commencer d’autres…! Je souhaite aussi lire autre chose que des romans, une fois de temps à autre, même si j’aime habituellement vraiment moins ça. Marion Gingras-Gagné Ma principale résolution littéraire de 2020 est de… lire. De lire pour le plaisir, le soir, avant de me coucher, plutôt que de succomber à la facilité des plateformes numériques et des réseaux sociaux qui ne me donnent qu’un contentement éphémère. Comme tous …

Les coups de cœur littéraires des fileuses en 2019

Les choix de Camille Morin 1- Le livre d’un été, de Tove Jansson Mon coup de cœur de l’année! C’est le premier ouvrage de cette autrice que j’ai lu et je suis désormais fascinée par le personnage. Le livre d’un été parle d’enfance et de liberté, mais aussi de deuil et de sagesse. En 2020, je veux lire davantage de littérature scandinave. Ça fait partie de mes résolutions littéraires. 2- Chauffer le dehors, de Marie-Andrée Gill J’ai tellement pleuré en lisant sa poésie. Pleuré de joie, de nostalgie, d’admiration devant la beauté. Tout ce qu’elle écrit me va droit au cœur. 3- Les merveilleux nuages, de Françoise Sagan Une amie m’a fait découvrir cette autrice et nous avons lu ce livre en même temps, pour ensuite en discuter autour d’une bière… Ça parle d’une relation de couple toxique et de la difficulté de s’en sortir. Un sujet lourd, mais fascinant en raison de tous les mécanismes de défense présents chez l’un et chez l’autre. 4- Kuessipan, de Naomi Fontaine Je vais la citer : « …

Partir sans destination

Partir sans destination, ou voyager dans le confort de son salon

Il y a parfois de ces livres qu’on a l’impression de ne pas choisir, un peu comme si c’était eux qui nous choisissaient. J’accompagnais une amie dans une librairie, quand le livre de Guillaume Duranceau-Thibert m’a comme… interpellée! Partir sans destination. Depuis que je suis toute petite et que j’ai vu le film Yes Man, et par la suite, depuis que j’ai commencé à voyager seule ou avec des amis, j’ai le rêve un peu fou de faire mes valises à l’improviste, de débarquer à l’aéroport et de prendre le billet d’avion le moins cher, comme ça, sans destination précise. J’ai donc acheté le livre sans me poser plus de question, sans savoir de quoi il s’agissait. Juste parce qu’il y avait comme une force divine qui m’encourageait à le faire. Voyager dans le confort de son salon Le livre de Guillaume est composé de courtes tranches de voyage, récoltées au fil de ses périples et entrecoupées de petits moments plus philosophiques sur la vie, le voyage en tant que tel et… les toilettes (je …

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Le Crépuscule des arcanes, Sébastien Chartrand, L’Ensorceleuse de Pointe-Levy, La Voyante des Trois-Rivières, Le Sorcier de l’île d’Orléans, Éditions Alire, Fantasy, Contes et légendes, folklore québécois, histoire québécoise, littérature québécoise

Le crépuscule des arcanes : la vraie histoire magique derrière les légendes québécoises

Si j’aime bien ouvrir mes horizons et lire un peu de tout, mon cœur a toujours une grande préférence pour la fantasy. Mais depuis quelques années, je développe également un intérêt marqué pour les romans du terroir québécois. Fille du Bas-du-Fleuve, j’aime parcourir le Québec et ses lieux enchanteurs grâce aux livres. C’est pourquoi j’ai été conquise par la trilogie Le Crépuscule des arcanes, de Sébastien Chartrand. J’ai commencé la lecture du premier tome, L’Ensorceleuse de Pointe-Lévy, sans trop savoir à quoi m’attendre. D’ailleurs, ma collègue Raphaëlle nous en parlait il y a quelques années dans cet article. Ce livre m’intriguait, car il redonnait vie au mythe de la Corriveau, et j’étais curieuse de voir comment ce personnage historique était intégré dans un roman de fantasy. J’ai été captivée dès les premières pages. Au début, les références à nos contes et légendes me faisaient sourire. Mais j’étais encore loin de me douter de l’envergure que pouvait prendre cet univers folklorique. De la fantasy canadienne L’histoire se déroule au Bas-Canada, vers la fin des années 1840. …

Le fil rouge, Le fil rouge lit, #Lefilrouge, #Lefilrougelit, Bibliothérapie, Lecture, Littérature, Roman, Les Limbes, Jean-Simon Desrochers, Les herbes rouges, Red Light, Montréal, Ti-Best, Ville

Grandeur et misère d’un enfant du Red Light

La première fois que j’ai lu un livre de Jean-Simon Desrochers, j’étais au cégep et je participais au Prix littéraire des collégiens. L’un de ses romans était en lice : Le sablier des solitudes, une œuvre trash à treize personnages dont les destins entrent en collision lors d’un carambolage. Je ne connaissais absolument pas l’auteur au moment de commencer ma lecture, mais une fois le livre refermé, j’avais un nouvel auteur préféré. Depuis, je lis presque tout ce qu’il publie, bien qu’à travers son œuvre extrêmement variée – il écrit aussi de la poésie et des essais – c’est surtout ses romans qui m’intéressent. Son dernier, Les limbes, est une brique massive, mais délicieuse qui, sur plus de trois cent pages, relate l’élévation puis l’effondrement d’un personnage singulier, sur fond discordant de tumulte montréalais. Je vous livre ici mes impressions. Une étonnante fresque sociale La première partie du roman se passe pendant l’âge d’or du Red Light, à Montréal. Michel Best, surnommé Ti-Best, naît dans les toilettes d’un bordel, d’une mère prostituée qui meurt en …

le fil rouge, le fil rouge lit, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, abitibi, territoire des possibles, à bâbord!, revue québécoise, littérature québécoise, revue sociale et politique, revue engagée et militante

À bâbord! Revue des possibles

J’adore éplucher les articles de revues indépendantes qui abordent de front des enjeux sociaux d’actualité et qui osent l’éditorial. Cela permet sans aucun doute de se faire une tête politisée et aide à prendre position sur des sujets parfois lourds. Avec hâte et ravissement, j’ai donc lu la revue sociale et politique À bâbord! dont le plus récent numéro porte le thème « Abitibi : territoire des possibles ». Revue des possibles À bâbord! est une revue indépendante sans but lucratif qui vise entre autres à informer, à développer la pensée critique et à valoriser les rebelles et les rébellions partout au Québec et à travers le monde, sur des enjeux qui concernent l’organisation de la société. Les valeurs défendues par le collectif d’écrivains et écrivaines sont l’égalité, la liberté, le respect de l’environnement et la justice. Cela donne un bref portrait, et si dans le langage maritime, « à bâbord » signifie « à gauche » lorsqu’on regarde vers l’avant du bateau, ce n’est sûrement pas un hasard. Abitibi, tu donnes le goût Le thème …

Le fil rouge, Le fil rouge lit, #Lefilrouge, #Lefilrougelit, Littérature, bibliothérapie, Lecture, #Bibliothérapie, Littérature québécoise, Nouvelles, Recueil, Stalkeuses, Québec Amérique, Voyeurisme, Regard, Obsession, Indiscrétion, Fanie Demeule, Catherine Côté, Maude Veilleux, Ariane Gélinas, Vanessa Courville, Virginie Blanchette-Doucet, Joyce Baker, Catherine Lavarenne, Marie-Claude Lapalme, Ariane Lessard, Krystel Bertrand, Gabrielle Lessard, Loic Bourdeau, Christina Brassard, Sarah Desrosiers, Marie-Hélène Larochelle,

Stalkeuses : Ode au voyeurisme et à l’indiscrétion

Guerrière emblématique de l’ère de l’Internet, la « stalkeuse » est cette créature qui traque, espionne et fouine de manière obsessionnelle. Sa forme la plus connue est sans aucun doute la stalkeuse des réseaux sociaux, celle qui passe à la loupe ton compte Facebook avant une date, qui part à la chasse de tes anciennes conquêtes parmi tes vieilles photos ou qui surveille un peu trop en direct ce que font tes amis et ta famille. Mais la stalkeuse est loin d’être une invention de la modernité numérique, ni d’être uniquement féminine : n’avons-nous pas toutes et tous déjà eu un père fouineur, une patronne indiscrète, un professeur envahissant, une voisine voyeuse, un chien curieux? Que ce soit par le trou d’une serrure, à travers la fenêtre de la cuisine ou avec une caméra de surveillance, la stalkeuse s’accapare le champ du regard et fait régner l’indiscrétion – amenant parfois à la révélation de quelque obsession originale. Fanie Demeule et Joyce Baker, directrices du recueil de nouvelles Stalkeuses, publié chez Québec Amérique, ont invité quatorze …

Le fil rouge, Le fil rouge lit, #Lefilrouge, #Lefilrougelit, Bibliothérapie, Livres, Littérature, Voyage, Roadtrip, Van, Vie de Van, Julien Roussin Côté, Nomade, Parfum d'encre, Québec, Récits et itinéraires,

Le livre qui va te donner envie de partir en van dès demain

Cet été, moi qui n’ai jamais vraiment aimé conduire, je suis partie en road trip jusqu’en Gaspésie pendant une dizaine de jours avec mon chum et j’ai ADORÉ ça! Mais plus que la route 132, les magnifiques bords de mer, les haltes municipales et les petits villages, c’est la liberté offerte par la voiture que j’ai le plus appréciée. Normalement, je voyage toujours en bus, en train ou en covoiturage – ou bien à pied! –, notamment lorsque je vais en Europe. Mais j’ai découvert que la voiture, parce qu’elle offre beaucoup de liberté, m’ouvre un éventail de possibilités. Quand je suis revenue à Montréal, je me suis empressée de me plonger dans le magnifique livre Vie de van, de Julien Roussin Côté, que j’avais reçu plusieurs mois plus tôt. Et soudainement, je me suis mise à rêver. J’envisageais de peut-être partir en van, un jour, bientôt, pourquoi pas? La van, c’est la liberté offerte par la voiture, mais en mieux. Et la vie de van telle qu’elle est décrite par Julien dans son livre …