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Matricide de Katherine Raymond : la relation mère-fille au-delà du deuil

Les relations mère-fille représentent un sujet foisonnant dans la littérature, qu’on pense à Borderline de Marie-Sissi Labrèche, à Une femme d’Annie Ernaux, ou à des pièces de théâtre comme Tout comme elle de Louise Dupré.  Avec Matricide, Katherine Raymond s’inscrit dans la lignée de ces autrices qui ont abordé ce sujet avec brio.

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Ici, ailleurs : Fuir pour oublier

J’ai découvert Matthieu Simard un peu par hasard, sur les tablettes de ma librairie de quartier de l’époque. J’ai commencé avec La tendresse attendra et je n’ai pu m’empêcher de lire sans attendre tous les autres livres de sa bibliographie, les uns après les autres, en un court laps de temps, dans mon petit appartement de Verdun. J’attendais Ici, ailleurs comme j’ai pu attendre mes Moon Shoes, bien entourés au stylo dans le catalogue Sears, en ’94. Résumé Marie et Simon ont fui la ville en espérant renaître à la campagne. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont destinés à une fin tragique; ils seront le couple du « meurtre suivi d’un suicide ». Fisher dira qu’il ne l’avait pas vu venir, les Lavoie diront que nous étions pourtant « du ben bon monde », Alice ne dira rien et nos sangs se mélangeront dans les craques du plancher de la maison centenaire que nous venons d’acheter. Nous sommes invités à les suivre dans leur quête d’oublier le drame qui les a poussés …

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Pétillante en toutes circonstances : Albertine ou la férocité des orchidées

Le fuchsia saisissant de l’endos du livre, les lèvres roses qui titillent les fraises de la couverture : qu’Albertine ou la férocité des orchidées soit un roman d’une exubérance toute féminine, aussi malcommode qu’impudique, ne surprend pas. C’est plutôt le caractère explicite du livre qui étonne, explosant sur la page avant même qu’on ait le temps de comprendre dans quoi on s’est embarquée. Une fois remise de l’émoi causé par les premiers passages croustillants, on se rend vite compte qu’Albertine revisite habilement les codes de la chicklit, arrivant tout autant à en rire qu’à leur rendre hommage. Au début du livre, notre héroïne titulaire est une trentenaire à la carrière incertaine, écrivaine mais aussi assistante d’une polémiste réputée ; elle habite Hochelaga-Maisonneuve avec ses trois chats et ses bibliothèques pleines de livres. Un peu misanthrope, elle n’est pas moins curieuse de tout : de la littérature, de la culture populaire, des personnes qu’elle fréquente et de celles qu’elle reluque. Délurée et libertine, Albertine veut tout vivre et tout toucher ; sa sexualité, et le plaisir …

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Écrire parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre : Les désordres amoureux de Marie Demers

Les désordres amoureux, c’est le roman des échecs amoureux à répétition, des patterns qui reviennent, des désirs illusoires, de l’éternelle insatisfaction, bref, du côté « laid » des relations amoureuses. L’histoire, une autofiction assumée, se concentre autour des amours de Marianne, jeune femme dans la vingtaine qui fait son chemin dans la vie, entre le dépôt de son mémoire de maîtrise, ses jobs dans la restauration, son désir d’écrire, ses escapades en voyage et surtout, les hommes qui viennent et qui repartent. L’amour, le désordre et Marianne Marianne – prénom qui résonne avec celui de l’auteure – est quelqu’un d’intense, d’impulsif et d’un-peu-trop-toute. Elle a un caractère fort, elle sait ce qu’elle veut et elle l’affirme bien haut. Mais malgré cela, c’est aussi une fille qui se cherche, une personne vulnérable qui agit en suivant ses émotions, non sans le regretter parfois, par la suite. Elle est proche de ce qu’elle est et de ce qu’elle ressent, et c’est ce que j’aime particulièrement chez elle. Elle est extrêmement lucide, entière et vraie. Le roman met en scène …

Marc Séguin en trois temps

La rencontre avec Caroline Récemment, j’ai eu la chance d’assister à l’enregistrement de l’émission Deux hommes en or diffusée à Télé-Québec avec mon amie Geneviève (allô Gen!), et lors de cette soirée j’ai pu observer de proche l’intéressant être humain qu’est Marc Séguin qui était justement un des invités de cette soirée. Lors de cette émission, il venait notamment présenter son nouveau documentaire-choc sur l’agriculture et par le fait même parler de son nouveau roman Les repentirs, 2 des nombreuses cordes à son arc. Patrick Lagacé l’interviewait sur ce roman fascinant à mi-chemin entre l’autobiographie et l’autofiction, et on y apprenait que cette lecture l’avait fortement ébranlé. Une phrase l’avait marqué et il en a fait mention, et j’avoue que pour moi et Louba, c’est évident que ce petit bout de paragraphe nous a aussi profondément touchées. Le voici : Oubliez l’alpinisme, les explorateurs du cosmos, des mers et des monts. Ce sont des petites vanités. Les continents et les sommets ne sont pas intéressants, ce sont des limites qui s’atteignent. Les abîmes, eux, n’ont pas de drapeaux …

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Baie déception : ou effleurer un monde qui ne vous quittera plus

Ce roman est mon grand coup de cœur de l’année! Julie Hétu nous offre Baie Déception que j’ai eu l’immense intuition d’acheter au Salon du livre de Montréal le mois dernier. Je suis encore habitée par cette histoire, de la confusion qui règne en moi, en nous sans doute, au moment de refermer les pages. Juste avant la fin, dans le livre, l’autrice nous suggère d’écouter les enregistrements de la mère, sur le CD d’accompagnement. SVP, respectez la consigne! La mère du petit Isaac prend vie par la voix de Julie McClemens, son père décédé, par la voix de Patrick Hivon… ajout tellement précieux à la lecture de ce grand roman. La création sonore des pistes à écouter est du compositeur Simon Angell (du groupe de Patrick Watson). Je vous promets… vous serez conquis! La tragédie de Baie Déception Baie Déception, c’est une baie en forme de cuillère à laquelle s’accrochent des montagnes, formant un manche. Cette baie fait partie du détroit d’Hudson, au nord de la péninsule d’Ungava, dans le Nord-du-Québec. Si vous voulez élargir vos …

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Quand l’hiver n’a plus de fin…

C’est dans un flou continuel que le deuxième roman de la jeune auteure Maude Deschênes Pradet nous entraine. L’hiver ne s’est pas terminé et depuis, il y a pris toute la place. C’est un véritable roman par fragments que cet Hivernages, on suit quelques personnages de chapitre en chapitre, s’entremêlant les uns sur les autres. Ils cherchent à survivre, à combattre cette solitude qui les isole de tout. La mort par le froid reste présente et une possibilité pour les personnages qui feront tous face à la force ultime de ce puissant hiver.  Leur instinct de survie prend le dessus et c’est ce qui fait de ce roman un roman plein d’espoir et ce, même si les possibilités semblent limitées pour les personnages. Le froid est roi J’ai particulièrement aimé l’ambiance dans lequel ce roman nous guide, et ce, dès les premières pages. J’avais froid. Je me sentais, tout comme les personnages, coincée dans un hiver qui ne veut pas se terminer. Dans une saison ultime qui reprend tous ses droits. Un peu comme le …

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Puis nous nous sommes perdus de vue, histoires du grand-père que je n’ai pas eu

En mettant la main sur Puis nous nous sommes perdus de vue, j’ai tout de suite été charmée par la forme que prend ce court livre de 160 pages. Publié en 2017 aux Éditions de la Pleine Lune, ce recueil de nouvelles nous plonge dans les souvenirs de l’auteur, Donald Alarie. Cet auteur, né à Montréal, n’en est pas à son premier ouvrage, il a même reçu le prix de la création artistique du CALQ en 2006 pour l’ensemble de son œuvre. Les gens, l’âme de Montréal, le cœur du livre Dès les premières pages, nous sommes plongés dans un Montréal ouvrier, à cheval entre la tradition et le renouveau. Une époque encore exempte de technologie, de réseaux sociaux et de mondialisation. Je ne peux m’empêcher de rattacher cette époque à celle décrite maintes fois par Michel Tremblay. On y retrouve le même type d’atmosphère; nostalgique et d’une grande simplicité. Tout au long des 28 chapitres, Donald Alarie nous raconte sa vie, à travers une série de rencontres. Depuis sa plus tendre enfance, chaque chapitre se …

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Publier un roman à 15 ans : Sors de ta bulle!

Concours littéraire À 15 ans seulement, Laetitia Chicoine a publié son premier roman, Entre deux mondes, aux Éditions Les Six Brumes. Outre son talent de romancière, cet exploit a été possible grâce au concours littéraire Sors de ta bulle! auquel les élèves du deuxième cycle du secondaire de la commission scolaire de Sherbrooke et de l’école La Ruche de Magog ont la chance de participer. Chaque année depuis 2005, ce concours donne la chance à un.e jeune écrivain.e de recevoir de l’aide professionnelle afin de peaufiner son manuscrit et de voir son roman être publié dans une maison d’édition reconnue. En 2007, c’était Kiev Renaud qui voyait son roman par nouvelles, Princesses en culottes courtes, recevoir des éloges. Cette année, c’est Charlotte St-Jean Perron qui a gagné le concours avec son livre Mémoires de Sparte. Résumé du livre Elena, 14 ans, une adolescente différente des autres, revient aux Îles-de-la-Madeleine pour l’été, à la suite de son année scolaire en concentration musique à Montréal. Après une année difficile et un cauchemar récurrent, elle voit le retour dans …

Le mangeur de bicyclette, un tourbillon par Larry Tremblay

Ça fait plusieurs décennies déjà que Larry Tremblay fait partie du paysage littéraire québécois. Il s’y est même taillé une place importante ; de nombreux prix, des adaptations au théâtre, des traductions et des publications à l’étranger en témoignent. Nous vous en avons même parlé à maintes reprises sur le Fil Rouge, notamment pour L’orangeraie et Le Christ obèse.  Le mangeur de bicyclette est une réédition d’un roman publié pour la première fois en 2002. Oui, oui! Quinze années plus tard, ce récit réapparaît dans le paysage littéraire québécois pour notre plus grand plaisir. Il s’en est passé du temps! Heureusement, ce roman est tout aussi contemporain et correspond encore aux univers créés par l’auteur. Je n’ai pas du tout été déçue. Après avoir terminer la lecture, je me suis même ennuyée de son univers déjanté, déstructuré, sans frontière et profondément humain. Une bouffée d’inventivité qui fait du bien et qui rejoint l’universel. Poudre de kumkum Petit fait cocasse, j’ai lu à plusieurs reprises un autre livre du même auteur, Poudre de kumkum, publié la même …