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Un journal de création pour mieux saisir les départs

Un tout petit livre qui raconte pourtant de bien grandes histoires. Tout doit partir de Johanne Fournier se lit avec lenteur, délectation et douceur. Il laisse place aux changements des saisons, au charme lourd et puissant d’un fleuve qui devient le phare d’un deuil. Il s’agit d’une oeuvre collage, collage entre le journal, la création, la poésie et le cinéma. Johanne Fournier est une cinéaste, c’est la première fois qu’elle prend le crayon et elle le fait nettement bien. Elle dira en entrevue que ce livre est le film qu’elle n’a pas fait concernant le décès de son père. Le temps qui file et les saisons qui bercent… Il y a quelque chose de très franc dans ce récit, on sent dès les premières pages l’authenticité de la voix qui nous raconte, de nombreuses façons et moments, la vie de son père. Essayant de faire du sens de cette perte, de ce deuil qu’elle se doit d’apprivoiser comme nouveau quotidien, Johanne Fournier fait preuve d’une grande vulnérabilité et parallèlement, elle nous dévoile ses racines. Les saisons …

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« Des images aussi minces que du papier » et tirées par les cheveux

Publié en 2004 aux Éditions de l’Effet pourpre, Ataraxie, de l’artiste Karoline Georges, ne ressemble à rien que vous connaissez déjà. Elle nous entraîne dans une histoire totalement fascinante où la quête du sublime et de la perfection est au centre du récit. Les Éditions Alto le rééditent dans une couverture des plus justes ce printemps (en librairie depuis le 13 juin). La couverture ne peut sembler être qu’un simple fer à lisser sous un fond rose, mais il s’agit de la source même du roman qui se déroule dans un salon de coiffure bas de gamme. Le roman raconte l’histoire d’une fille qui rêve d’atteindre le sublime, une pureté idéalisée. Elle met toute son énergie, physique comme intellectuelle, à atteindre cet objectif. Avec son amant parfait, rêvé et idéalisé, elle se retrouve dans un salon de coiffure où celui-ci travaille et c’est là-bas que l’histoire nous entraîne aux antipodes de ce qu’on aurait pu croire au départ. « Jamais il n’était question de nos passés, de notre devenir, du quotidien. Nous avions choisi la …

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L’autre Marie et la même Jeanne

En décembre dernier, j’ai découvert Jeanne chez les autres et Marie Larocque grâce à la réédition du roman chez No de série. C’était aussi le choix de notre groupe du samedi de notre club de lecture et ce fût vraiment une lecture appréciée par les membres, et par moi aussi! J’ai rapidement été charmée par la petite Jeanne, par sa famille toute croche, mais surtout, j’ai été éblouie par l’écriture de Marie Larocque. Sa plume est extrêmement orale, tellement qu’on entend les dialogues en les lisant, ce qui est un talent des plus chers et importants comme auteur-e, à mon sens. Ce printemps, Marie Larocque nous offrait L’autre Jeanne et ce, plusieurs années après la parution de Jeanne chez les autres, qui était en 2013. Sans le vendre comme une suite, on y découvre les mêmes personnages que dans Jeanne chez les autres qui quant à lui, devient le premier roman écrit par Jeanne. Du nom de Marie chez les autres dans le roman, on y décèle clairement un jeu de mise en abîme entre l’auteure et …

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Moi aussi j’aime les hommes : un échange touchant et nécessaire

Alain Labonté et Simon Boulerice ont correspondu pendant plusieurs mois et cela a donné naissance à ce livre publié chez les Éditions Stanké, Moi aussi j’aime les hommes. Ce qui a motivé cette discussion épistolaire c’est lorsqu’Alain Labonté a vu aux informations qu’un jeune homme a été tué à cause de son orientation sexuelle. Il décide alors d’écrire à son ami Simon Boulerice pour lui faire part de sa douleur et de son incompréhension. S’ensuit une magnifique correspondance à laquelle on se sent privilégié d’avoir accès. C’est au fil de leurs voyages et de leurs réflexions propres à chacun que les deux hommes prennent le temps et le crayon pour s’écrire un peu. Leurs échanges sont généreux, intimes et ils nous touchent directement au cœur, car on y parle de thèmes des plus sincères et universels : l’affirmation de soi, la création, la vie familiale et amoureuse. Dès la première seconde où je me suis plongée dans ce bouquin, je me suis laissée prendre par cette discussion, je me faisais spectatrice d’un moment important ; celui …

Entrevue avec Charles Quimper, auteur de Marée montante

En avril, nous avons lu, avec notre groupe du samedi de nos clubs de lecture, le roman Marée montante de Charles Quimper publié chez Alto. Nous avons eu la chance de lui poser quelques questions concernant son processus de création et son roman pour offrir à nos abonnées avant la séance. On a donc décidé de partager le tout avec vous aussi! Les abonnées ont été unanimes; nous avons été chamboulées par ce roman, des plus touchants, qui raconte l’histoire d’un père qui a perdu sa petite fille Béatrice. Il y a un flou dans le roman entourant la mort de la petite fille, on ne sait jamais vraiment les raisons de son décès, mais l’important n’est pas là. Marée montante, nous entraine littéralement dans le courant de l’eau de la douleur du père. On navigue avec lui dans ses moments d’égarement, de folie, de grande noirceur et surtout, de pure tendresse. Ce roman, très court, est dense et, malgré la dureté du thème, on se sent ému. Au fond, on sent que ce roman …

Dans l’oeil du soleil: au coeur des motivations de chacun.

Dans l’oeil du soleil nous transporte au coeur de Kaboul, sous la plume d’une journaliste tentant de comprendre les motifs derrière un attentat qui tua trois de ses connaissances. S’ensuit un récit de filiation dans lequel, en jouant avec des retours en arrière et une multiplicité des voix, Deni Ellis Béchard dresse le portrait de Clay, Justin et Alexandra venus à Kaboul pour différentes raisons et qui n’en repartiront jamais : tous les trois morts dans une explosion de voiture. Qu’est-ce que ces trois personnes, dont les liens semblent être de surface, faisaient dans cette voiture? Où est passé le conducteur, la quatrième personne? Qui sont Clay, Justin et Alexandra? Qu’est-ce qui les a poussés à venir en Afghanistan? Voilà quelques-unes des questions qui poussent le personnage principal, jeune journaliste dont le nom est si peu mentionné, à enquêter. Alors que son but premier est de faire un article, c’est plutôt l’envie de faire un roman qui la pousse à continuer, en se rapprochant petit à petit de ces gens qu’elle a à peine connus. « Mon roman serait différent : …

Ce qu’on a lu comme essai cette année #Jelisunlivrequébécoisparmois

Louba Je ne suis pas mère, je n’ai aucune certitude que je le deviendrai un jour, aucune. N’empêche que j’ai le droit de m’exprimer sur le sujet et que j’ai relu, pour une deuxième fois, avec grand plaisir, non sans être traversée par plusieurs émotions et quelques frissons, Les tranchées de Fanny Britt (et invitées Madeleine Allard, Isabelle Arsenault (illustrations), Marie-Claude Beaucage, Alexia Bürger, Annie Desrochers, Alexie Morin, Geneviève Pettersen et Catherine Voyer-Léger). Cet essai est nécessaire. Du moins, il te dit que tu as le droit d’être toi, d’être encore un peu plus toi. << […] ai-je besoin de savoir avec précision qui je suis et ce que je revendique, pour avoir le droit de le revendiquer ? >> Je suis la fille d’une mère, la nièce de plusieurs mères, la tante d’une petite merveille, la belle-sœur d’une mère et je suis cette femme qui court plus souvent qu’autrement après l’amour, tsé le vrai, le grand, l’authentique, le fou, dans un espoir pas si sourd que ça de peut-être bien fonder une famille moi …

Nos suggestions de romans québécois publiés en 2016 #Jelisunlivrequébécoisparmois

Martine Le livre que j’ai envie de vous proposer pour ce dernier mois de l’année est Okanagan de Sara Lazarroni. Publié cet automne, ce troisième roman de la jeune auteure a su me toucher et me faire voyager dans l’Ouest Canadien. Sara Lazarroni est une auteure que j’aime beaucoup, l’année dernière lors du défi, j’avais eu la chance de la découvrir par son deuxième roman Veiller la braise. D’emblée, sa plume tendre, poétique et incroyablement maitrisée m’avait touchée. Or, ce qui me fascine le plus chez Lazarroni est sa façon bien à elle de parler d’amour et de notre génération. J’ai souvent l’impression de me retrouver dans ses mots, dans ses pensées. Okanagan raconte l’histoire de Léa, une jeune fille perdue et à la recherche d’elle-même qui quitte son quotidien pour partir avec ses amis à Okanagan, cueillir des cerises. Le coeur brisé, mais habité d’un désir plus grand de vivre, ce roman a été notre choix du mois d’octobre pour nos coffrets littéraires et je dois dire que je le recommande vraiment à tout le …

Nos suggestions d’essais pour le mois de novembre du défi #jelisunlivrequébécoisparmois

En cet avant-dernier mois de l’année, nous lirons des essais! Voici ce qu’on vous propose de découvrir : Vanessa « Je conseille de lire comme essais : Le sel de la terre de Samuel Archibald et Je serai un territoire fier et tu déposeras tes meubles de Steve Gagnon. Deux livres qui présentent un portrait pertinent de notre société et qui permettent de se questionner sur la classe moyenne et la place de l’homme au 21e siècle. » Karine « Pour le mois de novembre, je voudrais lire le livre d’Alain Deneault, Une escroquerie légalisée. Cet ouvrage traite de la question des paradis fiscaux. Cela peut paraître technique et non attrayant de prime abord, mais je crois que nous devons nous faire un devoir de nous y intéresser. Depuis les révélations des Panama Papers, je suis plus sensible à cette question et j’ai bien le goût d’en apprendre davantage en lisant le livre d’Alain Deneault. » Clara « Le défi de ce mois-ci m’a rappelé que ça fait un moment que je n’ai pas lu d’essai. C’est une occasion de me …

Autour d’elle : ces instants qui forgent la vie

Les admirateurs de Sophie Bienvenu ont été conquis cet automne, car l’auteure publiait un roman, Autour d’elle, chez Cheval d’août, mais aussi son premier recueil de poésie chez les Éditions Poètes de brousse sous le titre Ceci n’est pas de l’amour. D’emblée, je dois le mentionner, je suis une adoratrice de Sophie Bienvenu, c’est une de mes auteures contemporaines préférées. Son premier roman, Au pire on se mariera, m’avait fouettée de plein fouet et m’avait sidérée. Rares avaient été les premiers romans qui m’avaient autant frappée et émue. J’en avais même parlé ici. Son deuxième roman m’a fait le même effet, dans Chercher Sam Sophie Bienvenu réussissait à démontrer toute l’humanité de son oeuvre, et surtout, elle avait un talent fou pour donner des voix si singulières à ses personnages. Elle maitrise l’art du dialogue à merveille, en lisant ses romans, je me surprends à entendre ses personnages dans ma tête, tellement les dialogues sont empreints d’authenticité et de réalisme. J’avais parlé de Chercher Sam juste ici, aussi. Alors lorsque j’apprenais que Sophie Bienvenu préparait un nouveau …