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Nos vies parallèles

L’amour. Ou plutôt cet ardent désir de posséder, de donner et de désobéir à notre conscience pour laisser nos maux nous guider. Cet état qui nous enivre ou nous envenime, qui désamorce tous nos processus de défense et nos convictions les plus creuses. Cette emprise qui réchauffe chaque parcelle de nos corps, qui fait de nous des êtres à la fois puissants et vulnérables. Ce drôle de sentiment qu’est l’amour… Lorsqu’on l’accepte, on sait déjà qu’il n’y aura plus aucune chimère semblable. Car l’amour n’est pas une continuité, c’est une histoire unique. Le passé, le présent et le futur ne s’appliquent plus. L’amour est intemporel. Et puis il y a aussi le premier. Celui qui nous définit, qui nous semble impossible à affronter. C’est celui qui nous hante encore aujourd’hui, à moitié éveillé de ce mélange d’émotions. On ne s’en remet jamais complètement. Bien que conscients du pouvoir de cet éloge, nous refoulons souvent notre élan sentimental. De peur d’avouer mes faiblesses, j’ai très longtemps boudé les romans pouvant susciter ce genre d’éveil en moi. …

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Silence-décomposition : au coeur d’une co-création

Ce petit livre rose est arrivé chez Martine, en service de presse sans trop qu’on s’y attarde ni l’une ni l’autre, mais de la typographie à la quatrième de couverture, quelque chose m’avait définitivement attirée vers ce livre. L’idée d’une rencontre entre deux artistes et d’une déconstruction du silence a piqué ma curiosité. Je l’ai donc pris pour mieux le  laisser chez moi, un mois, peut-être deux, avant que l’envie me prenne de m’y plonger.  Je pense avoir eu peur de me retrouver devant une oeuvre hermétique et impénétrable à laquelle je ne comprendrais rien. Finalement, je l’ai débuté, pleine d’anticipation, pour mieux le refermer quelques heures plus tard, la tête remplie de réflexions et d’admiration pour cet étrange journal de bord qu’est Silence-décomposition, à l’écoute d’une ville. Projet : observer le silence par tous les moyens qui sont à notre disposition: le texte, l’image, le son. En identifier les éléments constitutifs. Les isoler. Les traduire en parties d’oeuvres d’art, chaque fois incomplètes, insuffisantes. Tenter de reconstruire le silence par la cohabitation de ces morceaux. L’installer, …

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Tout ce que j’aimais, ou la place de l’art chez l’humain

Trouvé à la librairie de mon école, ce livre m’a tout de suite interpellée. Un roman assez épais de 450 pages, un auteur au nom exotique pour mes oreilles (Siri Hustvedt? Dis Siri, que veut dire Hustvedt?) et une quatrième de couverture bien invitante: « Au milieu des années 1970, à New York, deux couples d’artistes ont partagé les rêves de liberté de l’époque. De l’art et de la création, ils ont fait le ciment d’une amitié qu’ils voulaient éternelle et, quand ils ont fondé leur famille, se sont installés dans des appartements voisins. Rien n’a pu les préparer aux coups dont le destin va les frapper et qui vont infléchir radicalement le cours de leurs vies… » À la lecture de ce résumé, je l’ai apporté à la caisse aussitôt. Les romans longitudinaux qui s’étendent sur plusieurs années, ou même sur la vie complète des protagonistes est une de mes formes d’histoire préférées. Ainsi, j’ai l’impression de connaître mieux le pourquoi du comment des actions des personnages. On entre dans leur vie complètement, on comprend mieux …

Loin du corps : art, mannequinat et désir

Adrienne habite Paris, elle vit le deuil de son frère jumeau disparu, elle étudie en art, se remet un peu mal d’une rupture difficile, mange peu et s’automutile. Elle voit un psychologue, prend ses médicaments à sa guise et est obsédée par son ex-copain et sa nouvelle flamme. Bref, on pourrait dire que le personnage du premier roman de l’auteure française Léa Simone Allegria est un peu mal en point. Loin du corps raconte donc l’histoire d’Adrienne, jeune adulte qui, lors d’un après-midi comme les autres, se fait remarquer par un recruteur travaillant pour une grande agence de mannequins. C’est un peu à reculons qu’elle finit par entrer dans cet univers qui tentera de la remodeler à son image. À travers ce nouveau quotidien, Adrienne essaiera de se concentrer sur l’art, sa véritable passion, tout en tentant de vivre une vie équilibrée, ce qui, vous vous en doutez peut-être, ne fonctionnera pas très bien. La trame de fond  J’ose dire que, malgré le fait qu’Adrienne soit au cœur du roman, elle est un peu accessoire aux thématiques …

Ce qui dérange et bouleverse

Le pouvoir des livres est unique. Ils nous permettent de s’évader, de découvrir de nouveaux univers et de nous émouvoir devant autant d’imagination. Mais lorsque les livres prennent une plus grande ampleur et réussissent à se tailler une place dans nos vies personnelles, on se remet soi-même en question. Car lire nous permet avant tout de nous repositionner, de s’arrêter et se demander si nos envies, nos perversions et nos forces sont réelles. Certains livres changent notre perception de ce qui nous entoure de manière concrète. Ils allument en nous ce sentiment de sincérité face à notre propre confiance, mais surtout ils nous permettent de mieux comprendre notre entité, ce combat qui nous habite en tant que femme et avant tout en tant qu’être humain. 

C’est le cas du dernier objet littéraire de Maggie Nelson, Les argonautes (The Argonauts). Parue en 2015, cette œuvre à la fois mi-essai et mi-autofiction nous plonge dans diverses thématiques sans genre et sans nombre qui amènent une réflexion profonde sur l’art, la tendresse et la production sous toutes ses …

Quelle est l’œuvre qui a été utile dans votre vie ?

C’est la question qu’Émilie Perreault nous pose à la fin de son introduction dans l’excellent livre Faire œuvre utile, quand l’art répare des vies, que j’ai dévoré en moins de 3 h récemment. Émilie Perreault, chroniqueuse culturelle à l’émission de Paul Arcand le matin à 98,5 FM, répète souvent qu’elle ne sauve pas des vies. Personnellement, je la connaissais peu, excepté par le son de sa voix dans ma radio jusqu’à ce que je tombe sous son charme dans ma télévision à Tout le monde en parle un dimanche soir de septembre dernier. Et bien, ma chère Émilie, c’est donc avec joie et grand sérieux que je me suis posé cette question : quelle est l’œuvre qui a été utile dans ma vie? Certes, les livres d’Éric-Emmanuel Schmitt, comme le premier chapitre de Faire œuvre utile, me parlent toujours directement; je peux passer des heures au Musée d’art contemporain à regarder les sculptures de David Altmejd; j’ai l’impression que la musique de Sigur Ros connecte à mon âme; et les poèmes de Rupi Kaur me touchent au point où je n’arrive plus …

Organiser ses lectures grâce au Bullet Journal

Si vous êtes comme moi et que l’écriture est une manière d’organiser vos pensées, peut-être serait-ce intéressant de penser au Bullet Journal. Tout d’abord, qu’est-ce qu’un Bullet journal? C’est un cahier, habituellement aux pages pointillées, dans lequel on fait principalement des listes! Ce peut être des listes des choses à emmener en camping, mais aussi de sujets visant plutôt le long terme, tels qu’un objectif de perte de poids, des films vus, des petits bonheurs quotidiens, des recettes à essayer… Il n’y a aucune limite! Souvent, les listes sont agrémentées de petits dessins très simples faits à main levée (doodles en anglais) et parfois d’autres articles de papeterie comme des autocollants, des rubans adhésifs colorés (washi tape) ou encore de traits de surligneurs aux couleurs pastel. Encore une fois, la seule limite est celle de l’imagination! Il peut être très organisé et symétrique, ou encore pêle-mêle. La beauté de tout ça, c’est que chacun peut l’adapter à sa personnalité.   Source: @bullet_journal_2go J’ai commencé mon Bullet journal en juin et je suis tout de suite …

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L’un l’autre les uns les autres, s’observer

Comme c’est souvent le cas pour les livres qui deviennent de beaux coups de cœur (ceux dont je ne veux plus me séparer), il s’agit de lectures que je laisse venir à moi par un amoncellement de synchronies. Ici, je vous parle de ma rencontre avec Moi aussi, un carnet écrit en dialogues de Sylvie Cotton et Nathalie de Blois. Je ne pouvais souhaiter plus grande source d’inspiration pour le moment où je me situe dans ma vie intime et créative. Aujourd’hui, je décide de mélanger mes deux passions : la littérature et les arts visuels. Elles se lient en moi pour me permettre de trouver un certain équilibre et pour définir mon langage intérieur et intime, celui que je partage ensuite avec d’autres âmes sensibles. La petite histoire qui suit en est une de rencontres entre plusieurs personnes pour qui le partage est forgé d’empathie, de désir de liberté, de curiosité et de passion. Nadia, Joëlle et Eric, c’est un genre d’hommage que je vous rends avec ce texte, votre passage dans ma vie …

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Je finirai bien par comprendre; quand l’art devient un no man’s land contre l’exil.

Avoir deux pays, être déchiré entre deux endroits, deux mondes, deux soi. Quitter la France à 6 ans, quitter le Québec à 15, y revenir jeune adulte, quelles sont les traces que ces exils laissent chez quelqu’un? Ce sont ces questions que se posent l’auteure Élisabeth Recurt dans son court roman Je finirai bien par comprendre. Divisé en 4 livres – ou bien chapitres – on retrouve Élisabeth, 6 ans, prête à partir en vacances, sans date de retour. Dans cette première partie, on se trouve face à la naïveté d’une enfant qui ne comprend pas l’ampleur de ce qui lui arrive, qui subit les choix d’adultes et qui n’a d’autres options que de suivre, sans trop poser de questions. S’en suit alors les questionnements d’une adolescente qui n’est française que pour les québécois et québécoise que pour les français. Prise entre deux, amoureuse de son pays d’adoption, c’est face à la colère d’une adolescente qui se voit contrainte de retourner sur une terre qui ne semble plus être la sienne qu’on se retrouve dans le second …