Mois : mai 2019

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«Ami, souviens-toi des hivers passés, jamais des tyrans»

Dans un monde aux accents moyenâgeux, il était une fois une princesse. Tilda doit succéder à son père à la tête du royaume, mais elle est écartée du trône par sa mère, qui y place son jeune frère. Accompagnée du chevalier Tankred et de Bertil, pupille du chevalier et aussi ami d’enfance de Tilda, la jeune princesse en exil va se lancer dans une véritable épopée pour reconquérir le pouvoir. Un début de scénario classique, auquel il ne faut pourtant pas se fier, parce que L’âge d’or tome 1, une bande dessinée de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, est un vrai bijou. Un visuel époustouflant   Commençons par le visuel, puisque c’est lui qui a (entièrement) guidé mon choix alors que j’hésitais à acheter ce premier volume. Les pages de Cyril Pedrosa sont magnifiques. L’œil s’y promène, se laissant porter par les couleurs chatoyantes, vibrantes, qui nous offrent un panel d’ambiances grandioses. À chaque lieu sa couleur, à chaque action ses teintes. Ayant un faible pour l’art médiéval, j’ai aussi été subjuguée par les textures …

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Changer les codes du pouvoir

La représentation des femmes en politique est d’actualité, et il y a certainement lieu de s’en réjouir. Personnellement, les essais qui explorent les causes historiques de l’invisibilité des femmes dans les structures décisionnelles me captivent. C’est pourquoi j’ai dévoré en un après-midi l’essai Les femmes et le pouvoir : un manifeste de Mary Beard, lecture que je recommande grandement à toute personne qui souhaite facilement comprendre les racines historiques de l’invisibilité des femmes sur la place publique. La voix des femmes Dans la première partie de son livre, l’autrice explique comment, depuis l’Antiquité, les femmes ont toujours été réduites au silence dans les instances publiques, puisque «discourir était l’affaire des hommes». Encore aujourd’hui,  les femmes doivent se battre sur deux terrains : d’une part, réussir à faire entendre leur voix, et d’autre part, combattre les agressions dont elles sont victimes si elles réussissent à se faire entendre sur la place publique. Beard poursuit en démontrant que la construction sociale du genre est intrinsèquement liée au silence des femmes, en ce sens que la féminité fut sociologiquement et historiquement …

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Une mort annoncée, mais pas évitée

Chronique d’une mort annoncée, de Gabriel García Márquez, est une œuvre beaucoup moins imposante et chargée que L’amour au temps du choléra, que j’ai lu sensiblement à la même période, l’année dernière. Cependant, j’ai retrouvé à l’intérieur de ce court roman de 133 pages tout ce qui caractérise l’auteur colombien. Pas de suspense La première phrase du livre l’énonce d’emblée: Santiago Nasar va mourir. Même le titre évoque directement sa mort. L’histoire n’est donc pas une montée du suspense jusqu’au moment où on découvre si le principal intéressé survivra, mais plutôt une reconstitution des moments ayant précédé sa mort, qui était effectivement annoncée. L’histoire prend place lorsque le narrateur désire comprendre comment Santiago Nasar a pu être assassiné alors que tous savaient que sa mort approchait. Le jour précédant sa mort, le village entier célébrait le mariage du riche Bayardo San Roman et d’Angela Vicario. L’ambiance était à la fête jusqu’à ce que le nouveau marié ramène son épouse chez ses parents en leur reprochant de lui avoir remis une fille ayant perdu sa virginité avant leur …

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La crise de la masculinité, ou pas : une analyse de Francis Dupuis-Déri

Les éditions du remue-ménage sont, d’après moi, la référence pour les enjeux entourant la condition féminine au Québec. Assez récemment, dans la collection « Observatoire de l’antiféminisme » est paru un ouvrage au titre qui m’a interpellée, soit La crise de la masculinité : Autopsie d’un mythe tenace. Ce livre de type essai, signé Francis Dupuis-Déri, s’intéresse à un sujet très présent dans les discours antiféministes contemporains. Toutefois, plus on avance dans la lecture, plus on se rend compte qu’il s’agit finalement de la récupération d’un discours très ancien, et que ce discours comporte plusieurs failles… « Crise » ou état permanent? Le titre nous lance déjà sur la piste : la crise de la masculinité serait un mythe. Mais pourquoi en venir à cette conclusion, comment démontrer cela? L’auteur commence son ouvrage avec une introduction qui remet en question l’utilisation même du mot « crise » pour aborder le malaise ressenti par les hommes du 21e siècle, et ce, dans plusieurs endroits du globe. Avec une introduction titrée « La crise, toujours la crise », Dupuis-Déri …

L’inestimable valeur du temps

« Poulin a une écriture qui prend son temps. Phrase après phrase, ce qu’on lit derrière la narration du récit, c’est la valeur du temps et des petits détails qu’on omet de regarder, sentir, goûter. À travers le récit de ce que cet écrivain fragile entreprend et vit, sens et ressens, on se retrouve à sa place, au rythme des marées du fleuve, respirant cet air salin qui traverse toute l’œuvre. »

https://chezlefilrouge.co/2015/02/16/poemes-de-marie-uguay-rencontre-avec-le-dehors/

L’absente ou l’omniprésente

Emily Dickinson, l’énigme Pour que s’installe une relation, parfois, il faut laisser passer plusieurs saisons et voir éclore plus d’un bourgeon avant de sentir dans l’air le parfum des fleurs. C’est peut-être ce qui explique mon silence ici, des derniers mois, où je me suis penchée vers ma poétesse intérieure – lui offrant espace, écoute et voix. C’est de cette manière que l’univers de l’énigmatique Emily Dickinson s’est tranquillement introduite dans mon esprit. En femme curieuse, en femme qui se questionne, qui cherche à comprendre le beau, l’insaisissable et l’imperceptible, je me rallie aux autres pour tenter une approche vers la « mother Dickinson » et tenter, moi aussi, d’élucider une petite part du mystère. Sans vouloir nommer ou expliquer, je veux sentir et ressentir en moi ses mots, ses préoccupations, l’essence de ce qui la propulsait vers la nature d’un côté et vers l’isolement d’un autre, et à travers tout cela, la nécessaire poésie. Les villes de papier Le nom d’Emily Dickinson n’avait fait qu’effleurer mon esprit jusqu’à tout récemment. C’est avec le sublime roman …

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Partir de rien ou être forcée à grandir

Partir de rien est un roman écrit par Maude Nepveu-Villeneuve, paru aux éditions de Ta Mère en 2011 et réédité en 2019 avec une nouvelle première de couverture. Comme tous les livres de cette maison d’édition, le graphisme est alléchant et invite juste à vouloir plonger dans l’œuvre littéraire. À la mer pour tout recommencer Partir de rien est l’histoire de Chloé et Almée, deux meilleures amies d’enfance qui, après une fugue de quelques jours dans les champs, reviennent dans leur petit village natal désert. Il n’y a plus personne dans les rues, les maisons sont inoccupées et leurs familles sont parties sans explications. Les deux filles en profitent pour commencer une nouvelle aventure qui les mènera plus loin qu’elles ne le pensent. Elles rassemblent tout ce qu’elles peuvent trouver, livres et restants de nourriture, et partent à l’aventure avec leur lièvre Oreste. Elles décident d’aller jusqu’à la mer à vélo pour débuter leur nouvelle vie. Arrivées à la ville portuaire sans nom, elles décident de jouer les touristes quelques jours afin de découvrir la …

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Je pars en Inde : voyage à travers le monde et soi-même!

Cet hiver aura été plutôt difficile pour la plupart des gens avec cette météo en montagnes russes et un printemps se laissant désirer. Avec un tel hiver morose, l’envie de voyager se sera fait sentir pour plus d’un. Toutefois, le voyage n’étant pas toujours accessible à tous, il restait les livres sur quoi se rabattre pour s’évader afin d’oublier un tant soit peu notre calvaire enneigé et froid. D’ailleurs, en janvier, le blogue nous avait offert de belles suggestions pour se réchauffer. J’ai décidé, dans un moment de déprime hivernale, de choisir un des titres de cette liste en guise d’automédication. Voici ce qui est ressorti de ma lecture de Je pars en Inde de Véronique Daudelin.

Et vous, avez-vous déjà lu un livre vous ayant permis à la fois de voyager et de réfléchir sur votre propre existence? 

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Splendeurs et mystères au nord du 52e parallèle

J’ai découvert Ariane Gélinas à tout hasard, en tombant sur son roman Transtaïga sur les tablettes d’une librairie. Je venais tout juste de terminer ce livre lorsque j’ai visité la Côte-Nord pour la première fois. Je me rappelle très bien avoir contemplé la route, les forêts et les tourbières avec un regard différent. Comme si les images du livre se superposaient à la réalité. Quelle sensation étrange et libératrice. Et maintenant que je lis Quelques battements d’ailes avant la nuit, je me remémore à quel point j’ai souhaité tout laisser derrière pour m’établir sur la Côte-Nord, à l’instar de Séverine, le personnage principal de l’histoire. On tombe rapidement en amour avec cette façon dont Ariane Gélinas nous fait découvrir l’arrière-pays québécois. Elle possède un don pour concevoir des ambiances à la fois fantastiques et inquiétantes. Elle dépeint la beauté d’un endroit tout en y insérant une touche obscure, créant parfois un certain malaise. Les lieux sont toujours des éléments importants dans ses histoires. Ils peuvent même prendre vie, être habités d’une volonté, comme c’était le cas dans son …

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Le paradoxe du choix, ou pourquoi je n’ai pas de pile à lire…

Récemment, je suis tombée sur le Ted Talk de Berry Schwatz, un psychologue américain prétendant que le libre choix de la société occidentale a des effets plus négatifs sur notre quotidien que nous le croyons. Sa théorie s’appelle le paradoxe du choix. En effet, le nombre élevé de choix à faire dans notre quotidien aurait pour effet d’augmenter l’anxiété, le degré d’insatisfaction et irait même jusqu’à pousser certains individus à carrément ne rien faire. Trop de choix tuerait le choix. Cela vient entre autres de la peur, celle de se tromper, de regretter, de passer à côté de quelque chose d’extraordinaire, etc. Plus il y a de possibilités, plus l’individu aurait tendance à choisir de ne rien faire. Cela expliquerait pourquoi ce n’est pas tout le monde qui voyage, car pour chaque élément d’organisation d’un voyage, il existe des dizaines de choix possibles:  destination voulue, temps de l’année, durée du départ, type d’hébergement, moyen de transport, comment s’alimenter, quoi faire, etc. Et la lecture dans tout ça? Heureusement, cela ne m’empêche pas personnellement de voyager! …