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Une enfance en nid de poule

Quand j’ai enfin ouvert Vogue la valise, j’ai été surprise de voir que, malgré mes hautes attentes, le bédéiste Siris les surpassait toutes. À chaque page, je me posais de nouvelles questions sur ma perception de la vie et de la société qui m’entoure. Sur mon enfance et les souvenirs qui y sont rattachés. Pour certains, les bons souvenirs dépassent de loin les mauvais. Pour d’autres, il y en a plus de mauvais que de bons. Et il y a ceux pour qui ces souvenirs sont si rares qu’ils sont souvent engloutis par tout ce qui fait mal et tout ce qui brise l’âme. L’auteur a su illustrer la réalité des enfants mal-aimés, laissés de côté et les répercussions que cela peut avoir sur leur vie. Une valise lourde de sens L’histoire commence avec Renzo, un alcoolique semi-attachant, qui enchaîne les bouteilles d’alcool aussi vite qu’il perd ses emplois. Il rencontre Luce, une femme douce et résiliente, qui deviendra sa femme et la mère de ses cinq enfants : Louis, Josée, Chantal, Claudine et finalement, La Poule. …

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Petit roman poétique sur le deuil

Il y a des moments pendant lesquels je dévore des livres sans compter. Je les enfile les uns à la suite des autres; je lis en déjeunant, en attendant que le souper cuise et en me couchant. Je plonge toute entière dans la fiction et je ne fais que compter les heures avant de pouvoir replonger dans ma lecture. Quand je suis obnubilée à ce point, c’est souvent car je suis tombée sur des coups de cœur; des bouquins qui me tiennent en haleine et qui me donnent envie de me couper du réel pour entrer complètement dans leur univers romancé. C’est alors terrible d’arriver à la dernière page. J’en voudrais plus. Je ne supporte pas que ça soit fini. La douleur d’arriver à la dernière page d’un roman Des fois, je lis un livre si incroyable et si vrai. La frustration ressentie à l’idée que le livre se finisse est alors trop intense. Je ne me résous pas à faire confiance à un autre romancier, tellement j’ai peur de me faire abandonner encore en …

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L’enfant, et l’espoir, perdus

J’avais rarement attendu un livre comme j’ai pu attendre la venue du dernier tome d’Elena Ferrante, mystérieuse auteure, L’amie prodigieuse tome IV, l’enfant perdue. La date de sortie était écrite à mon agenda et j’étais prête à me lancer dans la première librairie trouvée le jour béni du lancement. Chose prévue, chose faite, je me suis retrouvée avec ce livre volumineux et attendu dans les mains sans réellement savoir qu’en faire. M’y plonger tout de suite ou attendre, savourer, faire venir le désir pour mieux apprécier les pages qui allaient suivre? Le dernier tome d’une série possède toujours un goût doux amer et je me demandais si je saurais repousser cette amertume en me faisant patienter. Bien entendu, c’est le contraire qui s’est produit. Livre en mains, il n’était plus possible de m’arrêter. J’ai avalé les pages comme on se jetterait sur un repas après avoir été affamé. J’ai avalé les pages, la gorge bientôt aigre-douce. On retrouve, dans le dernier livre qui scellera leur aventure, les deux protagonistes principaux de la série, Lina et Elena, …

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Le goût d’aimer

Dans ce roman, au détour de chaque page on s’enfarge, on relit, on ferme les yeux pour méditer sur une phrase, l’usage d’un mot, sa signification. Christian Bobin a réussi à faire de La plus que vive un recueil de citations sur la vie, la mort, l’amour. Et pourtant, ce n’est pas du tout, avouons-le, une mince affaire. Même aujourd’hui je ne peux t’imaginer autrement que réfractaire, échappée, ton cœur fuyant dans la lumière. Je t’ai toujours sue inaccessible même dans la plus claire proximité. Je t’ai aimée dans ce savoir. L’éloge de l’authenticité Genre de biographie non linéaire sur une femme connue de l’auteur, on n’entre finalement jamais dans le détail. En fait, il s’agit de l’étalement de ce que cette Ghislaine signifiait pour l’auteur. Signifi-ait parce qu’en fait, Ghislaine décède à quarante-quatre ans. Et ce drame, élément déclencheur de l’écriture du roman, devient dans La plus que vive une raison d’évoquer les plus belles choses de la vie. Avec ce livre, on prend conscience de l’importance des moments ordinaires, anodins, puisque ce sont …

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Merveilleux et mysticisme : la plume onirique de Carole Martinez

C’est par hasard que j’ai lu Du domaine des Murmures et que j’ai découvert l’écrivaine Carole Martinez. Je choisis normalement scrupuleusement mes lectures en fonction de suggestions trouvées sur des blogues, à la radio, dans le journal, etc. J’ai emprunté Du domaine des Murmures parce que le Moyen-Âge me fascine. Je ne connaissais rien du récit et j’ai été soufflé par ce roman qui se réapproprie le merveilleux pour créer un conte poétique singulier. Par la suite, j’ai lu le Cœur cousu, premier roman de l’auteure, dans lequel j’ai retrouvé ce style, ce rythme, ce souffle et des thématiques semblables malgré deux univers bien distincts. Des personnages féminins marginalisés Du domaine des Murmures raconte l’histoire d’Esclarmonde qui, pour échapper à un mariage imposé, décide de se faire emmurer. Si le geste d’Esclarmonde nous semble tout à fait inusité, ce phénomène existait bel et bien au Moyen-Âge. Certaines femmes décidaient de se reclure pour toujours dans une cellule de quelques mètres contiguë à une église où seule une petite ouverture leur permettait d’avoir un contact avec …

Chercher Sam (l’autre)

J’ai découvert le nom de François Blais au détour d’un article qui faisait connaître au grand public certaines des lectures que les enseignants proposaient à leurs étudiants lors de leur cours de littérature. On y parlait avec détails et exclamations de Document 1, roman dont je n’avais jamais entendu parler. Sans savoir ce qui m’attendait dans ma lecture, je suis tombée sous le charme de cette plume vive et hilarante. Peu d’ouvrages m’amènent à rire à haute voix, ou à narrer mes lectures à qui veut bien les entendre. Ceux de François Blais le font. Ainsi, après avoir dévoré et adoré Document 1 je me suis lancée dans une seconde lecture de Blais : Sam. Et quelle lecture ce fut. Découvrir Sam Bercée par la langueur qui accompagne habituellement les vacances de Noël, je me suis plongée dans cet objet intrigant. Un titre simple, une couverture présentant le portrait d’une femme qui nous rappelle Twiggy, sur un fond gris, voici Sam. Mais qui est celle femme mystérieuse? Et surtout, d’où vient-elle? Alors qu’il fouille dans les …

Une enfance de Jésus, J. M. Coetzee, Éditions du seuil, Littérature étrangère, Le fil rouge, Le fil rouge lit, littérature, lecture, livre, littérature sud-africaine, bibliothérapie, livres qui font du bien, littérature du réfugié, terre d'accueil

Dans la peau d’un réfugié

Imaginez que vous arrivez dans un nouveau pays. Vous avez fui votre terre natale et avez tout laissé derrière. Dans cette patrie d’accueil, la langue vous est étrangère, les coutumes, non familières. Vous êtes accueilli dans un centre pour réfugiés, mais il s’avère une véritable blague bureaucratique et vous ne trouvez ni la personne responsable de vous assigner une chambre, ni celle en charge de vous donner un repas. Vous finissez par dormir sous un amas de tôles, avec comme seul repas deux maigres tranches de pain à la margarine. Maintenant, imaginez ce scénario à nouveau, mais cette fois ajoutez-y la présence d’un enfant dont vous seul êtes le responsable. Stressant, frustrant et étourdissant, n’est-ce pas? Bienvenue dans la peau de Simon, le protagoniste du roman Une enfance de Jésus de l’auteur sud-africain J. M. Coetzee. Nager en pleine perte de repères  Simon n’est pas le père de David. Un peu par hasard et un peu par obligation, les deux réfugiés se sont retrouvés soudés ensemble. C’est donc main dans la main qu’ils découvrent ensemble leur terre …

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Lagom, l’art de vie suédois

Les pays scandinaves m’ont toujours intriguée. Quand on a des vacances et qu’on a la chance de se payer un voyage, on sillonne l’Europe, on va dans le Sud, on visite l’Asie, mais les pays scandinaves? La première question que beaucoup de gens m’ont posée lorsque je leur ai dit que je partais pour Stockholm, c’est: « Mais pourquoi la Suède? ». C’est dire à quel point ces terres à peine plus froides qu’ici sont méconnues, puisqu’elles ont pourtant tellement à offrir pour l’explorateur avide de dépaysement. Et la Suède est très inspirante entre autres par son art de vivre nommé Lagom, qui favorise une existence basée sur la simplicité. Ce n’est pas juste un concept pour vendre des livres, je l’ai réellement ressenti quand j’y étais. Préconiser un équilibre entre le ni trop et le ni trop peu. J’ai voulu pousser plus loin le sujet en lisant là-dessus. Quelques livres sont sortis récemment sur le sujet, mais j’ai choisi Lagom, vivre mieux avec moins, d’Anna Brones, parce que l’auteure, aussi artiste et productrice de …

Baie déception, Julie Hétu, Planète rebelle, Julie McClemsn, Patrick Hivon

Baie déception : ou effleurer un monde qui ne vous quittera plus

Ce roman est mon grand coup de cœur de l’année! Julie Hétu nous offre Baie Déception que j’ai eu l’immense intuition d’acheter au Salon du livre de Montréal le mois dernier. Je suis encore habitée par cette histoire, de la confusion qui règne en moi, en nous sans doute, au moment de refermer les pages. Juste avant la fin, dans le livre, l’autrice nous suggère d’écouter les enregistrements de la mère, sur le CD d’accompagnement. SVP, respectez la consigne! La mère du petit Isaac prend vie par la voix de Julie McClemens, son père décédé, par la voix de Patrick Hivon… ajout tellement précieux à la lecture de ce grand roman. La création sonore des pistes à écouter est du compositeur Simon Angell (du groupe de Patrick Watson). Je vous promets… vous serez conquis! La tragédie de Baie Déception Baie Déception, c’est une baie en forme de cuillère à laquelle s’accrochent des montagnes, formant un manche. Cette baie fait partie du détroit d’Hudson, au nord de la péninsule d’Ungava, dans le Nord-du-Québec. Si vous voulez élargir vos …

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Arlington Park : juste une de ces choses de la vie

Le quotidien est densément rempli par nos bavardages sur tout et rien, mais il est également rempli de toutes ces choses qui ne sont pas dites. Ce que je pourrais qualifier de petits mensonges dans les « oui, ça va bien » alors que pourtant on se retrouve souvent épuisé par le rythme où va la vie, ont attiré ma curiosité. À quelle image parfaite s’accroche-t-on quand on dissimule l’épuisement du quotidien? Le roman de Rachel Cusk que j’ai choisi de lire révèle une facette cachée, et vécue, du quotidien dans la vie domestique. Sujet banal ? Bien au contraire… Le cynisme dans le quotidien À Arlington Park, il pleut cette journée-là. La pluie tombe sur toutes les demeures du riche quartier anglais et elle teintera de gris le roman. Celui-ci fait la narration d’un jour bien précis, mais qui en fait aurait pu être n’importe quel autre jour dans la vie des femmes dont il est question dans le récit. Je le rappelle, Rachel Cusk s’attarde dans ce roman au quotidien. Ce cher quotidien qui nous guette …