Mois : juin 2019

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La Société des grands fonds: Une mise en abyme littéraire et littérale!

«Quel lecteur qui se respecte n’a jamais cru atteindre, entre les pages d’un livre, le cœur caché des choses, battant la chamade au revers des apparences?» (p. 34) C’est par une double mise en abyme que Daniel Canty exprime, dans cet essai très personnel, son rapport aux livres et l’importance de la littérature dans sa vie. Comme si un livre qui parle de livres n’était pas déjà assez meta, l’auteur fait littéralement plonger son lecteur dans les profondeurs de sa psyché, dans sa «mer intérieure», par l’entremise de références constantes aux fonds marins – des références aux «abîmes» océaniques. Si son allégorie sous-marine manque parfois de clarté, il ne s’en soucie guère, car pour lui, la métaphore est le fondement même de notre interprétation du monde. L’apprentissage de la vie est un jeu d’associations, de rapprochements entre les idées à partir desquels nous développons des images et créons notre propre représentation du monde qui nous entoure. L’eau et le rapport métaphorique au réel constituent ensemble le fil conducteur du livre, le courant qui porte le …

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Chauffer le dehors: La réponse au dedans

« […] Le dehors est la seule réponse que j’ai trouvé au dedans. » Dire autrement les ruptures amoureuses. Voici le défi qu’a relevé Marie-Andrée Gill, autrice qui m’était inconnue jusqu’à présent. Icône de la poésie autochtone québécoise, elle a publié deux ouvrages avant de pondre celui-ci, sur l’impossibilité de l’amour. J’avais seulement entendu parler de Chauffer le dehors par le biais du Fil rouge, et le titre m’a tout de suite interpellée. Je me demandais bien ce que l’autrice voulait dire par « chauffer l’extérieur », parce qu’il n’y a rien de plus absurde que ça. Je voyais juste l’image de ma mère pensant à sa facture d’Hydro, qui me surprenait à ouvrir grand les fenêtres en plein mois de février pour « aérer un peu l’air » du salon qui sentait le calorifère. J’ai dévoré ce recueil en deux secondes, assise sur mon balcon, pendant que le soleil s’écrasait sur mes jeans noirs. Marie-Andrée Gill a fait resurgir des peines que je ne pensais plus voir. À chaque texte, je m’arrêtais pour laisser passer dans ma tête le film de …

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Michèle Plomer, une autrice épatante

Il y a eu un temps où j’ai laissé ma passion pour la lecture de côté. Lorsque je l’ai redécouverte, vers 2017, je me suis mise à acheter des livres de façon quasi aléatoire, assoiffée de nouveauté! Au fil de mes lectures, j’ai découvert plusieurs auteurs et autrices de talent. Mais j’avais envie de consacrer un article à une autrice qui m’a particulièrement épatée, soit Michèle Plomer. C’est grâce à une critique littéraire de la booktubeuse MH La lectrice que j’ai pu connaitre l’autrice (merci, en passant!). Depuis, j’ai pratiquement lu tous ses livres (soit HKPQ, Dragonville et Étincelles). J’ai vraiment accroché solide! Ce fut un réel régal littéraire! Voici pourquoi… Un style indescriptible Le style littéraire de Michèle Plomer est tellement original et unique qu’il en est indescriptible. Mais c’est loin d’être un défaut! Métaphoriquement parlant, c’est comme une recette différente pour chaque roman, regroupant plusieurs genres (un peu de suspense par-ci, un peu de fantasy par-là, une bonne tasse d’éléments biographiques et un peu de drame), tous bien dosés. Toutefois, il y a …

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Romans policiers et gastronomie: Quand lire donne faim

Les personnes qui me connaissent bien savent que j’aime beaucoup lire des romans policiers, ou polars, et que je m’intéresse à tout ce qui touche de près ou de loin à la gastronomie. La photo qui illustre cet article n’est qu’un mince échantillon des livres tirés de ma bibliothèque qui parlent de l’un, de l’autre ou de ces deux sujets. Alors, quand il y a une intrigue policière ou un bon suspense qui contient aussi des descriptions culinaires, je suis aux anges! Je suis consciente que c’est un simple effet de réel, pour rendre les personnages plus réalistes à nos yeux de lectrices et de lecteurs, mais il arrive tout de même que je choisisse une oeuvre spécifiquement parce que je sais que l’intrigue sera saupoudrée des repas de l’enquêteur ou de l’enquêtrice. Je vous partage donc ici quelques pistes de réflexion et suggestions sur le thème de la littérature policière et de la gastronomie. Kay Scarpetta et la gastronomie italienne Je commence par vous présenter mon personnage préféré d’enquêtrice qui cuisine. Kay Scarpetta est …

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Juliette: Les fantômes reviennent au printemps, chronique d’une famille ordinaire

Après Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d’une vie! et la trilogie Rosalie Blum, j’ai été ravie de voir que Camille Jourdy revenait avec un très bel ouvrage, à mi-chemin entre le roman graphique et la bande dessinée. On y rencontre Juliette, fragile, hypocondriaque et dépressive, qui décide de quitter Paris pour passer quelques jours dans sa famille en province. Ce n’est pas le début d’une grande aventure, mais d’une histoire comme seule l’autrice sait en raconter: celle du quotidien. Une histoire (presque) ordinaire Juliette, c’est l’histoire d’une famille d’aujourd’hui avec ses moments de tendresse et de complicité, ses disputes, ses détails anodins… Une chronique familiale douce-amère, qui dépeint des personnages tous plus attachants les uns que les autres. Survoltée, la mère de Juliette est une artiste décalée qui court après les hommes. Depuis que sa femme l’a quitté, le père de Juliette, un homme introverti, vit seul et oublie le jour d’arrivée de sa fille. À l’inverse de Juliette, sa sœur est exubérante, rondouillarde et trompe son mari. La grand-mère perd …

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Lorsque la passion littéraire devient entremetteuse en amour!

Les livres font partie de nos vies dès la plus tendre enfance. Que ce soit de doux moments passés avec nos parents avant le dodo ou des moments de lecture à l’école primaire. Au secondaire viennent les lectures obligatoires dans les cours de français. Pour certains, la passion des livres continuera de les suivre au-delà du scolaire. Ce fut mon cas! Les livres ont toujours été primordiaux pour moi : pour apprendre, pour me changer les idées, pour m’aider à progresser face à moi-même, pour connecter avec d’autres cultures, etc. Je n’aurais jamais cru, cependant, que les livres m’aideraient à trouver l’amour et à forger une belle complicité avec mon copain. Voici comment notre passion commune des livres fut entremetteuse en amour! Les premiers moments En raison de notre différence d’âge, rien ne nous prédestinait à être ensemble. Malgré cela, un premier rendez-vous fut convenu. Rapidement, lors de cette soirée, notre passion mutuelle pour les livres est ressortie et a meublé nos discussions. Il lisait depuis tout jeune, comme moi, et avait lu un large …

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L’Odyssée d’Hakim : la bande dessinée qui raconte la crise des réfugié.e.s

Force est d’admettre que je lis peu de bandes dessinées, à mon grand désarroi. Hormis le classique Persépolis et quelques numéros de l’attachante série des Paul de Michel Rabagliati, les romans graphiques demeurent peu présents dans mes lectures quotidiennes. Peut-être ai-je inconsciemment défavorisé ce créneau littéraire en l’associant aux lectures de mon enfance, comme beaucoup de gens le font, à tort. Pourtant, la bande dessinée est un formidable médium qui gagne à être découvert par un public adulte, surtout lorsqu’elle dépeint une réalité politique. C’est dans ce contexte que j’ai récemment éprouvé un gros coup de cœur pour la BD L’Odyssée d’Hakim, qui raconte le parcours d’un réfugié syrien de son pays natal à son arrivée en France. Le premier tome, publié en 2018, couvre la période 2011-2013 et nous amène de la Syrie à la Turquie. Non seulement cette bande dessinée démystifie le conflit syrien, elle humanise la situation de milliers d’exilé.e.s à travers le monde. Vulgariser un conflit politique L’Odyssée d’Hakim offre une vulgarisation efficace du conflit syrien, un conflit politique difficile à comprendre pour …

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Boréal 2019 – À la rencontre des passionnés de l’imaginaire

À peine revenue d’un merveilleux week-end au congrès Boréal, j’essaie de faire le tri dans mon cerveau bouillonnant afin de vous partager une part de mon expérience enrichissante. Le congrès Boréal, c’est le rendez-vous de la SFFQ*, un endroit où se rassemblent non seulement les gens du milieu littéraire, mais également les lecteurs, lectrices et adeptes du genre. Le premier congrès a eu lieu à Chicoutimi en 1979 sous la direction d’Élisabeth Vonarburg. Au fil des ans, le groupe de passionnés s’est agrandi pour devenir une vaste communauté solidaire. L’événement change de ville chaque année et la 40e édition s’est déroulée à Sherbrooke du 3 au 5 mai. Dans l’attente de Boréal Commençons par le début! J’ai assisté à mon premier congrès Boréal l’an dernier à Montréal. Malheureusement, des contraintes de temps m’avaient empêchée d’en profiter autant que je l’aurais souhaité. Mais seules quelques heures en présence de passionnés comme moi avaient suffi à me donner la piqûre. Je suis revenue à la maison avec l’impression d’être sur un nuage et j’en parlais à tout …

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Bouc émissaire en danger

Comme je déteste être à court d’idées de lectures, j’essaie le plus possible de prendre en note les titres dont j’entends parler ou qui me sont recommandés. Au bonheur des ogres de Daniel Pennac se trouvait dans ma liste de lectures futures depuis plus d’un an. Il s’agissait de l’un des romans préférés d’une de mes professeurs de français au cégep. Je ne savais rien ni de l’histoire ni de l’auteur, mais j’avais tout de même en tête de lire ce livre, et ce moment est finalement venu. Représentant officiel du magasin et de la famille Le roman a pour principal héros Benjamin Malaussène, qui mène une vie en apparence assez normale. Pourtant, elle contient tout de même certaines particularités. D’abord, le dénommé Benjamin travaille dans un grand magasin parisien où il occupe théoriquement la fonction de contrôleur technique. Dans les faits, il est plutôt bouc émissaire. Lorsqu’un client est mécontent de son achat, Benjamin est inévitablement le coupable. L’engueulade habituelle qui lui est servie par son supérieur et les larmes qu’il réussit facilement à …

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Chansons pour filles et garçons disparus : un hymne à la poésie québécoise

Dernièrement, j’ai été invité à une pièce de théâtre. J’y suis allé à l’aveuglette, ne sachant pas à quoi m’attendre. Je dois l’avouer, quand j’ai vu que le spectacle durait plus de trois heures, j’ai eu mes réticences. Je me suis dit que c’était beaucoup trop long et que j’allais décrocher. J’avais tort, mais tellement tort. Le spectacle a passé tellement vite et il n’y a pas eu une seconde où je me suis dit : « j’ai hâte que ça finisse ». Un joyeux chaos poétique Dans les médias, on décrit la pièce comme un joyeux chaos poétique et il n’y a sans doute pas meilleure description pour expliquer ce que j’ai vécu. La pièce, conçue par Loui Mauffette, s’inspire de ses souvenirs d’enfance et de ceux de son père, Guy Mauffette, animateur de radio. Avec une mise en scène de Benoit Landry, elle est jouée notablement par Nathalie Breuer, Kathleen Fortin, Émilie Gilbert, Roger La Rue, Pierre Lebeau, Jean-Simon Leduc, Gabriel Lemire, Macha Limonchik, Mylène Mackay, Catherine Paquin Béchard, Jean-Philippe Perras, Adèle Reinhardt …