All posts tagged: roman graphique

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Juliette: Les fantômes reviennent au printemps, chronique d’une famille ordinaire

Après Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d’une vie! et la trilogie Rosalie Blum, j’ai été ravie de voir que Camille Jourdy revenait avec un très bel ouvrage, à mi-chemin entre le roman graphique et la bande dessinée. On y rencontre Juliette, fragile, hypocondriaque et dépressive, qui décide de quitter Paris pour passer quelques jours dans sa famille en province. Ce n’est pas le début d’une grande aventure, mais d’une histoire comme seule l’autrice sait en raconter: celle du quotidien. Une histoire (presque) ordinaire Juliette, c’est l’histoire d’une famille d’aujourd’hui avec ses moments de tendresse et de complicité, ses disputes, ses détails anodins… Une chronique familiale douce-amère, qui dépeint des personnages tous plus attachants les uns que les autres. Survoltée, la mère de Juliette est une artiste décalée qui court après les hommes. Depuis que sa femme l’a quitté, le père de Juliette, un homme introverti, vit seul et oublie le jour d’arrivée de sa fille. À l’inverse de Juliette, sa sœur est exubérante, rondouillarde et trompe son mari. La grand-mère perd …

Un livre québécois par mois : Juin – POW POW

En mars, on lit un livre de la maison d’édition Pow Pow! Pow Pow est une jeune maison d’édition qui, malgré son jeune âge, a déjà beaucoup de bandes dessinées à son actif. Elle a vu le jour grâce à l’auteur Luc Bossé qui souhaitait s’autopublier, ainsi que quelques ami-e-s. Aujourd’hui, le catalogue de Pow Pow comprend près d’une quarantaine de titres créés par divers-e-s auteur-trice-s. En plus d’être une maison d’édition québécoise à succès, elle a un volet anglophone. Depuis novembre 2016, les livres sont aussi disponibles en Europe. Pourquoi avoir choisi les Éditions Pow Pow? Elle amène une diversité dans l’art de la bande dessinée et des romans graphiques québécois. Elle permet aussi à de jeunes auteurs-trice-s de se faire connaître. On s’y attache facilement grâce à son côté familial. Dès qu’on tombe sur un titre de Pow Pow, on souhaite en découvrir d’autres, c’est garanti! Voici quelques suggestions de lecture: Les ananas de la colère ; Cathon Moi aussi je voulais l’emporter ; Julie Delporte Les deuxièmes ; Zviane Phobies des moments …

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Quand la BD dépeint une enquête sur les relations amoureuses des jeunes iraniens

Jane Deuxard est le pseudonyme d’un couple de journalistes indépendants qui ont décidé de se rendre de manière clandestine en Iran pour recueillir les témoignages de jeunes iraniens concernant leur vie amoureuse. Leurs rencontres avec ces jeunes provenant de différents coins de l’Iran sont reproduites dans le roman graphique Love story à l’iranienne illustré par Deloupy. Ce livre, qui prend la forme d’un reportage, m’a particulièrement marquée en raison du climat politique particulier de l’Iran que l’on découvre dans ce livre. Idylles amoureuses, jeunesse et régime théocratique Le livre est divisé en plusieurs parties dont chacune est dédiée à un jeune iranien qui fait part au couple de journalistes de sa situation ainsi que de sa vision des relations amoureuses dans un pays où elles sont interdites avant le mariage et où les mariages arrangés sont fréquents. C’est très intéressant, car devant des règles aussi strictes, la question se pose : comment les jeunes iraniens vivent-ils leurs idylles amoureuses dans une société qui les interdit? Les journalistes ont fait l’effort de rencontrer des jeunes aux …

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Watchmen : le super-héros du roman graphique

Nous sommes en 1985. Dans un monde parallèle au nôtre, les super-héros font partie du quotidien. Dans ce monde dystopique, la guerre règne en maître. La corruption n’a plus aucune limite tandis que Richard Nixon en est à son cinquième mandat. L’angoisse est à son comble, et même les idoles d’autrefois ne sont plus que l’ombre d’elles-mêmes. La mort d’un comédien Cette histoire commence par la mort d’un ancien super-héros. C’est sur le pavé, après une chute de plusieurs étages, que la vie d’Edward Blake prend fin. Fidèle à lui-même, son ancien collègue fait de la découverte du coupable sa mission. Sa paranoïa l’entraîne à croire qu’une conspiration est derrière cet assassinat et que ses semblables et lui-même en sont les prochaines cibles. C’est dans une ambiance de polar illustré que les personnages se présentent à nous.  Reconnu comme étant un mercenaire sarcastique et violent qui est tout sauf attachant, Edward Blake porte comme un gant le surnom de Comédien. Pour lui, la vie est une blague. De nature indépendante, Rorschach n’a besoin de rien …

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Nick Cave à l’état brut

Il n’est pas surprenant de voir Nick Cave se mêler au domaine de la littérature. Sous mon œil, il demeure l’un des plus grands poètes de notre temps. Loin de moi l’idée de relancer le débat sur le prix Nobel de littérature de Bob Dylan, mais il faut appeler un chat un chat: Nick Cave, artiste d’origine australienne ayant un parcours musical impressionnant depuis les années 70, nous a livré certaines des chansons les plus poétiques depuis que l’humain est en mesure de mettre des paroles sur de la musique. Pas besoin de vous dire que je suis vendue. Reconnu pour ses ballades narratives au sein desquelles Cave donne vie à des personnages aux prises avec leurs pulsions et leurs contradictions, il est plutôt aisé de repérer les propres angoisses de l’artiste dissimulées sous sa plume. Créateur multidisciplinaire, il a publié plusieurs recueils de poésie ainsi que quelques romans, en plus de participer à l’écriture de scénarios destinés au cinéma. Bref, tout ce que touche Nick Cave se transforme en or, en art… pour ne …

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Certains aiment les monstres. Moi, ce que j’aime, c’est les découvertes!

Sortir de ma zone de confort littéraire est la ligne directrice que je me suis donnée pour guider le choix des lectures que je partage ici sur Le fil rouge, et je suis rarement déçue des découvertes qui en résultent. Ma plus récente, Moi, ce que j’aime, c’est les monstres ou My Favorite Thing Is Monster dans sa version originale, a justement été toute une découverte! Je n’ai pas l’habitude des romans graphiques et je n’avais aucune idée dans quoi je me lançais. Les critiques étaient dithyrambiques et le livre a été qualifié de chef-d’œuvre dès sa sortie en 2017. C’était en soi très intrigant, mais ce qui m’a réellement poussée à le lire, c’est l’histoire peu commune de l’autrice Emil Ferris. Réapprendre à dessiner Illustratrice de métier, Emil Ferris s’est retrouvée, après une piqûre de moustique, dans un lit d’hôpital, partiellement paralysée. La forme la plus grave du virus du Nil menaçait de la priver de sa mobilité et de sa motricité. Les médecins redoutaient qu’elle ne puisse marcher et encore moins dessiner de …

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Quand Pierre Lapointe devient conteur

J’ai depuis toujours un amour inconditionnel pour tout ce que crée Pierre Lapointe. Les paroles de ses chansons ainsi que sa musique, réussissent toujours à venir chercher en moi des émotions que j’essaie tant bien que mal de refouler. Je vous laisse ici un petit extrait de ma chanson préférée, Pointant le Nord, question de vous donner un peu l’eau à la bouche pour ceux d’entre vous qui ne le connaitraient pas. « Car il y a une rivière, qui a poussé entre nous Même si la terre toute entière ferme les yeux et s’en fout Et si un jour tu y plonges, moi j’y plongerais avec toi Pour noyer dans la pénombre la grandeur de nos ébats  Et si la terre toute entière se met à rire de nous Nous leur balancerons des pierres pour grafigner nos genoux Mais non jamais, mais oui je sais que je ne parlerais pas Bouche gelée jusqu’à ce que nos deux corps soient enterrés » Le conte réinventé Le tragique destin de Pépito, publié en 2016, m’a tout …

Moi aussi, immigrante, j’avais trouvé des semblables : Les platanes d’Istanbul

Des aquarelles floues et un titre qui mentionne Istanbul, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir Les platanes d’Istanbul, écrit par Tassia Trifiatis-Tezgel et illustré par Caroline Laverge, paru aux Éditions du passage. Le quatrième de couverture se lit ainsi: Un jour de 2011, mon mari H. et moi avons tout quitté pour déménager à Istanbul. Lui y retournait après 10 ans; moi, j’y allais pour la première fois, sans savoir si je reviendrais. Les yeux grands ouverts, j’ai fait mes papiers comme si j’allais rester. La prémisse est plutôt claire, c’est le récit d’une expatriée à Istanbul. Alors que ce type d’histoire peut prendre plusieurs formes, on se retrouve ici face à un objet bien unique, un livre-oeuvre d’art qui porte aux réflexions sur la vie, la mort, l’amitié, et qui, à travers un collage de moments et d’instants, retrace le parcours de cette femme – l’autrice – durant ses trois années de vie à Istanbul, en Turquie. Ralentir la cadence  Ce récit mérite d’être lu et relu lentement, de …

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Quand la vie perd son sens, comment retrouver sa légèreté

N’étant pas la plus grande lectrice de romans graphiques, je ne croyais pas un jour écrire un article portant sur ce genre littéraire. Or, dans le cas de La légèreté, je trouvais inévitable de partager ce coup de cœur. La scénariste et illustratrice de La légèreté est Catherine Meurisse, dessinatrice à Charlie Hebdo. Au moment de l’attentat contre le journal, elle y travaille depuis près de 10 ans. Or, ce 7 janvier 2015, elle arrive en retard à la conférence de la rédaction et survie à l’attentat alors que ses collègues, amis et mentors sont tués et blessés à l’intérieur des lieux. Dans la Légèreté, elle explique son processus pour guérir de l’immense blessure créée par cet événement tragique et retrouver sa légèreté. La légèreté, c’est tout ce que j’ai perdu le 7 janvier 2015 et que j’essaie de retrouver. La légèreté, c’est aussi le dessin. L’art comme remède à la douleur Vivant un profond traumatisme à la suite de ces événements, Catherine Meurisse dépeint, dans la première partie, les dix mois qui suivent l’attentat alors qu’elle est confuse …

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Nos clubs de lecture mai 2018 : Souffler dans la cassette, Moi aussi je voulais l’emporter et Journal d’un réfugié de campagne

En mai, c’était le début de nos trois clubs de lecture de l’été à Montréal. Nous avons lu trois livres complètement différents pour ce premier mois, les avis ont été mitigés et c’est ce que nous préférons, car cela créé des discussions excessivement riches! C’était aussi un grand plaisir de retrouver d’anciennes participantes et d’en rencontrer des nouvelles. On sent déjà que cette session estivale sera riche en inspirantes discussions autour des livres. Voici donc les comptes rendus de nos rencontres : Groupe #1, Rencontre au café Sfouf, lecture : Journal d’un réfugié de campagne de Jean Bédard Il s’agissait, pour toutes les participantes, de la première immersion dans l’oeuvre de Jean Bédard. De notre côté, deux participantes d’un autre de nos clubs de lecture ont adoré les romans de cet auteur, donc nous avions quelques attentes pour cette lecture. Or, ce livre-ci est bien loin d’être un roman. Comme le titre l’indique, il s’agit vraiment du journal de l’auteur qui vit à la campagne et qui partage son temps à entretenir sa terre et …