All posts tagged: Littérature québécoise

Antarctique Solo, la fantastique aventure de Frédéric Dion racontée par Bryan Perro

Oser l’aventure

Je ne sais pas exactement quand ma fixation pour l’Antarctique et les glaciers a commencé. J’ai toujours rêvé d’y aller, de marcher sur les glaciers et d’y être seule au monde. Un rêve bien peu réalisable, quand on y pense bien. L’Antarctique solo? Pfffff! Pourtant, quelqu’un bien de chez nous a réalisé cet exploit. Frédéric Dion a traversé l’Antarctique sur une distance de 4 383 kilomètres en 54 jours et 6 heures. Je ne sais pas pour vous, mais ces chiffres me donnent (littéralement!) froid dans le dos. Antarctique solo : cinquante quatre jours et des poussières de solitude (presque, parce qu’il aura quand même rencontré quelques personnes sur son passage), de neige et de sastrugi. Une aventure qui m’a donné des frissons dans le dos, de peur et, oui, d’un peu d’envie. L’Antarctique solo racontée par Bryan Perro Quand j’étais petite, Bryan Perro était mon auteur préféré. J’adorais ses histoires, mais j’adorais surtout sa façon de les raconter. Quand je suis allée au Salon Aventure et Plein air à Montréal et que j’ai vu …

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Partir de rien ou être forcée à grandir

Partir de rien est un roman écrit par Maude Nepveu-Villeneuve, paru aux éditions de Ta Mère en 2011 et réédité en 2019 avec une nouvelle première de couverture. Comme tous les livres de cette maison d’édition, le graphisme est alléchant et invite juste à vouloir plonger dans l’œuvre littéraire. À la mer pour tout recommencer Partir de rien est l’histoire de Chloé et Almée, deux meilleures amies d’enfance qui, après une fugue de quelques jours dans les champs, reviennent dans leur petit village natal désert. Il n’y a plus personne dans les rues, les maisons sont inoccupées et leurs familles sont parties sans explications. Les deux filles en profitent pour commencer une nouvelle aventure qui les mènera plus loin qu’elles ne le pensent. Elles rassemblent tout ce qu’elles peuvent trouver, livres et restants de nourriture, et partent à l’aventure avec leur lièvre Oreste. Elles décident d’aller jusqu’à la mer à vélo pour débuter leur nouvelle vie. Arrivées à la ville portuaire sans nom, elles décident de jouer les touristes quelques jours afin de découvrir la …

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Je pars en Inde : voyage à travers le monde et soi-même!

Cet hiver aura été plutôt difficile pour la plupart des gens avec cette météo en montagnes russes et un printemps se laissant désirer. Avec un tel hiver morose, l’envie de voyager se sera fait sentir pour plus d’un. Toutefois, le voyage n’étant pas toujours accessible à tous, il restait les livres sur quoi se rabattre pour s’évader afin d’oublier un tant soit peu notre calvaire enneigé et froid. D’ailleurs, en janvier, le blogue nous avait offert de belles suggestions pour se réchauffer. J’ai décidé, dans un moment de déprime hivernale, de choisir un des titres de cette liste en guise d’automédication. Voici ce qui est ressorti de ma lecture de Je pars en Inde de Véronique Daudelin.

Et vous, avez-vous déjà lu un livre vous ayant permis à la fois de voyager et de réfléchir sur votre propre existence? 

Mademoiselle Samedi Soir

La fin des commencements

J’ai toujours adoré les romans de Heather O’Neill. J’aime comment l’écriture est extrêmement imagée, comment elle fait également appel à l’imaginaire de l’enfance et des contes de fées tout en traitant de sujets on ne peut plus adultes. J’ai récemment assisté à une conférence de Katy Roy sur la bibliothérapie, et j’ai été marquée par l’importance thérapeutique de l’imagerie mentale, et par la façon dont cela vient faire appel à quelque chose de profondément ancré en nous. Avant que nous n’apprenions à parler le langage verbal, lorsque nous étions enfants, nous interprétions le monde à l’aide d’images plutôt que de mots; l’imagerie mentale vient refaire appel à cette connaissance primaire chez nous, et est utilisée dans ce roman comme une béquille pour affronter le quotidien: «Raphaël avait commencé à me bombarder de questions détaillées. Il essayait de couler mon porte-avions.» (p.306) Les romans de Heather O’Neill m’ont toujours fait un bien fou, et je n’avais pas spécifiquement compris pourquoi avant d’assister à cette conférence: c’est que le langage y est tellement imagé que ça ne …

M’étendre sur l’asphalte

«J’ai la tête qui éclate J’voudrais seulement dormir M’étendre sur l’asphalte Et me laisser mourir» «Le monde est stone», Starmania J’étais déjà charmée par le titre du roman jeunesse de Julie Bosman, qui représente la chanson «Le monde est stone», l’une de mes chansons préférées de la comédie musicale Starmania. Je me suis alors demandé si j’allais me retrouver dans un monde digne de Starmania? Ou encore dans une histoire où on retrouve une comédie musicale, ou qui sonne comme une comédie? N’aimant pas lire la quatrième de couverture avant de commencer ma lecture, je me gardais la surprise. Et j’ai rapidement constaté que l’idée du titre vient de l’époque. Je me suis retrouvée dans le corps d’une jeune femme de 12 ans, et dans un univers où on retrouve une petite odeur de fixatif. M’étendre sur l’asphalte parle des douleurs qu’on vit lors de l’adolescence : des premiers amours, des premières passions, des premières frustrations face à nos parents qu’on voudrait tant changer, des amitiés qu’on crée et qu’on perd, des montagnes russes d’émotions… et dans ce cas-ci, …

Soifs de Marie-Claire Blais

Soifs de Marie-Claire Blais, quand la récompense est à la hauteur des efforts fournis #LireLesAbsentes

Ça fait vraiment longtemps que je voulais lire Soifs de Marie-Claire Blais. Je connais la place importante qu’occupe cette écrivaine au Québec, et je sais que le cycle Soifs est considéré comme un élément majeur de sa carrière, mais à chaque fois que j’ai commencé à lire Soifs (le premier roman, qui donne aussi son nom au cycle), j’ai abandonné pour une raison ou une autre. Cet hiver, j’ai vu que le cycle entier allait être adapté au printemps au FTA et j’avais le goût moi aussi de #lirelesabsentes, alors je me suis dit que ça me faisait non pas une, mais deux bonnes raisons supplémentaires pour m’y mettre et au moins lire le premier roman du cycle. D’emblée, Soifs est une oeuvre dense, exigeante. Il faut avoir le temps et l’envie de s’y consacrer, car c’est un texte difficile, tant par le fond que par la forme. Sur la forme Je l’ai dit, Soifs est une oeuvre dense. Il n’y a aucun chapitre, vraiment beaucoup de virgules, des répétitions, des fragments de phrases laissées …

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Ton absence m’appartient : où l’identité se construit face au vide

Rose-Aimée Automne T. Morin a publié dernièrement son premier livre, Ton absence m’appartient, aux Éditions Stanké, et la frénésie de ce nouveau livre s’est emparée des réseaux sociaux. Je fais partie de ces personnes, toujours à l’affût des bookstagram pour faire des découvertes littéraires, particulièrement celles du Québec, et davantage si les livres sont encore chauds de l’imprimerie. Je suis le genre de personne qui se présente trop tôt en librairie le jour d’arrivée du livre alors que celui-ci est encore dans sa boîte de livraison. C’est à ce point que j’aime les nouveautés littéraires, mais mon portefeuille, un peu moins, disons. Le livre Ton absence m’appartient est l’un des livres dont j’attendais impatiemment l’arrivée dans ma bibliothèque. Ce n’est d’ailleurs pas mon premier coup de foudre chez cette maison d’édition. « Un ouvrage coup-de-poing sur l’identité, porté par une écriture d’une grande vulnérabilité. » (Éditions Stanké) Des histoires de grande résilience Ton absence m’appartient raconte plusieurs petites histoires sur la vie et sur le deuil. En effet, l’autrice raconte le deuil à travers six …

Un livre québécois par mois : Avril : Leméac

En avril, on lit un livre de la maison d’édition Leméac! Leméac a été fondé en 1957 par Gérard Leméac-Vigneau qui était le fils du libraire René-Jules Leméac. Alors qu’au départ, on y retrouvait des livres scientifiques, d’arts et des ouvrages d’intérêt général, aujourd’hui, nous connaissons surtout la maison d’édition pour ses romans, ses œuvres de théâtre ainsi que sa magnifique section jeunesse! On peut dire que la maison Leméac offre une littérature très variée. On peut aussi constater, depuis les années 2000, une tendance à traduire les œuvres d’auteurs et d’autrices canadien.ne.s anglais.e.s. On pourrait en conclure qu’elle est l’une des maisons d’édition les plus présentes et importantes au Québec. Pourquoi avoir choisi Leméac? Je crois que cette maison d’édition offre tellement de choix en ce qui a trait à la littérature qu’il est certain que je pourrais, ou que vous pourrez, tomber sur une oeuvre que vous allez aimer. De plus, elle sont rares les fois où j’ai été déçue de mes lectures. J’ai  un coup de cœur particulièrement pour leur sélection de livres jeunesse. …

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Un roman en 130 épisodes

Le roman Épisodies est arrivé un peu par hasard dans ma pile de livres à lire. En fait, je souhaitais explorer des nouvelles avenues en littérature, et c’est dans la section «microrécits» de La Peuplade que j’ai pu assouvir ce besoin de variété. Je n’avais jamais lu quelque chose qui ressemblait de près ou de loin à cette création de Michaël Lachance. 130 microrécits La toile de fond de ce roman est ce que Michaël Lachance appelle «l’Hôtel du Temps». Il s’agit en quelque sorte d’un non-lieu : jamais abordé de front, jamais réellement décrit en détails, l’Hôtel du Temps habite presque tous les microrécits et est aussi habité par eux: il permet donc de les relier entre eux. C’est en fait une réflexion générale sur la mémoire, sur notre lien avec le temps qui est tout à fait modulable et sur la présence forte des souvenirs et du ressenti dans nos parcours de vie.  «À l’Hotêl du Temps, je ne sors pas de mon crâne, pourtant le crâne peut recueillir l’Obscur, sinon les suies …

Le renard roux de l’été – Françoise de Luca

Dans Le renard roux de l’été, Françoise de Luca manie la plume avec dextérité et douceur et nous emporte, lecteur, vers une planète pas si lointaine, celle de la famille, de l’enfance difficile, mais dans laquelle tous peuvent se reconnaître. Cette autrice a un véritable don pour décrire la complexité des relations humaines. Dans ce roman, toutes les familles sont racontées à travers l’histoire d’une seule. D’une main experte, elle brosse le portrait d’une famille qui peut sembler banale de prime abord, mais qui renferme ses petits défauts et penchants déviants comme toute autre. J’avais déjà été séduite par le roman Sèna, paru en 2015 à la même maison d’édition, j’avais donc hâte de me replonger dans cette écriture toute en délicatesse et en dentelle. Encore une fois, de Luca frappe fort en décrivant les émotions les plus complexes avec une rare justesse. L’histoire Ce roman raconte la vie de Mathilde en commençant par ses plus lointains souvenirs d’enfant. Dès la naissance de son petit frère Mathéo, c’est l’amour fou entre ces deux bambins qui …