All posts tagged: Littérature québécoise

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Stalkeuses : Ode au voyeurisme et à l’indiscrétion

Guerrière emblématique de l’ère de l’Internet, la « stalkeuse » est cette créature qui traque, espionne et fouine de manière obsessionnelle. Sa forme la plus connue est sans aucun doute la stalkeuse des réseaux sociaux, celle qui passe à la loupe ton compte Facebook avant une date, qui part à la chasse de tes anciennes conquêtes parmi tes vieilles photos ou qui surveille un peu trop en direct ce que font tes amis et ta famille. Mais la stalkeuse est loin d’être une invention de la modernité numérique, ni d’être uniquement féminine : n’avons-nous pas toutes et tous déjà eu un père fouineur, une patronne indiscrète, un professeur envahissant, une voisine voyeuse, un chien curieux? Que ce soit par le trou d’une serrure, à travers la fenêtre de la cuisine ou avec une caméra de surveillance, la stalkeuse s’accapare le champ du regard et fait régner l’indiscrétion – amenant parfois à la révélation de quelque obsession originale. Fanie Demeule et Joyce Baker, directrices du recueil de nouvelles Stalkeuses, publié chez Québec Amérique, ont invité quatorze …

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Des frissons « sang pour sang québécois »

Si tu es né dans les années ’80 et que tu étais adepte d’histoires d’horreur étant jeune, il y a de fortes chances pour qu’un ou plusieurs livres de la collection Frissons te soient déjà tombés entre les mains. Et que, comme moi, tu en aies fait la lecture en cachette sous tes draps jusque tard dans la nuit. Avec plus d’un million d’exemplaires vendus seulement au Québec, c’est toute une génération qui a été marquée par cette collection aux histoires captivantes. Il y a deux ans, les éditions Héritage ont décidé de faire revivre les romans Frissons en rééditant certains de leurs classiques comme La gardienne de R. L. Stine. Les nouveaux Frissons sont publiés en grand format et les couvertures sont sublimes; les couleurs sombres et froides, celles de la nuit, sont à l’honneur et donnent un beau visuel. De nouvelles histoires… à saveur locale! J’étais fébrile de redécouvrir ces livres qui m’ont valu maintes nuits blanches. Mais ce qui m’a le plus allumée dans le retour de la collection, c’est la participation …

Cette maison : Un roman de maison hantée subversif

Je l’avoue : on dit toujours de ne pas choisir un livre pour sa couverture, mais c’est totalement ce que j’ai fait avec ce roman de David Mitchell. Au départ, j’ai été un tout petit peu déçue : je n’avais pas réalisé que je m’embarquais dans un roman traduit. Habituellement, j’aime bien lire les romans dans leur langue originale… Et puis, la déception est partie comme un coup de vent dans Slade Halley. Je suis tombée dans le piège, et je dois dire que le roman ne m’a pas fait long feu! La quatrième de couverture de Cette maison décrit le livre comme une « histoire de maison hantée nouveau genre où pastiche, humour et terreur se mélangent », et je crois qu’on peut difficilement mieux décrire ce genre parfaitement unique. « Je me représente les fœtus que Jonah et moi avons été, nous partageant l’utérus de Nellie Grayer, il y a cent seize ans; et à nos corps natals, qui se partagent la lacune depuis huit décennies. « Lui » est le nom d’un étranger; un …

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La maison des secrets

D’abord, mettons-nous tout de suite d’accord : si vous passez une nuit blanche à lire ce livre, je n’en serai aucunement responsable! Car, oui, Rang de la croix, de Katia Gagnon, fait partie de ces romans qu’il est impossible de lâcher une fois qu’on les a commencés, et qu’il est aussi difficile de décrire sans trop en dire… Au centre, une maison Au bout du rang de la Croix se dresse une sombre demeure érigée en 1934, une des plus anciennes du Témiscouata. Imposante, elle domine le paysage. Entre ses murs, de nombreux occupants se sont succédé au fil du temps, leur passage dans la maison bouleversant à jamais leur existence. La figure de la maison est une source infinie d’inspiration dans la littérature, et l’autrice joue ici avec force sur le mystère du lieu. À rebours, Katia Gagnon nous entraîne d’une main de maître dans les recoins de cette demeure, à la rencontre de ceux, et surtout de celles, qui l’ont habitée de générations en générations, poursuivis par leurs secrets et leurs cauchemars. 1994. Pierre, …

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Se venger par les mots : Chienne, de Marie-Pier Lafontaine

Le premier livre de Marie-Pier Lafontaine, publié chez Héliotrope, m’a tapé dans l’œil dès que j’en ai vu la première de couverture. La reliure est dure et l’image annonce la présence d’une certaine violence dans le livre. Le titre même, unique, renforce cette impression : Chienne. Tout de suite, j’ai pensé à l’insulte, à l’animosité qu’évoque le mot. « Parmi toutes les lois du père, il y en avait une d’ordre capital : ne pas raconter. » (p. 9) Chienne, c’est l’histoire de Marie-Pier Lafontaine, une histoire où deux petites filles sont faites prisonnières de la demeure familiale, prisonnières de leurs parents, principalement du père et de sa violence, tant physique que mentale. Un « inceste psychologique », comme le mentionne l’autrice dans un article de La Presse, qui domine l’enfance, où le mensonge sert de protection aux bourreaux. C’est une histoire de cauchemars, de violence et d’atrocités. Une histoire dont on ne penserait pas qu’elle puisse se passer à côté de chez soi. La littérature pour se libérer Chienne est construit en fragments, ce qui …

Le drap blanc de Céline Huyghebaert : Retracer les souvenirs

Retrouver le père absent Après le décès de son père, Céline constate qu’elle ne l’a pas vraiment connu, qu’il lui est quasi étranger. Il s’agit en quelque sorte d’un reproche qu’elle lui fait, mais surtout qu’elle se fait à elle-même. Ce projet de recherches se veut personnel, mais aussi documentaire et journalistique, car l’autrice y présente, entre autres, l’analyse de la signature de son père par une graphologue, parsème les pages du livre de photos d’archives et tente de récolter toutes les bribes d’informations à son sujet à l’aide d’entrevues enregistrées auprès de sa famille et de ses ami-e-s. La mémoire comme seule matière Elle interroge des proches avec des questions précises qu’elle reposera quelques années plus tard afin d’y déceler des éléments nouveaux, singuliers, qui lui permettront de définir Mario, son père. Céline désire confronter les paroles dites par les interviewés parce que la mémoire est une source instable et que les mots choisis ou modifiés par chaque individu peuvent être porteurs de sens inédits. Le temps fait la différence, bien que remuer les …

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Jusqu’au Mexique ou juste avant

C’est souvent en sortant de notre liste de livres à lire que l’on fait de belles trouvailles. Je marchais donc dans les allées de la bibliothèque lorsqu’une couverture dans les teintes d’orangé a attiré mon œil. On dira ce qu’on voudra, mais une première de couverture attrayante amène souvent bien des lecteurs à se plonger dans ses pages. Le bref résumé et l’étiquette apposée déclarant qu’il s’agissait d’un auteur québécois ont achevé de me convaincre. Je me suis donc plongée dans Une virée américaine, le sixième livre de François Jobin. L’origine de la virée américaine Le protagoniste, Zacharie Desforges, vit dans le petit village de Saint-Lude. Alors que certains villages ont pour principale caractéristique la tranquillité, ce n’est pas le cas de celui-ci. À Saint-Lude, la famille Charron fait sa loi. Le père fait trembler de terreur les plus vieux, tandis que son fils répète le scénario avec les plus jeunes. Un beau jour, Zach en a assez de subir les assauts de Mario, le plus jeune de la lignée des Charron. Il rouspète finalement, mais …

Il n’y a que les fous: Courtes histoires pour un été rempli de folies

L’été, il y a deux sortes de lectures que je privilégie: soit les gros romans captivants qui te font tourner chaque page à une vitesse folle ou bien les recueils de nouvelles. J’aime pouvoir embarquer rapidement dans un univers, le vivre à fond et passer au prochain. C’est pourquoi, lors de mon dernier voyage, j’ai apporté avec moi Il n’y a que les fous, un recueil de nouvelles sous la direction de Casie Bérard. Elle a su rassembler des auteurs incroyablement talentueux, mais également complètement déjantés. En ouverture, Cassie Bérard nous dit ceci: «On ne sait pas trop pourquoi ils font ce qu’ils font. S’imaginer des complots, tordre le langage, craindre le vol, tomber dans des amours impossibles, suer en public, tuer en public, toujours franchir les limites. Mais ils le font.» Et effectivement, au fil des nouvelles, on voit bien que la folie peut jouer sur plusieurs plateaux et sous plusieurs formes. Il n’y a que les fous qui ne trouve pas nouvelle à son pied Ce recueil abrite sous ses pages plusieurs auteurs …

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La fin du monde est à minuit

« Enfant il a volé une poupée à sa sœur par un tout petit trou dans le pied l’a vidée de sa mousse on l’a retrouvé dans la garde-robe inconsolable la bouche ouverte pleine de bourrure il essayait de se remplir. » (p. 45) J’ai découvert Mireille Gagné en octobre dernier, lors de la dernière édition de la Nuit de la poésie organisée par Québec en toutes lettres. C’était la première fois que j’assistais à l’événement et j’ai été étonnée par le nombre de spectateurs venus assister aux lectures – nombre qui dépassait sûrement la capacité sécuritaire de la salle, d’ailleurs! La poète gruoise (on n’a pas assez souvent l’occasion d’utiliser le gentilé de L’Isle-aux-Grues!) y a lu des extraits de son dernier recueil. Sa lecture a été mon coup de cœur de la soirée et, dès le lendemain, j’ai couru à la librairie me procurer son livre : Minuit moins deux avant la fin du monde. Tic, tac… Tic, tac… Le titre du recueil fait référence à l’horloge de la fin du monde, créée en …