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Poupée volée ; entre obsession et maternité

Je me fais un point d’honneur de lire tout ce qui est traduit en français de l’auteure italienne Elena Ferrante, auteure de la série à énorme succès L’amie prodigieuse, série soit dit en passant EXCELLENTE que je vous recommande sans plus tarder, j’en ai d’ailleurs parlé ici et ici. L’an dernier, j’ai aussi lu Les jours de mon abandon de cette auteure. Comme ce dernier, Poupée volée est un roman individuel, qui ne concerne pas la saga, même si en le lisant, je ne pouvais m’empêcher de penser aux personnages de la série. J’ai d’ailleurs trouvé beaucoup de points communs entre le personnage principal et Leda; elles ont un peu un destin semblable. Alors si vous aviez besoin d’un livre pour l’attente du dernier roman, je vous recommande Poupée volée. Obsession  Poupée volée est un roman psychologique qui raconte l’histoire de Leda, une universitaire de 48 ans qui décide d’aller passer l’été près de la mer, proche de Naples, histoire de préparer ses cours tout en profitant du beau temps et en s’offrant des instants de calme. Mère de deux …

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Je veux devenir moine zen ! ou l’art de laisser grandir

Ryôta est un enfant turbulent, bagarreur, mauvais élève et très doué pour s’attirer des ennuis. Son père, qui pratique le zen tous les dimanches, décide donc de l’emmener avec lui au temple pour ses heures de pratique. Dans ces moments, il est alors un tout autre enfant, calme, introverti, obéissant. Un dimanche matin, alors qu’il n’a que 8 ans, Ryôta annonce à son père qu’il souhaite devenir moine, et lui demande de l’aider dans les démarches à accomplir. C’est pile là que ce court roman m’a étonnée, car, malgré ce que le titre m’a laissé croire, l’auteur ne me racontera pas l’histoire de Ryôta. Enfin, pas tout à fait… De la difficulté d’être parent Il s’agit plutôt de l’histoire de ses parents, et de toutes les difficultés qu’ils vont rencontrer à partir de l’annonce de sa vocation et pendant les années qui vont suivre. Pour commencer, comment réagir à une telle annonce, faite en plus par un enfant aussi jeune ? Puis, les années passant et l’enfant s’affirmant, comment réagir face à ses convictions, mais aussi …

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Écrire parce qu’on ne sait pas quoi faire d’autre : Les désordres amoureux de Marie Demers

Les désordres amoureux, c’est le roman des échecs amoureux à répétition, des patterns qui reviennent, des désirs illusoires, de l’éternelle insatisfaction, bref, du côté « laid » des relations amoureuses. L’histoire, une autofiction assumée, se concentre autour des amours de Marianne, jeune femme dans la vingtaine qui fait son chemin dans la vie, entre le dépôt de son mémoire de maîtrise, ses jobs dans la restauration, son désir d’écrire, ses escapades en voyage et surtout, les hommes qui viennent et qui repartent. L’amour, le désordre et Marianne Marianne – prénom qui résonne avec celui de l’auteure – est quelqu’un d’intense, d’impulsif et d’un-peu-trop-toute. Elle a un caractère fort, elle sait ce qu’elle veut et elle l’affirme bien haut. Mais malgré cela, c’est aussi une fille qui se cherche, une personne vulnérable qui agit en suivant ses émotions, non sans le regretter parfois, par la suite. Elle est proche de ce qu’elle est et de ce qu’elle ressent, et c’est ce que j’aime particulièrement chez elle. Elle est extrêmement lucide, entière et vraie. Le roman met en scène …

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Avec La femme tombée du ciel, Thomas King m’a appris l’écologie optimiste

Ce livre est arrivé un peu par hasard sur ma pile de lecture, et je m’y suis plongée sans même un regard à la quatrième de couverture. Quand je me suis rendu compte qu’il y était question de catastrophe écologique – et bien que déjà certaine qu’il ne s’agissait pas d’un récit post-apocalyptique –, je me suis mise à craindre le pire : descriptions déprimantes de faune et de flore à l’agonie, sermons culpabilisants sur l’importance de la protection de la nature, ou alors évocations terrifiantes d’un avenir détruit. Heureusement, rien de tout ça n’est jamais arrivé. Un début de légende Le récit m’a happée dès le premier chapitre : un homme est au bord d’une falaise, il attend la marée montante qui l’emportera, tout en chantant accompagné de son tambour. Mais plutôt que de le prendre, la mer lui apporte des naufragés, comme venus de nulle part, qui disparaîtront aussi vite qu’ils sont apparus. Nous sommes à Samaritan Bay, ville côtière (imaginaire à mon grand regret) où les tortues venaient pondre avant ce Très-Mauvais-Jour. En effet, …

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Je ne sais pas penser ma mort : un essai qui résonne

Dès que j’ai aperçu Le titre Je ne sais pas penser ma mort, j’ai su que je désirais lire cet essai. C’était plus fort que moi, mon attention avait été piquée. Il faut dire aussi que j’aime ce que font les Éditions La Peuplade et que je trouvais le bouquin fort joli, ce qui ne nuit pas, du moins pour ma part. Cet essai regroupe plusieurs textes et réflexions que l’auteure Marisol Drouin a écrits à la suite de l’abandon de son roman sur lequel elle travaillait depuis cinq ans. Elle se met donc à écrire plus librement, sans contraintes et sans attentes; c’est ce qui a donné Je ne sais penser ma mort. Un essai plein d’honnêteté qui résonne en moi, depuis la fin de ma lecture. On se retrouve devant des textes qui n’ont pas nécessairement de linéarité les uns avec les autres, mais c’est grâce à la voix de l’auteure, grâce à sa plume sincère et engagée, que je me suis vue lire ce livre en quelques petites heures. Tout d’abord, c’est …

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Un brin de nostalgie avec La Belle Sauvage

Quelle merveilleuse surprise que nous réservait Philip Pullman, laquelle fut révélée un peu plus tôt cette année! J’avais mis la trilogie d’À la croisée des mondes bien derrière moi, dissimulée dans un coffre-fort où il me prend trop souvent l’envie de me replonger pour y redécouvrir à nouveau mes trésors d’antan. Cette fois, nul besoin puisque l’auteur de la série jeunesse nous offre une toute nouvelle saga qui s’ancre dans l’univers que nous avons connu auparavant à travers les aventures de Lyra Belacqua. À quoi peut-on s’attendre dans le premier tome de cette nouvelle trilogie, La Belle Sauvage, et ce, autant en tant qu’anciens admirateurs qu’en tant que nouveaux curieux? C’est ce que nous allons voir. Résumé Détrompez-vous, Lyra n’est pas la protagoniste principale de ce tout récent fragment d’épopée. Il s’agit plutôt de l’histoire d’un jeune garçon prénommé Malcolm, dont les parents sont propriétaires de l’auberge de la Truite. En fait, c’est précisément en ce lieu que le tout débute. En aidant aux tâches de l’auberge, Malcolm, garçon à l’esprit assez aventurier, avouons-le, a …

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Lignée de femmes soudées

Cet automne, nous avons reçu un communiqué de presse de Québec Amérique annonçant la traduction française d’un roman manitobain ayant eu énormément de succès depuis sa parution. Il s’agissait de Ligne brisée de Katherena Vermette, la version française de The break, traduit par nul autre que Mélissa Verreault. J’ai tout de suite eu envie de découvrir ce roman. On en parlait comme d’un incontournable et les thèmes ont, d’emblée, suscité mon intérêt. Il s’agit d’un roman traitant de la violence que subissent les femmes autochtones. C’est un roman choral qui suit plusieurs femmes toutes connectées de différentes manières, ces femmes sont de différentes générations, mais elles ont en commun de subir du racisme systémique. Elles s’unissent, se soutiennent, se séparent, s’éloignent, se révoltent, portent en elles des noirceurs, mais malgré tout, elles sont soudées. L’histoire débute avec le viol d’une jeune fille de 13 ans auquel assiste, par sa fenêtre, sans le vouloir, une jeune mère tenant son enfant dans ses bras. Dès les premières pages, on se sent impliqué dans l’histoire, on veut savoir ce qui est …

Les coups de coeur littéraires 2017 des fileuses

Carolyne  Les possibles du féminisme: agir sans « nous », de Diane Lamoureux Les luttes fécondes, de Catherine Dorion Éva Circé-Côté, libre-penseuse, 1871-1949, d’Andrée Lévesque Borderline, de Marie-Sissi Labrèche Matricide, de Katherine Raymond Marjorie L’imparfaite amitié que j’ai lu presque d’une traite et qui a résonné profondément en moi, sans que je sache vraiment pourquoi. J’ai adoré la plume et les réflexions de Mylène Bouchard. Les luttes fécondes, essai d’atelier 10 qui est arrivé dans ma vie au bon moment. Le monde est à toi de Martine Delvaux. Je ne sais quoi dire d’autre que c’était une magnifique lecture, douce et forte à la fois. Et, en rafale, je dirais aussi, Futur sex de Emilie Witt, The mother of all questions de Rebecca Solnit et tous les livres que nous avons mis dans les 12 derniers coffrets, bien sûr! 🙂 Ariane – Comme une chaleur de feu de camp, d’Amélie Panneton – Tortues à l’infini, de John Green – The Sun & her flowers, de Rupi Kaur – Daniil et Vanya, de Marie-Hélène Larochelle – Romance …

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Le premier méchant de Miranda July, mon 3e!

Un premier méchant Ce roman est le troisième roman de Miranda July, que je dévore mais, est en fait sont tout premier publié. Je suis tombée en amour avec cette femme, ses univers, ses voix intérieures et ses films. Et c’est un livre qui fait du bien, un univers qui transporte! Son globus hystericus (boule d’angoisse à la gorge, pour laquelle elle se fait soigner par la chromothérapie) devient le prétexte central dans cette histoire pour nous transporter au cœur de cette spirale où l’on est enfermé. Cela peut s’apparenter à vivre dans l’œil d’une tornade, mais en y regardant avec un microscope; on y perd l’image globale, mais on en ressort soufflée. J’ai adoré ce roman. Déstabilisant, présenté avec une lumière que certains pourraient qualifier de fade, July y dépeint toute la poésie d’un quotidien délavé. Les fantaisies que chacun s’invente, tous ces petits drames microscopiques que tous peuvent monter en épingle y sont décortiqués, pour notre plus grand plaisir, avec une précision psychotique! Il n’a pas de nom – je l’appelle juste mon système. Disons …

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Être en désaccord avec la fiction

Il y a quelques semaines, je terminais avec délice le dernier épisode des six saisons de Sex and the City, genre huit ans dans les maritimes. Ouin, il était temps, certaines me diront. Constat :  je l’ai adorée. Préalablement, je m’étais pourtant demandée si je ne me lançais pas dans une de ces séries « de filles » dont le niveau de quétainerie atteignait des sommets astronomiques et qui, de surcroit, me taperait sur les nerfs. Et bien non. J’y ai trouvé peu de défauts ou de choses à redire, je l’ai trouvée amusante et convaincante et je me suis beaucoup attachée aux personnages. Une finale réussie À l’issue du dernier épisode, j’étais satisfaite. J’ai trouvé la finale tout à fait réussie. Genre « all was well » à la manière des derniers mots du septième livre de Harry Potter. Je trouvais que tout se terminait pour le mieux et dans la plus grande des logiques. Mr. Big était enfin capable de dire à Carrie qu’il l’aimait et décidait de se lancer avec elle dans une …