Mois : octobre 2017

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Les BD de Guy Delisle : exploration en images

L’été dernier, j’ai eu quelques semaines où mon horaire était super chargé. J’avais de longues journées de travail qui me demandaient beaucoup de concentration et de patience. Je rentrais le soir épuisée, parfois avec juste la force de m’effondrer dans mon lit. C’est dire que je n’étais pas dans un état propice pour faire de grandes lectures! J’avais bien un roman en cours pour les quelques temps morts que je pouvais avoir dans la journée, mais j’avançais à pas de tortue; c’était plus frustrant qu’autre chose. Alors, au lieu de m’acharner, j’ai parcouru mes livres dans ma bibliothèque, et j’ai pris une BD qu’une très bonne amie m’avait prêtée il y a déjà quelques années : Chroniques de Jérusalem. Ce fut un bonheur total, de la première à la dernière page. C’était exactement ce dont j’avais besoin et tout à fait le genre de BD qui me plaît. À peine avais-je tourné la dernière page que je me précipitais à la bibliothèque pour aller chercher les autres albums du bédéiste. Tour à tour, Guy Delisle …

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Mots d’amour (philosophiques) pour animaux

Devrais-je cesser de manger de la viande? Devrais-je aussi éliminer de mon alimentation le poisson, le lait et le miel? Que faire de mes souliers en cuir? Est-ce une bonne idée d’imposer mon mode de vie à un animal de compagnie? Devrais-je considérer les bêtes comme mes égales? Si vous remettez en question votre rapport avec les « confrères » du règne animal, je vous suggère de lire Lettre ouverte aux animaux (et à ceux qui les aiment) de Frédéric Lenoir. Même les véganes les plus convaincus y trouveront leur compte, car le philosophe, sociologue et auteur entraîne la réflexion sur plusieurs plans et à différents niveaux. Chérir Brutus le chien et Pixel le chat, mais se nourrir — et forcément engendrer la souffrance — d’un bœuf ou d’un poulet anonyme? Voici la schizophrénie morale abordée dans la dernière publication du militant pour les droits des animaux Frédéric Lenoir. Le prolifique auteur fait le tour des grandes questions philosophiques portant sur la protection des bêtes. Il ratisse large : ses réflexions sont à la fois ethnologiques, théologiques, rhétoriques et …

S’appartenir(e) au féminin, sous toutes ses formes

S’appartenir(e) est une petite plaquette qui me faisait de l’oeil depuis un bon moment déjà. Publiée dans la collection « pièces » chez atelier 10, s’appartenir(e) se décrit ainsi ; Jouissif et décomplexé, «S’appartenir(e)» rassemble les paroles de neuf auteures. On y parle de notre façon d’être moderne et préhistorique à la fois. De notre rapport à l’éducation. De cette foutue question du pays qui se pose encore bizarrement. De nos paradoxes si multiples. De l’Histoire. Celle qui s’écrit. Celle qui nous échappe parce que trop peu enseignée. Celle des peuples autochtones encore mal comprise. Celle qui nous définit. On y parle des nuances qui s’évaporent dans les brumes de l’inconscience collective. C’est le thème de l’appartenance à soi-même, d’abord et avant tout, qui est venu me chercher. C’est ce jeu entre politique et privé tout comme ce jeu entre les formes et styles utilisés, qui a par la suite su garder mon attention. Le collectif. Avec le temps, force est d’admettre que je suis de plus en plus fan de collectifs. J’aime la pluralité des voix, …

Trans : Je suis Samuel

J’ai eu la chance de rencontrer le sympathique doctorant Samuel Champagne lors d’un événement académique, il y a de cela quelques années. En découvrant qu’il est auteur, je m’étais promis de mettre la main sur ses livres. Il avait alors déjà publié trois œuvres de fiction destinées à la jeunesse : Recrue (2013), Garçon manqué (2014) et sa suite, Éloi (2015), qui abordent la transsexualité et l’homosexualité. Je ne les ai pas encore lues, mais toujours est-il que j’ai dévoré son tout dernier livre, Trans, paru en 2017 (Éditions de Mortagne). En lisant son récit de témoignage, j’ai retrouvé le garçon sensible et vrai que j’ai croisé en Ontario, pour le suivre cette fois à travers le périple d’une vie, la sienne, celle d’une personne transidentitaire.     D’abord, pourquoi employer « transidentitaire » plutôt que « transgenre » ou « transsexuel »? Au début de son ouvrage, Samuel nous explique qu’il préfère le terme « transidentitaire », car il englobe davantage d’individus tout en limitant les exclusions. Pourquoi prêter l’oreille au récit de vie d’une personne transidentitaire? Je laisse Samuel répondre :   « Mon existence …

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Littérature et incarcération: les clubs de lecture pour se reconstruire

J’ai participé à deux reprises à des clubs de lecture; une fois avec Le fil rouge et l’autre avec un groupe d’amies féministes. À chaque mois, ces rencontres arrivaient juste à temps, elles étaient pour moi un répit nécessaire qui passait par la littérature. À propos de ces clubs, je dois dire que j’aime autant l’idée en soi de se réunir autour de lectures communes que le pouvoir émancipateur qui se dégage de pouvoir échanger sur celles-ci. Un peu comme si ces moments donnaient un second souffle aux œuvres, elles prenaient vie parmi nous et bénéficiaient d’un prolongement possible par la parole. Mais j’éprouvais également, lors de ces soirées, un plaisir indéniable à formuler des opinions à brûle-pourpoint, quitte à me mettre à rire en réalisant l’incohérence de mes propos. Au travers de ces discussions sur la littérature, je me surprenais surtout de l’aisance avec laquelle nous partagions nos vies. J’y ai souvent ressenti un fort sentiment de solidarité et de bien-être : un safe space en tout point. C’est à l’émission de radio Médium large …

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La tresse : trois destins de femmes qui s’entremêlent

La tresse de Laetitica Colombani, ce livre jaune que vous avez dû voir souvent cet été, m’a accompagnée un après-midi d’été. Personnellement, je l’ai souvent croisé sur Instagram. C’était une nouveauté de l’été qui a bien fait jaser; soit les gens ont adoré ou ont plutôt détesté. Déjà traduit dans une vingtaine de langues et best-seller en France (+ de 150 000 exemplaires vendus), ce premier roman de la scénariste française n’est pas passé inaperçu! De mon côté, je dois avouer que je suis mitigée. Les premières pages m’ont beaucoup plu, mais par la suite, j’ai eu le sentiment de savoir page par page ce que je lirais, tellement le roman s’avère cliché et prévisible. Néanmoins, j’ai continué ma lecture, car c’est un roman qui se lit bien, rapidement (il est conçu un peu à l’image du cinéma en y allant plan par plan) et qui est rempli de bons sentiments, donc qui ne demande pas un très gros engagement moral en le lisant. C’était très gentillet, comme on dit! La tresse, c’est l’histoire de trois …

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Le sexe selon Boucar

C’est en tentant de répondre à l’incontournable question « Papa, comment on fait des bébés? » — posée par Anthony, alors âgé de six ans — que Boucar Diouf a décidé d’écrire un spectacle et un livre au sujet de la reproduction humaine. Se basant sur les réactions de ses étudiants en physiologie de la reproduction, l’ex-enseignant remet en question la métaphorique éducation sexuelle du passé et désire mieux outiller les parents qui seront un jour confrontés à la « grande question » : Pour ma part, je suis convaincu qu’on sous-estime l’intelligence des enfants et qu’il faudrait, à partir d’un certain âge, leur dire la vérité sans l’enrober de substantifs enfantins. Si on continue à dire aux enfants que les petits garçons naissent dans les choux et les petites filles dans les roses, il y a de fortes chances qu’à l’âge adulte, ils ne fassent pas la différence entre sexe et jardinage. Aussi préoccupé par la culture du viol, il plaide pour le retour des cours d’éducation sexuelle décomplexés, basés sur « la vérité scientifique, la mesure et le respect » : Si …

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Je voudrais qu’on m’efface : on ne choisit pas sa famille

Le 12 août passé a eu lieu la journée « j’achète un livre québécois ». J’en ai donc profité après le travail pour me réfugier en librairie, histoire de participer à cet événement initié par Patrice Cazeault et Amélie Dubé, il y a quatre ans. Mon choix s’est arrêté sur deux œuvres québécoises, Filles de Marie Darsigny et Je voudrais qu’on m’efface d’Anaïs Barbeau-Lavalette. Je voudrais qu’on m’efface est le premier roman de l’auteure de La femme qui fuit, que tout le monde a adoré (je n’ai pas encore rencontré à ce jour quelqu’un qui n’a pas aimé ce livre). Ayant moi-même été particulièrement touchée par la lecture de ce dernier, je me suis rapidement emparée de sa première œuvre littéraire et l’ai lue en quelques jours seulement. Une complicité non assumée De sa petite taille de 145 pages, le livre a la capacité de faire chavirer le lecteur dans diverses émotions fortes qui brûlent en dedans. L’auteure dresse le portrait triste mais juste de trois familles qui vivent dans la misère et la pauvreté d’un immeuble résidentiel, à …

Tous (un peu) extraterrestres, non?

Moi, je suis pas comme les autres. Je marche sur la Terre, je vais à l’école, j’ai une maison, un papa, une maman et un chien. Ça, c’est normal. Mais le truc bizarre, c’est que plusieurs fois par jour, je voyage sur une autre planète. L’imagination enfantine à l’âge adulte est trop souvent broyée par les responsabilités, le quotidien en urgence et les to-do-lists qui n’en finissent plus… Un album pour recommencer à rêver un peu : pourquoi pas? C’est avec des croquis délicats et colorés, avec un petit Léon adorable et attachant, que nous arrive le duo Jo Witek et Stéphane Kiehl. Cet album nous ouvre, avec justesse, une porte menant à l’univers imaginaire des enfants. Un album qui, sans aucun doute, fera surgir des souvenirs d’enfance; les bols de céréales, les dessins de craie, les mains sales, les premières journées d’école, les courses de petites voitures, toutes ces grandes premières fois… Léon est un petit garçon aussi sensible que rêveur. En apparence, il est un enfant comme les autres. Tout de ce qu’il …