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Autour des livres : Les éditeurs en feu

C’est en septembre dernier que Florence Falgueyret et Simon Harvey ont lancé leur toute nouvelle maison d’édition, Les éditeurs en feu. L’ambiance était chaleureuse et festive au Zaz Bar, où la soirée avait lieu. Plusieurs sont repartis avec les deux premiers livres de la maison d’édition lancés ce soir-là, soit Les Réserves, de Florence Falgueyret et Journal d’un étudiant en lettres, de David Fiore Laroche. Je suis moi-même tombée sous le charme de ces œuvres qui se distinguaient par le fond et la forme de tout ce que j’avais lu jusqu’à présent. Petite entrevue enflammée avec les deux éditeurs passionnés. 1. Quel est votre premier souvenir en lien avec la lecture ? SH : Mon parrain m’avait offert Tintin en Amérique. C’est une lecture fondatrice pour moi qui m’accompagne encore dans ma démarche d’écriture. Je suis obsédé par l’alliance entre image, récit et dialogue. FF : Dans la maison, nous avions un gros livre illustré des Fables de La Fontaine. Je les lisais tellement que j’en avais mémorisé quelques-unes et dès que c’était possible, pour « faire mon show », …

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Les racines d’une famille fragmentée

Je fouinais dans les rayons de la bibliothèque de ma ville à la recherche de ma prochaine lecture. Juste pour le plaisir, mais aussi dans l’intention de découvrir des livres dont je n’aurais jamais entendu parler. J’aime me laisser surprendre par les découvertes que je peux faire, pour élargir mes horizons, pour me pousser à lire des livres que je n’aurais jamais été portée à choisir. Et récemment, j’ai fait une belle découverte. La femme fragment, de Danielle Dumais. Un roman paru en 2009 qui figure parmi la collection Première Impression de Québec Amérique, une collection dédiée à la relève littéraire qui publie les premières œuvres d’auteurs émergents. Alors, j’ai décidé de lui donner une chance. Orpheline de mère, Caroline Dupré a grandi avec un père jardinier poète, un ancien soldat misanthrope qui se plaisait à lui raconter beaucoup d’histoires et qui lui a donné beaucoup d’affection. Quand Caroline devient une jeune femme, elle sent qu’il lui manque une partie d’elle, qu’un comportement dans ses relations amoureuses cloche, qu’elle manque de repères, de réponses à ses …

Feue d’Ariane Lessard : des personnages brisés dans un village aux multiples secrets

Bien avant la sortie de Feue d’Ariane Lessard, ce qu’on en disait était déjà prometteur. Je me suis alors lancée dans cette lecture, dans cette histoire complexe, mais finement ficelée par l’autrice. Ce roman a quelque chose de particulier dans la mesure où nous avons accès à des voix diverses émettant leurs propres opinions et perceptions, voire des mensonges. C’est en poursuivant la lecture que des précisions, des souvenirs et des témoignages nous permettent de répondre à certaines de nos interrogations ainsi que celles des personnages eux-mêmes. Nous découvrons ainsi des narrations distinctes adaptées en fonction des personnages tels que Virginia, cette jeune adolescente énigmatique, qui aurait hérité de la folie de sa mère Vanessa, personnage tout aussi sibyllin, dont les secrets l’entourant tiennent bon, restent quasi intacts, jusqu’à la fin. La présence et la non-présence de Vanessa, son caractère presque fantomatique, ainsi que les nombreuses ellipses qui parsèment l’histoire confient au roman l’allure du conte et soulignent au passage l’originalité de l’œuvre chorale d’Ariane Lessard. Un village consumé Les personnages sont tous liés d’une …

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Des noms fictifs criants de réalisme

C’est un véritable coup de cœur que j’ai éprouvé cet automne pour le roman Noms fictifs. Ce livre raconte le quotidien de son auteur, Olivier Sylvestre, qui travaille depuis 2006 comme intervenant en dépendance dans un centre pour toxicomanes à Montréal. Au fil du récit, on croise des personnages inspirés des patient.e.s qu’il a aidé.e.s dans le cadre de son travail au cours des dix dernières années. La grande force du roman repose, selon moi, sur la vraisemblance des personnages, leur psychologie étant particulièrement bien dépeinte. Le titre du livre est, en ce sens, une astucieuse trouvaille : si les noms des protagonistes sont fictifs, leurs personnalités sont, quant à elles, bien réelles. L’auteur a créé avec brio un récit non fictif à partir de noms fictifs. Un premier roman bouleversant C’est un premier roman poignant qu’Olivier Sylvestre nous offre avec Noms fictifs. Criant de réalisme, son livre est une ode aux marginaux et aux malmenés de ce monde. Les problèmes de drogues et d’alcool y côtoient l’itinérance et la maladie mentale. L’omniprésence de ces tragédies humaines suscite …

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La triste histoire de la Corriveau

La légende raconte qu’elle aurait tué jusqu’à sept maris. Coup de hache, empoisonnement, plomb fondu dans l’oreille… L’histoire de la Corriveau a évolué à travers les siècles et les soirées de contes au bord du feu. Chaque conteur en rajoutait un peu afin de rendre son histoire plus croustillante. On alla même jusqu’à la décrire comme une sorcière. Il était grand temps que quelqu’un remette les pendules à l’heure. Monique Pariseau a réussi ce tour de force avec son roman La Fiancée du vent. Quand l’histoire prend vie J’ai vécu à travers les pages de ce livre le quotidien des habitants de la Nouvelle-France et la conquête britannique. Monique Pariseau ne se contente pas de nous dérouler une liste de noms, de lieux et de dates. Elle nous offre une immersion dans ce conflit qui a marqué notre passé et qui a fait de nous le peuple que nous sommes aujourd’hui. J’ai assimilé des informations qui ne m’étaient jamais rentrées dans la tête pendant mes cours au secondaire. J’ai d’ailleurs pris connaissance d’événements dont on évitait …

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Chroniques d’une anxieuse : la fois où on m’a pogné le cul

Perdue dans la brume et la slush brune de Saint-Jérôme, j’habitais une ville que je n’aimais pas vraiment. Une erreur de jugement, peut-être. Parce que de l’amour vaporeux était venu restreindre mes idées claires. Une erreur tout court, sûrement. J’avais quand même décidé de garder un pied à terre à Montréal. J’avais pas le choix de toute façon avec la maîtrise que j’avais entamée, je devais m’y rendre assez souvent. Mes journées étaient longues, presque trop. J’arrivais tard le soir dans la neige et le frette de l’hiver. Ma musique triste dans les oreilles, je descendais du train pendant que le sommeil m’emportait. Je traversais les rues sombres et vidées de toute action. À chaque fois, confiante, en route vers chenous. À chaque fois, confiante. Mais cette fois-là fut différente. Je marche. Je suis fatiguée. J’ai tellement d’angoisses que ça me sort par le nez avec les guédilles du froid. J’ai de la misère à voir où ma vie s’en va. Je la trouve ordinaire ces temps-ci. L’école, c’correct, je pense être dans la bonne …

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La spirale de l’emploi qui paie bien

Subordonnée d’Isabelle Gaumont, c’est un roman qui raconte l’histoire de Simone Beaubien, une Montréalaise bien ordinaire. Ce dernier mot fait pourtant toute la différence. En effet, cette jeune femme dans la vingtaine expérimente une vie ordinaire. Elle occupe un emploi ordinaire, a une relation amoureuse ordinaire et répète une routine hebdomadaire des plus ordinaires. Dans toute cette banalité, elle n’est pas heureuse, car tous les aspects de sa vie sont bien médiocres. Quand les choses clochent Simone est une femme vaillante. Elle travaille à un rythme effréné, et surtout constant, en plus de cumuler les heures supplémentaires, afin d’être une employée modèle et de rapporter le plus d’argent possible à la compagnie pour laquelle elle travaille. Pourtant, personne ne lui reconnaît le moindre mérite. L’immeuble de bureaux où elle travaille est un lieu hostile où la compétition entre les employés et l’obsession des patrons pour les rendements rendent l’atmosphère très difficile à vivre. Les choses ne s’améliorent pas lorsqu’elle est à la maison. Les rares moments où elle peut prendre un peu de répit, elle les …

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Le Messager ou la quête d’un antihéros

Markus Zusak signe un roman d’une grande sensibilité dans Le Messager. Mettant de l’avant un antihéros par excellence, l’auteur orchestre avec finesse un ensemble de péripéties touchantes transfigurant le personnage principal. Récit empli d’espoir et d’humanité, le roman met en scène des personnages authentiques ancrés dans la réalité, à l’image du commun des mortels.  L’histoire nous envoûte, un as à la fois. La quête des quatre as (♣ ♦ ♥ ♠) «1. À l’âge de dix-neuf ans, Bob Dylan était un interprète aguerri de Greenwich Village, à New York. 2. Salvador Dalí avait déjà produit plusieurs œuvres exceptionnelles, picturales et révolutionnaires, à l’âge de dix-neuf-ans. 3. Jeanne d’Arc était la femme la plus recherchée du monde à l’âge de dix-neuf ans, parce qu’elle avait déclenché une révolution. Et puis il y a Ed Kennedy, également âgé de dix-neuf ans… […]  Je me demande sans arrêt: «Voyons, Ed, qu’est-ce que tu as fait de beau au cours de tes dix-neuf années d’existence?» La réponse est simple: Que dalle.» (Zusak, 2002, p. 25-26). Le Messager, c’est l’histoire d’Ed …

La balle jaune,

Mais où est passée la balle jaune

Et si on jouait une partie de tennis et que tout d’un coup la balle disparaissait entre les pages du livre de notre histoire? C’est ce qui arrive à Louis et Louise (merci pour le jeu de mots!) qui ont égaré leur balle de tennis. Ils partent donc à l’aventure pour chercher cette balle à travers différentes pages et différents univers étrangers au leur. Si vous aimez les livres colorés, vous allez être servis avec La balle jaune de Daniel Fehr et Bernardo P. Carvalho! Tellement que parfois, j’avais de la difficulté à bien me situer dans l’image. J’ai parfois eu quelques difficultés à rester concentrée parce que les dessins vont dans tous les sens. Cependant, je crois que cela peut être très stimulant pour les jeunes enfants; toutes ces couleurs et le mystère qui rôde. Mais comment fait-elle pour disparaître comme ça, cette balle!? L’histoire et les dessins sont très simplistes, ce qui fait en sorte que l’album est accrocheur. Les couleurs et les illustrations utilisées dans les différentes pages sont, je crois, une manière …

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À la quête du visage originel, avec Guillaume Morissette.

Lorsque j’ai reçu le dernier roman de Guillaume Morissette, Le visage originel, j’avais très hâte de le commencer, ayant adoré son premier roman, Nouvel onglet (dont Alexandra a déjà parlé ici). Je suis contente de vous dire que je n’ai pas été déçue par ce livre qui aborde une nouvelle fois la quête d’un jeune homme dont la vie est intrinsèquement liée à l’Internet, mais d’une manière tout à fait différente que dans son dernier roman. Daniel est un artiste de la génération post-Internet, ce qui veut dire, dans son cas, que le médium qu’il se plaît à exploiter est lié aux bogues et aux gifs animés. Comme beaucoup d’artistes, il peine à joindre les deux bouts et est constamment pris dans un dilemme opposant son art à l’idée d’un boulot alimentaire. Changer d’air, changer le mal de place? Par contre, Daniel manque d’inspiration depuis quelques mois, et passe plutôt ses journées à errer sans but sur le Web. Introverti, il trouve sa vie en ligne plus réconfortante que la socialisation réelle. Cela dit, sa …