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L’épopée de la nostalgie

Être amoureuse des livres, c’est aussi voir s’accumuler les œuvres de tous genres dans sa bibliothèque. Si bien que lorsqu’on prend le temps de s’arrêter, nous réalisons que sur les dizaines, centaines de livres présents, le trois quart est relié à un souvenir quelconque, à une découverte, un travail d’école, ou même, à un cadeau. Ce qui nous amène au quart… Ces livres cachés parmi tant d’autres, reçus en cadeau ou achetés sans le désir ardent d’une lecture immédiate, qui sont synonymes du fameux : << je le lirai plus tard >>. Mais prenons-nous vraiment le temps ? Si bien qu’un deux ans plus tard, on éprouve un certain malaise à l’idée d’être un traître, de l’exhiber ainsi sous nos yeux sans avoir réellement porté notre regard sur lui. 

Ainsi, je me suis donné le défi de lire ces livres. Peut être simpliste pour certains, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’un grand défi pour moi, puisqu’entre les services de presse, les cadeaux de Noël et de fête, cette minorité se transforme tranquillement en majorité et me …

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La première femme nue, ou la floraison de la beauté

Avec sa délicate illustration de couverture, son titre énigmatique et ses 1187 pages, La première femme nue de Christophe Bouquerel a de quoi fasciner. Au premier coup d’œil, on ne sait pas forcément à quoi s’attendre, mais l’ensemble paraît exhaler un parfum d’exotisme, d’érotisme et de mystère… trois qualificatifs qui, je crois, résument bien le récit colossal qui attend le lecteur. L’histoire nous transporte en Grèce antique (IVe siècle av. J.-C.), où nous suivons les traces de Phrynê, une adolescente née à Thespies. Suite à l’invasion de sa cité, elle est réduite en esclavage dans un sordide bordel d’Athènes. C’est là, à tout juste seize ans, qu’elle fait la connaissance de Praxitélês, un jeune sculpteur ambitieux qui voit en elle quelque chose qui l’intrigue. Effrontée et audacieuse, Phrynê deviendra l’hétaïre – la courtisane – la plus scandaleuse d’Athènes, tandis que Praxitélês, lui, évoluera jusqu’à devenir le plus grand artiste de son époque. Inspirée de la légende de ces deux personnages historiques ayant marqué leur univers, cette fresque romanesque et grandiose nous entraîne dans les banquets …

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L’hibiscus pourpre : religion, abus et dogmes

L’hibiscus pourpre, tout dernier roman de l’auteure nigériane Chimamanda Gnozi Adichie est aussi la première fiction de l’auteure qui se retrouve entre mes mains. Après avoir lu – et adoré- Nous sommes tous des féministes et Chère Ijeawele, il était plus que temps de me plonger dans l’un de ses romans. J’aurais tout aussi bien pu me plonger dans Américanah ou Autour de ton cou, mais c’est par L’hibiscus pourpre que j’ai choisi de découvrir la prose de l’auteure. Un lent début Campé dans un Nigéria post coup d’État, Adichie s’immisce dans le quotidien de Kambili, jeune adolescente nigériane vivant dans une famille aisée dont le père, propriétaire d’usines, est un catholique fondamentaliste hautement placé et très respecté dans leur communauté. Les premières pages, disons les 60 premières, m’ont laissée plus ou moins de glace. Pourtant, c’est dans ces premières pages que s’installe le drame, mais tout s’installe tellement doucement, si lentement qu’il faut patienter quelque temps avant de comprendre toutes les subtilités et tous les non-dits dans lesquels se déroule l’histoire. Par contre, du moment où l’histoire …

Jennifer Worth; Call the midwife; Appelez la sage-femme; Londres; 1950; Angleterre; Le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; littérature étrangère

Appelez la sage-femme : Du rire aux larmes, la vie dans tous ses états

Il y a quelques années, l’infirmière britannique Jennifer Worth a constaté qu’il y avait très peu d’information disponible sur le rôle joué par les sages-femmes en Angleterre, particulièrement au XXe siècle. Afin de remédier à la situation, elle a décidé d’écrire ses mémoires sur l’époque où elle était elle-même sage-femme, dans les années 1950 à Poplar, un quartier pauvre de Londres. Sous sa plume, elle fait revivre tout un quartier, aujourd’hui disparu, dans une trilogie aussi captivante qu’émouvante. « J’ai fait plusieurs autres visites ce matin-là, mais mon esprit revenait continuellement à Mrs. Warren. Elle sortait vraiment de l’ordinaire. La plupart de nos patientes étaient des Londoniennes originaires de ces faubourgs, comme leurs parents et grands-parents avant eux. Les étrangers étaient rares, surtout parmi les femmes. Toutes les habitantes du quartier menaient une vie très collective et se mêlaient sans cesse des affaires les unes des autres. Mais si Mrs. Warren ne parlait pas l’anglais, elle ne pouvait faire partie de la communauté des femmes. » (Worth, 2002:212-213) Chaque livre est divisé en plusieurs chroniques qui présentent …

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Elena & Lila, quel plaisir de vous retrouver…

Je ne suis pas une très grande lectrice de séries, mais celle-ci fait exception. L’amie prodigieuse dont j’avais parlé avec beaucoup d’émotion juste ici m’a conquise. Et je dois avouer que le deuxième tome, Le nouveau nom, m’a aussi obnubilée. J’avais tellement hâte – et beaucoup d’attentes – face à ces retrouvailles. C’est en juillet dernier que je me suis laissée captiver et fasciner par cette histoire d’amitié avec le premier tome de la série. Je voulais retrouver cet amour et cette tendresse que je portais envers ces deux filles, Lila & Elena. J’avais tellement pensé à elles au fil des mois. Cette série a le don de nous faire vivre, vieillir, évoluer avec ses personnages et d’ainsi avoir l’impression qu’ils nous habitent un peu. C’est exactement cela ; j’étais accompagnée de Lila & Elena. Durant mon voyage à Naples bien sûr, mais à Montréal aussi. C’est une lecture qui m’avait beaucoup marquée, alors j’étais fort heureuse et nerveuse de retourner à Naples avec elles. Elena & Lila, vous ne m’avez pas déçue. Vos vies …

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Être ici est une splendeur : La courte, mais passionnante vie de la peintre Paula M. Becker

Prêtez-vous au jeu suivant : nommez cinq peintres de la seconde moitié du 19e siècle et du début du 20e siècle. Il y a des fortes chances que vous ayez nommé exclusivement des hommes. Si vous refaites le même jeu en vous limitant aux femmes peintres, probablement que vous trouverez l’exercice plus difficile. C’est parce que nous en savons si peu sur les femmes artistes de ces époques que j’ai tant aimé le roman Être ici est une splendeur de Marie Darrieussecq qui porte sur la vie de l’artiste peintre allemande Paula Modersohn-Becker. J’ai bien sûr apprécié ma lecture, mais ce qui m’a réellement plu de ce roman, c’est qu’il m’a fait connaître la vie, l’univers et l’art d’une artiste peintre dont je n’avais jamais entendu parler auparavant. Certes, je ne suis pas une experte en Histoire de l’art, mais cela démontre la difficulté pour les femmes de faire leur place dans l’Histoire. Paula Modersohn-Becker, alors Paula Becker, est née à Dresde en Allemagne en 1876, mais a vécu une bonne partie de sa vie à Worpswede, où vivaient plusieurs artistes allemands …

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Françoise et Marie-Reine

L’amitié est un thème courant dans plusieurs romans, mais rarement est-elle le cœur d’une histoire, la raison d’être de deux personnages qui ne partageront qu’une amitié pure, simple et parfois cruelle. Françoise de Luca nous rappelle l’importance et l’influence des amitiés de notre enfance sur le reste de nos vies grâce à son roman Reine. Son écriture est fluide comme une longue rivière sur laquelle je me suis laissée glisser doucement. Notre amie Françoise Ce roman est écrit à la première et deuxième personne, la narratrice s’adresse au lecteur comme s’il s’agissait de son amie d’enfance : Marie-Reine. Cela ajoute une sensibilité et une pureté au texte, car l’auteure crée un espace intime et privé entre deux personnes, oubliant le reste du monde. Je ne sais pas à quel point l’auteure et le personnage de Françoise sont différents, mais la Françoise que j’ai appris à connaître dans ce roman est charmante. Douce, généreuse et fondamentalement gentille, elle vit la majeure partie de son enfance à travers les yeux de son amie Reine, qu’elle idolâtre. J’y ai …

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Le rouge vif de la rhubarbe: la détermination d’une adolescente islandaise

Lorsque je voyage, j’aime beaucoup lire des auteur.e.s du pays de la destination en question. J’ai l’impression de baigner dans leur culture, de me mettre au diapason du peuple qui m’accueillera sur son territoire, de m’imprégner des lieux que je visiterai. Récemment, j’ai voyagé en Allemagne et j’avais lu Une femme à Berlin, en plus de voir la pièce de théâtre. Quand je suis partie en Islande l’an dernier, j’ai lu un roman policier d’Arnuldur Indridasson et Rosa Candida d’Auður Ava Ólafsdóttir, que j’avais beaucoup aimé. C’est donc avec enthousiasme que j’ai appris que cette dernière visiterait Montréal en mars! Fidèle à mon habitude, je n’ai pas réservé de place suffisamment d’avance pour l’entendre parler de son travail d’écrivaine, mais aussi, j’imagine, de sa belle Islande. Quelle déception! Je suis toutefois mitigée quant à son rapport au féminisme, elle qui donne une grande place aux personnages masculins et à la valorisation de la paternité dans certains de ses romans, comme Rosa Candida… Et son prochain roman s’annonce comme un questionnement sur la virilité. Elle affirme …

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Toute la beauté du monde

Je me promenais dans la rue, en larmes, sans égard pour les gens qui pouvaient croiser ma route. Je me cramponnais à mon livre comme si je pouvais avaler toute la beauté qui courait entre ses pages. J’avais bien dû le lire dix fois ce livre-là, mais rien à faire, chaque fois, je me transformais en pleureuse incapable de m’arrêter. C’était le livre que j’aurais voulu écrire, les mots que j’aurais tout donné pour mettre en phrases. C’était l’hymne à l’art par excellence, c’était le beau, le grandiose fait mots. Je ne me lassais pas. Je ne me lassais pas de pleurer toute la beauté que Muriel Barbery avait réussi à mettre en place. L’élégance du hérisson est un de ses ouvrages que l’on décide d’ouvrir une première fois par curiosité. Le titre nous plaît, la quatrième de couverture aussi. On commence notre lecture sans réellement savoir ce qu’on espère y trouver. Et l’on se fait happer par ce qu’on y décèle. Il y a d’abord Madame Michelle, la concierge d’un immeuble où les gens …

Jane Eyre, Les Hauts du Hurlevent et La Recluse de Wildfell Hall : les bris de conventions des soeurs Brontë

On m’a souvent demandé de dresser de petites listes exhaustives de mes œuvres littéraires préférées (n’est-ce pas la pire tâche à accomplir pour tout bibliophile de ce monde?). Si la réalisation de ces petits « tops 5 » ou « tops 10 » s’avère complexe devant l’immensité des romans lus et aimés, les œuvres des sœurs Brontë (Charlotte, Emily et Anne) arrivent, en revanche, toujours en tête de liste. Bercée depuis fort longtemps par leurs univers, j’avais hâte de vous partager les multiples raisons (qui pourraient s’allonger bien au-delà d’une page en entier, il va sans dire!) rendant compte de mon admiration à leurs égards. Laissant derrière elles un héritage littéraire hors du commun, les sœurs Brontë fascinent et marquent l’imaginaire, que ce soit pour l’originalité, l’avant-gardisme (les aventures et la personnalité de leurs protagonistes viendront chambouler les mœurs de l’époque victorienne), la richesse et la complexité de leurs œuvres respectives. Voici donc un résumé de mon appréciation générale sur leurs trois ouvrages principaux! Les Hauts du Hurlevent (Emily Brontë)  Tragédie et amour impossible sont au rendez-vous au sein …