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Jane Eyre : un conte de fées réinventé

Mal du pays, morosité, panne de lecture, voilà ce que je vivais quand je me suis plongée dans l’Angleterre victorienne de Jane Eyre. Jane Eyre est une jeune orpheline qui vit chez sa tante. Détestée par cette dernière, tyrannisée par son cousin, elle est envoyée dans un pensionnat dirigé par un pasteur qui aime humilier les élèves. Dans cet établissement, Jane Eyre connaît la faim, le froid et la maladie. Elle en retire tout de même une solide éducation qui lui permettra de se trouver un poste de gouvernante dans un riche manoir anglais. Elle tombe amoureuse du propriétaire, Edward Rochester, un homme plutôt laid et taciturne, mais brillant et cultivé. Ses sentiments s’avèrent être réciproques et voilà l’occasion idéale pour Jane Eyre, la petite orpheline sans avenir, de s’élever socialement, de se soustraire à sa condition et de trouver fortune. Conte de fées renversé : un modèle différent « Quand vous êtes venues à moi, dans Hay Lane, hier soir, j’ai pensé sans raison à des contes de fées, et j’ai bien failli me demander si …

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Des liens invisibles, mais invincibles

Comme beaucoup de filles de mon âge, les premiers «vrais romans d’adultes» sont ceux de la série Quatre filles et un jean, d’Ann Brashares. Donc, à la bibliothèque, quand j’ai lu la quatrième de couverture du roman Un été invincible, d’Alice Adams, je n’ai pas hésité très longtemps, car j’y ai retrouvé des thèmes similaires. Amis d’université Ce premier roman de l’autrice raconte l’histoire de quatre personnes, soit Benedict, Eva, Lucien et Sylvie. Les deux derniers sont frère et soeur, mais font également partie d’un groupe d’amis très proches, avec les deux autres. Ceux-ci se sont rencontrés à l’Université de Bristol, ou plutôt à la fac de Bristol, pour reprendre l’expression utilisée dans le livre. Or, le roman débute à la fin de leur dernière année en tant qu’étudiants, pour la plupart. C’est donc le moment pour eux de se séparer et de vivre leur vie d’adulte. Pour Eva, cette séparation rime avec le début d’un emploi à Londres, dans le monde des finances. Alors que Benedict reste à Bristol pour faire son doctorat, Lucien et Sylvie …

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Un Jane Austen dont vous êtes le héros

Je ne sais pas si vous vous souvenez, mais moi, quand j’étais jeune, il y avait toute une série de « livres dont vous êtes le héros », que j’ai dévorée! J’adorais ce genre d’histoire où je devais être une lectrice active, prendre la bonne décision. Ma lecture en était que plus surprenante, parce que deviner la fin devenait pratiquement impossible! Vous imaginez donc ma joie lorsque je suis tombée sur Lost in Austen, Create Your Own Jane Austen Adventure, qui s’inspire évidemment des romans de Jane Austen (pour laquelle j’ai déjà établi mon amour inconditionnel dans d’autres articles, notamment ici) pour créer une version pour adulte d’un livre dont vous êtes le héros, ou dans le cas qui nous occupe, l’héroïne! Le concept est plutôt simple, vous commencez l’histoire dans le rôle d’Élizabeth Bennet et votre mission est de faire un mariage d’amour tout en vous assurant une bonne position socio-économique. Tout au long de la lecture, vous tenez une liste de vos défauts et de vos qualités ainsi que de vos échecs et de vos succès, ceci …

Toutes ces vagues qui passent

La mer… Celle de Trenet, celle des îles perdues ou des pays submergés. Celle de mes premières vacances, celle de mon premier voyage en solo, celle où je tente à chaque occasion d’écrire le courant de ma vie. 

Ce sentiment étrange qu’elle nous inspire, la mer. À chaque moment où nous la retrouvons, nous sommes subitement plongés dans un état de nostalgie totale et d’émerveillement. Car si la mer s’offre à nous plusieurs fois dans une vie, notre perception de celle-ci peut changer selon le lieu où nous la redécouvrons. Elle définit à la fois notre rapport au temps et à notre culture. La mer, c’est cette sensation sans égale, cette vague d’amour et de peur qui nous brusque et réussit à nous calmer en même temps. C’est le plus beau spectacle qui s’offre à nous d’une certaine part, mais aussi le spectacle auquel autant de gens différents peuvent assister. Elle est l’hôte de nos vies. Habité par la tristesse de l’hiver et de tous les maux qui peuvent l’accompagner, j’ai été prise en charge par …

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Désirer jusqu’à en perdre l’équilibre

Dans la dernière année, j’ai fini mes études universitaires et depuis, j’essaie de prendre un pas de recul sur ma vie, de me questionner : « qu’est-ce que je devrais faire maintenant? » vs « qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant? » C’est angoissant un peu, parce qu’il faut trouver la bonne réponse, mais surtout choisir la question à laquelle on veut répondre. Dans le fond, je sais que mes désirs seront toujours plus forts et que même si je choisis la mauvaise réponse, je finirai par bifurquer vers mes vraies envies. Je dois juste arrêter de me sentir coupable. Eh bien, quand j’ai lu Danser au bord de l’abîme, de Grégoire Delacourt, j’ai commencé à mieux respirer (image pour dire que j’ai commencé à me sentir moins mal). *** Leur vie va basculer « comme dans les romans » Emma est à l’aube de la quarantaine. Si elle mène une vie bien paisible avec son mari, ses trois enfants dans sa grande maison blanche près de Lille, elle n’a plus l’impression de vivre dans le présent. Le couple s’aime beaucoup, …

Pablo Neruda La Solitude Lumineuse Le Fil Rouge

La solitude lumineuse de Pablo Neruda, un voyage en quelques pages

Pablo Neruda est un auteur et poète chilien que j’aime beaucoup. Ce genre d’auteur qui sait révéler la beauté et la cruauté du monde avec des mots simples et percutants. Qui sait balader le lecteur sur le fil qui sépare le réel de l’imaginaire. Je reviens d’un (trop) court séjour au Chili, durant lequel j’ai beaucoup appris sur la dictature de Pinochet, ce régime qui a contrôlé le pays entre 1973 et 1990 et qui n’est pas encore tout à fait reconnu comme dictature par le gouvernement chilien. Si vous allez un jour à Santiago et que le sujet vous intéresse, je vous recommande d’aller faire un tour au Musée de la mémoire et des droits de l’homme. Une belle claque dans la face. Si je vous en parle, c’est parce que la vie et l’œuvre de Neruda y sont liées. Le coup d’État de 1973 Dans les années 70, le Chili est gouverné par le socialiste Salvador Allende. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis de Richard Nixon voient d’un mauvais œil la …

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Luis Sepulveda : les contes que l’on devrait faire lire au secondaire

La première fois que j’ai lu un roman de Luis Sepulveda c’était un peu par hasard. Ce n’était pas une lecture scolaire obligatoire, pas une recommandation directe non plus. Juste un nom qui revenait régulièrement, avec l’impression qu’il faisait partie de ce que l’on désigne comme les « connaissances générales », un auteur que chacun devait avoir lu, un passage obligatoire. Alors, comme beaucoup d’entre vous, j’ai attrapé Le vieux qui lisait des romans d’amour et je me suis plongée dedans afin de comprendre pourquoi c’était un incontournable. J’ai tout de suite été séduite par le style à la fois poétique et très terre à terre de Sepulveda. À la fin de ma lecture, je n’étais pas capable de dire exactement ce qui faisait de ce livre et de cet auteur un classique, mais j’abondais dans ce sens. Il y avait quelque chose de profondément beau et d’infiniment triste; un mélange parfait de sucré-salé. Ce roman est court et rapide à lire, je l’ai donc prêté à de nombreuses personnes, répandant la bonne nouvelle comme on dit, participant …

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Les meilleurs livres qui font voyager à Istanbul

Dans le portrait que j’ai fait de moi-même pour la page des collaboratrices du blogue, je me décris comme une voyageuse rêveuse!  Termes que je trouvais imagés, mais également termes qui parlent beaucoup de ma personnalité. Les voyages représentent les expériences les plus enrichissantes de ma vie, car je pars à la rencontre de nouvelles cultures, de nouvelles parties du monde, de nouveaux horizons et je me crée des souvenirs pour la vie. Si parfois je ne voyage pas littéralement en personne, je me permets de le faire à travers les livres: des livres d’aventure, de fiction, de récit, ou de photographie-documentaire parfois même des livres de cuisine. Cette fois-ci je me sentais inspirée, interpellée, par Istanbul, cette ville mythique, à la fois mystérieuse et tellement riche en histoire. Un ville à la frontière de l’Europe et de l’Asie, autrefois connue sous le nom de Byzance ou de Constantinople, une ville dont le présent est marqué par son passé. Décrite comme l’une des villes les plus intrigantes du monde, comme une ville-monde cosmopolite et éclectique …

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Profession du père : enfance auprès d’un fabulateur

C’est avec beaucoup d’émotions que j’ai lu les dernières pages de Profession du père, le récit d’une enfance auprès d’un père mythomane et oppressif et d’une mère qui demeure passive face aux agissements du père. J’étais stupéfaite de savoir que la vie familiale dysfonctionnelle racontée dans ce roman se rapproche de celle vécue par son auteur, Sorj Chalandon. Une enfance dans le mensonge et dans la violence En 1961, Émile a 12 ans alors que la Guerre d’Algérie tire à sa fin. Son père peste contre De Gaulle et l’indépendance de l’Algérie et prétend qu’il est un complice de l’Organisation armée secrète (OAS). C’est alors que nous constatons les répercussions des fabulations d’un père sur son fils qui ira jusqu’à embrigader un ami dans cette mise en scène du père. Il faut savoir que ces délires n’ont pas pour seul but d’amuser Émile. André Choulans fait croire à son entourage qu’il a été pasteur, joueur de football, agent secret et champion de judo alors que la réalité est toute autre. Au fil des pages, nous découvrons …

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Terre-Neuve comme lieu d’épanouissement personnel

Opa, mon grand-père, était dans la marine militaire et a fait plusieurs fois le tour du monde sur son bateau. J’ai passé mon enfance à écouter ses histoires de voyage (la guerre en moins). Quand il nous parlait de cette période de sa vie, il nous décrivait Terre-Neuve comme le plus bel endroit qu’il ait jamais vu.  Il nous a quittés il y a deux ans maintenant. Bien que je n’aie jamais été aussi proche physiquement de cette île merveilleuse, je ne me sens pas encore prête à aller la voir de mes propres yeux. Au détour d’une discussion avec un de mes collègues qui va à Terre-Neuve chaque année, il m’a conseillé la lecture de ce livre d’Annie Proulx. Alors laissez-moi vous présenter Quoyle, le personnage principal : il est mou, peureux, a constamment honte de lui-même et de son menton proéminent, et sa plus grande préoccupation est de tenter de se faire oublier. Il a ainsi pris l’habitude de se contenter de ce qu’on lui donne (du mépris le plus souvent), considérant qu’il …