All posts filed under: Littérature étrangère

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Au bonheur des ogres, Daniel Pennac, Gallimard, bouc émissaire, bombes, saga Malaussène, littérature étrangère

Bouc émissaire en danger

Comme je déteste être à court d’idées de lectures, j’essaie le plus possible de prendre en note les titres dont j’entends parler ou qui me sont recommandés. Au bonheur des ogres de Daniel Pennac se trouvait dans ma liste de lectures futures depuis plus d’un an. Il s’agissait de l’un des romans préférés d’une de mes professeurs de français au cégep. Je ne savais rien ni de l’histoire ni de l’auteur, mais j’avais tout de même en tête de lire ce livre, et ce moment est finalement venu. Représentant officiel du magasin et de la famille Le roman a pour principal héros Benjamin Malaussène, qui mène une vie en apparence assez normale. Pourtant, elle contient tout de même certaines particularités. D’abord, le dénommé Benjamin travaille dans un grand magasin parisien où il occupe théoriquement la fonction de contrôleur technique. Dans les faits, il est plutôt bouc émissaire. Lorsqu’un client est mécontent de son achat, Benjamin est inévitablement le coupable. L’engueulade habituelle qui lui est servie par son supérieur et les larmes qu’il réussit facilement à …

Frantumaglia, L'écriture et ma vie, Elena Ferrante, Gallimard, Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, les livres qui font du bien, littérature, littérature italienne, mystère Ferrante, livres sur l'écriture

Frantumaglia: Ferrante, l’écriture et l’anonymat

Elena Ferrante. J’avais d’abord entendu parler de son célèbre et tant acclamé livre L’amie prodigieuse, que j’ai dévoré en quelques jours seulement, les pages se tournant d’elles-mêmes. Depuis sa sortie au Québec, son succès ne s’est pas démenti, et on en a même parlé sur le blog, ici. J’avais aussi entendu parler du mystère l’entourant, des rumeurs qui disaient qu’elle serait en fait un homme, tel écrivain italien, ou encore une professeure de littérature. Les médias de toute la planète ont cherché à résoudre cette énigme: quelle est la véritable identité de celle qui se cache derrière la tétralogie italienne à grand succès? À travers tous ces questionnements, les éditeurs de Ferrante ont regroupé plusieurs lettres, réflexions, correspondances, interviews et extraits de romans inédits pour en faire un livre, Frantumaglia, et ainsi partager avec les lecteurs l’expérience de l’écrivaine. Alors qu’on ne connaissait rien de l’autrice, elle a maintenant une voix à l’extérieur de ses romans. On y découvre des parcelles de sa vie, les inspirations derrière ses personnages, le parcours qui l’a menée à devenir écrivaine, …

Ça raconte Sarah, éditions de minuit, pauline delabory-allard, premier roman, amour

Ça raconte Sarah de Pauline Delabroy-Allard : Quand la passion détruit

Ça raconte Sarah est le premier roman de Pauline Delabroy-Allard, paru à l’automne dernier aux Éditions de Minuit. En quelques mots, c’est l’histoire de la passion qui se développe entre Sarah et la narratrice, une jeune femme qui vivait une vie plutôt rangée jusqu’au jour où elle rencontre Sarah. C’est un roman absolument envoûtant, j’oserais dire un thriller amoureux. On a beaucoup de difficulté à ne pas le terminer une fois qu’on l’a commencé, d’autant que les premiers paragraphes nous engagent dès le départ par un élément intrigant (que je ne vous dévoile pas!) qui fait qu’on se pose des questions presque tout le long de la lecture. Éros et Thanatos Après avoir terminé ma lecture, j’ai tout de suite pensé à Éros et Thanatos. Je suis loin d’être une spécialiste des théories psychanalytiques, mais il me semblait assez évident ici que le roman, divisé en deux parties distinctes, permettait qu’on associe chacune de ces parties à ces deux éléments de la théorie freudienne. L’Éros correspond, chez Freud, à l’ensemble des pulsions de vie, incluant …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Chronique d'une mort annoncée, Gabriel Garcia Marquez, Grasset, honneur, meurtre, Colombie, littérature étrangère

Une mort annoncée, mais pas évitée

Chronique d’une mort annoncée, de Gabriel García Márquez, est une œuvre beaucoup moins imposante et chargée que L’amour au temps du choléra, que j’ai lu sensiblement à la même période, l’année dernière. Cependant, j’ai retrouvé à l’intérieur de ce court roman de 133 pages tout ce qui caractérise l’auteur colombien. Pas de suspense La première phrase du livre l’énonce d’emblée: Santiago Nasar va mourir. Même le titre évoque directement sa mort. L’histoire n’est donc pas une montée du suspense jusqu’au moment où on découvre si le principal intéressé survivra, mais plutôt une reconstitution des moments ayant précédé sa mort, qui était effectivement annoncée. L’histoire prend place lorsque le narrateur désire comprendre comment Santiago Nasar a pu être assassiné alors que tous savaient que sa mort approchait. Le jour précédant sa mort, le village entier célébrait le mariage du riche Bayardo San Roman et d’Angela Vicario. L’ambiance était à la fête jusqu’à ce que le nouveau marié ramène son épouse chez ses parents en leur reprochant de lui avoir remis une fille ayant perdu sa virginité avant leur …

#littératureaméricaine#nature#violence#horreur#tragédie#abus#émancipation#nouvelauteur#bestseller#amérique#amour#espoir

Crier dans le silence

Prendre un livre pour aussitôt le déposer. Être apeuré de cet élan, du chemin auquel nous nous abandonnons. Le prendre pour vaincre ses peurs, pour se croire plus grand que nature et se dire qu’au final, il ne s’agit que d’une fiction. Le déposer parce que le corps et l’esprit ne répondent plus, parce qu’il y aura un meilleur moment pour l’affronter, croit-on. Et pourtant, non. Il y a parfois de ces oeuvres qui sont difficiles à traverser. Se sentir seule face à un torrent d’émotions, de laideurs et de peine peut souvent nous influencer à fuir plutôt qu’à l’affronter. Et pourtant, même si le geste de la lecture nous replonge en nous-mêmes, rares sont les formes d’art qui nous unissent autant. Malgré toute la dureté du monde et cette peur de l’affronter, à la fin du chapitre, il y aura toujours quelqu’un à qui parler ou une oreille pour nous écouter. Oui, certaines lectures sont difficiles, mais elles n’empêchent pas pour autant de nous faire avancer et de nous faire découvrir de la lumière …

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Le réseau Corneille, Ken Follet, Robert Laffont, Deuxième Guerre mondiale, résistance, place des femmes, littérature étrangère

Dix jours avant le Jour J

Ken Follett est un auteur que j’ai découvert durant la dernière année, avec beaucoup de plaisir. Auteur très prolifique, il se spécialise surtout dans les romans historiques et ceux d’espionnage. Je me suis plongée dans sa série du Siècle cet été, puis j’ai eu envie d’essayer un roman d’espionnage, un genre que je n’avais jamais vraiment expérimenté auparavant. Je me suis donc tournée vers Le Réseau Corneille.  Femme de tête L’histoire prend place dans la France occupée de 1944, à quelques jours du grand débarquement, qui se prépare. Ce roman de près de 500 pages raconte des événements se déroulant sur une période de dix jours. Le rythme est très soutenu, les actions s’enchaînent et on s’essouffle pour les personnages, qui n’ont que peu ou pas de répit. Ces personnages, pas si nombreux, sont séparés en deux groupes très distincts que tout sépare, sauf la préparation au débarquement. D’un côté, le groupe de Résistants britanniques et français; de l’autre, des hauts gradés allemands en poste en France. Le premier groupe a Betty Clairet à sa tête, major de l’armée britannique, 29 …

Le fil rouge livres lecture littérature étrangère Japon otaku manga bande dessinée L'atelier des sorciers Kamome Shirahama Fruits Shoichi Aoki photos photographies mode fashion Tokyo Harajuku L'étrange bibliothèque Haruki Murakami Kat Menschik illustrations nouvelle fantastique

Confessions d’une japanophile

Longtemps, j’ai essayé de nier les faits, de cacher la vérité. Mais aujourd’hui, le temps est venu pour moi de faire face à la réalité et de l’admettre : je suis une incorrigible otaku! Il faut dire que je suis tombée dedans quand j’étais petite, en écoutant des tonnes de séries japanime comme Le Petit Castor, Les trois mousquetaires ou Les mystérieuses cités d’or. Aujourd’hui, j’en porte encore les séquelles, arborant en public des t-shirts à imprimés kawaii et visionnant en boucle les vidéos perturbantes de Kyary Pamyu Pamyu — déconseillées aux personnes souffrant d’épilepsie! J’aime le dépaysement et la surprise perpétuelle engendrés par les explosions multicolores et les débordements absurdes de ces artéfacts excessifs et surchargés. J’ai malencontreusement transmis mon addiction à mes enfants, qui ont grandi entourés de Pokémon, d’Hello Kitty et de Mario Bros. Gamer invétéré, leur père a également contribué à leur perdition en les initiant à des jeux comme Kirby’s Adventure, Megaman et La légende de Zelda. Résultat : il n’est pas rare de les trouver en train de faire de l’origami au son frénétique …

Jane Eyre, Charlotte Brontë, Portrait d'une être fictif, Personnage, Personnalité, Protagoniste, Héroïne, Détermination, Force de caractère, Conscience morale, le Fil rouge lit, le Fil rouge, lecture, littérature classique, littérature étrangère, littérature

Portrait d’un être fictif : le cas de Jane Eyre

Malgré tout ce que j’ai lu par le passé, je ne croyais pas, encore aujourd’hui, qu’il était possible qu’un personnage créé en 1847 puisse me paraître à ce point contemporain. Jane Eyre, autant le roman que la protagoniste portant son nom, m’aura amenée à faire ce constat. Sa lecture a suscité chez moi plusieurs questionnements rattachés à l’actualité, notamment en ce qui a trait à l’éducation, au féminisme et à la maladie mentale. Force est de constater que ce roman de Charlotte Brontë est intemporel et qu’il aborde des sujets universels qui traversent les âges. Cette oeuvre pourrait être analysée sous plusieurs angles vu la richesse dont elle regorge, mais j’ai décidé de me pencher plus spécifiquement sur la véritable perle de ces quelque 500 pages, à savoir, le personnage de Jane Eyre elle-même. Détermination et caractère Dès son enfance, Jane se présente comme une jeune fille déterminée, et ce, malgré les nombreuses années qu’elle passe à se faire humilier et maltraiter par son cousin, ses cousines et sa tante. En effet, elle a été …

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, des souris et des hommes, Of mice and men, John Steinbeck, Penguin books, mort, amitié, déficience, amour

Des souris et des hommes : l’œuvre intemporelle de John Steinbeck

Il y a de ces livres qui peuvent être lus et relus sans jamais perdre de leur intérêt. Des souris et des hommes de John Steinbeck en fait partie. Je l’ai récemment relu pour une troisième fois et je suis sortie de cette lecture tout autant émue que la première fois que je l’ai lu, il y a déjà dix ans de cela. En à peine plus de cent pages, l’auteur nous fait entrer dans un univers complètement différent du nôtre, qui nous rappelle cruellement que rien n’est noir ou blanc dans la vie. Dans les années 1930, deux amis d’enfance essaient tant bien que mal d’atteindre leur objectif ultime : s’acheter une petite terre et y vivre en paix entourés d’animaux. George, un homme dévoué et intelligent, et Lennie, un grand colosse atteint d’une légère déficience mentale, survivent du mieux qu’ils peuvent aux épreuves qui semblent s’accumuler sur leur chemin. C’est que Lennie, malgré toutes ses bonnes intentions et son insouciance, n’est pas conscient de sa force et finit souvent par se mettre les pieds …