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Un reste de sourire en coin : L’histoire de mes dents

« Voici l’histoire de mes dents et mon traité sur les objets de collection et la valeur changeante des choses. » C’est la phrase qui coiffe le deuxième paragraphe de L’histoire de mes dents, écrit par Valeria Luiselli. Il s’agit d’un roman épisodique qui s’émiette en petits bouts d’inventé, dans un Mexique de grandes villes mais de quartiers oubliés. Le narrateur, Gustavo « Grandroute » Sanchez, se présente comme le meilleur commissaire-priseur du monde : après une carrière somme toute honorable dans une usine de jus de fruits, il a découvert les joies de la vente aux enchères et n’a plus jamais rien fait d’autre. Plus qu’un métier, c’est pour lui une façon de voir le monde et de donner un sens aux choses qui l’emplissent. Une manière, surtout, de fabriquer des histoires là où il en manque : Mais moi, j’allais réformer l’art de la vente aux enchères. Avec ma nouvelle méthode, j’allais enterrer le mot héraut dans le passé lointain de ma profession. Je n’étais pas qu’un modeste vendeur d’objets mais d’abord et avant tout un amoureux et …

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Je ne sais pas pourquoi, mais ce livre me fait du bien – La dernière fugitive de Tracy Chevalier

Il y a des époques qui nous fascinent plus que d’autres. Pour moi, c’est le XIXe siècle. J’aime voir l’Amérique se bâtir et devenir prospère. J’aime voir l’Europe se transformer rapidement avec l’industrialisation, voir l’écart entre tradition et modernité se creuser sans qu’il y ait de rupture nette et définitive. J’aime voir l’Asie entrer en contact avec l’Occident, voir des dynasties périr et des pays renaître. Tout me fascine et m’intéresse. On dirait que le temps ne passe pas de la même façon au XIXe siècle. On voudrait que tout aille vite, mais la technologie ne suit pas toujours; il faut faire preuve de patience. J’ai donc entamé ma lecture de La dernière fugitive avec enthousiasme et je l’ai poursuivie avec bonheur. Dans ce roman, Tracy Chevalier nous présente Honor, une jeune anglaise quaker qui, après une déconvenue amoureuse, pars pour l’Amérique. Elle souhaite trouver la paix dans cette nouvelle vie, mais elle trouvera d’abord beaucoup d’épreuves. Elle sera confrontée à la difficile vie dans l’Ouest, dans une communauté méfiante, et à l’injustice de l’esclavage. …

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Une auteure et son œuvre : Svetlana Alexievitch

Écrire dans l’ombre, en laissant la parole à ceux qui ne sont pas pris en compte par l’histoire, ces gens qui se déplacent dans l’obscurité sans laisser de traces et à qui on ne demande rien, c’est ce que Svetlana Alexievitch sait faire de mieux. Cette journaliste et auteure russophone soviétique et biélorusse est la première femme de langue russe à remporter le prix Nobel de littérature, et ce, pour l’ensemble de son œuvre. Elle écrit des textes engagés, dissidents, qui causent parfois la controverse. Ce n’est pas seulement sa carrière de journaliste qui l’a conduite à écrire sur les conflits politiques et sociétaires, comme la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la guerre d’Afghanistan ou la dislocation de l’URSS, mais son enfance marquée par les récits de sa grand-mère et de son père, qui n’ont jamais cessé d’influencer son imagination fertile.   L’auteure Svetlana Alexievitch se met toujours volontairement dans l’ombre lorsqu’elle travaille. J’ai donc décidé de lui donner, dans cet article, une lumière particulière. Pour commencer, explorons brièvement son histoire : Svetlana Alexievitch est née …

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Une toile large comme le monde : entre virtualité et réalité

Et s’il était possible de couper l’internet ? Pas seulement en désactivant son Wi-Fi, non. En déconnectant la terre entière de la toile. Le feriez-vous ? C’est ce que propose Aude Seigne dans son troisième roman, Une toile large comme le monde. Lentement, chapitre après chapitre, elle met en place une multitude de personnages modernes, tous dépendants, d’une façon ou d’une autre, de la technologie. Les personnages sont variés, intéressants et indubitablement dans l’ère du temps. (C’est bien l’une des premières fois que je lisais une auteure qui parlait de Pinterest et de la série Mr. Robot dans un roman.) C’est à travers le trio amoureux formé par Oliver, Evan et June; la programmeuse Pénélope;  l’adepte de jeu vidéo et de Youtube Lu Pan; et la militante pour un internet vert, Brigit, que se construit ce récit. Alors qu’on navigue, durant la première moitié du roman, à travers les différents personnages, on sent bien que les questions s’immiscent en eux, qu’ils se mettent tous, indépendamment l’un de l’autre, à se questionner sur l’influence de la grande toile sur …

Le bruit des vagues

Je l’avoue, je suis éprise des histoires d’amour. Elles me fascinent par leur complexité, mais aussi par leur temporalité. Qu’elles soient destructrices ou émancipatrices, ces histoires occupent la plupart de nos pensées et nous font évoluer en tant qu’êtres humains, à une vitesse incroyable. Ces histoires nous brisent, nous forgent et nous rendent plus fort. Les épopées amoureuses sont omniprésentes dans la littérature. De Musset à Anna Gavalda, elles ont façonné les classiques d’hier et ceux d’aujourd’hui. Si les récits romanesques peuvent sembler, à bien des égards, porteurs de légèreté et d’insouciance, il n’en demeure pas moins que certains personnages trouvent en l’amour une manière de déjouer les préjugés et de dénoncer la société dans laquelle ils évoluent. C’est le cas précis de l’auteur anglais Ian McEwan. Ses œuvres s’articulant autour de l’amour, de la dérision et du mensonge, on est happé par ses romans psychologiques et sa plume unique. D’Amsterdam à Expiation, on lui doit une quinzaine de romans et plus de 15 millions de livres vendus à travers le monde. Parmi les œuvres …

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Paris et le paradis des livres

Paris et la littérature. Il y a tant de choses à en dire. La Ville Lumière ne laisse indifférent aucun amoureux des livres. D’abord, parce que de nombreux romans dans l’Histoire y font référence, mais surtout parce que c’est un carrefour culturel par excellence. J’ai eu la chance d’y retourner quelques jours à la fin du mois d’août. Je vais à Paris tous les 2-3 ans depuis mon enfance.  C’est toujours de joyeuses retrouvailles pour moi. C’est la ville d’origine de mon père; ma sœur y vit depuis 10 ans et certains de mes cousins y habitent également. Chaque fois, mon séjour est marqué de beaux repas familiaux (bien copieux et arrosés!). Par contre, dans mon cœur, j’y ai surtout rendez-vous avec ma chère littérature. Il y règne une ambiance qui pousse à la création; un je-ne-sais-quoi qui donne envie de se nourrir uniquement d’écriture, d’art et d’eau fraîche (avec un peu de vin aussi). C’est sûrement dû aux terrasses invitantes qui foisonnent partout, à l’architecture somptueuse qui a inspiré tant d’artistes et aux sublimes …

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La tresse : trois destins de femmes qui s’entremêlent

La tresse de Laetitica Colombani, ce livre jaune que vous avez dû voir souvent cet été, m’a accompagnée un après-midi d’été. Personnellement, je l’ai souvent croisé sur Instagram. C’était une nouveauté de l’été qui a bien fait jaser; soit les gens ont adoré ou ont plutôt détesté. Déjà traduit dans une vingtaine de langues et best-seller en France (+ de 150 000 exemplaires vendus), ce premier roman de la scénariste française n’est pas passé inaperçu! De mon côté, je dois avouer que je suis mitigée. Les premières pages m’ont beaucoup plu, mais par la suite, j’ai eu le sentiment de savoir page par page ce que je lirais, tellement le roman s’avère cliché et prévisible. Néanmoins, j’ai continué ma lecture, car c’est un roman qui se lit bien, rapidement (il est conçu un peu à l’image du cinéma en y allant plan par plan) et qui est rempli de bons sentiments, donc qui ne demande pas un très gros engagement moral en le lisant. C’était très gentillet, comme on dit! La tresse, c’est l’histoire de trois …

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Le maître des illusions : Découvrez l’univers inquiétant (mais étrangement fascinant) de Donna Tartt

Quels auteurs contemporains préférez-vous? Pour les mordus de classiques, vous arrive-t-il de délaisser un instant les œuvres de Dumas ou de Flaubert pour vous plonger l’espace d’un instant dans l’univers de Pennac, Roth, Atwood et compagnie? Pour ma part, lorsque mes proches et moi conversons de nos nouvelles découvertes en la matière, le nom de Donna Tartt revient indéniablement! Par ailleurs, bien que n’ayant jamais rédigé de billets sur l’univers littéraire de cette écrivaine (ce qui relève d’ailleurs presque du sacrilège!), Tartt est assurément l’une de mes auteures contemporaines préférée. C’est quelque peu « groupie », je l’admets, mais elle fut la cause de bien des nuits blanches (j’ai lu les premiers chapitres de The Goldfinch en dessous de la couette jusqu’aux petites heures du matin, tout juste avant un examen de mi-trimestre prévu en matinée…) ,et de moments où, incapable de m’arrêter de lire, je lisais absolument partout (et pas aux moments les plus opportuns!). Ainsi, après avoir lu une seconde fois son tout premier tome (The Secret History ou Le maître des illusions, en français), quoi de …

Come Closer Sara Gran

Come Closer : Un récit de possession pour dormir la lumière allumée jusqu’à l’Halloween

Les feuilles frissonnent, le soleil vire au cuivre et décline. Mine de rien, Samhain et ses spectres se rapprochent. Vous l’avez deviné, l’automne est ma saison préférée. Et je suis d’autant plus excitée cette année, du fait que je travaille sur un projet littéraire très halloweenesque (!). Pour me faire une tête et m’inspirer, je me gave de textes et de films d’horreur. Vos suggestions à ce chapitre seraient d’ailleurs très appréciées! C’est suivant la recommandation d’un ami que j’ai découvert Come Closer, mon premier Sara Gran, une auteure américaine résidant à New Orleans. Comme je ne lis que des ouvrages en version originale, je me suis procuré le roman en anglais, mais sachez que sa traduction française est aussi disponible (Viens plus près, Points, 2011). Depuis sa parution en 2003, Come Closer a connu un succès important, selon moi tout à fait mérité. Normalement, j’ai difficilement peur en lisant. Pas cette fois. Dans une petite ville américaine, Amanda mène une vie ordinaire avec son mari Ed. Ils sont les heureux propriétaires d’une vieille maison fraîchement …

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Les Furies de Lauren Groff : la tragédie du mariage

Dans la mythologie romaine, les Furies sont celles chargées d’exécuter les sentences des coupables. Leur nom s’inspire de la fureur qu’elles projettent. Les Furies sont celles qui font respecter l’ordre dans la société, en tourmentant et en persécutant les criminels, les méchants. Lauren Groff a donné ce titre à son roman en écho à la deuxième partie du roman, celle consacrée au personnage de Mathilde, la première étant la partie « Fortune », celle du personnage de Lancelot, dit Lotto. Car, c’est ce que l’on apprendra dans la seconde partie du livre, Mathilde est remplie de colère, et cherchera à venger tout ce qu’elle a vécu dans son enfance. Mais je m’arrête ici : je ne voudrais pas dévoiler trop de détails de ce roman dans lequel se révèlent de lourds secrets, au fil des pages… Partons du début : Lotto a une enfance en or, est dorloté par son père et choyé par l’intelligence et la beauté. Puis, les années passent, son père décède et sa mère va se dévoiler comme une mère castratrice, très peu conciliante, alors que Lotto …