All posts filed under: Littérature étrangère

Bibliothérapie, Californie, City Lights, Joan Didion, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, Littérature américaine, Littérature étrangère, Play it as it lays, San Francisco

Play it as it lays: les serpents comme métaphore de la vie

« Just so. I am what I am. To look for ‘reasons’ is beside the point. » Lors d’un récent voyage aux États-Unis, principalement à San Francisco, je me suis acheté le livre de Joan Didion Play it as it lays. Dans chaque nouvelle ville que je visite, je me dois de découvrir une et souvent plusieurs librairies. À San Francisco, je me suis arrêtée à la populaire City Lights Booksellers & Publishers, célèbre pour avoir publié la littérature beatnick. Cette librairie est probablement l’une des plus belles librairies que j’ai visitée jusqu’à maintenant. Sur ces trois étages de bonheur, il y a place pour un peu de tout. Construite en hauteur, mais très étroite, ces planchers qui craquent, le grand escalier qui mène vers un ouvrage magnifique des lettres de Sylvia Plath, la librairie City Lights cache un véritable paradis. Pendant ma visite, je voulais ramener avec moi quelque chose de typique de San Francisco. Outre mes livres sur le mouvement beat, j’ai décidé de prendre un roman de Joan Didion pour découvrir sa …

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Une bouteille dans la mer de Gaza, Valérie Zenatti, L'École des loisirs, amitié, espoir, conflit israélo-palestinien, désir de réconciliation, histoire qui se déroule dans la bande de Gaza, histoire qui se déroule en Israël, littérature étrangère, livre qui parle de guerre, livre qui parle de paix, Palestine, Israël, bande de Gaza

Une bouteille dans la mer de Gaza: les courriels de l’espoir

Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti est un récit d’une sensibilité à fleur de peau, dépeignant deux personnages mus par un désir de réconciliation malgré l’adversité.  L’auteure y brosse, à travers les yeux de deux jeunes adultes, un portrait du conflit israélo-palestinien, décrivant, par leur correspondance électronique, leur tentative de nouer une relation, de bâtir la paix entre eux deux. C’est en constatant l’ampleur du conflit séparant les personnages que le récit apparaît dans toute sa force, alors que Tal et Naïm nouent une amitié, envers et contre tous. Une histoire qui défie les frontières Une bouteille dans la mer de Gaza, c’est l’histoire de Tal Lévine vivant à Jérusalem qui, à la suite d’un attentat au café au coin de sa rue, décide d’écrire une lettre à un destinataire inconnu dans l’espoir d’établir un dialogue avec quelqu’un hors de son pays. Elle demande alors à son frère Eytan, qui effectue à ce moment-là son service militaire dans la bande de Gaza, de jeter à la mer la bouteille dans laquelle …

Martin Eden, Jack London, Littérature américaine, littérature, le fil rouge, le fil rouge lit, les livres qui font du bien, bibliothérapie

La (véritable) richesse de Martin Eden

J’ai vraiment l’impression de tomber sur des petits trésors cachés quand je rencontre quelqu’un qui a mille et une anecdotes de vie à raconter, un parcours de vie un peu funky. Je trouve les personnes qui ne suivent pas les sentiers battus plus bad ass. Versus quelqu’un de trop sage, de trop rationnel, je trouve ça plate. Dans le roman Martin Eden, on voit comment ces deux personnalités interagissent ensemble, comment ils se confrontent dans leur idées et surtout, où leur parcours de vie les mèneront. Et ça m’a étrangement beaucoup interpellé. Publié en 1909, le classique de la littérature américaine écrit par Jack London, romancier et aventurier, persiste encore à travers les époques puisqu’il est rempli de grandes beautés poétiques et d’inspirantes philosophies de vie toujours si actuelles. *** Début du XXe siècle, États-Unis. Martin Eden, jeune matelot de vingt ans, ne connait rien d’autre que la mer. Au quotidien, cet ouvrier endure les conditions misérables de son dur labeur. Un jour, alors qu’il est invité à partager un souper chez une famille bourgeoise, il tombe …

Didier Eribon, REtour à REims, Annie Ernaux, Elena Ferrante, Classes sociales, sociologie, littérature, bibliothérapie

Suggestions de lecture afin de réfléchir sur les classes sociales

C’est en terminant ma lecture de Retour à Reims de Didier Eribon que j’ai réalisé qu’il y avait un point commun entre mes dernières lectures : la narratrice ou bien l’auteur ou l’autrice étaient tous des personnes issues d’un milieu défavorisé ayant réussi à se sortir de ce milieu grâce à l’éducation. Bien qu’ils s’agissaient de livres de genres différents, je réalisais que la vie avait bien fait les choses, car la lecture de ces livres au cours d’une même période m’a permis d’approfondir mes réflexions quant aux inégalités et aux conditions sociales qui rendent très difficile d’aspirer à plus lorsque l’on naît dans un milieu modeste. Comme quoi la séquence dans laquelle on lit des livres peut avoir une influence sur ce que l’on retient d’une lecture. Voici donc trois lectures qui, à leur manière, abordent les sociétés de classes : Retour à Reims de Didier Eribon  Retour à Reims est un essai biographique dans lequel l’auteur, un intellectuel né au sein d’une famille de la classe ouvrière, revient sur son milieu d’origine. Plusieurs années après avoir coupé les …

lecture, livres, le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, best seller, Kevin Kwan, Crazy Rich Asians, adaptation cinématographique, littérature étrangère

Crazy Rich Asians, le livre que j’attendais

D’abord, laissez-moi vous raconter un peu mon histoire. Je suis née en Chine, puis j’ai été adoptée par un couple de Québécois alors que je n’avais que six mois. J’ai grandi à la campagne, puis en banlieue de Montréal, avant d’aménager dans la métropole il y a de cela déjà quelques années. J’ai donc grandi dans un milieu plutôt occidental, sans toutefois renier ou nier mes origines que représentent mon physique. D’ailleurs, je me faisais rappeler assez fréquemment mes origines, que ce soit lorsqu’un inconnu me félicitait pour mon aisance en français ou encore lorsque quelqu’un me lance un Ni Hao!  ou encore Konichiwa! dans la rue, qu’il soit bien intentionné ou non. J’avoue que c’était parfois difficile de grandir ainsi, entre deux cultures. Pas 100% occidentale, pas 100% orientale. Lorsque j’ai vu le titre Crazy Rich Asians dans la liste des films attendus en 2018, je me suis sentie interpellée. Après une recherche rapide, j’ai découvert qu’il s’agit du premier roman de la trilogie, écrit par Kevin Kwan et publié pour la première fois en 2013. Je l’ai donc …

Cuba raconte-moi une histoire

«Viva Cuba libra !» Une simple phrase si connue qui résume si bien cette lecture. Dire que j’avais choisi ce livre que pour sa magnifique couverture (et oui, choix un peu superficiel, mais ça me réserve souvent de belles surprises!). Et ce fut effectivement le cas cette fois-ci aussi! Je fus complètement charmée par cette lecture. Chantel Acevedo, l’autrice du titre enchanteur Lointaines merveilles, a su créer des personnages féminins forts dans une époque historique importante à Cuba. Je me suis laissée bercée par son histoire et par la manière dont elle la raconte. Elle donne une voix forte à son personnage principal, Maria Sirena, qui est elle-même conteuse. C’est donc grâce à la voix de son personnage que je me suis laissée guider dans cette histoire. Lointaines merveilles est raconté par une Maria Sirena âgée. Elle se trouve dans un petit village de Cuba quand l’ouragan Flora frappe le pays. Contre son gré, Maria se retrouve  dans l’ancienne demeure du gouverneur avec sept autres femmes âgées de son village. Tandis que la tempête fait des …

le secret des abeilles, Sue Monk Kidd, JC Lattès, le fil rouge, le fil rouge lit, littérature, bibliothérapie, littérature étrangère

Le secret des abeilles: doux comme le miel

J’avais envie que l’été s’étire un peu plus. Que la chaleur, le soleil et les vacances durent encore. J’avais envie de me trouver du temps pour m’évader une dernière fois avant la fin de la saison estivale. Et puis, c’est comme si mon vœu s’était exaucé quand j’ai ouvert le livre Le Secret des abeilles. Premier roman de Sue Monk Kidd paru en 2003 dans sa version originale The Secret Life of Bees, il a aussi été adapté au cinéma en 2008 dans le film Le Secret de Lily Owens. C’est l’été 1964 en Caroline du Sud. Lily Owens a 14 ans et vit sur un verger de pêches. Depuis toute jeune, elle est hantée par le traumatisant souvenir de la mort de sa mère, un accident pour lequel elle se sent coupable. Élevée par un père persécutant, elle ressent d’autant plus l’absence de l’amour maternel. Qui était sa mère? Lily cherche des réponses. Grâce à une vieille photographie lui ayant appartenue, elle atterrie à Tiburon où elle rencontre trois soeurs apicultrices et à la peau …

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, vers la beauté, David Foenkinos, Gallimard, beauté, art, musée, école, dépression, littérature étrangère

L’effet Foenkinos

Cette année, j’ai découvert avec une joie de plus en plus enivrante que je pouvais enfin répondre à la fameuse – et si difficile – question : mais qui est donc mon auteur préféré? Chacun de ses livres me charme un peu plus, me rend encore plus en amour avec son œuvre et avec ses mots. L’écriture de David Foenkinos est d’une douceur et d’une justesse renversantes. Son dernier livre, Vers la beauté, ne fait pas exception. Des destins qui s’entremêlent Comme à leur habitude, les personnages de Foenkinos sont fascinants. Antoine Duris est l’homme prospère typique : un bon emploi, une relation stable qui fait des jaloux et une vie qui n’est pas loin d’être parfaite. Sa vie semble basculer quand Louise, sa copine, le laisse sans crier gare et qu’il décide de tout quitter pour devenir gardien au musée d’Orsay. Sa sœur, qui le connait comme le fond de sa poche, n’y croit pas une seconde et part à sa recherche. Camille est une jeune fille remplie d’ambition et de vie qui, du jour au …

Colette, La Vagabonde, Albin Michel, Liberté, fémnisme, spectacle, théâtre, introspection, Le fil rouge, Le fil rouge lit, Bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, littérature française, Kim Renaud-Venne

La Vagabonde: un récit sur l’appel de la liberté

Lorsque je me suis mise à fouiner dans mes multiples bibliothèques à la recherche de ces fameux livres-achetés-mais-pas-encore-lus, je suis tombée sur La Vagabonde, une œuvre que j’avais appréciée il y a quelques années (le mot est beaucoup trop faible comparativement à l’impression qu’elle m’a laissée la première fois que j’en ai fait la lecture lors de mes études en littérature). Dans un cours qui portait essentiellement sur Colette, écrivaine que je ne connaissais pas à ce moment-là, je suis littéralement tombée en amour avec ses écrits. En plus de la qualité indéniable de sa plume, cette autrice, qui est devenue la première femme à présider l’Académie Goncourt, a su mettre sur papier, pour notre plus grand plaisir, sa vie à la fois mouvementée et inspirante. Cette femme qui refusait de suivre les conventions – et qui en choquait plus d’un ! – dégageait un besoin urgent de liberté. Je n’ai pu m’empêcher de relire ce court roman qui remonte à une autre époque et qui est pourtant si d’actualité. Replonger dans cette œuvre a …

La meilleure des vies, J.K. Rowling, Harry Potter, Grasset, échec, peur de l'échec, Bibliothérapie, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, littérature étrangère, livres, Harvard, discours cérémonie des diplômes

La meilleure des vies : de l’importance de l’échec

La meilleure des vies ne pouvait mieux tomber dans mon existence, à quelques semaines près de la fin de mon parcours académique. Je ne vous cacherai pas que j’ai d’abord été attirée par ce livre puisque j’y voyais le nom de J.K. Rowling sur la couverture, autrice de la fameuse série Harry Potter et à qui je dois de nombreuses journées de mon enfance étalée sur la pelouse à me perdre dans un monde magique et extraordinaire. Ici, il ne s’agit pas d’un roman, mais bien d’un discours que Rowling aurait prononcé en 2008 dans le cadre de la cérémonie des diplômes à Harvard. Dix ans plus tard, il a été traduit en français dans la plus grande des beautés. Présentement en train de terminer ma maîtrise, un de mes plus grands rêves est enfin à ma portée : devenir bibliothécaire. Je suis si près du but. Toutefois, je ne sais plus où donner de la tête entre un stage palpitant mais non-rémunéré, un rapport à rédiger, un oral et des tonnes de travaux à accomplir …