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Lion : l’improbable histoire de Saroo

L’improbable histoire de Saroo est une histoire vraie. Celle d’un petit bout d’homme de six ans, perdu dans une grande ville indienne après s’être endormi dans un train en y cherchant de la nourriture avec son frère. C’est un récit de survie, d’adoption, d’identité et d’espoir. La petite histoire Après quelques mois où l’on se demande bien comment un enfant de six ans a pu survivre seul dans une grande ville indienne, Saroo se retrouve dans un orphelinat et se fait adopter par une famille en Tasmanie. Déjà là, l’histoire semble plus vraie que nature et pourtant ce n’est que le début. 25 ans plus tard, bien qu’heureux dans sa vie, Saroo entreprend des recherches pour essayer de retrouver son village natal. N’étant qu’un petit garçon au moment de son adoption, il n’avait que peu d’informations sur son village natal, ni même le nom de sa mère. Par contre, doté d’une mémoire photographique, il regroupa tous les souvenirs qu’il pouvait, se remémorant le chemin pour se rendre chez lui, route qu’il parcourait quotidiennement avant de se …

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Un film, Tchékhov et les femmes

Après des études en Lettres, j’en avais un petit peu soupé des classiques de la littérature internationale. Si bien que, pendant un bon bout de temps, j’ai laissé ce genre de côté, que j’avais exploré un peu par obligation, pour m’approprier plutôt la littérature québécoise et son langage qui est aussi le mien. J’y vivais davantage une proximité dans les sentiments décrits, dans la langue, dans les mœurs, ce qui me rejoignait mieux. Si vous voyiez le contenu de ma bibliothèque, vous verriez qu’elle a un fort penchant (et elle aussi est à veille de craquer!) pour les auteurs du Québec, pour ces mêmes raisons. Par où tout a commencé Puis, vint un jour où je suis tombée en amour avec le film de Rafaël Ouellet sorti en 2014, Gurov et Anna. Difficile à vous en expliquer la ou les raisons en version journaliste cinématographique que je ne suis pas. Je vous dirai simplement que ce film m’a séduite par ses sujets traités, imbriqués les uns dans les autres: la littérature, la banalité de la …

S’ils ont remis 1984 à l’Index, est-ce que Bleu presque transparent sera le prochain?

J’ai toujours pensé que les veines à fleur de peau sont jolies à voir. T’es pas heureux. Même les yeux fermés, je parie que t’essaie de voir des tas de trucs. (…eux) je voudrais les avaler cru et les bercer au fond de moi. Écrit en 1976, vendu à plus d’un million d’exemplaires en à peine 6 mois, premier roman de Murakami Ryü… Bleu presque transparent est le livre que je ne voulais pas lire. Et vous savez, si vous avez lu mon dernier article Le grand cahier, que je peux avoir la couenne dure. Pour vous situer, Transpotting a été écrit en 1993 et réalisé en 1996, Requiem for a dream est sorti en 2000… et en comparaison, ils semblent être des bébés de maternelle. Pas de farces! Tiens, pour vous mettre dans l’ambiance, je vous propose de réécouter la trame principale de Requiem… prenez 2 minutes. Requiem for a dream Je suis bien entendu au courant des critiques, très nombreuses, qui ont été écrites sur ce livre. Je tentais de ne pas les lire depuis si longtemps, persuadée que chaque « adulte » …

Pourquoi l’amour fait mal?

Il n’est pas toujours facile de justifier mon choix d’aller faire un doctorat en sociologie. Certains pensent que ce n’est pas une «vraie science», d’autres ajoutent que les sociologues sont juste des «pelleteux de nuage», plusieurs croient que je n’arriverai pas à trouver un bon emploi stable dans mon domaine. Bref, toutes les raisons sont bonnes pour me décourager, pourtant quand je lis un livre comme celui d’Eva Illouz, je sais que j’ai pris la bonne décision en choisissant la sociologie. Avoir un regard sociologique, c’est se montrer curieux face à une situation, c’est une volonté de mieux comprendre les mécanismes et les constructions sociales, une meilleure compréhension de la société dans laquelle on évolue permet d’agir sur celle-ci. Une meilleure compréhension de l’amour à l’époque contemporaine dans le monde occidental, voilà donc l’ambition de l’autrice. Si vous pensiez avoir affaire à un livre de «psycho-pop» pour vous aidez à gérer votre vie amoureuse, vous serez déçu. Par contre, si vous souhaitez mieux comprendre comment l’amour est socialement codifié aujourd’hui, vous serez renversé! «L’ambition de …

Sacrifices, tensions raciales et le vrai du faux

J’ai pris beaucoup de temps avant de me mettre à écrire ces lignes. Pour tout vous dire, depuis près d’un mois que Rédaction de mon article sur Sacrifices est dans mon agenda et chaque semaine, je le recopie en me disant, cette fois c’est la bonne. Écrire des critiques littéraires depuis 2 ans et demi m’a appris à rédiger rapidement, parfois pour couvrir des sorties littéraires, d’autres fois tout simplement pour ne pas — justement — surcharger son agenda. Bref, avec Sacrifices, j’ai pris bien mon temps. Pourquoi? J’avais besoin de laisser mon esprit analyser et aérer après la lecture de ce récit qui m’a bien sincèrement fascinée et que je n’oublierai pas de sitôt. Joyce Carol Oates m’avait profondément déçue avec Confession d’un gang de filles, un roman dans lequel je n’ai pas du tout embarqué et que j’ai eu de la misère à terminer. J’ai toutefois voulu lui donner une deuxième chance lorsque j’ai appris la sortie de Sacrifices et je suis très contente de l’avoir fait parce que j’ai découvert tout un univers… J’ai …

Petit pays : l’histoire tragique du Burundi vu à hauteur d’enfant

J’ai toujours privilégié les romans qui s’éloignent de ma réalité et qui me permettent d’apprendre tout en demeurant captivants et touchants. Petit pays, le premier roman du rappeur franco-rwandais Gaël Faye, y est arrivé haut la main. Je comprends pourquoi le Goncourt des lycéens a été attribué à Gaël Faye et pourquoi ce roman a reçu un accueil critique enthousiaste. Il s’agit d’un grand coup cœur. Gabriel, le narrateur du roman, se remémore son enfance à Bujumbura, capitale du Burundi, au début des années 90. Ce fils d’un Français et d’une réfugiée rwandaise est désormais en exil en France et rendu à l’âge adulte. Il revient sur les jours heureux qu’il a vécu dans ce Burundi qu’il croyait « disparu ». Pendant les premières pages, Gabriel a dix ans et il est peu à l’affût de la situation politique qui prévaut autour de lui ainsi que des tensions existantes entre les Hutus et les Tutsis. Le lecteur découvre alors « les saveurs, les couleurs et la musique » du Burundi de ces années-là à travers les yeux de cet enfant, comme l’a indiqué l’auteur en entrevue à RFI. Gabriel …

50 ans d’amitié pour Les Suprêmes

En bouquinant au dernier Salon du livre de Montréal, je suis tombée sur ce roman, Les Suprêmes d’Edward Kelsey Moore, et sans n’en avoir jamais entendu parler, j’ai eu envie de le lire. La couverture comme la description m’ont plu, mais je ne l’ai pas acheté. Je l’ai donc reçu lors d’un échange de cadeaux de Noël et vraiment, j’étais contente d’avoir noté le titre parce que j’ai passé un agréable moment de lecture avec ces trois Suprêmes. Les Suprêmes, c’est le surnom qu’on a donné à trois grandes amies : Odette, Clarice et Barbara-Jean et c’est inspiré d’un célèbre groupe de musique du même nom. Amies depuis 50 ans, on suit ces trois femmes divertissantes, pour le moins qu’on puisse dire, dans les épreuves de leur vie et dans le quotidien de chacune. Je m’attendais à un roman plus sérieux. J’avais en tête l’idée d’être plongée dans un roman engagé qui me ferait réfléchir, voire apprendre. Tout cela est arrivé, mais ce qui m’a surprise fut l’absurdité et l’humour qui transcendent les événements souvent …

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Dans la vie d’un bibliothérapeute : Aux petits mots les grand remèdes

Aux petits mots les grands remèdes, de Michaël Uras, raconte le quotidien d’Alex, bibliothérapeute de profession. Après une formation au Canada et un diplôme peu reconnu en France, Alex ouvre son propre bureau dans lequel il conseille des lectures, dont beaucoup de classiques, aux hommes – parce qu’il n’a apparemment pas de clientes féminines – pour essayer de les aider à aller mieux, à penser différemment, à sortir des sentiers battus. J’avais bien hâte de me plonger dans un roman qui parle de bibliothérapie. C’est une discipline qui fait de plus en plus sa place et qu’ici, sur Le fil rouge, on se plait à adapter librement à nos écrits et à notre philosophie. Par contre, ce roman n’a pas su rejoindre mes attentes. L’idée est bonne, la structure du roman l’est aussi, mais l’histoire n’est pas venue me toucher comme je l’espérais. C’est un roman simple, qui divertit, mais qui n’a pas réussi à me convaincre de la passion pour les mots du protagoniste, ni à son travail en tant que bibliothérapeute. On se …

ray bradbury - fahreneith 451

Découvrir des classiques : Fahrenheit 451

Fahrenheit 451 fut ma première lecture de 2017. Non, je ne l’avais jamais lu au cégep. Je me rappelle plutôt de The Catcher in the Rye et de Brave New World dans mes cours d’anglais, mais il ne fut jamais question du classique américain de Ray Bradbury. J’en avais entendu parler maintes fois, sans jamais vraiment m’y attarder, ayant toujours un livre plus tentant dans ma p.a.l. J’ai finalement décidé de m’y plonger il y a quelques semaines et j’ai bien apprécié ma lecture. Je comprends que c’est le type de livre qu’on peut faire lire à un groupe de cégépiens et, pourtant, je ne me suis pas sentie prise dans l’un de ces romans que je me forçais parfois à lire lors de cours obligatoire. Je n’ai pas eu la flagrante impression de me retrouver dans un roman de science-fiction comme l’aurait eu quelqu’un l’ayant lu à sa parution en 1953. Sans que notre société ressemble entièrement à celle dépeinte dans le livre, elle lui ressemble certainement plus qu’il y a 70 ans de cela. Je crois …

Le grand cahier d’Agota Kristof

La trilogie des jumeaux, zoom sur Le grand Cahier   « Un roman magnifique sur le déracinement, la séparation, l’identité perdue et les destins brisés dans l’étau totalitaire. » L’Express Agota Kristof, auteure hongroise décédée en 2011, fût romancière, poétesse, écrivaine et dramaturge. Elle écrivit la plupart de ses œuvres en français, sa deuxième langue, qu’elle considérait comme une langue « ennemie ». Le grand cahier fait partie de la Trilogie des jumeaux. Résumé qui peut sembler banal Deux jumeaux, Klauss et Lucas, sont déposés bien contre leur volonté chez leur grand-mère (qui fait passer la mère d’Aurore comme une biche) parce que la guerre qui sévit force leur mère à prendre cette difficile décision. Instinct de survie oblige. Ils tenteront de survivre à cette femme immonde, au froid, à la faim et à cette cruelle réalité dans laquelle ils sont forcés d’évoluer. Ils amorcent cette auto-analyse/éducation de leurs apprentissages, tant monstrueux que fascinants, ils rejettent les valeurs apprises et la morale pour créer leur propre système de fonctionnement. Aucuns lieux communs L’écriture de Kristof est froide, factuelle, cinglante, …