All posts tagged: amitié

le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Reine, Françoise de Luca, Les Éditions marchand de feuilles, amitié, amies, meilleures amies, passage du temps, nostalgie, littérature étrangère

Françoise et Marie-Reine

L’amitié est un thème courant dans plusieurs romans, mais rarement est-elle le cœur d’une histoire, la raison d’être de deux personnages qui ne partageront qu’une amitié pure, simple et parfois cruelle. Françoise de Luca nous rappelle l’importance et l’influence des amitiés de notre enfance sur le reste de nos vies grâce à son roman Reine. Son écriture est fluide comme une longue rivière sur laquelle je me suis laissée glisser doucement. Notre amie Françoise Ce roman est écrit à la première et deuxième personne, la narratrice s’adresse au lecteur comme s’il s’agissait de son amie d’enfance : Marie-Reine. Cela ajoute une sensibilité et une pureté au texte, car l’auteure crée un espace intime et privé entre deux personnes, oubliant le reste du monde. Je ne sais pas à quel point l’auteure et le personnage de Françoise sont différents, mais la Françoise que j’ai appris à connaître dans ce roman est charmante. Douce, généreuse et fondamentalement gentille, elle vit la majeure partie de son enfance à travers les yeux de son amie Reine, qu’elle idolâtre. J’y ai …

amitié, École primaire, Bibliothérapie, Jonathan Bécotte, Lémeac jeunesse, Le fil rouge, le fil rouge lit, lecture, les livres qui font du bien, littérature, Littérature jeunesse, livres, Meilleur ami, Nostalgie, Souffler dans la cassette, vacances

Souffler dans la cassette : Ode à la jeunesse

Premier roman de Jonathan Bécotte, Souffler dans la cassette est un roman poétique imprégné de magie. Cette ode à l’amitié et à la jeunesse nous transporte au temps de l’enfance où le simple fait de passer du temps avec son meilleur ami est l’unique plaisir de la vie. C’est l’histoire d’une amitié fusionnelle entre deux jeunes garçons qui insuffle en nous une nostalgie, celle de l’apprentissage de la vie, de l’apprentissage de ces sentiments qui sont si près de l’amour que le monde s’arrête. On les découvre lors des dernières semaines de classe : J’ai retrouvé un vieux coin-coin                                                                    Qu’on avait fait en catéchèse.                                                                          J’avais mémorisé quelle combinaison …

Les choses immuables : ces relations qui sont faites pour durer

J’ai commencé à lire Les choses immuables d’Éléonore Létourneau durant une période charnière de ma petite existence. Le genre de période où plus rien n’a vraiment de sens, où tout semble s’éclipser dans le néant des questionnements, dans le je-sais-pus-où-ma-vie-s’en-va. Le poids des choix que je devais prendre – que je m’efforçais de prendre – me semblait trop lourd à porter, pour l’instant. Il fallait choisir, mais je trouvais difficile de laisser tomber des rêves pour d’autres, de favoriser une voie plus qu’une autre. Trop difficile. Je n’y arrivais pas. Je voulais tout. Et ne rien concéder. C’est à ce moment que les mots d’Éléonore Létourneau sont arrivés dans ma vie. Juste à point. À cet instant précis où tout s’effondrait, où j’en avais le plus besoin. Je me suis retrouvée, avec justesse, à travers chacune des remises en question des personnages de Louis, Hélène, Virginie et Mathieu, qui à l’orée de la quarantaine ne savent plus s’ils ont bien fait de s’enfoncer dans la banalité de la routine. Les jours se ressemblent sans aucune surprise. Les …

Une curieuse histoire d’amitié : L’homme blanc de Perrine Leblanc

Kolia n’est pas un enfant de cœur. Il vole, se bat et boit. Mais il est très attachant. Ayant grandi dans les goulags de Staline, c’est par chance qu’il apprend à lire. Iossif, un prisonnier d’origine suisse, lui apprend à lire le russe et le français. Il lui apprend surtout le goût des mots. Un jour, Iossif disparaît. On ne lui dit pas pourquoi, ni où il est allé. Lorsqu’il est finalement relâché du goulag, Kolia est presque un adulte. Il se rend à Moscou où la soeur d’Iossif l’aide à s’établir. Il devient clown. Il devient l’homme blanc, le mime silencieux, le clown muet. « Dans la Zona il dirait aux autres prisonniers : J’ai volé pour la première fois à l’âge où les enfants apprennent à lire. C’était sa façon de résumer les premiers temps de son art. Il s’appelait Nicolas mais tout le monde le surnommait Kolia. En prison, après l’implosion de l’Union, il découvrirait la pérennité de certaines conditions d’existence dans les enclos, où les hommes devenaient des bêtes marquées. Il …

Du livre au film : Ghost World

Comme vous le savez probablement tous, la semaine passée avait lieu le Salon du livre de Montréal. Mes attentes étaient très hautes et elles ont été comblées, j’ai même déniché la bande dessinée Ghost World que je voulais depuis un moment, en fait depuis que j’avais visionné le film de Terry Zwigoff avec Thora Birch et Scarlett Johansson. C’est donc l’histoire de deux meilleures amies qui viennent tout juste de finir l’école secondaire. Elles sont très différentes des autres jeunes de leur âge et c’est ce qui nous charme dès les premiers instants de lecture. Il y a Enid, une fille un peu rebelle, très ironique qui sacre beaucoup, proche de ses émotions et au look marginal. Et il y a sa meilleure amie, Rebecca qui est physiquement complètement différente de son amie, mais elles partagent relativement les mêmes goûts. Elle est un peu plus sérieuse, mais n’hésite pas à embarquer dans les idées farfelues de son amie, comme poursuivre un couple fataliste ou faire des heures d’autobus pour manger dans un diner aux allures …

Elena & Lila : une prodigieuse amitié

J’aime beaucoup les romans qui suivent les personnages sur de nombreuses années, voire des décennies, ça nous permet davantage nous y attacher, comprendre leur complexité et se faire une idée bien claire de ce que l’histoire raconte. Dans L’amie prodigieuse, Elena Ferrante se lance dans une saga où les deux personnages principaux, Lila et Elena seront suivis sur près de cinquante ans. Dans ce premier tome, elle y traitera de leur enfance et de leur adolescence. Tandis que dans le deuxième tome, Le nouveau nom, les jeunes filles deviennent des adultes. Or, L’amie prodigieuse débute au présent, quand le fils de Lila téléphone Elena, qui a plus de soixante ans, pour lui demander si elle sait où est sa mère. Ainsi débute l’entreprise littéraire du roman, Elena tentera de nous décrire le plus fidèlement possible son enfance et son adolescence à Naples, vers la fin des années 50, et ce, en racontant une des plus belles histoires de loyauté, comme de jalousie, sa puissante et chaotique amitié avec Lila. Dans un quartier pauvre et défavorisé, les …

Ma meilleure amie d’enfance, Martine

Durant mon enfance, j’ai eu deux meilleurs amis. Le premier se nommait Bob. Il était le fils de la meilleure amie de ma mère. Il venait chez moi toutes les fins de semaine ou on allait le visiter. On jouait aux Pokémon ou à la Nintendo. Bob et moi allions faire des folies dehors ou nous restions chez lui pour regarder Petit-Pied le Dinosaure. Quand je ne passais pas du temps avec Bob, il n’y avait qu’une autre personne qui avait toute mon attention, il s’agissait de Martine. Je la retrouvais le soir avant de m’endormir. On partait à l’aventure du monde avec l’aide de Patapouf, son compagnon à quatre pattes. Nous avions découvert tellement de choses ensemble que je n’ai pas pu avec Bob. J’ai appris à ne pas avoir peur de poser des questions, d’avoir un regard critique sur le monde et à rêver. J’ai saisi que j’ai le droit de faire des erreurs et de ne pas abandonner face à l’adversité. Martine répétait souvent « ne perds pas courage », car on apprend vite …

Tarmac ou l’adolescence en banlieue nord-américaine

Pour agrémenter votre lecture… Tarmac, le deuxième roman de Nicolas Dickner (publié en 2009, après un ouvrage collectif signé d’un pseudonyme), est un livre « hommage » aux années 1990. Alors qu’on voit depuis quelques années un retour en force des années de gloire des Spice Girls et du grunge (surtout en musique et en mode), Dickner sort des boules à mites une décennie sombre, marquée par les conséquences de la guerre froide, où règnent en maître le béton et les bungalows. Nous sommes en banlieue-dortoir, la canicule est pesante, les condos sans âme poussent comme des champignons : c’est l’envers du rêve américain. Dans Tarmac, on suit les aventures de deux adolescents Louperivois, Michel Bauermann et Hope Randall, à l’humour cynique et cassant, mais toujours juste. Entre les cours au cégep, les beuveries au bar local et les baignades à la piscine municipale, Michel et Hope s’intéressent aux bunkers, à l’énergie nucléaire, aux nouilles ramen, aux bombes atomiques, aux menstruations, aux actualités internationales meurtrières, à la date de la fin du monde. Des adolescents normaux, quoi. Sans l’ampleur …

Je n’ai jamais embrassé Laure, ou la beauté dans le danger

J’ai rencontré Kiev Renaud dans le cadre d’un séminaire de création à la maîtrise, séminaire au cours duquel nous devions rédiger de courts textes de fiction qui étaient par la suite lus et commentés par les autres étudiants. J’ai immédiatement été charmée par sa plume singulière, sa manière de créer des images fortes grâce à de petits détails et sa façon de traduire en mots la beauté, les relations humaines, le quotidien, l’imaginaire. C’est pourquoi, quand j’ai appris que le roman par nouvelles Je n’ai jamais embrassé Laure allait paraître chez Leméac, j’ai su qu’il s’agirait pour moi d’une lecture printanière incontournable! « Laure est belle, Florence ne l’est pas. Pourtant, elles vivent et s’aiment comme des âmes sœurs, peut-être un peu plus. Leur désir et leur affection ne s’atténuent pas avec le mariage de Florence, puis la naissance de Cassandre, qui aura son mot à dire et voudra, elle aussi, tenir un rôle dans cette pièce aux miroirs. » L’histoire, simple, tient en ces quelques phrases; pourtant, les sujets et thématiques abordés, eux, recèlent une grande …

Pour mes horcruxes vivants

Mon patronus, c’est les livres de J. K. Rowling. Dans mon enfance, ils me permettaient de m’évader d’un monde qui se voulait souvent bien triste. J’en ai parlé ici. À l’âge adulte, ils continuent toujours de remplir leur devoir en me protégeant de la banalité du quotidien. Je ne dirai jamais assez à quel point la série Harry Potter a sauvé ma vie. C’est que le pouvoir des mots est tellement puissant qu’il devient contagieux et se répand parmi les âmes prêtes à l’absorber. Il suffit d’avoir un peu d’imagination, une bande d’amis incroyable et un jeu de rôle pour devenir un sorcier à temps plein. C’est de cette façon qu’est né mon avatar, Fabiola Grindelwald, fille de dresseur de dragon et fière Serpentard. Pour les lecteurs qui seraient peu familiers avec le jeu de rôle, je tenterai d’expliquer brièvement ce qu’il en est. Il est important de spécifier qu’il existe une panoplie de jeux de rôles. Le nôtre propose une suite logique à la série Harry Potter et se déroule dans l’univers des sorciers …