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Nos coeurs déconfits

Garder les yeux fermés, les mains posées sur les oreilles. Avoir le souffle court. Ne pas savoir où se diriger ni comment ouvrir la bouche pour crier. Et pourtant, avoir l’ultime certitude que la personne à nos côtés saura nous guider et aura la capacité de faire taire le bruit assourdissant des confettis. Certains nommeront ce sentiment amour, d’autres l’attribueront au destin. Mais il s’agit avant tout d’un récit d’appartenance et d’abandon, car dans le partage réside la plus grande des forces : faire face à nos peurs. Intriguée par le flot de commentaires admiratifs, je me suis lancée dans la lecture du plus récent livre de la jeune autrice irlandaise Sally Rooney, intitulé Normal People. Bien que le roman ne soit pas encore traduit en français, le travail de Sally Rooney, quant à lui, commence à faire certaines vagues au Québec. Normal People est une œuvre qui illustre bien les maux d’une génération en quête d’amour-propre et qui tente de donner du sens à une vie marquée par l’excès et la violence. Retour sur …

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Au hasard des lectures : La pomme de Justine, et L’albatros et la mésange

Mon premier m’a fait de l’œil dans une librairie d’occasion. Il s’agissait d’un titre de la collection Titan + que je n’avais toujours pas lu, publié en 2013 : La pomme de Justine de Valérie Harvey. Je l’ai amené pour le lire en vacances. Mon deuxième est le petit dernier d’une autrice que je lis depuis mon enfance, qui m’attendait dans ma boîte aux lettres à Montréal : L’albatros et la mésange de Dominique Demers. Mon tout est la coïncidence de deux lectures subséquentes qui se ressemblent, se parlent et se répondent, dans la forme comme dans les thèmes abordés. Elles seront le sujet de mon article et je les aborderai d’une même voix. La rencontre des opposés Au début de La pomme de Justine, on rencontre cette jeune fille de 18 ans qui travaille pour l’été comme guide touristique dans un parc naturel. Pleine de vie et passionnée de plein air, elle sort toutefois d’une relation amoureuse difficile et tente de prendre la vie comme elle vient. Il y a aussi Alexandre, un jeune professeur de …

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Sans domicile fixe: la force du déni

Le dernier roman de Susin Nielsen raconte l’histoire du jeune Félix, 12 ans, qui est sans domicile fixe (SDF). Déjà, le titre éveille l’intérêt, ainsi que la page couverture représentant un campeur Westfalia. Mais on ne peut qu’imaginer brièvement le récit que l’autrice s’apprête à nous livrer. Une histoire touchante, enlevante, construite comme un thriller psychologique qu’on a du mal à lâcher tellement c’est passionnant. Le roman vise la tranche d’âge 12-15 ans, mais si on a déjà lu d’autres ouvrages de Susin Nielsen, on sait que l’auditoire s’étend bien au-delà du jeune public. Félix, le SDF de 12 ans ¾ Le récit de Sans domicile fixe débute dans un poste de police, alors que le jeune Félix Knutsson discute avec l’agente Lee. Les informations sont livrées au compte-goutte afin de laisser planer le mystère sur la raison de sa présence au poste. Astrid, la mère de Félix, est interrogée au même moment, sans qu’on en sache la raison, et Félix insiste sur le fait qu’Astrid est une bonne mère. Il semble s’être produit un …

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Club de lecture juin 2019 : La plupart du temps je m’appelle Gabrielle

Il y a déjà quelques années, j’étais tombée comme on tombe sur les plus significatifs des livres, par hasard, sur un titre qui avait piqué ma curiosité: Ce n’est pas une façon de dire adieu. Il y a quelque chose qui m’émeut dans ce titre, une vulnérabilité, une fragilité, une grande vérité. Je garde un souvenir précis de certains aspects de ce roman, mais c’est principalement l’ambiance qui s’y tramait, qui me reste, au final. L’odeur de la pluie, la musique des Beatles, les rues grises de New York… À partir de ce moment-là, je me suis mise à suivre l’œuvre de Stéfani Meunier, l’autrice au pouvoir d’évocation puissant. J’étais alors plus qu’heureuse lorsque les participantes du club de lecture du Fil rouge ont voté pour La plupart du temps je m’appelle Gabrielle, son dernier roman, pour notre lecture commune de juin. Une douceur étonnante À l’unanimité, nous nous sommes entendues pour dire qu’il y a avait une telle douceur dans ce roman! Douceur qui nous étonnait néanmoins, car il n’y a rien de doux …

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L’histoire du vieil homme sur un banc

Il y a quelques mois, ma mère m’a offert un livre en me faisant promettre de le lire au plus vite. Fidèle à moi-même, j’ai ignoré son précieux conseil et j’ai fait à ma tête. Je vous confirme aujourd’hui que c’était une erreur de ne pas l’avoir écoutée. La petite fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel est une petite merveille de la littérature, une œuvre qui nous semble bien ordinaire à première vue et qui s’avère être une révélation. Monsieur Linh a vécu la guerre. Il a survécu, avec sa petite fille, à ce qu’il y a de plus cruel et de plus laid en ce monde. Ils ont réussi à fuir et à se réfugier dans un pays inconnu, aux antipodes de tout ce qu’ils connaissaient. Monsieur Linh essaie alors tant bien que mal de prendre soin de la seule famille qui lui reste en s’isolant de tout ce qui l’entoure. Cette carapace sera brisée lorsque, durant sa promenade, un homme jovial au visage triste décide d’entamer la conversation. Naît alors une douce …

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Partir de rien ou être forcée à grandir

Partir de rien est un roman écrit par Maude Nepveu-Villeneuve, paru aux éditions de Ta Mère en 2011 et réédité en 2019 avec une nouvelle première de couverture. Comme tous les livres de cette maison d’édition, le graphisme est alléchant et invite juste à vouloir plonger dans l’œuvre littéraire. À la mer pour tout recommencer Partir de rien est l’histoire de Chloé et Almée, deux meilleures amies d’enfance qui, après une fugue de quelques jours dans les champs, reviennent dans leur petit village natal désert. Il n’y a plus personne dans les rues, les maisons sont inoccupées et leurs familles sont parties sans explications. Les deux filles en profitent pour commencer une nouvelle aventure qui les mènera plus loin qu’elles ne le pensent. Elles rassemblent tout ce qu’elles peuvent trouver, livres et restants de nourriture, et partent à l’aventure avec leur lièvre Oreste. Elles décident d’aller jusqu’à la mer à vélo pour débuter leur nouvelle vie. Arrivées à la ville portuaire sans nom, elles décident de jouer les touristes quelques jours afin de découvrir la …

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Des souris et des hommes : l’œuvre intemporelle de John Steinbeck

Il y a de ces livres qui peuvent être lus et relus sans jamais perdre de leur intérêt. Des souris et des hommes de John Steinbeck en fait partie. Je l’ai récemment relu pour une troisième fois et je suis sortie de cette lecture tout autant émue que la première fois que je l’ai lu, il y a déjà dix ans de cela. En à peine plus de cent pages, l’auteur nous fait entrer dans un univers complètement différent du nôtre, qui nous rappelle cruellement que rien n’est noir ou blanc dans la vie. Dans les années 1930, deux amis d’enfance essaient tant bien que mal d’atteindre leur objectif ultime : s’acheter une petite terre et y vivre en paix entourés d’animaux. George, un homme dévoué et intelligent, et Lennie, un grand colosse atteint d’une légère déficience mentale, survivent du mieux qu’ils peuvent aux épreuves qui semblent s’accumuler sur leur chemin. C’est que Lennie, malgré toutes ses bonnes intentions et son insouciance, n’est pas conscient de sa force et finit souvent par se mettre les pieds …

Boo de Neil Smith

Boo : un livre « cool as a cucumber »

Un peu de contexte J’ai toujours été attirée par les romans que je qualifie de «contes pour adultes». «Contes» en ce qu’ils racontent quelque chose d’invraisemblable, d’une façon un peu enfantine, et «pour adultes» en ce que les sujets qu’ils traitent sont assez sombres et/ou lourds. J’adore ce type de livre : ça vient me pogner dans les tripes et ça ne me lâche plus, longtemps même après avoir refermé le livre. C’est ce qui s’est passé avec Boo de Neil Smith : j’ai ghosté mon copain pendant deux jours après le boulot parce que j’avais trop envie de terminer ce livre. Sur l’histoire Une très bonne critique a déjà été écrite sur ce livre, je ne tomberai donc pas dans les détails et ne m’attarderai pas trop à vous résumer le roman; je ne vous épargnerai cependant pas mon fameux questionnaire skyrock-style : Le style : conte pour adultes Le lieu : le paradis pour les jeunes Américains de 13 ans (oui, c’est sélectif comme ça!) Les personnages : ils sont plusieurs, mais le …

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Marina de Carlos Ruiz Zafón: le mystère du teufel

Ce qui se cache dans les ombres de Barcelone «À la fin des années soixante-dix, Barcelone était une fantasmagorie faite d’avenues et de ruelles où l’on pouvait voyager trente ou quarante ans en arrière rien qu’en franchissant le seuil d’un immeuble ou d’un café. Temps et mémoire, histoire et fiction se mélangeaient dans cette ville ensorcelée, comme des couleurs d’aquarelle sous la pluie.  C’est là que, lointain écho de rues qui aujourd’hui n’existent plus, des cathédrales et des édifices échappés de légendes ont formé le décor de cette histoire.» (Zafón, 1999, p. 13). Ainsi débute l’histoire du roman Marina de Carlos Ruiz Zafón, publié dans sa version originale en espagnol en 1999. On se retrouve plongé dans une Barcelone peuplée de fantômes, d’ombres et de souvenirs, dans une Espagne nouvelle. Jeune étudiant de quinze ans, c’est lors de l’une de ses nombreuses excursions à la rencontre de cette capitale catalane qu’Óscar Drai fait la rencontre de Marina Blau, dans le quartier de Sarriá. Jeune femme du même âge avide d’aventures, elle l’entraîne dans une investigation …

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L’odeur du gruau : le réconfort de l’amitié

Mon automne a été parsemé de courtes lectures, pour la plupart, des recueils de poésie, alors que j’étais pratiquement submergée par les lectures et les travaux universitaires. Avec la fin de la session est venue l’envie de me plonger dans un roman, d’accorder du temps à une histoire, à des personnages pour les apprivoiser, les connaître et m’y attacher. Cette envie s’est accompagnée de la découverte de la maison d’édition franco-ontarienne L’Interligne et d’un nouvel auteur, Alexis Rodrigue-Lafleur. C’est le nom de son premier roman, L’odeur du gruau, mais surtout la proposition qui m’a attirée vers ce livre : une bande d’amis dont l’amitié, croquée à trois époques de leur vie, nous est racontée. L’amitié : témoin fidèle du quotidien Des liens qui semblent solidement tissés se resserrent et se dénouent dans ce court livre d’à peine 250 pages. On y rencontre Judith, barista dans un petit café; Béatrice et Frédéric, ses collègues; Carl et Léa, ses colocs, ainsi que Paul, un charmant client, aussi coloc de Frédéric. Les chapitres du livre nous proposent de brèves incursions …