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Une bouteille dans la mer de Gaza: les courriels de l’espoir

Une bouteille dans la mer de Gaza de Valérie Zenatti est un récit d’une sensibilité à fleur de peau, dépeignant deux personnages mus par un désir de réconciliation malgré l’adversité.  L’auteure y brosse, à travers les yeux de deux jeunes adultes, un portrait du conflit israélo-palestinien, décrivant, par leur correspondance électronique, leur tentative de nouer une relation, de bâtir la paix entre eux deux. C’est en constatant l’ampleur du conflit séparant les personnages que le récit apparaît dans toute sa force, alors que Tal et Naïm nouent une amitié, envers et contre tous. Une histoire qui défie les frontières Une bouteille dans la mer de Gaza, c’est l’histoire de Tal Lévine vivant à Jérusalem qui, à la suite d’un attentat au café au coin de sa rue, décide d’écrire une lettre à un destinataire inconnu dans l’espoir d’établir un dialogue avec quelqu’un hors de son pays. Elle demande alors à son frère Eytan, qui effectue à ce moment-là son service militaire dans la bande de Gaza, de jeter à la mer la bouteille dans laquelle …

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Mystères et souvenirs de jeunesse

L’automne est de retour et pour être franche, l’été torride que nous venons de traverser ne me manque pas du tout! Par contre, je me surprends à m’ennuyer de mes étés de jeunesse, quand j’attendais avec impatience le moment où mes parents me déposeraient pour une semaine au camp Baseley. C’est probablement parce que je viens de terminer ma lecture du deuxième tome de L’Esprit du Camp. Les artistes Axelle Lenoir et Caroline Breault nous ont offert dernièrement la conclusion de ce diptyque. L’histoire se déroule en 1994 dans une colonie de vacances près du petit village de Dégelis. L’héroïne, Élodie, se voit forcée par sa mère de passer son été comme monitrice au camp du Lac à l’Ours. Elle se retrouve ainsi à devoir gérer une troupe de campeuses rousses diaboliques et prouver à ses collègues qu’elle peut survivre à cet été d’enfer. Elle se noue d’amitié avec une monitrice, Catherine a.k.a. Miss Perfection, et découvre qu’une terrible créature semble menacer leur sécurité. Un récit intrigant agrémenté par les magnifiques illustrations d’Axelle et la touche colorée …

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La douceur et la précarité de l’amour

On dit que l’été est la saison des amours. Peut-être pour ses longues nuits qui ne se terminent jamais ou pour ce laisser-aller collectif. On en oublie même le temps. Les jours deviennent des secondes et nos yeux restent toujours ouverts devant le bonheur de chaque personne qui croise notre chemin. On s’éternise au parc, on renoue avec un vieil ami ou bien on accepte de prendre un verre ou deux avec un inconnu. Tout est léger, frivole et frais. On s’émerveille et on se laisse aller au gré de cette saison volatile jusqu’au moment où la réalité reprendra son cours de route. Ou pas. Bien qu’il y ait le coup de foudre, il y a aussi ce type d’amour qui exige de nous une désinvolture totale. Car rien n’est plus dur que de s’affirmer, de se laisser aller et de décider de prendre le risque de voir son coeur se briser ou celui d’une personne qu’on aime déjà plus qu’elle ne le croit. Mea culpa ; j’ai un petit faible pour l’été et les …

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Dans la tête d’Annabelle

Annabelle est une ado comme les autres : elle a sa meilleure amie depuis toujours, se découvre une passion pour la danse hip-hop, obéit à ses parents même si ça ne fait pas toujours son affaire et surtout, elle cherche à plaire à tout le monde. Comportement typique, on est tou.te.s passé.e.s par là, n’est-ce pas? Plaire à tout prix Quand Éric, le plus beau gars de l’école, commence à s’intéresser à elle, Annabelle est prête à tout pour lui plaire, même si cela implique de ne pas écouter les conseils de son amie de toujours, Léa. Pour attirer l’attention du beaaauuu Ériiiiic, Annabelle ira même jusqu’à changer sa personnalité, s’acheter de la lingerie et aller dans un party où les jeunes boivent de l’alcool et fument des joints. Quand elle réalisera qu’Éric s’est servie d’elle, elle tentera tout de même de l’excuser. Il ne l’a pas fait exprès, ce n’était pas son intention. Le personnage d’Annabelle vit un cheminement difficile au pays de l’acceptation de soi et l’autrice de ce récit nous guide d’une …

Les préoccupations d’une féministe rabat-joie

Qu’est-ce qu’une féministe rabat-joie ? Qu’est ce qui préoccupe la féministe rabat-joie moderne ?  Telle est la prémisse de cet essai d’Erin Wunker, professeure, chercheure, autrice et, bien entendu, féministe. À travers ses réflexions et ses questionnements, Wunker s’amuse (pour faire écho au joie de rabat-joie) à déconstruire ces normes patriarcales. L’état du monde vous inquiète, l’inéquité vous enrage et décourage et vous brûlez de pouvoir faire quelque chose pour changer ça ? Vous êtes probablement déjà une rabat-joie. Et vous vous rendrez peut-être compte que ça donne du courage d’apprendre comment «abattre» la joie peut aider à «refaire le monde». Après tout, si le statu quo est intenable pour beaucoup d’entre nous, s’efforcer de le modifier est une marque d’espoir. À la croisée des approches  Wunker le dit elle même, ses textes se trouvent à la croisée entre critiques, théories littéraire, culture populaire et pensée féministe. C’est à travers ces quatre axes qu’elle développe sa pensée autour de trois sujets, soit la culture du viol, les amitiés entre femmes et la maternité. En ouvrant …

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De vraies grandes résistances : Le jeu de la musique

Je suis toujours étrangement heureuse d’entrer dans les meilleurs livres dix mois après tout le monde: ça me donne l’impression de les faire durer plus longtemps. J’ai travaillé un bon bout de temps dans le milieu communautaire. On y trouve de ces personnes coriaces, d’anciennes militantes recyclées en directrices générales, encore brusques dans leurs façons, un peu épuisées, pas capables de lâcher le morceau, pas en guerre avec leur conseil d’administration mais pas loin (ça vient par vagues), magnifiques dans leur détermination et épineuses dans leurs retranchements. Je les ai toujours enviées de savoir ou d’avoir su très tôt où se pitcher. D’avoir su par où commencer et comment continuer. À côté de leur trajectoire, mon propre parcours erratique et franchement pas rapport me semble, même aujourd’hui où je suis contente de faire ce que je fais, d’une inconstance mal avisée.  Tâtonner et hésiter ; être nostalgique du temps où on pensait être en train d’accomplir quelque chose ; la fébrilité anxieuse et mélancolique de qui veut brasser le monde mais qui ne sait plus …

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Des liens invisibles, mais invincibles

Comme beaucoup de filles de mon âge, les premiers «vrais romans d’adultes» sont ceux de la série Quatre filles et un jean, d’Ann Brashares. Donc, à la bibliothèque, quand j’ai lu la quatrième de couverture du roman Un été invincible, d’Alice Adams, je n’ai pas hésité très longtemps, car j’y ai retrouvé des thèmes similaires. Amis d’université Ce premier roman de l’autrice raconte l’histoire de quatre personnes, soit Benedict, Eva, Lucien et Sylvie. Les deux derniers sont frère et soeur, mais font également partie d’un groupe d’amis très proches, avec les deux autres. Ceux-ci se sont rencontrés à l’Université de Bristol, ou plutôt à la fac de Bristol, pour reprendre l’expression utilisée dans le livre. Or, le roman débute à la fin de leur dernière année en tant qu’étudiants, pour la plupart. C’est donc le moment pour eux de se séparer et de vivre leur vie d’adulte. Pour Eva, cette séparation rime avec le début d’un emploi à Londres, dans le monde des finances. Alors que Benedict reste à Bristol pour faire son doctorat, Lucien et Sylvie …

Mon premier coup de coeur pour un album jeunesse : Chien Bleu

Chien Bleu est le tout premier album jeunesse que j’ai acheté pendant mes études en enseignement au primaire. Mon exemplaire, à la tranche un peu écornée maintenant, en porte encore la trace dans le coin droit d’une de ses premières pages : 2011. Dans un de mes précédents articles, j’ai déjà parlé d’une professeure que j’ai eu la chance d’avoir à l’université et à qui je dois plusieurs coups de cœur en littérature jeunesse : Chien Bleu fait également partie de ses précieux legs ! Il y a maintenant sept ans, en sortant d’un cours où elle nous en avait fait la lecture, je me souviens m’être dit : «il me faut ce livre». Je considérais toujours les périodes où elle nous lisait les albums à voix haute comme de petits cadeaux dans mon horaire : quel bonheur que de se faire ainsi faire la lecture ! Je me souviens qu’elle le faisait très sobrement – rien de théâtral dans son approche – et allait droit à l’essentiel. Elle maîtrisait l’art des silences et savait nous transmettre la beauté …

Reste encore un peu : se reconstruire malgré la douleur

Quand j’ai reçu le roman, j’étais curieuse de découvrir l’écriture de Perrine Madern. Après la lecture de la quatrième de couverture, j’ai commencé à douter à savoir si cette lecture était vraiment faite pour moi, à cet instant de ma vie. J’ai lu beaucoup de romans d’amour mélancolique dans ma vie. Je m’y reconnaissais et leur contenu était quasiment thérapeutique. En vieillissant, je me suis graduellement éloignée de cela. Malgré mes appréhensions, l’histoire a réussi à me captiver. Je n’ai pas moins aimé le roman parce que je ne m’y reconnaissais pas en ce moment. Je crois que j’ai plutôt lu le tout d’un autre œil, avec de l’empathie et une sagesse nouvelle, et je me suis sentie fière de mon cheminement et reconnaissante de ma vie d’aujourd’hui. L’histoire de Loue À la suite d’une rupture douloureuse, Loue s’éteint peu à peu, jusqu’au jour où elle se réveille dans une ambulance. À l’hôpital, le médecin constate que son IMC est très inquiétant et craint pour la vie de la jeune femme. Loue est transférée en psychiatrie …

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Être en désaccord avec la fiction

Il y a quelques semaines, je terminais avec délice le dernier épisode des six saisons de Sex and the City, genre huit ans dans les maritimes. Ouin, il était temps, certaines me diront. Constat :  je l’ai adorée. Préalablement, je m’étais pourtant demandée si je ne me lançais pas dans une de ces séries « de filles » dont le niveau de quétainerie atteignait des sommets astronomiques et qui, de surcroit, me taperait sur les nerfs. Et bien non. J’y ai trouvé peu de défauts ou de choses à redire, je l’ai trouvée amusante et convaincante et je me suis beaucoup attachée aux personnages. Une finale réussie À l’issue du dernier épisode, j’étais satisfaite. J’ai trouvé la finale tout à fait réussie. Genre « all was well » à la manière des derniers mots du septième livre de Harry Potter. Je trouvais que tout se terminait pour le mieux et dans la plus grande des logiques. Mr. Big était enfin capable de dire à Carrie qu’il l’aimait et décidait de se lancer avec elle dans une …