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La croisée des chemins incertains

Le temps des premières fois est un moment marquant de nos vies qui ne laisse personne indemne. C’est une période d’éveil, de concrétisation et de tangibilité du monde adulte. À mi-chemin entre la douce naïveté de notre enfance et la pleine conscience du beau et du laid caché dans les plus petits détours de l’être humain. Oui, l’adolescence est un combat parfois difficile. On nous empiffre d’excuses et d’encouragements, car si quiconque peut survivre au secondaire, il peut survivre au monde adulte. C’est, du moins, ce que les grands disent.
 
J’ai survécu à mon secondaire. J’en porte encore les cicatrices, mais je partage maintenant le discours que mes parents et que les adultes autour de moi m’ont transmis. Ce fut une aventure difficile certes, mais en m’accrochant aux petites parcelles de lumières dispersées par certains amis, par l’art, le sport et principalement par la lecture, j’ai forgé petit à petit la femme que je suis aujourd’hui. Car les livres m’ont permis de trouver réconfort quand rien ne semblait fixe et que la tempête n’était jamais …

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Le deuil tardif des camélias: jeunesse désabusée

C’est le joli visuel du roman Le deuil tardif des camélias qui a attiré mon attention au premier abord. Il ne manquait plus que je prenne connaissance que l’auteur était Daniel Leblanc-Poirier, dont j’avais apprécié la plume dans son recueil de poésie Le naufrage des colibris, pour me convaincre de le lire. L’histoire Le roman nous présente la vie d’Étienne et Laurent, deux amis et colocataires partis de Gatineau Beach pour venir étudier (en théorie plus qu’en pratique) à Montréal. Par la voix d’Étienne, nous les suivons dans le désordre tumultueux de ce moment de leur vie, comme suspendu, entre l’adolescence et l’âge adulte. L’histoire tournant autour de la relation toxique que Laurent entretient avec Florence nous trace le portrait d’une génération désillusionnée, d’une bande d’amis, d’amoureux, d’ex-amoureux et d’amants. Amitié, amour, ruptures, infidélité, deuils, drogues, trahison, manipulation : à première vue, rien de jamais vu. Vous vous demandez ce qui m’a plu à lire les (més)aventures de presqu’adultes agissant comme s’il n’y avait pas de lendemain? J’y ai reconnu, en partie, ma génération, fin vingtaine-début …

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L’un l’autre les uns les autres, s’observer

Comme c’est souvent le cas pour les livres qui deviennent de beaux coups de cœur (ceux dont je ne veux plus me séparer), il s’agit de lectures que je laisse venir à moi par un amoncellement de synchronies. Ici, je vous parle de ma rencontre avec Moi aussi, un carnet écrit en dialogues de Sylvie Cotton et Nathalie de Blois. Je ne pouvais souhaiter plus grande source d’inspiration pour le moment où je me situe dans ma vie intime et créative. Aujourd’hui, je décide de mélanger mes deux passions : la littérature et les arts visuels. Elles se lient en moi pour me permettre de trouver un certain équilibre et pour définir mon langage intérieur et intime, celui que je partage ensuite avec d’autres âmes sensibles. La petite histoire qui suit en est une de rencontres entre plusieurs personnes pour qui le partage est forgé d’empathie, de désir de liberté, de curiosité et de passion. Nadia, Joëlle et Eric, c’est un genre d’hommage que je vous rends avec ce texte, votre passage dans ma vie …

Mister Pip, beauté sauvage et autres massacres

Je ne sais pas trop pourquoi je n’ai pas attaqué ce roman néo-zélandais à la seconde où il est entré en ma possession. Pourtant à peu près tout était en place pour me lancer : sa couverture attrayante, le prix qu’il a récolté (Commonwealth Writer’s Prize, 2007) et son quatrième de couverture. Les longs mois qui se sont effrités sous l’excuse de ne pas avoir envie de lire en anglais se sont vite remplacés par une lecture attentive et gourmande. C’est dans les années 1990, à Bougainville, une petite île du Pacifique, que prend place le drôle de personnage de Mr. Watts que les enfants surnomment Pop eye. Il est d’abord décrit par Matilda 13 ans, la narratrice, comme étant un homme maigrelet portant tous les jours un costume de lin blanc, un chapeau rabougri et parfois affublé d’un nez de clown. Son aspect singulier ainsi que son habitude incompréhensible de transporter sa femme dans un chariot font de lui un véritable mystère ambulant. Dans le contexte de la guerre civile et de blocus, personne ne …

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Combattre la solitude par l’humour ; autopsie d’une femme pas si plate que ça

Prémisse simple ici : une femme se fait quitter par son mari parce qu’il en aime une autre. Classique, prévisible (elle est plus jeune), et, disons-le, un peu facile comme élément déclencheur. Une chance, cela est raconté par Marie-Renée Lavoie, ce qui en fait un roman divertissant et loin d’être si banal, au fond. Diane, le personnage principal, se considère plate, beige et se tape sur la tête un peu suite au départ de son mari. Elle doit apprendre à vivre seule. Ses enfants ont quitté la maison familiale, son mari aussi, elle s’y retrouve donc éprise de souvenirs douloureux d’enfance et de vies heureuses. Diane tentera d’aller mieux en rêvassant à son collègue ou en s’offrant des bottes en cuir très dispendieuses. Tous les moyens sont bons pour survivre à cette épreuve et aux effets collatéraux de cette rupture. Et l’alcool aide toujours un peu. Autopsie d’une femme plate, m’a longuement intéressée. Depuis que j’ai appris qu’il y aura un nouveau titre de Marie-Renée Lavoie, j’avais bien hâte de m’y plonger, car j’avais adoré …

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Elena & Lila, quel plaisir de vous retrouver…

Je ne suis pas une très grande lectrice de séries, mais celle-ci fait exception. L’amie prodigieuse dont j’avais parlé avec beaucoup d’émotion juste ici m’a conquise. Et je dois avouer que le deuxième tome, Le nouveau nom, m’a aussi obnubilée. J’avais tellement hâte – et beaucoup d’attentes – face à ces retrouvailles. C’est en juillet dernier que je me suis laissée captiver et fasciner par cette histoire d’amitié avec le premier tome de la série. Je voulais retrouver cet amour et cette tendresse que je portais envers ces deux filles, Lila & Elena. J’avais tellement pensé à elles au fil des mois. Cette série a le don de nous faire vivre, vieillir, évoluer avec ses personnages et d’ainsi avoir l’impression qu’ils nous habitent un peu. C’est exactement cela ; j’étais accompagnée de Lila & Elena. Durant mon voyage à Naples bien sûr, mais à Montréal aussi. C’est une lecture qui m’avait beaucoup marquée, alors j’étais fort heureuse et nerveuse de retourner à Naples avec elles. Elena & Lila, vous ne m’avez pas déçue. Vos vies …

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Françoise et Marie-Reine

L’amitié est un thème courant dans plusieurs romans, mais rarement est-elle le cœur d’une histoire, la raison d’être de deux personnages qui ne partageront qu’une amitié pure, simple et parfois cruelle. Françoise de Luca nous rappelle l’importance et l’influence des amitiés de notre enfance sur le reste de nos vies grâce à son roman Reine. Son écriture est fluide comme une longue rivière sur laquelle je me suis laissée glisser doucement. Notre amie Françoise Ce roman est écrit à la première et deuxième personne, la narratrice s’adresse au lecteur comme s’il s’agissait de son amie d’enfance : Marie-Reine. Cela ajoute une sensibilité et une pureté au texte, car l’auteure crée un espace intime et privé entre deux personnes, oubliant le reste du monde. Je ne sais pas à quel point l’auteure et le personnage de Françoise sont différents, mais la Françoise que j’ai appris à connaître dans ce roman est charmante. Douce, généreuse et fondamentalement gentille, elle vit la majeure partie de son enfance à travers les yeux de son amie Reine, qu’elle idolâtre. J’y ai …

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Souffler dans la cassette : Ode à la jeunesse

Premier roman de Jonathan Bécotte, Souffler dans la cassette est un roman poétique imprégné de magie. Cette ode à l’amitié et à la jeunesse nous transporte au temps de l’enfance où le simple fait de passer du temps avec son meilleur ami est l’unique plaisir de la vie. C’est l’histoire d’une amitié fusionnelle entre deux jeunes garçons qui insuffle en nous une nostalgie, celle de l’apprentissage de la vie, de l’apprentissage de ces sentiments qui sont si près de l’amour que le monde s’arrête. On les découvre lors des dernières semaines de classe : J’ai retrouvé un vieux coin-coin                                                                    Qu’on avait fait en catéchèse.                                                                          J’avais mémorisé quelle combinaison …

Les choses immuables : ces relations qui sont faites pour durer

J’ai commencé à lire Les choses immuables d’Éléonore Létourneau durant une période charnière de ma petite existence. Le genre de période où plus rien n’a vraiment de sens, où tout semble s’éclipser dans le néant des questionnements, dans le je-sais-pus-où-ma-vie-s’en-va. Le poids des choix que je devais prendre – que je m’efforçais de prendre – me semblait trop lourd à porter, pour l’instant. Il fallait choisir, mais je trouvais difficile de laisser tomber des rêves pour d’autres, de favoriser une voie plus qu’une autre. Trop difficile. Je n’y arrivais pas. Je voulais tout. Et ne rien concéder. C’est à ce moment que les mots d’Éléonore Létourneau sont arrivés dans ma vie. Juste à point. À cet instant précis où tout s’effondrait, où j’en avais le plus besoin. Je me suis retrouvée, avec justesse, à travers chacune des remises en question des personnages de Louis, Hélène, Virginie et Mathieu, qui à l’orée de la quarantaine ne savent plus s’ils ont bien fait de s’enfoncer dans la banalité de la routine. Les jours se ressemblent sans aucune surprise. Les …

Une curieuse histoire d’amitié : L’homme blanc de Perrine Leblanc

Kolia n’est pas un enfant de cœur. Il vole, se bat et boit. Mais il est très attachant. Ayant grandi dans les goulags de Staline, c’est par chance qu’il apprend à lire. Iossif, un prisonnier d’origine suisse, lui apprend à lire le russe et le français. Il lui apprend surtout le goût des mots. Un jour, Iossif disparaît. On ne lui dit pas pourquoi, ni où il est allé. Lorsqu’il est finalement relâché du goulag, Kolia est presque un adulte. Il se rend à Moscou où la soeur d’Iossif l’aide à s’établir. Il devient clown. Il devient l’homme blanc, le mime silencieux, le clown muet. « Dans la Zona il dirait aux autres prisonniers : J’ai volé pour la première fois à l’âge où les enfants apprennent à lire. C’était sa façon de résumer les premiers temps de son art. Il s’appelait Nicolas mais tout le monde le surnommait Kolia. En prison, après l’implosion de l’Union, il découvrirait la pérennité de certaines conditions d’existence dans les enclos, où les hommes devenaient des bêtes marquées. Il …