All posts tagged: littérature québécoise

L’amour contre tous

Eva et Ruda sont deux jeunes amoureux. Ils s’aiment passionnément et leurs parents acceptent leur amour malgré leur différence d’âge. Le seul problème est qu’ils sont amoureux à une période de l’histoire où on ne peut célébrer leur amour à sa juste valeur. Cet amour sera cependant leur plus grande force dans les épreuves qu’ils devront vivre. Eva et Ruda n’est pas un roman, mais plutôt un journal à quatre mains. Alors qu’originalement le livre est écrit en deux parties, pour sa première traduction française les éditeurs ont trouvé pertinent de changer de personnes entre chaque chapitre, ce qui me permettait de suivre leur parcours au même rythme. La première traduction française a été faite par une maison d’édition québécoise, car après la guerre Eva et Ruda sont venus habiter et terminer leurs jours à Montréal! Plus qu’une histoire d’amour Eva et Ruda se sont aimés lors de la Seconde Guerre mondiale, en fait juste avant qu’elle éclate. Je ne peux toujours pas l’expliquer, mais je reste captivée par les histoires qui se déroulent lors …

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Le chercheur d’âme, autopsie d’une lutte sanglante

Steve Laflamme a décidément un don pour la littérature policière, ses connaissances et sa passion pour cette noirceur littéraire font de ce premier roman Le chercheur d’âme un morceau de viande bien ficelé, dégoulinant de sang, barbarement tranché, mais extrêmement savoureux. Dès la première phrase de la première partie, on sait que la lecture ne se fera pas sans nous torturer autant que les victimes de notre tueur : L’homme insère ses doigts gantés dans la plaie et déchire la peau. Déjà, nos dents grincent, la souffrance se peint sur notre visage ; pourquoi lire de telles scènes d’horreur ? Pour Xavier Martel. Le sergent-détective créé par Laflamme est le point central de ce roman: un enquêteur magané par la vie, qui lui-même pourrait sombrer dans la folie qui anime le tueur en série qu’il recherche. Et pourtant, il est attachant, avec un humour noir et des références qui font sourire. Il est le maître sur le terrain et on prend un malin plaisir à le suivre partout. Son retour dans de futures œuvres est inévitable tant …

Le syndrome de la vis… lecture d’une insomniaque!

Ça fait quelque temps que les livres de Marie-Renée Lavoie me font de l’œil et, fait cocasse, c’est à cause de son prénom peu commun que j’accrochais toujours sur ses romans quand je les croisais en librairie. Une de mes meilleures amies que j’aime beaucoup se nomme Marie-Renée, et j’ai cru pendant des années qu’elle était unique à avoir ce prénom (allô Marie!). Donc chaque fois que je croisais les livres de mademoiselle Lavoie, impossible de ne pas penser à ma Marie-Renée à moi. Bref, récemment j’ai vu le dernier roman de Marie-Renée en magasin, Autopsie d’une femme plate, et j’ai bien ri en voyant le titre. Par contre, c’est son petit voisin tout près qui m’a interpellée, un roman un peu plus vieux de l’auteure, Le syndrome de la vis… Le syndrome de la vis, rapidement, ça raconte l’histoire de Josée, une terrible insomniaque, et comme j’en suis moi-même une et que je me plais à dire que je ne dors jamais, quel plaisir ce fut pour moi de me reconnaître dans ce personnage …

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4 recueils de nouvelles à lire cet été

Pendant longtemps, je n’ai pas aimé lire des nouvelles. Je trouvais cela frustrant. Cela finissait toujours trop vite. Depuis, j’ai appris à les apprécier. C’est agréable de pouvoir lire une histoire jusqu’au bout pendant le peu de temps que j’ai chaque jour pour lire. Une petite nouvelle pendant mon trajet de métro. Une autre petite nouvelle avant de me coucher. Avec un roman, on a souvent envie de commencer le prochain chapitre tout de suite, mais je ne peux plus me permettre de dévorer un gros bouquin en une journée! Et puis, c’est un genre parfait pour l’été qui commence. Voici donc 4 recueils qui m’ont marquée dans la dernière année! Les gens fidèles ne font pas les nouvelles de Nadine Bismuth Je déambulais dans Hochelaga lorsque je suis tombée sur une petite librairie de livres usagés en désordre total, coincée entre une boulangerie et un vieux dépanneur. Je suis ressortie avec ce merveilleux recueil de Nadine Bismuth : des petits aperçus de la vraie vie de gens banals. On a l’impression d’être dans leur cuisine, …

Coffret de juin : Entrevue avec Abla Farhoud

Voici l’entrevue que nous avons réalisée avec Abla Farhoud, auteure du livre du mois : Au grand soleil cachez vos filles, ainsi que Le sourire de la petite juive et Toutes celles que j’étais, entre autres. Nous avons décidé de sélectionner ce roman parce qu’Abla Farhoud est une grande auteure québécoise à la plume exceptionnelle et qu’on avait envie de vous la faire découvrir. Nous avons aussi été touchées par le récit de cette famille qui se cherche, qui s’aime maladroitement, et surtout, le récit d’émancipation et d’affirmation de Ikram, un personnage féminin fort, courageux et superbe, nous a émues et inspirées. Quel effet a eu sur vous le fait de retourner dans votre passé, plus précisément à vos 20 ans, où vous retourniez dans votre Liban natal? Pendant longtemps, chaque fois que je pensais à mes années passées au Liban, j’avais beaucoup de peine, j’avais l’impression d’avoir perdu quatre ans de ma vie, et de garder une souffrance qui ne voulait pas s’en aller. En donnant la voix à plusieurs narrateurs pour écrire Au Grand …

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Cacher ses soucis dans ses poches

Bien qu’il s’agisse d’un livre pour enfants, le titre Des roches plein les poches m’a toute de suite séduite. C’est que j’ai moi-même tendance à cacher des « roches », mes soucis et mes émotions négatives, non pas dans mes poches, mais derrière la tête, là où les problèmes vont fermenter pour en ressortir plus aigres. Ce court livre de grand format est très joli et communicatif. Les illustrations de Marie-Ève Tremblay forment le visuel parfait, juste assez imaginatif tout en restant dans le réalisme, pour accompagner l’histoire de Frédérick Wolfe, pertinente en tout point. L’histoire On rencontre la petite Alice, pour qui la vie n’est pas tout à fait rose. Il y a souvent des conflits à la maison dont elle est témoin malgré elle, mais elle n’ose en parler à personne. Sur le chemin de l’école, elle prend l’habitude de ramasser des cailloux et de leur raconter ses problèmes, puis elle les cache dans les poches de sa robe. À force d’accumuler les petites roches, elle n’arrive plus à courir ni à jouer …

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« Ukraine à fragmentation », ou des morceaux de guerre

À en croire les critiques, Ukraine à fragmentation est LE livre qu’il fallait avoir lu pour comprendre le conflit ukrainien. Je n’en avais entendu parler que brièvement, pourtant, mais assez pour me dire qu’il était temps que je me mette aux faits de cette guerre. Jusqu’alors, la Crimée, Viktor Ianoukovitch et la place Maïdan n’étaient que langage lointain, termes qui ne m’appartenaient pas. Désormais, je ne comprends pas pourquoi, justement, personne ne sait de quoi il s’agit… Là réside le tour de force de l’auteur et journaliste, Frédérick Lavoie : le conflit est expliqué de manière claire, mais surtout, humaine. C’est qu’il l’explique à Artyom Bobrychev, petit garçon de 8 ans, mort collatéral de cette guerre. Petit homme dont il a lui-même entendu parler alors qu’il était sur les lieux du conflit, en 2015. « Je vais t’expliquer pourquoi le 18 janvier 2015 à 8 h 10 du matin, au 5, rue Ilinskaïa à Donetsk, ta vie a pu t’être interrompue à quatre ans, quatre mois et quatorze jours par une erreur de trajectoire d’une roquette Grad sans que cela altère le moins du monde le cours …

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Un journal de création pour mieux saisir les départs

Un tout petit livre qui raconte pourtant de bien grandes histoires. Tout doit partir de Johanne Fournier se lit avec lenteur, délectation et douceur. Il laisse place aux changements des saisons, au charme lourd et puissant d’un fleuve qui devient le phare d’un deuil. Il s’agit d’une oeuvre collage, collage entre le journal, la création, la poésie et le cinéma. Johanne Fournier est une cinéaste, c’est la première fois qu’elle prend le crayon et elle le fait nettement bien. Elle dira en entrevue que ce livre est le film qu’elle n’a pas fait concernant le décès de son père. Le temps qui file et les saisons qui bercent… Il y a quelque chose de très franc dans ce récit, on sent dès les premières pages l’authenticité de la voix qui nous raconte, de nombreuses façons et moments, la vie de son père. Essayant de faire du sens de cette perte, de ce deuil qu’elle se doit d’apprivoiser comme nouveau quotidien, Johanne Fournier fait preuve d’une grande vulnérabilité et parallèlement, elle nous dévoile ses racines. Les saisons …

Coffret de mai : Entrevue avec Valérie Forgues

Voici l’entrevue que nous avons réalisée avec Valérie Forgues, auteure de Janvier tous les jours, notre livre du mois de mai. Janvier est malade, depuis toujours. Depuis aussi longtemps qu’il est ami avec Anaïs. Anaïs qui lui survivra, tant bien que mal, après sa mort. Janvier tous les jours est un roman qui nous hante, une fois refermé. Dont la poésie et la beauté nous happent, dont l’histoire meurt à petit feu en soi, un peu comme Janvier, mais ne cesse de nous rester en tête, longtemps après avoir terminé la dernière page. C’est d’une douceur dont il n’y a d’équivalent que sa tristesse. L’écriture joue un rôle salvateur dans le deuil d’Anaïs. De quelle façon l’art, l’écriture et la création en général, sont des façons de se guérir ou du moins d’apposer un baume sur une douleur qui semble insurmontable? C’est vrai que pour Anaïs, écrire est un geste qui la sauve. C’est là qu’elle trouve de quoi supporter l’idée de ne plus revoir Janvier et le courage d’apprendre à vivre sans lui. Anaïs …

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La nécessité des petites tempêtes

Après Tu peux toujours courir et La théorie du drap contour, Valérie Chevalier nous sert avec brio un road novel fragmenté. Les petites tempêtes nous fait découvrir l’univers de Raphaëlle et celui de toutes les personnes qui croisent son chemin dans de courts chapitres de quelques pages. Son père, sa meilleure amie Chanterelle et des hommes de tout type (un ancien amoureux, un mannequin, un amant, une relation stable, un amour d’été, etc.) C’est l’histoire de l’amour qui va et qui vient, comme une ballade où l’on regarde défiler le paysage. Raphaëlle est une âme en construction, une identité en quête de soi: les hommes qu’elle rencontre la forgeront et ils lui rappelleront également la place de l’art dans sa vie. L’artiste Ce que Valérie Chevalier fait de façon sublime: intégrer l’art à son oeuvre. L’art, c’est comme l’amour: il n’a de valeur que dans les yeux de celui qui le regarde. (p.165) Peu importe où dans le monde se situe notre narratrice, Paris, Vermont, Montréal, l’art la suit et reflète son état d’esprit. Les petites tempêtes …