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Ne faites pas honte à votre siècle : une juste colère

La poésie est un genre littéraire que je connais très peu, pour ne pas dire trop peu. Dans une chronique parue en mars dernier, j’avais d’ailleurs exposé mon souhait de lire davantage de poésie en 2018 afin d’élargir mes horizons littéraires. La découverte du dernier recueil de Daria Colonna, intitulé Ne faites pas honte à votre siècle et finaliste au prix des libraires 2018, s’inscrit dans cette quête. D’emblée, je me dois de souligner le titre judicieux de ce recueil, un titre qui suggère une réflexion sur notre legs à l’histoire et notre inscription dans la longue durée. Bien qu’il soit plutôt rare que j’acquière une œuvre littéraire en raison de son titre, c’est pourtant ce qui s’est produit à l’égard de cette plaquette publiée chez Poètes de brousse. Je me suis dit que si le contenu du livre reflétait la finesse de son titre, l’expérience littéraire en vaudrait le coup. Et je n’ai pas été déçue. Une poésie d’une violente lucidité Les textes de Daria Colonna frappent par leur analyse d’une grande justesse à …

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La littérature naît de la main aussi

Que dire du nouveau livre de Dany Laferrière, son trentième en carrière, mais surtout son premier depuis sa nomination à l’Académie française? Autoportrait de Paris avec chat, «une oeuvre imposante» que j’ai pensé quand je l’ai eu dans les mains et pas juste par sa forme surdimensionnée. Une oeuvre nouveau genre, un livre oeuvre d’art, un objet littéraire non identifié. C’est un objet littéraire oui : un roman dessiné, un fouillis de mots, de dessins, un ramassis de petites pensées, de récits éparpillés. Un carnet où il s’est permis d’explorer une forme d’écriture différente où il mêle la calligraphie au dessin. Une oeuvre artisanale Un livre 100% écrit à la main, et avec les dessins de l’auteur en plus. Think outside the box, j’ai envie de dire. Qu’est-ce que la littérature? Sous quelle forme naît-elle? Pourquoi ne pas se permettre de la vivre, de la ressentir, de la dessiner, de la faire naître d’un trait de crayon plutôt que des touches d’un clavier? C’est un travail intellectuel écrire, mais ici, on parle surtout d’un travail physique, un …

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Suivre les 12 travaux d’Émeraude Kelly pour changer ta vie

Qui n’a jamais rêvé d’opérer un changement majeur dans sa vie pour la rendre merveilleuse et fidèle à ses idéaux? Mais tous ces livres de développement personnel semblent bien loin de notre réalité ou difficiles à mettre en pratique. Alors on laisse tomber et on continue d’imaginer avec envie ce que pourrait être notre vie si on se donnait la peine de lire ces satanés bouquins de psychologie. Et si le livre idéal pour changer de vie existait déjà mais sous une forme inattendue? Une vie ordinaire Les 12 travaux d’Émeraude Kelly qui voulait changer de vie, écrit par Carole-Anne Eschenazi, raconte l’histoire d’une trentenaire qui travaille comme assistante marketing dans une compagnie d’arrosoirs à Paris. Sa vie n’a rien d’extraordinaire, mais elle n’a pas à se plaindre non plus. Émeraude Kelly, Emmy pour les intimes, a un emploi stable, un chat affectueux, un petit appart sympa et de bons amis (qu’elle surnomme ses Fantastiques). Mais elle n’est pas vraiment heureuse, elle n’a pas d’amoureux, son emploi l’ennuie, elle trouve qu’elle a quelques kilos en …

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Frida Kahlo : La gran ocultadora

Après avoir vu sa biographie réalisée pour le cinéma par Julie Taymor, où l’artiste m’a été présentée, après l’écoute d’un documentaire sur elle réalisé par Amy Stechler, après avoir mis la main sur tout ce que je trouve d’elle dans les friperies, me voilà à chercher son journal intime dans tout Montréal pour le lire. Il n’est plus sur le marché et ne peut donc être acheté qu’usagé, et il est quasi impossible de le louer en bibliothèque. Ce journal n’était d’ailleurs pas destiné au public, contrairement à un bon nombre de ses peintures, et ne peut donc pas porter le qualificatif d’autoportrait, nous rappellera d’ailleurs Carlos Fuentes dans son introduction du Journal de Frida Kahlo. Est-ce aller trop loin que de vouloir éplucher les pages rédigées de la main de Frida dans son intimité? Peut-être… mais je n’ai su tout cela qu’une fois le livre ouvert sur mes genoux, dans la tranquillité d’un après-midi d’été. Alors tant pis. Le journal Le journal, récupéré presque entièrement (certaines pages ont été arrachées pour une raison ignorée …

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Colorer les écrits : Fanny Cloutier

Les journaux se sont entassés dans mes tiroirs. De mon enfance à aujourd’hui, les cahiers se sont empilés les uns sur les autres, ils se sont remplis et ont accueilli mes aspirations poétiques et les limites de mon talent. Parfois, ma vie trop banale me désespérait, j’aurais rêvé de quelque chose d’extraordinaire à coucher sur le papier, mais rien n’y faisait, le calme plat se fracassait aux pages de mes journaux. J’avais des rêves de grandeur pour mes carnets. Je rêvais de couleurs et d’images à couper le souffle, de phrases inspirées qui changent la vie des gens. Je rêvais que mes journaux soient des collages tellement vivants qu’ils m’amènent à les redécouvrir moi-même au fil des semaines. Mais je n’y suis jamais parvenue. Je retrouvais alors ce que je n’arrivais pas à écrire dans les textes des autres. J’aimais dévorer les journaux d’autrui. Les fictions, comme les écrits, qui provenaient du passé. Cette assiduité que je ne possédais pas, celle de prendre le temps d’écrire et de décrire la vie, me fascinait. Et voilà …

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Comment je suis tombée amoureuse de Andrew Kaufman

J’étais fatiguée. J’avais envie d’une lecture légère, rapide, simple et qui ne me sollicite pas trop. Du coup, j’ai pris de livre, Minuscule, juste parce qu’il n’était pas très épais. En plus, il avait pile la tête de l’emploi… Finalement, j’ai plongé dans le monde de l’auteur, ai lu le livre d’une seule traite, et me suis jetée sur ses autres romans. Andrew Kaufman a fait beaucoup plus que me divertir : il m’a fait rire, il m’a fait réfléchir, il m’a fait penser à mes amis, il m’a nourrie… il m’a fait beaucoup de bien. Minuscule Tout commence par un banal cambriolage dans une banque. Mais au lieu de prendre de l’argent, le voleur demande aux personnes présentes de lui donner l’objet qui a le plus de valeur sentimentale à leurs yeux. À son départ, il leur dit : «En sortant d’ici, je vais emporter 51% de votre âme avec moi. Cela va se traduire par d’étranges conséquences dans vos vies. Mais voici le plus important : apprenez à la faire repousser, ou vous …

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La poésie, cette créature que je ne savais apprivoiser

Mes premières rencontres poétiques, à ce que je me souvienne, étaient avec Nelligan et St-Denys-Garneau. C’était à la fin du secondaire et au début du cégep. On ne peut pas dire que nos premières dates aient été fructueuses. Je n’arrivais pas à ressentir quoi que ce soit au travers leurs images. Je pense que mon esprit analytique et pragmatique empêchait quoi que ce soit de se produire. Je ne voyais que la surface, déboussolée par des mots que l’on ne pouvait associer ensemble pour décrire une réalité. Il y avait bien peu au-delà du Vaisseau d’or qui s’échoue et j’aurais bien aimé savoir qui était cette joie qui marchait aux côtés de St-Denys-Garneau. La poésie est longtemps restée bien mystérieuse. Je ne savais comment la définir, je ne savais comment l’apprécier, je ne savais comment l’apprivoiser. Mais je ne pouvais détacher mon regard d’elle. Et puis un jour, j’ai repris contact. J’ai participé à un atelier d’écriture. J’y ai mis tout mon cœur, mais l’animateur m’a dit à la toute fin que je n’avais pas …

Griffintown – Un western moderne !

C’est en direct de mon appartement en plein cœur du quartier Griffintown que j’ai choisi de vous parler de ma récente lecture: Griffintown de Marie Hélène Poitras. Un roman qui était dans ma PAL depuis un moment déjà mais par lequel je me suis récemment laissée tenter. Peut-être puisque je quitterai ce quartier que j’habite depuis 1 an en juillet prochain et que je me sens déjà un peu nostalgique, j’ai eu envie de vous partager mon amour pour ce petit coin et ma critique sur ce roman de type western moderne que nous propose Marie Hélène. Un peu d’histoire… Si vous n’êtes pas familier avec ce coin, sachez qu’il s’agit en fait simplement d’un des quartiers les plus populaires en ce moment de la ville de Montréal et qu’il se situe entre le Vieux-Montréal, la Petite-Bourgogne et Pointe St-Charles. Véritable boom immobilier, et champs de condos aujourd’hui, Griffintown n’a pas toujours eu cette allure qu’on lui connait maintenant. Ancien quartier ouvrier, aujourd’hui déserté par les industries et ses occupants, on raconte bon nombre d’histoires de fantômes et de quartier hanté quand on …

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Oma lit, ou les livres comme liens entre les générations

Si on devait faire un personnage à partir de ma mère, ses attributs seraient le peignoir, la tasse de café et le livre. Bien qu’étant une grosse dormeuse, elle se lève bien plus tôt que nécessaire, juste pour avoir le plaisir de traîner à la table du déjeuner en peignoir avec sa 4e tasse de café devenue froide et son roman. La lecture selon ma mère Il y a 2 choses essentielles dans ses habitudes de lecture : La première est qu’elle préfère les livres qui finissent bien. Ainsi, elle n’a jamais lu la fin de La petite sirène d’Andersen, et elle a une attirance particulière pour les romans policiers (qui finissent bien par définition, puisque le coupable est toujours découvert). D’ailleurs, les polars, elle les commence souvent par les dernières pages, comme un épisode de l’inspecteur Columbo : le nom du coupable n’a pas d’importance réelle, tout l’intérêt est dans l’enquête. La deuxième est qu’elle ne sait pas choisir. Alors un jour, elle a décidé de lire les livres de la bibliothèque du village par …

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Rien du tout! Éloge de la lenteur à l’usage des enfants… et de leurs parents!

Avec sa couverture tout en douceur et ses illustrations aux couleurs pastel, Rien du tout! de Marie-Hélène Jarry et Amélie Dubois est un album jeunesse qui apporte un beau regard sur l’écoute de soi, la lenteur, la créativité et l’art de ne rien faire! Trop de livres éducatifs ? Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir des enfants, mais à chaque rentrée littéraire, j’observe une recrudescence de livres pour enfants. Cette année ne fait pas exception: le dernier Salon du Livre que nous avons fait était majoritairement consacré à la littérature jeunesse. Dans un certain sens, je trouve cela très bien, et d’un autre côté… je suis souvent déçue par le contenu des ouvrages. Je remarque que pour beaucoup d’entre eux l’aspect «éducatif» prime trop sur le contenu. Faut-il absolument que pour qu’un livre soit «bon», il ait une valeur éducative? Ce serait un sujet à débattre… L’enfant ne peut-il simplement lire pour son propre plaisir sans que nous cherchions, en tant qu’adulte, à nous rassurer sur nos choix? Beaucoup de livres abordent des …