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La poésie de Kate Tempest: recevoir le chaos en plein cœur

Entre slam et poésie, politique et poétique, Kate Tempest nous ébranle, nous émeut, nous secoue, nous bouleverse. Elle crée une tempête d’émotions, en bref (pardonnez-moi le mauvais jeu de mots). C’est ce que j’ai découvert lorsque j’ai assisté à son spectacle en avril dernier. Un moment grandiose, alors que la foule se délectait de ses paroles, en symbiose avec elle. Pourtant, je ne savais alors rien de cette artiste, une amie m’ayant simplement fortement recommandé d’assister au concert. Pourtant, alors que je n’avais aucune attente, j’ai été hautement stupéfaite de l’expérience musicale et poétique que j’ai vécue: la sincérité et l’intensité du spectacle Let Them Eat Chaos m’est parvenue directement dans les tripes; un coup de foudre, un vrai! Le spectacle, d’une très grande qualité, soit dit en passant, s’inscrivait dans la tournée de Tempest pour son dernier album Let Them Eat Chaos, qu’elle interprète d’un bout à l’autre, en reprenant à peine son souffle. Pas de rappel, pas de diversions : l’album complet, du début à la fin, comme une seule et même chanson. …

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La première femme nue, ou la floraison de la beauté

Avec sa délicate illustration de couverture, son titre énigmatique et ses 1187 pages, La première femme nue de Christophe Bouquerel a de quoi fasciner. Au premier coup d’œil, on ne sait pas forcément à quoi s’attendre, mais l’ensemble paraît exhaler un parfum d’exotisme, d’érotisme et de mystère… trois qualificatifs qui, je crois, résument bien le récit colossal qui attend le lecteur. L’histoire nous transporte en Grèce antique (IVe siècle av. J.-C.), où nous suivons les traces de Phrynê, une adolescente née à Thespies. Suite à l’invasion de sa cité, elle est réduite en esclavage dans un sordide bordel d’Athènes. C’est là, à tout juste seize ans, qu’elle fait la connaissance de Praxitélês, un jeune sculpteur ambitieux qui voit en elle quelque chose qui l’intrigue. Effrontée et audacieuse, Phrynê deviendra l’hétaïre – la courtisane – la plus scandaleuse d’Athènes, tandis que Praxitélês, lui, évoluera jusqu’à devenir le plus grand artiste de son époque. Inspirée de la légende de ces deux personnages historiques ayant marqué leur univers, cette fresque romanesque et grandiose nous entraîne dans les banquets …

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Appelez la sage-femme : Du rire aux larmes, la vie dans tous ses états

Il y a quelques années, l’infirmière britannique Jennifer Worth a constaté qu’il y avait très peu d’information disponible sur le rôle joué par les sages-femmes en Angleterre, particulièrement au XXe siècle. Afin de remédier à la situation, elle a décidé d’écrire ses mémoires sur l’époque où elle était elle-même sage-femme, dans les années 1950 à Poplar, un quartier pauvre de Londres. Sous sa plume, elle fait revivre tout un quartier, aujourd’hui disparu, dans une trilogie aussi captivante qu’émouvante. « J’ai fait plusieurs autres visites ce matin-là, mais mon esprit revenait continuellement à Mrs. Warren. Elle sortait vraiment de l’ordinaire. La plupart de nos patientes étaient des Londoniennes originaires de ces faubourgs, comme leurs parents et grands-parents avant eux. Les étrangers étaient rares, surtout parmi les femmes. Toutes les habitantes du quartier menaient une vie très collective et se mêlaient sans cesse des affaires les unes des autres. Mais si Mrs. Warren ne parlait pas l’anglais, elle ne pouvait faire partie de la communauté des femmes. » (Worth, 2002:212-213) Chaque livre est divisé en plusieurs chroniques qui présentent …

Amélie Nothomb, Marika Guilbeault-Brissette, Rencontre, Séance de signature, Renaud-Bray

Entre chapeau et champagne

Je partage mon quotidien avec l’œuvre de cette femme depuis plus d’un an et je dois vous avouer que je me considère depuis une experte en la matière. Lorsque nous sommes plongés aussi profondément dans le travail d’un écrivain ou d’une écrivaine, il nous arrive de penser que nous connaissons de fond en comble la personne qui se cache derrière les lignes et ce, dans tous ses recoins les plus sombres et les plus secrets. Or, la rencontre des corps suffit souvent à nous prouver le contraire. Il y avait déjà sept ans que la prolifique auteure belge, Amélie Nothomb, n’était pas venue nous rendre visite au Québec. Étant invitée d’honneur au Salon du livre de Québec, cette dernière n’avait d’autre choix que de faire un passage obligatoire par Montréal. Le jeudi 6 avril, j’ai donc eu la chance de faire la file au Renaud-Bray de la rue Saint-Denis pour faire signer son petit dernier, Riquet à la houppe, et par le fait même, de rencontrer ma majestueuse sorcière bien-aimée. Arrivés bien en avance, nous …

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Françoise et Marie-Reine

L’amitié est un thème courant dans plusieurs romans, mais rarement est-elle le cœur d’une histoire, la raison d’être de deux personnages qui ne partageront qu’une amitié pure, simple et parfois cruelle. Françoise de Luca nous rappelle l’importance et l’influence des amitiés de notre enfance sur le reste de nos vies grâce à son roman Reine. Son écriture est fluide comme une longue rivière sur laquelle je me suis laissée glisser doucement. Notre amie Françoise Ce roman est écrit à la première et deuxième personne, la narratrice s’adresse au lecteur comme s’il s’agissait de son amie d’enfance : Marie-Reine. Cela ajoute une sensibilité et une pureté au texte, car l’auteure crée un espace intime et privé entre deux personnes, oubliant le reste du monde. Je ne sais pas à quel point l’auteure et le personnage de Françoise sont différents, mais la Françoise que j’ai appris à connaître dans ce roman est charmante. Douce, généreuse et fondamentalement gentille, elle vit la majeure partie de son enfance à travers les yeux de son amie Reine, qu’elle idolâtre. J’y ai …

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Le problème avec les femmes

Je suis tombée par hasard sur ce roman graphique alors que j’errais dans la section bd adulte de ma librairie de quartier. Le titre m’a d’abord intriguée, puis je l’ai feuilleté rapidement et j’ai décidé de me le procurer. Je n’ai pas été déçue de cette décision, puisque je l’ai lu deux fois de suite. Le problème avec les femmes de Jacky Flemming nous explique pourquoi les femmes ne se retrouvent pas dans nos livres d’histoire et pourquoi aucune femme ne s’est démarquée à travers les siècles. Plusieurs éléments sont en cause : leur tête est trop petite, elles vivent dans une bulle domestique, leur chevelure les empêche d’entendre et elles sont trop émotives pour comprendre les mathématiques, entre autres choses. Vous l’aurez compris, la totalité de cette histoire est basée sur l’ironie et le sarcasme. En utilisant un ton qui se rapproche du mansplaining, Flemming nous explique pourquoi les femmes, arrivées dans le monde bien après les hommes, n’ont pas les capacités physiques et mentales d’exercer les métiers masculins. Elle y insère même de …

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Le rouge vif de la rhubarbe: la détermination d’une adolescente islandaise

Lorsque je voyage, j’aime beaucoup lire des auteur.e.s du pays de la destination en question. J’ai l’impression de baigner dans leur culture, de me mettre au diapason du peuple qui m’accueillera sur son territoire, de m’imprégner des lieux que je visiterai. Récemment, j’ai voyagé en Allemagne et j’avais lu Une femme à Berlin, en plus de voir la pièce de théâtre. Quand je suis partie en Islande l’an dernier, j’ai lu un roman policier d’Arnuldur Indridasson et Rosa Candida d’Auður Ava Ólafsdóttir, que j’avais beaucoup aimé. C’est donc avec enthousiasme que j’ai appris que cette dernière visiterait Montréal en mars! Fidèle à mon habitude, je n’ai pas réservé de place suffisamment d’avance pour l’entendre parler de son travail d’écrivaine, mais aussi, j’imagine, de sa belle Islande. Quelle déception! Je suis toutefois mitigée quant à son rapport au féminisme, elle qui donne une grande place aux personnages masculins et à la valorisation de la paternité dans certains de ses romans, comme Rosa Candida… Et son prochain roman s’annonce comme un questionnement sur la virilité. Elle affirme …

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Toute la beauté du monde

Je me promenais dans la rue, en larmes, sans égard pour les gens qui pouvaient croiser ma route. Je me cramponnais à mon livre comme si je pouvais avaler toute la beauté qui courait entre ses pages. J’avais bien dû le lire dix fois ce livre-là, mais rien à faire, chaque fois, je me transformais en pleureuse incapable de m’arrêter. C’était le livre que j’aurais voulu écrire, les mots que j’aurais tout donné pour mettre en phrases. C’était l’hymne à l’art par excellence, c’était le beau, le grandiose fait mots. Je ne me lassais pas. Je ne me lassais pas de pleurer toute la beauté que Muriel Barbery avait réussi à mettre en place. L’élégance du hérisson est un de ses ouvrages que l’on décide d’ouvrir une première fois par curiosité. Le titre nous plaît, la quatrième de couverture aussi. On commence notre lecture sans réellement savoir ce qu’on espère y trouver. Et l’on se fait happer par ce qu’on y décèle. Il y a d’abord Madame Michelle, la concierge d’un immeuble où les gens …

Jane Eyre, Les Hauts du Hurlevent et La Recluse de Wildfell Hall : les bris de conventions des soeurs Brontë

On m’a souvent demandé de dresser de petites listes exhaustives de mes œuvres littéraires préférées (n’est-ce pas la pire tâche à accomplir pour tout bibliophile de ce monde?). Si la réalisation de ces petits « tops 5 » ou « tops 10 » s’avère complexe devant l’immensité des romans lus et aimés, les œuvres des sœurs Brontë (Charlotte, Emily et Anne) arrivent, en revanche, toujours en tête de liste. Bercée depuis fort longtemps par leurs univers, j’avais hâte de vous partager les multiples raisons (qui pourraient s’allonger bien au-delà d’une page en entier, il va sans dire!) rendant compte de mon admiration à leurs égards. Laissant derrière elles un héritage littéraire hors du commun, les sœurs Brontë fascinent et marquent l’imaginaire, que ce soit pour l’originalité, l’avant-gardisme (les aventures et la personnalité de leurs protagonistes viendront chambouler les mœurs de l’époque victorienne), la richesse et la complexité de leurs œuvres respectives. Voici donc un résumé de mon appréciation générale sur leurs trois ouvrages principaux! Les Hauts du Hurlevent (Emily Brontë)  Tragédie et amour impossible sont au rendez-vous au sein …

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Le maître des livres: la littérature qui soigne

Amadouer la bête Mis à part quelques Dragon Ball lus dans ma jeunesse, je n’avais aucune expérience en matière de manga. Alors quand j’ai nommé le titre de la série que je cherchais, Le maître des livres de Umiharu Shinohara, au libraire et qu’il m’a demandé si c’était un «shhhyenihusfggen» (je vous jure que le mot n’évoquait rien de plus pour moi à cet instant), je me suis abstenue de répondre autre chose que «?!?». Grâce à mon solide sens de la déduction (oui, mais non), j’ai pu comprendre que ce mot mystère évoquait un type du manga. En fait, le terme est défini selon le lectorat ciblé par le magazine dans lequel les premières planches ont été publiées. Le maître des livres a été prépublié dans le Weekly Manga Times, un magazine ciblant principalement les jeunes hommes adultes âgés de 15 à 30 ans. (Ah!) Le seinen manga (parce que c’est un seinen, finalement) présente des histoires un peu plus sérieuses et complexes. La lecture du premier tome fut une expérience plutôt ardue pour …