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Tout ce qui se dissimule dans Nos silences

Les femmes, en raison de leur genre, subissent la guerre de manière toute particulière. C’est ce que l’auteure Wahiba Khiari raconte, en libérant son propre vécu, dans Nos silences. Ce court roman, paru en 2018 aux Éditions XYZ après avoir été publié en Tunisie il y a quelques années, entrelace fiction et autofiction pour faire le récit de la guerre civile algérienne du point de vue des femmes. En composant un roman à deux voix, l’auteure brise le silence des femmes happées par le conflit armé. S’y alternent donc le récit d’une enseignante d’anglais ayant fui le conflit et les violences à leurs débuts et celui de son étudiante plongée dans l’épouvante de ce qui sera baptisé la «décennie noire». La première, tenaillée par les remords et l’impuissance, n’arrive pas à se défaire de l’idée que son élève traverse le pire là-bas.  «Je suis loin, mais pas elle. Ils l’ont eue, j’en suis douloureusement convaincue. Des années qu’elle m’habite comme une deuxième possibilité de moi-même.» Par l’écriture, elle la fait exister et elle fait exister …

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Des liens invisibles, mais invincibles

Comme beaucoup de filles de mon âge, les premiers «vrais romans d’adultes» sont ceux de la série Quatre filles et un jean, d’Ann Brashares. Donc, à la bibliothèque, quand j’ai lu la quatrième de couverture du roman Un été invincible, d’Alice Adams, je n’ai pas hésité très longtemps, car j’y ai retrouvé des thèmes similaires. Amis d’université Ce premier roman de l’autrice raconte l’histoire de quatre personnes, soit Benedict, Eva, Lucien et Sylvie. Les deux derniers sont frère et soeur, mais font également partie d’un groupe d’amis très proches, avec les deux autres. Ceux-ci se sont rencontrés à l’Université de Bristol, ou plutôt à la fac de Bristol, pour reprendre l’expression utilisée dans le livre. Or, le roman débute à la fin de leur dernière année en tant qu’étudiants, pour la plupart. C’est donc le moment pour eux de se séparer et de vivre leur vie d’adulte. Pour Eva, cette séparation rime avec le début d’un emploi à Londres, dans le monde des finances. Alors que Benedict reste à Bristol pour faire son doctorat, Lucien et Sylvie …

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L’Espèce fabulatrice : réflexions sur la place de la fiction

Chez Le fil rouge, on affectionne particulièrement Nancy Huston. On en parle souvent (comme ici) et on la cite beaucoup. C’est une autrice canadienne ouvertement féministe, qui a plusieurs œuvres à son actif. Peut-être que les titres L’Empreinte de l’ange (1998) et Le Club des miracles relatifs (2016) vous disent quelque chose. Elle a écrit une multitude d’essais, dont L’Espèce fabulatrice, qui traite de la grande place que prennent les fictions dans la vie humaine. Ce livre a été un coup de cœur immédiat. J’ai toujours apprécié l’univers et la façon de penser de cette autrice, et cet essai a tout confirmé. Dès les premières pages, j’ai surligné énormément de passages, car les réflexions résonnaient en moi. J’ai tout dévoré en moins de trois jours. Cela m’a ouvert les yeux sur la façon dont les sociétés sont construites, sur la façon dont tous les enfants du monde sont élevés, sur la place du langage et de la littérature. En résumé, sans nos fictions — les mythes, les religions, les fables, les histoires — l’espèce humaine …

Toutes ces vagues qui passent

La mer… Celle de Trenet, celle des îles perdues ou des pays submergés. Celle de mes premières vacances, celle de mon premier voyage en solo, celle où je tente à chaque occasion d’écrire le courant de ma vie. 

Ce sentiment étrange qu’elle nous inspire, la mer. À chaque moment où nous la retrouvons, nous sommes subitement plongés dans un état de nostalgie totale et d’émerveillement. Car si la mer s’offre à nous plusieurs fois dans une vie, notre perception de celle-ci peut changer selon le lieu où nous la redécouvrons. Elle définit à la fois notre rapport au temps et à notre culture. La mer, c’est cette sensation sans égale, cette vague d’amour et de peur qui nous brusque et réussit à nous calmer en même temps. C’est le plus beau spectacle qui s’offre à nous d’une certaine part, mais aussi le spectacle auquel autant de gens différents peuvent assister. Elle est l’hôte de nos vies. Habité par la tristesse de l’hiver et de tous les maux qui peuvent l’accompagner, j’ai été prise en charge par …

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Désirer jusqu’à en perdre l’équilibre

Dans la dernière année, j’ai fini mes études universitaires et depuis, j’essaie de prendre un pas de recul sur ma vie, de me questionner : « qu’est-ce que je devrais faire maintenant? » vs « qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant? » C’est angoissant un peu, parce qu’il faut trouver la bonne réponse, mais surtout choisir la question à laquelle on veut répondre. Dans le fond, je sais que mes désirs seront toujours plus forts et que même si je choisis la mauvaise réponse, je finirai par bifurquer vers mes vraies envies. Je dois juste arrêter de me sentir coupable. Eh bien, quand j’ai lu Danser au bord de l’abîme, de Grégoire Delacourt, j’ai commencé à mieux respirer (image pour dire que j’ai commencé à me sentir moins mal). *** Leur vie va basculer « comme dans les romans » Emma est à l’aube de la quarantaine. Si elle mène une vie bien paisible avec son mari, ses trois enfants dans sa grande maison blanche près de Lille, elle n’a plus l’impression de vivre dans le présent. Le couple s’aime beaucoup, …

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La solitude lumineuse de Pablo Neruda, un voyage en quelques pages

Pablo Neruda est un auteur et poète chilien que j’aime beaucoup. Ce genre d’auteur qui sait révéler la beauté et la cruauté du monde avec des mots simples et percutants. Qui sait balader le lecteur sur le fil qui sépare le réel de l’imaginaire. Je reviens d’un (trop) court séjour au Chili, durant lequel j’ai beaucoup appris sur la dictature de Pinochet, ce régime qui a contrôlé le pays entre 1973 et 1990 et qui n’est pas encore tout à fait reconnu comme dictature par le gouvernement chilien. Si vous allez un jour à Santiago et que le sujet vous intéresse, je vous recommande d’aller faire un tour au Musée de la mémoire et des droits de l’homme. Une belle claque dans la face. Si je vous en parle, c’est parce que la vie et l’œuvre de Neruda y sont liées. Le coup d’État de 1973 Dans les années 70, le Chili est gouverné par le socialiste Salvador Allende. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis de Richard Nixon voient d’un mauvais œil la …

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Les meilleurs livres qui font voyager à Istanbul

Dans le portrait que j’ai fait de moi-même pour la page des collaboratrices du blogue, je me décris comme une voyageuse rêveuse!  Termes que je trouvais imagés, mais également termes qui parlent beaucoup de ma personnalité. Les voyages représentent les expériences les plus enrichissantes de ma vie, car je pars à la rencontre de nouvelles cultures, de nouvelles parties du monde, de nouveaux horizons et je me crée des souvenirs pour la vie. Si parfois je ne voyage pas littéralement en personne, je me permets de le faire à travers les livres: des livres d’aventure, de fiction, de récit, ou de photographie-documentaire parfois même des livres de cuisine. Cette fois-ci je me sentais inspirée, interpellée, par Istanbul, cette ville mythique, à la fois mystérieuse et tellement riche en histoire. Un ville à la frontière de l’Europe et de l’Asie, autrefois connue sous le nom de Byzance ou de Constantinople, une ville dont le présent est marqué par son passé. Décrite comme l’une des villes les plus intrigantes du monde, comme une ville-monde cosmopolite et éclectique …

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La vie à contretemps de Glenn Gould, le roman graphique

Un homme au dos rond, le nez sur les touches d’un piano, chantonnant la mélodie comme si personne n’était là. L’image vous est peut-être familière si vous vous intéressez un tant soit peu à la musique classique. Glenn Gould est un des pianistes canadiens les plus reconnus internationalement et un interprète des plus exceptionnels. Moi-même étant pianiste, Gould est un exemple à suivre pour sa rigueur hors pair au travail et sa façon d’interpréter qui se distingue. Sandrine Revel, scénariste et illustratrice, s’est attardée à la vie de ce virtuose dans son roman graphique Glenn Gould, une vie à contretemps. Je l’ai lu d’une traite sans que je m’arrête. À part en écoutant ses enregistrements dans ma jeunesse et dans mon parcours pianistique, je ne connaissais rien de l’homme en arrière du génie. L’auteure s’est intéressée à l’enfance où Glenn Gould a commencé à jouer du piano, à sa façon particulière d’agir en spectacle et son parcours professionnel. Tout ça enveloppé de superbes illustrations, de beaux cieux gris que Glenn Gould appréciait tant, et de récits …

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Tout s’effondre: livre classique et tragédique

C’est dans un cours de littérature étrangère à l’université que j’ai entendu parler pour la première fois de ce livre, Tout s’effondre de Chinua Achebe. À la question « quel est votre livre classique, le livre qui vous a le plus marqué dans votre vie? », une étudiante avait nommé celui-ci, alors je l’avais noté, curieuse de découvrir comment cet oeuvre aurait pu la toucher. Tout s’effondre (Things fall appart, dans sa version originale en anglais) met au coeur de son histoire Okonkwo, un homme rigide et autoritaire qui déteste l’échec. Au sein d’Umuofia, un village typique du Nigeria, il est reconnu et respecté par les membres de son clan. Pourtant, Okonkwo est accablé de chagrin lorsque que les choses se transforment et ne vont plus comme il le désirait. Que ce soit les sécheresses qui rendent les récoltes moins fructueuses ou encore l’insatisfaction qui règne au sein de ses relations familiales, la vie pose plusieurs défis sur son chemin. Un jour, le pire arrive quand les missionnaires britanniques, les Blancs, débarquent dans son village dans le …

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L’enfant, et l’espoir, perdus

J’avais rarement attendu un livre comme j’ai pu attendre la venue du dernier tome d’Elena Ferrante, mystérieuse auteure, L’amie prodigieuse tome IV, l’enfant perdue. La date de sortie était écrite à mon agenda et j’étais prête à me lancer dans la première librairie trouvée le jour béni du lancement. Chose prévue, chose faite, je me suis retrouvée avec ce livre volumineux et attendu dans les mains sans réellement savoir qu’en faire. M’y plonger tout de suite ou attendre, savourer, faire venir le désir pour mieux apprécier les pages qui allaient suivre? Le dernier tome d’une série possède toujours un goût doux amer et je me demandais si je saurais repousser cette amertume en me faisant patienter. Bien entendu, c’est le contraire qui s’est produit. Livre en mains, il n’était plus possible de m’arrêter. J’ai avalé les pages comme on se jetterait sur un repas après avoir été affamé. J’ai avalé les pages, la gorge bientôt aigre-douce. On retrouve, dans le dernier livre qui scellera leur aventure, les deux protagonistes principaux de la série, Lina et Elena, …