Mois : mars 2018

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Euphoria : Désirer posséder

Je suis tombée tout à fait par hasard à la bibliothèque sur ce livre sélectionné comme l’un des 10 meilleurs livres de 2014 par le New York Times. En tant qu’ex-étudiante de passage dans le domaine de l’anthropologie, j’ai été immédiatement attirée par ce qu’en disait la quatrième de couverture. Euphoria s’est révélé être un roman passionnant qui m’a transportée bien loin de mon monde et qui m’a donné à voir à la fois le quotidien ardu des personnages au travail et les remous de leur vie intime. Un jour de 1933, un couple d’anthropologues anglais fait la rencontre d’Andrew Bankson, collègue de métier américain désabusé, malade de solitude et suicidaire, sur le territoire de la Nouvelle-Guinée. Nell Stone, dont les méthodes de travail sont marquées par l’acharnement intellectuel, la rigueur et la sagacité, et son mari Schuyler Fenwick, plus hâtif et frénétique, ont une relation tumultueuse que la rivalité professionnelle ne fait qu’agiter davantage. Pour remédier à son isolement, Bankson convainc Nell et Fen de s’établir dans une tribu des berges du fleuve Sepik, …

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Comprendre l’absence

J’ai découvert Erika Soucy avec son premier roman, Les murailles. J’ai adoré ce roman. Il m’a permis de prolonger mon voyage sur la Côte-Nord, mais également de faire une incursion dans l’univers de mon chum qui, à l’époque, travaillait dans un barrage, là-bas, de l’autre bord du fleuve. Ça m’a donné envie de lire les poèmes de l’auteure. C’est pourquoi j’étais heureuse de tomber par hasard sur L’épiphanie dans le front à la bibliothèque.  Le côté humain, très présent dans Les murailles, est plus subtil dans L’épiphanie… Il passe uniquement par les sentiments : l’ennui, la déception, l’incompréhension. Mais surtout, une espèce d’amertume qui teinte chaque page du recueil. L’épiphanie… est divisée en deux parties : « En bas » et « En haut ». « En bas » parle de ce père absent qui part travailler sur les grands chantiers de l’Hydro. Du trou qu’il creuse entre sa famille et lui. Et même de la hâte qu’ils ont de le voir repartir quand il descend les voir. « En haut » nous donne accès aux observations d’Erika lorsqu’elle est allée le …

Aborder le deuil à l’aide de la littérature enfantine

 Ouvrir le dialogue à l’aide des livres Parler de la mort et du deuil aux enfants est une action délicate. Dans la littérature jeunesse, plusieurs albums abordent ce thème et peuvent vous aider à entamer le dialogue. Récemment, deux livres abordant le sujet m’ont particulièrement touchée. Il s’agit de Je ne te vois plus, écrit et illustré par Paul Martin, ainsi que Mingan les nuages, écrit par Marie-Andrée Arsenault et illustré par Amélie Dubois. Je ne te vois plus Dans ce mignon petit album, une fillette se souvient des objets et des beaux moments de vie partagés avec une personne décédée qu’elle aimait visiblement beaucoup et à qui elle accordait une grande place dans sa vie. Elle nous partage ses souvenirs un à un, comme pour apaiser son chagrin, et finalement elle se rend compte que lorsqu’elle pense à tout cela, elle pense à la personne qu’elle a tant aimée, et cela la fait sourire. Chaque anecdote débute par « Je ne te vois plus » : lire des histoires, dans ton jardin, sortir ton gros jeu d’échecs… …

Héritières : le parcours de trois femmes

Héritières de Marie Redonnet est en fait un livre contenant trois des histoires de l’auteure : « Splendid Hôtel », « Rose Mélie Rose » et « Forever Valley ». C’est également un livre qui m’est tombé dans les mains par hasard. Le titre me portait à croire que j’allais faire la rencontre de personnages féminins, et j’en étais très curieuse. De plus, je trouvais très jolie la couverture bleue et jaune. Dans un premier temps : « Splendid Hotel » La propriétaire du Splendid Hotel essaie de garder l’héritage de sa grand-mère en vie alors qu’il est en décrépitude. Ce personnage au nom inconnu a également hérité de ses deux grandes sœurs, dont l’une d’elles est toujours malade et l’autre est désillusionnée par son rêve de devenir une grande actrice de théâtre. La propriétaire essaie par tous les moyens possibles de faire survivre l’hôtel, qui se trouve en plein milieu d’un marais. La première lecture de cette histoire était plutôt difficile. Je me demande encore si c’est parce que je l’ai lue au mauvais moment …

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Le peuple rieur : une lettre d’amour signée Serge Bouchard

La lecture du livre Le peuple rieur, c’est un peu comme s’asseoir autour du feu avec Serge Bouchard. Pendant ces quelques 300 pages, sa grosse voix réconfortante nous berce et nous amène sur les terres innues, le Nitassinan. Au fil du récit, la forêt boréale enveloppe autant celui  qui écoute que celui qui raconte. Et peu à peu, l’intimité des bois fait son effet : Bouchard nous livre ses expériences de vie sur le ton de celui qui se confie à un ami. Bouchard nous raconte l’humour innu Ce livre parle d’une histoire d’amour : celle entre Serge Bouchard et ses amis rieurs de la Côte-Nord. D’ailleurs, il écrit cet ouvrage avec sa compagne, Marie-Christine Lévesque. Leur couple partage cet amour commun, qu’ils traduisent par un livre dédié aux Innus. Avec cet essai à la fois historique, personnel et anthropologique, Bouchard revisite ses souvenirs et souhaite redonner à ce peuple auprès duquel il a tant appris. Et pour ce qui est de redonner, il le fait de différentes façons. Mais la plus significative, selon moi, est de répandre la …

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Un baume léger pour adoucir l’hiver et attendre le printemps

Il neigeait à plein ciel lorsque j’ai ouvert, pour m’y plonger, le dernier livre d’Hubert Reeves : J’ai vu une fleur sauvage, l’herbier de Malicorne, un véritable herbier tout en photos, en délicatesse et en simplicité. Véritable ode à la beauté de la nature sauvage qui ne demande qu’à être reconnue et appréciée, ce livre nous présente une quarantaine de fleurs qui embellissent les campagnes de France et parfois d’ici. C’est accompagnée d’une neige duveteuse et collante, doux rappel que l’hiver allait s’accrocher encore un peu malgré l’approche éminente du printemps, que je me suis laissée raconter la beauté de ces fleurs sauvages. L’homme qui aimait les fleurs sauvages Astrophysicien, vulgarisateur scientifique, environnementaliste, militant : Hubert Reeves est un homme d’envergure. Il m’impressionne par l’étendue de son savoir, de son implication, mais aussi par sa capacité de s’émerveiller. S’émerveiller pour les grandes choses et les petites, pour notre planète avec laquelle il souhaite nous faire reconnecter. C’est justement ce qu’il souhaite faire avec cet herbier composé des fleurs poussant à Malicorne, le village français où il est …

Club de lecture: Petite Madeleine

Café Sfouf, 27 janvier 2018 Petite Madeleine de Philipe Lavalette fut la première lecture choisie dans notre nouveau groupe du samedi, presque entièrement constitué de nouveaux visages. Nous nous retrouvons, comme souvent lors de nos premières séances, au café Sfouf.  Nous faisons un tour de table pour connaître toutes ces nouvelles femmes avant d’entrer dans le vif du sujet… et de passer une commande de breuvages chauds, bien entendu. Alors, qu’en avez-vous pensé ?  Regard documentaire  Personne n’a pu s’empêcher de faire un lien avec La femme qui fuit de Anaïs Barbeau-Lavalette, fille de l’auteur. On retrouve, dans les deux oeuvres, un récit de filiation, une lignée de femmes, un fort désir de comprendre d’où on vient et un tout aussi grand désir de quête, de mise en mots de ce retour aux souches. Nous avons tout de même essayé de ne pas trop comparer les deux oeuvres. Il y a, bien entendu, des liens, mais Petite Madeleine reste très différent de La femme qui fuit. D’une part, l’histoire se déroule en  France à l’époque d’Henri …

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Quel personnage de roman êtes-vous? Les fileuses témoignent

Il y a des livres dont les personnages nous touchent plus particulièrement. Que ce soit par leur attitude, leur situation, leurs traits de caractère, leur histoire… Et si ce personnage, c’était nous? Selon notre état d’esprit du moment, notre propre histoire ou notre vécu, nous allons nous attacher à un personnage en particulier. N’avez-vous pas remarqué? De même que certains nous énervent, nous titillent, nous font sortir de nos gonds, je remarque  pour ma part que je suis souvent attirée par un trait de personnage, parce qu’il renvoie une certaine image de moi, quelqu’un qui me ressemble (ou à qui j’aimerais ressembler!). Cette façon de s’identifier me rassure, me conforte ou a contrario me confronte… Des rôles différents Quand je choisis un ouvrage, je me rends compte que j’ai, bien sûr, tendance à me tourner vers une histoire qui me ressemble, me touche ou me pousse à la réflexion. Il en va de même pour les personnages. Durant toutes mes années de lecture, je me suis vue sous les traits de toutes sortes de personnages, …

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Le goût d’aimer

Dans ce roman, au détour de chaque page on s’enfarge, on relit, on ferme les yeux pour méditer sur une phrase, l’usage d’un mot, sa signification. Christian Bobin a réussi à faire de La plus que vive un recueil de citations sur la vie, la mort, l’amour. Et pourtant, ce n’est pas du tout, avouons-le, une mince affaire. Même aujourd’hui je ne peux t’imaginer autrement que réfractaire, échappée, ton cœur fuyant dans la lumière. Je t’ai toujours sue inaccessible même dans la plus claire proximité. Je t’ai aimée dans ce savoir. L’éloge de l’authenticité Genre de biographie non linéaire sur une femme connue de l’auteur, on n’entre finalement jamais dans le détail. En fait, il s’agit de l’étalement de ce que cette Ghislaine signifiait pour l’auteur. Signifi-ait parce qu’en fait, Ghislaine décède à quarante-quatre ans. Et ce drame, élément déclencheur de l’écriture du roman, devient dans La plus que vive une raison d’évoquer les plus belles choses de la vie. Avec ce livre, on prend conscience de l’importance des moments ordinaires, anodins, puisque ce sont …

La quête de soi

De synthèse de Karoline Georges, c’est le type de roman qui prend du temps à s’installer. Une fois bien en place, il est cependant presque impossible pour son lecteur de ne pas vouloir en connaître la fin. Mes attentes et ma barre étaient très hautes, je dois l’admettre: j’avais vu qu’il avait été nommé par de nombreux médias comme étant l’un des meilleurs romans de 2017. Je n’ai pas été déçue. J’ai pourtant eu pas mal de difficulté à vous écrire ce que j’ai réellement pensé de ce roman bien particulier. Karoline Georges signe ici son quatrième roman et, pour être bien honnête, je ne connaissais pas du tout cette auteure avant de me plonger dans ce livre. À la suite de la lecture de celui-ci, je peux cependant dire que Karoline fait désormais partie de ma liste d’auteurs « à surveiller / à découvrir davantage ». Résumé Dans De synthèse, on suit une femme née dans les années 70, fascinée par sa propre image. Alors qu’à l’adolescence elle se voit offrir l’opportunité d’être mannequin – ce …