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Ciel, le tout premier roman de Sophie Labelle

Depuis plusieurs années, je suis le travail de l’artiste et bédéiste Sophie Labelle via sa page facebook et son blogue Tumblr. Lorsque j’ai appris la sortie de son tout premier roman jeunesse, j’ai voulu me le procurer immédiatement. L’idée de retrouver son univers engagé et sensible sous forme de roman me semblait pertinente et nécessaire. Peut être connaissez-vous déjà l’artiste qu’est Sophie Labelle? Elle est populaire pour son militantisme avec le mouvement LGBTQ2. C’est justement ce qu’elle fait dans sa BD Assignée garçon: elle raconte les péripéties et la réalité d’une jeune trans, Stéphie. Qui est Ciel ? Alors qu’on pouvait s’attendre à retrouver une BD, Ciel est un roman jeunesse. Le seul dessin que nous avons la chance de retrouver de Sophie Labelle est sur la couverture. On aurait pu croire qu’elle veuille mettre encore une fois en vedette son personnage Stéphie; au contraire, Sophie a voulu mettre en avant son personnage Ciel qui se retrouve à être la meilleur-e ami-e de Stéphie. Ciel peut nous sembler un peu compliqué-e à cerner parce qu’ille nous …

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Colorer les écrits : Fanny Cloutier

Les journaux se sont entassés dans mes tiroirs. De mon enfance à aujourd’hui, les cahiers se sont empilés les uns sur les autres, ils se sont remplis et ont accueilli mes aspirations poétiques et les limites de mon talent. Parfois, ma vie trop banale me désespérait, j’aurais rêvé de quelque chose d’extraordinaire à coucher sur le papier, mais rien n’y faisait, le calme plat se fracassait aux pages de mes journaux. J’avais des rêves de grandeur pour mes carnets. Je rêvais de couleurs et d’images à couper le souffle, de phrases inspirées qui changent la vie des gens. Je rêvais que mes journaux soient des collages tellement vivants qu’ils m’amènent à les redécouvrir moi-même au fil des semaines. Mais je n’y suis jamais parvenue. Je retrouvais alors ce que je n’arrivais pas à écrire dans les textes des autres. J’aimais dévorer les journaux d’autrui. Les fictions, comme les écrits, qui provenaient du passé. Cette assiduité que je ne possédais pas, celle de prendre le temps d’écrire et de décrire la vie, me fascinait. Et voilà …

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Rien du tout! Éloge de la lenteur à l’usage des enfants… et de leurs parents!

Avec sa couverture tout en douceur et ses illustrations aux couleurs pastel, Rien du tout! de Marie-Hélène Jarry et Amélie Dubois est un album jeunesse qui apporte un beau regard sur l’écoute de soi, la lenteur, la créativité et l’art de ne rien faire! Trop de livres éducatifs ? Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir des enfants, mais à chaque rentrée littéraire, j’observe une recrudescence de livres pour enfants. Cette année ne fait pas exception: le dernier Salon du Livre que nous avons fait était majoritairement consacré à la littérature jeunesse. Dans un certain sens, je trouve cela très bien, et d’un autre côté… je suis souvent déçue par le contenu des ouvrages. Je remarque que pour beaucoup d’entre eux l’aspect «éducatif» prime trop sur le contenu. Faut-il absolument que pour qu’un livre soit «bon», il ait une valeur éducative? Ce serait un sujet à débattre… L’enfant ne peut-il simplement lire pour son propre plaisir sans que nous cherchions, en tant qu’adulte, à nous rassurer sur nos choix? Beaucoup de livres abordent des …

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Dessine-moi un mouton

C’est quelque peu angoissant d’écrire un article sur le livre le plus traduit au monde après la Bible – en 300 langues pour être exacte – d’autant plus que rares sont ceux qui ne l’ont pas lu au moins une fois. Mais alors, me direz-vous, pourquoi m’embarquer là-dedans ? C’est que, il y a quelques mois de cela, j’ai eu une discussion endiablée avec mon coloc sur les différents degrés d’interprétation que chacun peut avoir d’un même livre. J’ai tout de suite pensé au Petit Prince d’Antoine de Saint-Exupéry, qui est reconnu comme étant un conte écrit pour les enfants, mais destiné aux adultes. Avec les années, on gagne en maturité, tout en perdant l’enfant en nous, celui qui voit ce qui est réellement devant lui, qui accepte l’impossible et dont l’imagination surpasse la raison. C’est d’ailleurs pour cela qu’un enfant qui lit ce livre n’y verra qu’un personnage éclectique qui fait des rencontres toujours plus spéciales les unes que les autres. L’adulte, lui, rend à ce livre son côté sérieux, prêtant à ces lignes très simples une …

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Simon vs. the Homo Sapiens Agenda ou ne pas choisir qui l’on est

La fin de session peut être difficile à vivre pour plusieurs. Dans mon cas, je dois tout faire pour rendre celle-ci plus facile. J’ai donc tendance à réécouter les films qui me réconfortent, manger ce que j’aime et lire des romans plus légers, moins pédagogiques. J’aime donc me retourner vers la littérature jeunesse que j’aime même sans une fin de session dans le décor. Alors, à la suite de ma sortie au cinéma, où j’ai vu le récent film Love, Simon, j’ai acheté le livre Simon vs. the Homo Sapiens Agenda, écrit par Becky Albertalli, et je n’ai qu’une chose à dire : j’ai adoré ce livre. « I’m tired of coming out. All I ever do is come out. I try not to change, but I keep changing, in all these tiny ways. […] And every freaking time, I have to reintroduce myself to the universe all over again. » Pourquoi pas les autres aussi? Simon vs. the Homo Sapiens Agenda c’est l’histoire de Simon Spier, un jeune élève en théâtre qui est confronté à faire son …

Mon premier coup de coeur pour un album jeunesse : Chien Bleu

Chien Bleu est le tout premier album jeunesse que j’ai acheté pendant mes études en enseignement au primaire. Mon exemplaire, à la tranche un peu écornée maintenant, en porte encore la trace dans le coin droit d’une de ses premières pages : 2011. Dans un de mes précédents articles, j’ai déjà parlé d’une professeure que j’ai eu la chance d’avoir à l’université et à qui je dois plusieurs coups de cœur en littérature jeunesse : Chien Bleu fait également partie de ses précieux legs ! Il y a maintenant sept ans, en sortant d’un cours où elle nous en avait fait la lecture, je me souviens m’être dit : «il me faut ce livre». Je considérais toujours les périodes où elle nous lisait les albums à voix haute comme de petits cadeaux dans mon horaire : quel bonheur que de se faire ainsi faire la lecture ! Je me souviens qu’elle le faisait très sobrement – rien de théâtral dans son approche – et allait droit à l’essentiel. Elle maîtrisait l’art des silences et savait nous transmettre la beauté …

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Cinq albums jeunesse pour peaufiner ses techniques d’évasion dans l’imaginaire

Dans le cadre de mon métier, je travaille avec le réel, dans sa grande cruauté comme dans son étonnante beauté. Au quotidien, je suis confrontée à la violence, aux oppressions et aux injustices qui façonnent notre monde. Décrocher devient alors essentiel et la lecture est un moyen particulièrement efficace pour ce faire. Depuis quelques temps, je prends un immense plaisir à découvrir les albums pour enfants. Il y a quelque chose d’extrêmement libérateur dans ce laisser-aller dans l’imaginaire que permet la littérature jeunesse. Les histoires inspirantes ponctuées de belles images que recèlent les albums jeunesse constituent une accalmie dans un monde qui me semble parfois trop fulgurant. Where the Wild Things Are (traduit en français sous le titre Max et les maximonstres) a été mon premier coup de cœur, il y a quelques années déjà. Cette ode au monde de l’enfance est depuis une source d’apaisement et un rappel de l’importance de la créativité, de la spontanéité et du jeu. J’ai voulu partir à la découverte d’autres ouvrages jeunesse abordant le thème de l’imaginaire. Voici …

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C’est pas toi, c’est eux

Faire sentir quelqu’un infiniment petit pour se sentir infiniment grand. C’est ce qu’on a tous fait, de façon volontaire ou non, à un moment ou à un autre de nos vies. Il y a trois ans de ça, je suis tombée sur ce tout petit livre, écrit pour des adolescents, mais que tout le monde devrait lire. Un petit livre rempli de puissance, de rage, de trahison, de peur et finalement, d’abandon. Eux, de Patrick Isabelle, saura vous déranger et vous déstabiliser, que vous soyez un adolescent, un adulte dans la fleur de l’âge ou à la retraite. Je parle en connaissance de cause parce que même si je l’ai lu il y a longtemps déjà, ce livre me hante encore. Je me revois, tournant la dernière page dans un autobus bondé, la larme à l’œil, me demandant comment un livre pouvait m’avoir tant touchée. « J’ai vu la peur dans ses yeux. Ça m’a fait du bien. Alors j’ai tiré. » Je vous rassure, je ne viens pas de vous donner un extrait de …

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Les marées d’un continent à l’autre

Capucine se sent tellement différente de sa famille. Entre sa mère esthéticienne qui ne cesse jamais de parler et son père toujours parti en voyage d’affaires, elle a beaucoup de difficulté à trouver sa place. Puis un jour, sa mère cesse de jacasser. En menant ses recherches et en posant des questions auxquelles ses parents n’osent pas répondre, Capucine découvre qu’elle a une soeur aînée, que sa mère avait mise en adoption en Angleterre. C’est ainsi que débute le grand voyage de Capucine. Elle part seule à la rencontre de cette sœur inconnue, pour qui elle a pourtant déjà un attachement puissant. C’est sur l’île de Jersey, entre les journées à la plage et les soirées sur la terrasse, qu’elles se découvriront. Un vent marin Le roman Les marées de Brigitte Vaillancourt est une véritable vague qui nous enveloppe et nous rafraichit. Ce court récit de la littérature jeune adulte réussit à ne pas tomber dans les clichés et le déjà-vu. La rencontre des deux personnages principaux se fait sans artifices, comme dans la vraie …

Aborder le deuil à l’aide de la littérature enfantine

 Ouvrir le dialogue à l’aide des livres Parler de la mort et du deuil aux enfants est une action délicate. Dans la littérature jeunesse, plusieurs albums abordent ce thème et peuvent vous aider à entamer le dialogue. Récemment, deux livres abordant le sujet m’ont particulièrement touchée. Il s’agit de Je ne te vois plus, écrit et illustré par Paul Martin, ainsi que Mingan les nuages, écrit par Marie-Andrée Arsenault et illustré par Amélie Dubois. Je ne te vois plus Dans ce mignon petit album, une fillette se souvient des objets et des beaux moments de vie partagés avec une personne décédée qu’elle aimait visiblement beaucoup et à qui elle accordait une grande place dans sa vie. Elle nous partage ses souvenirs un à un, comme pour apaiser son chagrin, et finalement elle se rend compte que lorsqu’elle pense à tout cela, elle pense à la personne qu’elle a tant aimée, et cela la fait sourire. Chaque anecdote débute par « Je ne te vois plus » : lire des histoires, dans ton jardin, sortir ton gros jeu d’échecs… …