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Chrysalides : la poésie viscérale du changement

Présenté le 25 octobre dernier, dans le cadre du festival Québec en toutes lettres, le spectacle Chrysalides de Queen KA et son band poétique m’a fait vivre une expérience unique tout à fait surprenante et bouleversante. Plus qu’une mise en lecture des textes de celle qu’on qualifie de reine du slam, Chrysalides est une performance poétique, musicale et théâtrale puissante qui dépasse les mots. Le spectacle C’est sur une scène dépouillée que Queen KA, de son vrai nom Elkahna Talbi, et ses deux musiciens, Blaise Borboën-Léonard et Stéphane Leclerc, prennent place pour livrer certains textes de l’autrice accompagnés tantôt d’une musique électronique, pesante et anxiogène, tantôt plus classique, légère avec ses cordes et son piano. On y parle d’identité, de quête, de nostalgie, d’amour, de quotidien, du poids de l’image et de la performance, de nationalisme, de fuite, d’origine, de couple; tant de thèmes liés de façon souvent évidente, parfois ténue, mais dont le fil conducteur tisse la trame de Chrysalides. L’amalgame des mots et de la musique, la voix riche de l’autrice, sa prestance …

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Ma première expérience de livre mystère

Tout récemment, je me suis laissée tentée par l’expérience des livres mystères! L’idée est que les romans nous sont présentés dans un sac ou un emballage, avec une description sommaire nous permettant d’avoir une idée de base de ce qui se trouve à l’intérieur. Ce n’est pas la première fois que le concept est utilisé; Amélie a déjà fait un article sur sa propre expérience avec les livres mystères que vous pouvez aller lire ici! J’ai toujours trouvé l’idée géniale, mais c’est la première fois que j’y avais accès à ma bibliothèque. Il y avait environ une dizaine de choix, allant du classique de la littérature à la poésie, en passant par le roman à l’eau de rose et les histoires d’ici. Je me suis laissée tentée par un roman à suspense! Je suis repartie de la bibliothèque avec mon sac comme une enfant qui repart d’un magasin de jouet avec un sac cadeau mystère, j’étais impatiente de découvrir ce qui se cachait à l’intérieur.   Sur le chemin du retour, je me suis demandé ce …

Feue d’Ariane Lessard : des personnages brisés dans un village aux multiples secrets

Bien avant la sortie de Feue d’Ariane Lessard, ce qu’on en disait était déjà prometteur. Je me suis alors lancée dans cette lecture, dans cette histoire complexe, mais finement ficelée par l’autrice. Ce roman a quelque chose de particulier dans la mesure où nous avons accès à des voix diverses émettant leurs propres opinions et perceptions, voire des mensonges. C’est en poursuivant la lecture que des précisions, des souvenirs et des témoignages nous permettent de répondre à certaines de nos interrogations ainsi que celles des personnages eux-mêmes. Nous découvrons ainsi des narrations distinctes adaptées en fonction des personnages tels que Virginia, cette jeune adolescente énigmatique, qui aurait hérité de la folie de sa mère Vanessa, personnage tout aussi sibyllin, dont les secrets l’entourant tiennent bon, restent quasi intacts, jusqu’à la fin. La présence et la non-présence de Vanessa, son caractère presque fantomatique, ainsi que les nombreuses ellipses qui parsèment l’histoire confient au roman l’allure du conte et soulignent au passage l’originalité de l’œuvre chorale d’Ariane Lessard. Un village consumé Les personnages sont tous liés d’une …

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Des noms fictifs criants de réalisme

C’est un véritable coup de cœur que j’ai éprouvé cet automne pour le roman Noms fictifs. Ce livre raconte le quotidien de son auteur, Olivier Sylvestre, qui travaille depuis 2006 comme intervenant en dépendance dans un centre pour toxicomanes à Montréal. Au fil du récit, on croise des personnages inspirés des patient.e.s qu’il a aidé.e.s dans le cadre de son travail au cours des dix dernières années. La grande force du roman repose, selon moi, sur la vraisemblance des personnages, leur psychologie étant particulièrement bien dépeinte. Le titre du livre est, en ce sens, une astucieuse trouvaille : si les noms des protagonistes sont fictifs, leurs personnalités sont, quant à elles, bien réelles. L’auteur a créé avec brio un récit non fictif à partir de noms fictifs. Un premier roman bouleversant C’est un premier roman poignant qu’Olivier Sylvestre nous offre avec Noms fictifs. Criant de réalisme, son livre est une ode aux marginaux et aux malmenés de ce monde. Les problèmes de drogues et d’alcool y côtoient l’itinérance et la maladie mentale. L’omniprésence de ces tragédies humaines suscite …

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Se rendre compte qu’on a vieilli… moi et le dernier roman pour ados d’Alexandra Larochelle

Je venais tout juste de terminer la lecture du dernier tome de sa trilogie pour (jeunes) adultes, Des papillons pis des fins du monde, quand j’ai appris que l’autrice Alexandra Larochelle publiait un livre pour adolescent.e.s. Il y a de nombreuses raisons pour lesquelles je m’empresse de lire tout ce que fait cette autrice depuis son retour à l’écriture, il y a quelques années – la maîtrise étonnante de son style, ses histoires bien ficelées et son humour décadent en étant quelques-unes. Je n’ai donc pas hésité une seconde à me lancer dans la lecture de Troisième étoile. De L.A à Laval, premier tome de ce qui sera éventuellement une trilogie. Une intrigue plutôt classique Dans Troisième étoile. De L.A à Laval, Sonia est une Québécoise de treize ans qui vit à Los Angeles. Lorsque son père, joueur de hockey professionnel, est transféré dans l’équipe des Canadiens de Montréal, sa famille et elle déménagent à Laval. L’histoire suit donc l’arrivée de Sonia dans sa nouvelle vie, la jeune fille tentant du mieux qu’elle peut de s’adapter et de …

L’univers des podcasts: quelques découvertes littéraires

Les podcasts – baladodiffusions, pour utiliser le terme français – sont en plein essor. Dans les dernières années, il me semble en entendre de plus en plus parler. Il y a l’immense succès des séries sur le crime, les grands journaux qui utilisent ce médium pour approfondir un sujet d’actualité et les histoires et séries de fiction qui se font aussi une place non négligeable sur le marché. Ça ne fait pas si longtemps que la baladodiffusion fait partie de mon quotidien, mais depuis que j’ai découvert ce médium, j’ai trouvé mon fidèle compagnon pour me rendre au boulot le matin quand je trouve le nouvel album de Safia Nolin trop triste pour mon «mood» du jour.  Évidemment, je me suis vite mise à la recherche de podcasts qui parlent de livres ! Mis à part mes émissions de radio favorites comme Plus on est de fou, plus on lit et Les Herbes Folles, qu’on peut aussi retrouver en balado, je cherchais à découvrir de nouveaux univers, à me laisser surprendre par des sujets que je connaissais moins, des …

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La triste histoire de la Corriveau

La légende raconte qu’elle aurait tué jusqu’à sept maris. Coup de hache, empoisonnement, plomb fondu dans l’oreille… L’histoire de la Corriveau a évolué à travers les siècles et les soirées de contes au bord du feu. Chaque conteur en rajoutait un peu afin de rendre son histoire plus croustillante. On alla même jusqu’à la décrire comme une sorcière. Il était grand temps que quelqu’un remette les pendules à l’heure. Monique Pariseau a réussi ce tour de force avec son roman La Fiancée du vent. Quand l’histoire prend vie J’ai vécu à travers les pages de ce livre le quotidien des habitants de la Nouvelle-France et la conquête britannique. Monique Pariseau ne se contente pas de nous dérouler une liste de noms, de lieux et de dates. Elle nous offre une immersion dans ce conflit qui a marqué notre passé et qui a fait de nous le peuple que nous sommes aujourd’hui. J’ai assimilé des informations qui ne m’étaient jamais rentrées dans la tête pendant mes cours au secondaire. J’ai d’ailleurs pris connaissance d’événements dont on évitait …

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Un novembre moins gris avec Andrus Kivirähk

Novembre : la pluie, la grisaille, les arbres nus qui ont perdu toutes leurs couleurs, l’obscurité de plus en plus envahissante. Voilà l’ambiance de ce mois mal-aimé, dans laquelle nous plonge parfaitement le livre Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk. « Peu avant midi, le soleil se montra un instant. Cela faisait plusieurs semaines que l’on n’avait plus vu un tel prodige : depuis le début d’octobre, le temps était resté gris et pluvieux. L’astre du jour épia une dizaine de minutes entre les nuages, puis le vent se leva, reboucha le mince interstice qui s’était ouvert brièvement, et le soleil disparut. De la neige fondue se mit à tomber. » (p.9) Cet incipit n’est qu’un exemple de ces passages décrivant le climat morose de novembre. Le livre contient 30 chapitres comme les 30 jours du mois. Ainsi chaque chapitre décrit une journée de novembre du matin au soir, en commençant par une description de la météo. Mais malgré la neige fondante, le vent humide et la « bouillie liquide » (slush) qui nous ramènent facilement à notre quotidien …

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Chroniques d’une anxieuse : la fois où on m’a pogné le cul

Perdue dans la brume et la slush brune de Saint-Jérôme, j’habitais une ville que je n’aimais pas vraiment. Une erreur de jugement, peut-être. Parce que de l’amour vaporeux était venu restreindre mes idées claires. Une erreur tout court, sûrement. J’avais quand même décidé de garder un pied à terre à Montréal. J’avais pas le choix de toute façon avec la maîtrise que j’avais entamée, je devais m’y rendre assez souvent. Mes journées étaient longues, presque trop. J’arrivais tard le soir dans la neige et le frette de l’hiver. Ma musique triste dans les oreilles, je descendais du train pendant que le sommeil m’emportait. Je traversais les rues sombres et vidées de toute action. À chaque fois, confiante, en route vers chenous. À chaque fois, confiante. Mais cette fois-là fut différente. Je marche. Je suis fatiguée. J’ai tellement d’angoisses que ça me sort par le nez avec les guédilles du froid. J’ai de la misère à voir où ma vie s’en va. Je la trouve ordinaire ces temps-ci. L’école, c’correct, je pense être dans la bonne …

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La spirale de l’emploi qui paie bien

Subordonnée d’Isabelle Gaumont, c’est un roman qui raconte l’histoire de Simone Beaubien, une Montréalaise bien ordinaire. Ce dernier mot fait pourtant toute la différence. En effet, cette jeune femme dans la vingtaine expérimente une vie ordinaire. Elle occupe un emploi ordinaire, a une relation amoureuse ordinaire et répète une routine hebdomadaire des plus ordinaires. Dans toute cette banalité, elle n’est pas heureuse, car tous les aspects de sa vie sont bien médiocres. Quand les choses clochent Simone est une femme vaillante. Elle travaille à un rythme effréné, et surtout constant, en plus de cumuler les heures supplémentaires, afin d’être une employée modèle et de rapporter le plus d’argent possible à la compagnie pour laquelle elle travaille. Pourtant, personne ne lui reconnaît le moindre mérite. L’immeuble de bureaux où elle travaille est un lieu hostile où la compétition entre les employés et l’obsession des patrons pour les rendements rendent l’atmosphère très difficile à vivre. Les choses ne s’améliorent pas lorsqu’elle est à la maison. Les rares moments où elle peut prendre un peu de répit, elle les …