Mois : mai 2018

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Les écorchés de Montréal-Nord

J’explorais les dernières sorties littéraires sur le site des Libraires et j’ai été subjuguée par cette illustration de Stephen Mackey représentant une jeune fille sous un voile blanc. Tout était énigmatique. Et définitivement intéressant. Je n’ai pas pu résister à l’achat du recueil. Sixième recueil de nouvelles de Suzanne Myre, L’allumeuse livre les récits de la survivance d’enfances étranglées et vécues par des personnages écorchés mais bien vivants. Suzanne Myre m’était tout à fait inconnue. Très prolifique nouvelliste, elle a huit livres publiés en moins de quinze ans où elle explore l’homme sous toutes ses facettes. Elle a d’ailleurs remporté de nombreux prix et été finaliste au Prix des libraires du Québec. Dans ce dernier ouvrage, Suzanne Myre nous fait visiter Montréal-Nord, quartier où elle a grandi, quartier qui n’est pas suffisamment exploré dans notre littérature. L’allumeuse Parmi les douze nouvelles du recueil, la nouvelle éponyme est définitivement la mieux ficelée, la plus touchante et la plus satisfaisante. L’allumeuse donne le ton à l’œuvre entière : elle met en scène « Montréal-Mort » et elle dépeint l’enfance dysfonctionnelle de la petite …

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C’est pas toi, c’est eux

Faire sentir quelqu’un infiniment petit pour se sentir infiniment grand. C’est ce qu’on a tous fait, de façon volontaire ou non, à un moment ou à un autre de nos vies. Il y a trois ans de ça, je suis tombée sur ce tout petit livre, écrit pour des adolescents, mais que tout le monde devrait lire. Un petit livre rempli de puissance, de rage, de trahison, de peur et finalement, d’abandon. Eux, de Patrick Isabelle, saura vous déranger et vous déstabiliser, que vous soyez un adolescent, un adulte dans la fleur de l’âge ou à la retraite. Je parle en connaissance de cause parce que même si je l’ai lu il y a longtemps déjà, ce livre me hante encore. Je me revois, tournant la dernière page dans un autobus bondé, la larme à l’œil, me demandant comment un livre pouvait m’avoir tant touchée. « J’ai vu la peur dans ses yeux. Ça m’a fait du bien. Alors j’ai tiré. » Je vous rassure, je ne viens pas de vous donner un extrait de …

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S’éloigner du chaos moderne en vivant plus simplement

Une de mes premières constatations d’adulte, ça a été de ressentir un énorme vertige vis-à-vis la frénésie de la vie dite « ordinaire » : courir après son temps, trouver du temps pour se nourrir, voir sa famille, s’offrir du temps pour soi comme s’il s’agissait de quelque chose d’exceptionnel. Ce vertige est venu perturber ce besoin de flâner que j’ai toujours ressenti. Flâner dans le sens de rêver, dans le sens de profiter du silence, des riens qui m’entourent, mais qui forment un tout. Vivre simplement est devenu rapidement une nécessité dans ma façon de voir la vie. C’est cette constatation qui m’a amenée à chercher des inspirations et des modèles un peu plus hors normes qui me montraient qu’il n’y avait pas une seule façon de vivre sa vie et qu’il existait des façons plus « alternatives » d’être adulte. À une époque comme la nôtre, je ne suis pas la seule devant cette constatation. Cela a mis sur mon chemin de nombreux blogues et livres inspirés de cette philosophie du Slow living. Or, je reproche à énormément …

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La deuxième personne heurte plus que la troisième

La femme qui fuit (un autre article à propos de ce roman ici), c’est un roman qui m’a tout de suite bousculée dans mes habitudes de lectrice, et ce, pour plusieurs raisons. D’abord, le format du roman n’est pas habituel. Les chapitres sont courts et les phrases sont succinctes. Pour moi qui venais tout juste de terminer Raison et sentiments de Jane Austen, disons simplement que le contraste était grand. Sinon, les premiers chapitres traitent d’une mère qui a abandonné ses enfants et qui, plusieurs dizaines d’années plus tard, ne souhaite toujours pas les revoir. Lire tout cela, sans connaître l’historique de la mère en question, m’a remuée et même un peu contrariée. Une dernière chose que je n’ai pas souvent eu l’occasion de croiser lors de mes lectures: une narration à la deuxième personne du singulier. L’histoire derrière cette histoire Il m’a fallu un certain temps pour m’habituer à cette narration particulière, et encore plus longtemps pour comprendre les raisons faisant en sorte que c’était en fait un très bon choix. Avant de commencer, il faut savoir …

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« Les remèdes littéraires » de Berthoud et Elderkin : prescriptions de fiction pour les maladies de la vie

L’ouvrage encyclopédique des Remèdes littéraires de Ella Berthoud et Susan Elderkin a tout d’un manuel médical qui propose des traitements aux maux courants du quotidien ou aux plus grandes blessures et épreuves de la vie… à quelques différences près. D’abord, « il ne fait pas de distinction entre les peines affectives et les douleurs physiques; vous pourrez trouver dans ces pages de quoi soigner un cœur brisé ou une jambe cassée » (p. 4). Ensuite, est-il bien indiqué, les médicaments prescrits ne sont pas disponibles en pharmacie, puisque, d’ordre livresque, ils se présentent plutôt comme des suggestions de lecture ayant le pouvoir de soulager les problèmes de tout ordre. Quelle que soit votre maladie, nos prescriptions sont simples : un roman (ou deux!), à lire à intervalles réguliers. […] Certains traitements mèneront à une guérison complète. D’autres offriront simplement une consolation, en vous montrant que vous n’êtes pas seul.  À la base des Remèdes se trouve ainsi l’idée que les amoureux de la littérature utilisent les romans comme onguents depuis des siècles. L’ouvrage met de ce fait en avant une foi inébranlable …

Pablo Neruda La Solitude Lumineuse Le Fil Rouge

La solitude lumineuse de Pablo Neruda, un voyage en quelques pages

Pablo Neruda est un auteur et poète chilien que j’aime beaucoup. Ce genre d’auteur qui sait révéler la beauté et la cruauté du monde avec des mots simples et percutants. Qui sait balader le lecteur sur le fil qui sépare le réel de l’imaginaire. Je reviens d’un (trop) court séjour au Chili, durant lequel j’ai beaucoup appris sur la dictature de Pinochet, ce régime qui a contrôlé le pays entre 1973 et 1990 et qui n’est pas encore tout à fait reconnu comme dictature par le gouvernement chilien. Si vous allez un jour à Santiago et que le sujet vous intéresse, je vous recommande d’aller faire un tour au Musée de la mémoire et des droits de l’homme. Une belle claque dans la face. Si je vous en parle, c’est parce que la vie et l’œuvre de Neruda y sont liées. Le coup d’État de 1973 Dans les années 70, le Chili est gouverné par le socialiste Salvador Allende. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis de Richard Nixon voient d’un mauvais œil la …

Nos mères et marraines, les fileuses d’un jour

Pour célébrer la fête des Mères, nous avons demandé aux mères (et marraines) des collaboratrices du Fil rouge de jouer aux fileuses en nous écrivant quelques lignes au sujet d’une de leurs lectures préférées. Lise, maman de Martine Quand on m’a proposé de faire une petite critique sur un livre, j’ai immédiatement pensé à Le Cri des oies de Joanne Gauthier. Ce livre m’a grandement touchée, il m’a aussi séduite par la beauté de ses phrases. J’ai tellement aimé la façon dont l’auteure aborde son deuil, sa peine, sa colère, ses incertitudes, l’amour qu’elle ressent pour son fils, son fils qui devient grand avant le temps, maintenant qu’il n’a plus son papa. La façon dont elle décrit les événements est d’une grande beauté, d’une grande sincérité, elle réussit à nous faire ressentir ses émotions, et ce, même si nous n’avons jamais vécu ce genre de deuil. On peut facilement se mettre dans sa peau et surtout la comprendre, comprendre sa peine et toutes les émotions qui l’habitent. Événement tragique qui déchire tout sur son passage, qui anéantit sa …

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Re-découvrir Les Six Brumes

En 2016, Raphaëlle vous présentait Les Six Brumes, une maison d’édition spécialisée dans les littératures de l’imaginaire. De nature curieuse, je lis à peu près de tout. Mais je ne m’éloigne jamais vraiment des histoires qui ont une touche fantastique. À l’opposé de la littérature dite blanche, la littérature de genre est un univers plein de couleurs, de surprises et d’émotions. De l’horreur au policier, en passant par la fantasy et la science-fiction, ce type de livres me rejoint par sa capacité à éveiller mon esprit et à me faire rêver. Voilà pourquoi je suis tombée, moi aussi, sous le charme des Six Brumes. Dernièrement, la maison d’édition a annoncé son grand retour sur les tablettes des librairies grâce à une entente avec un nouveau diffuseur. Et pour célébrer ce retour, je vous partage trois coups de cœur qui m’ont conquise au fil des années. Jardin de chair de Frédéric Raymond Ce livre a été le premier que j’ai découvert chez Les Six Brumes. Frédéric Raymond nous raconte l’histoire d’une jeune femme cannibale qui arpente …

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Luis Sepulveda : les contes que l’on devrait faire lire au secondaire

La première fois que j’ai lu un roman de Luis Sepulveda c’était un peu par hasard. Ce n’était pas une lecture scolaire obligatoire, pas une recommandation directe non plus. Juste un nom qui revenait régulièrement, avec l’impression qu’il faisait partie de ce que l’on désigne comme les « connaissances générales », un auteur que chacun devait avoir lu, un passage obligatoire. Alors, comme beaucoup d’entre vous, j’ai attrapé Le vieux qui lisait des romans d’amour et je me suis plongée dedans afin de comprendre pourquoi c’était un incontournable. J’ai tout de suite été séduite par le style à la fois poétique et très terre à terre de Sepulveda. À la fin de ma lecture, je n’étais pas capable de dire exactement ce qui faisait de ce livre et de cet auteur un classique, mais j’abondais dans ce sens. Il y avait quelque chose de profondément beau et d’infiniment triste; un mélange parfait de sucré-salé. Ce roman est court et rapide à lire, je l’ai donc prêté à de nombreuses personnes, répandant la bonne nouvelle comme on dit, participant …

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La beauté sans cruauté : un guide accessible pour étendre sa compassion

Il y a de fortes chances que vous vous soyez déjà fait dire : « Il faut souffrir pour être belle (ou beau!) », c’est d’ailleurs de cette façon que débute l’avant-propos rédigé par Sylvette Babin de ce livre, La beauté sans cruauté, petit guide pratique. Personnellement, je trouve qu’il s’agit d’une belle façon d’aborder la question; faut-il vraiment souffrir ou faire souffrir au nom de la beauté? À mes yeux et à ceux de Marie-Noël Gingras, autrice de ce guide, publié aux éditions Trécarré en mars, la réponse est claire : non. C’est dans la continuité du guide Défi végane 21 jours, d’Élise Desaulniers, dont elle signait les recettes, que Marie-Noël Gingras a créé un véritable guide pour quiconque voulant éviter de participer à l’exploitation animale. Étant nouvellement végane et intéressée depuis longtemps par les produits plus naturels, je dois avouer que ce livre est une vraie bible à ce sujet et surtout, il démontre qu’il n’est pas si ardu de faire le choix d’avoir une routine de soin et de ménage entièrement respectueuse et sans cruauté. Il suffit …