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Les signets, gardiens silencieux de nos lectures

Il y a quelques temps, une amie m’a ramené un souvenir de son voyage au Portugal:  un très joli signet en forme de sardine, fait en liège. Il s’agit du premier signet ayant une signification importante pour moi, non seulement provient-il de l’autre côté de la mer, mais il me vient d’une personne qui m’est chère. Depuis, j’ai cessé de plier le coin de mes pages, car je l’avoue, c’était l’une de mes habitudes! Enfant, j’accumulais des dizaines de signets (souvent autographiés) amassés lors des Salons du livre ou foires littéraires de l’école. Malheureusement, cette boîte de souvenirs s’est perdue avec le temps et je n’ai jamais cherché à rebâtir une telle collection. Je me suis donc questionnée par rapport à l’importance que l’on accorde aux signets et les divers moyens que l’on prend pour garder le fil de notre lecture. J’ai demandé aux Fileuses quel est leur moyen de prédilection pour garder leur page! Voici quelques-unes de leurs réponses : Roxanne : J’utilise des cartes postales, cartes d’affaires, vieilles enveloppes, bout de papier coloré, …

Sophie Labelle : dans le tumulte, rejoindre son public

Sophie Labelle et son travail ont été l’objet d’attaques incessantes de la part de groupes néonazis. Comme nombre de fans de sa BD Facebook pro-trans assignée garçon, je souhaite souligner l’importance de la prise de parole de cette auteure montréalaise. Cette chronique s’intéressera à la toute dernière publication « papier » de la bédéiste, Comment sortir avec quelqu’un quand on est trans et queer. Une histoire intriguante dans un format appétissant Ce qui saute aux yeux, c’est la qualité de l’objet-livre : en couleur à l’extérieur comme à l’intérieur, avec des dessins comportant tous une composition simple, mais truffée de détails judicieux. Pour une publication « maison », la finition n’est pas balayée du revers de la main. Analyser les vêtements des personnages est d’ailleurs en soi un plaisir de lecture. Dans les premières pages, on nous présente les personnages avec de courtes descriptions amusantes, d’une façon qui m’a donné un baume sur le cœur en me rappelant les BDs d’Astérix et Obélix que je lisais, enfant. Pour cette publication, l’histoire ne tourne pas autour de Stéphie, jeune fille trans …

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Hannah Arendt à travers la BD

Quand j’étais jeune, je détestais les bandes dessinées, je trouvais que ça laissait trop peu de place à mon imagination et je n’arrivais pas à prendre le rythme. C’est bien plus tard, alors que je travaillais à la bibliothèque de mon cégep, que j’ai découvert le plaisir des romans graphiques. J’ai appris à aimer la vitesse, particulièrement cette certitude qu’avant la fin de la journée j’aurais fini ma lecture. J’aime aussi comment on peut combler quelques minutes de vide, en suspens entre deux obligations, avec une BD. C’est une chose que je trouve beaucoup plus difficile à faire avec un roman. Et j’aime le nouvel esthétique adopté par de nombreux romans graphiques, qui semble s’inspirer de l’aquarelle et du dessin au pastel. Bref, je me suis réconciliée avec ce genre littéraire et c’est tant mieux parce que cela me permet de faire de magnifiques découvertes, comme la biographie de Hannah Arendt en image. Qui est Hannah Arendt? Elle est née en Allemagne, en 1906, où elle étudiera la philosophie, mais étant juive, elle devra fuir, …

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Les secrets d’une mère racontés par Fawzia Zouari

Des livres en attente d’être lus dans ma bibliothèque, je n’en manque pas. Malgré tout, je continue à fréquenter les librairies de manière compulsive et à me laisser charmer par certains livres que je m’empresse de lire en faisant fi de l’ordre de lecture que j’avais soigneusement prévu. Le roman Le corps de ma mère de l’auteure d’origine tunisienne Fawzia Zouari est l’un de ces livres qui ont attiré mon attention. Pourtant, cette auteure m’était inconnue. Toutefois, j’avais le goût d’ouvrir mes horizons à la Tunisie et aux femmes qui peuplaient les villages de ce pays avant d’être chamboulées par « la modernité ». Ce fut une belle découverte littéraire qui m’a permis de me plonger dans un univers surprenant. Le roman de Fawzia Zouari est divisé en trois livres. Dans le premier livre, la narratrice raconte comment se sont déroulés les derniers jours de la vie de sa mère, Yamna. Alors que cette dernière est à l’hôpital dans le coma, sa fille, revenue de France dans l’urgence, passe ses journées à son chevet en compagnie des autres …

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« Tale as old as time… » La Belle et la Bête et autres contes à (re)découvrir!

À moins d’avoir passé l’hiver dans une grotte à la manière d’un ours qui hiberne, ou dans un village reculé sans électricité ni internet, vous avez très certainement entendu parler de l’immense « buzz » entourant la sortie au cinéma de la dernière adaptation de Disney, La Belle et la Bête. Mettant en scène Emma Watson, l’héroïne féminine de la saga Harry Potter, le film, un « remake » en prises de vue réelles du film d’animation de Disney réalisé en 1991, a maintenu un réel suspense pendant plusieurs mois, nous faisant attendre (bien trop!) impatiemment sa sortie. Donc, la nouvelle adaptation d’un de mes contes préférés m’a amenée au cinéma, un dimanche après-midi, avec ma sœur. Considérant mon intérêt académique envers les contes et surtout pour les réécritures et les détournements – j’y consacre, en effet, l’entièreté de mon mémoire – plusieurs de mes amis, de ceux qui m’appelaient déjà « princesse » depuis quelque temps, ont suggéré, visiblement soucieux de me déculpabiliser, que j’y allais [et je les cite] « probablement pour un …

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La servante écarlate : une dystopie d’actualité, sur papier comme à l’écran

On parle beaucoup, ces temps-ci, de la pertinence de plusieurs œuvres de fictions dystopiques. Malheureusement, à l’ère de Donald Trump, de nombreux livres de science-fiction semblent pâlir lorsque comparés à la réalité absurde du paysage politique américain. C’est peut-être pourquoi Hulu a décidé d’adapter l’œuvre de Margaret Atwood La Servante Écarlate (v.o. The Handmaid’s Tale) plus de 30 ans après sa publication originale. Étant une grande fan de l’auteure canadienne, j’ai décidé de lire le roman et de le comparer à la série. Le synopsis Dans une société totalitaire où la religion domine sur la politique, les femmes sont maintenant divisées en trois classes : les Marthas, qui sont chargées de l’entretien et de la cuisine, les Épouses, qui sont les seules femmes à avoir un peu de pouvoir et qui dominent sur la maison, et les Servantes Écarlates dont le seul rôle est la reproduction. Les femmes ne peuvent plus lire, plus écouter de musique, elles doivent chacune porter un uniforme typique à leur caste. Celles qui sont jugées comme étant trop vieilles ou …

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L’amour au temps du patriarcat

Côté humour en littérature, je suis difficile. Je souris beaucoup, je ris peu. Récemment, le roman graphique Les sentiments du Prince Charles de l’auteure suédoise Liv Strömquist est parvenu à renverser cette tendance en me faisant rire fort, à plusieurs reprises. À l’aide de blagues réussies, ce livre cerne des malaises qui pullulent notre quotidien. Le ton est sarcastique, revendicateur et féministe. La description – peu éloquente – des sentiments du Prince Charles à l’égard de Lady Diana constitue le point de départ de l’auteure dans sa déconstruction des dynamiques oppressantes que subissent les femmes – mais aussi les hommes – au sein du couple. Fini le temps où l’on riait de ces amoureuses considérées par leurs maris comme des boulets, c’est ici l’absurdité de notre société patriarcale qui est montrée et ridiculisée. Voici donc en quatre points en quoi le roman graphique Les sentiments du Prince Charles s’impose dans la liste de mes lectures les plus réjouissantes faites jusqu’à ce jour. La critique du couple et de la vision de l’amour  Sous ses airs ludiques, le livre de Strömquist …

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3 livres qui m’ont marquée lors de mon passage de l’adolescence à l’âge adulte

Devenir une adulte n’a rien de facile. Se préparer à sortir du cocon de l’enfance, là où on est protégé par nos parents et l’école, n’est pas inné. Je me souviens de la dernière année de mon CÉGEP comme une période d’éternel questionnement, de recherche de qui je suis et surtout, de malaise et d’impression de ne jamais être à la bonne place. Plus tard, à l’université, cela ne s’est pas forcément amélioré tout de suite. Ça prend des années encore pour devenir adulte, même si on effectue toutes les tâches associées : habiter en appartement, payer ses factures, payer ses impôts, ne plus pouvoir compter sur sa maman lorsqu’on tombe malade ou encore, vivre sa première peine d’amour mature. Cependant, j’ai eu de la chance par rapport à d’autres. J’ai été accompagnée par mon amie, la littérature. Les livres m’ont aidée à me sentir moins seule, et à comprendre que d’autres personnes vivaient la même situation que la mienne. Ou au contraire, une qui était complètement différente.  Ils m’ont poussée à relativiser. Dans cette période, …

Montréal, tu es magnifique !

À l’occasion du 375e de Montréal, j’ai décidé de me plonger dans le recueil d’histoires que Portait de Montréal proposait, et franchement quelle façon magnifique de tomber en amour avec cette ville encore plus. Je ne suis pas née à Montréal, je suis une petite fille de la banlieue, mais j’ai toujours été fascinée par cette ville, son histoire, ses gens, sa magnifique mixité, et d’avoir l’impression que de quartier en quartier on voyage, donc naturellement que ce livre m’appelait dès l’instant que je l’ai vu. Si comme moi vous êtes fan de HONY (human of new-york), vous connaissez bien évidemment la page Facebook du même nom. Portrait de Montréal est le penchant montréalais de cette page. Le concept est très simple, un photographe parcourt la ville à la recherche de visages ou d’histoires intéressantes et raconte l’histoire de la personne sur la photo qu’elle a bien voulu lui raconter en retour pour ensuite publier le tout sur Facebook. Le livre Portrait de Montréal est donc un recueil des histoires racontées sur cette page. Dans le livre, on retrouve …