Mois : mars 2020

Les testaments, Margaret Atwood, Littérature canadienne, Littérature, La Servante écarlate, Le fil rouge, Le fil rouge lit,

Gilead, quinze ans plus tard

Il aura fallu près de 35 ans à l’autrice Margaret Atwood pour nous servir la fameuse suite de son roman dystopique, probablement son plus connu, La servante écarlate. Bien qu’elle terminait déjà ce dernier sur des « Notes historiques », projetant les lecteurs et lectrices en 2195 alors qu’un colloque universitaire se penche sur les écrits laissés par June, comme un héritage, un testament, c’est en fait la société d’aujourd’hui qui a invité, tout naturellement, l’autrice canadienne à poursuivre l’écriture de cette histoire. Il y a un peu plus d’un an, j’abordais ce sujet dans un article que vous pouvez lire juste ici pour vous remettre dans le bain. Cet épilogue agit telle une lueur d’espoir à la fin de ce roman désolant, obscur et loin d’être réjouissant. Bon, c’est un bien simple baume pour tout ce que nous avons enduré à travers ces 483 pages, me direz-vous, mais il demeure qu’une part de lumière réside au sein de ces dernières lignes. Effet semblable à celui suscité par l’appendice que l’on retrouve dans l’œuvre de …

Si on était... Axelle Lenoir Front froid Le prince et la couturière Jen Wang Akileos bande dessinée jeunesse Le fil rouge livre lecture littérature adolescente

Moins de Schtroumpfette, plus de ça!

Comme bien d’autres, j’ai été dans ma jeunesse une très grande lectrice de bandes dessinées. À cette époque, j’ai lu compulsivement tous – et je dis bien TOUS – les albums disponibles à ma bibliothèque de quartier. Avec le recul et la maturité qu’apporte inévitablement l’âge adulte, j’ai réalisé, non sans quelque amertume, que presque toutes mes héroïnes de jeunesse préférées, de Laureline à Natacha, en passant par Aria, Calendula ou les espionnes du Brelan de dames, aussi badass soient-elles, étaient avant tout… des pin-up! C’est maintenant évident : toutes ces vieilles séries, même si elles ne sont pas dépourvues de qualités, manquent cruellement de représentations féminines réalistes et non sexualisées. Par chance, Yoko Tsuno, qui était de loin ma favorite, est là pour sauver la mise de la BD franco-belge des années 70 et 80! Heureusement, les mentalités ont beaucoup évolué! Depuis l’avènement d’Harry Potter, l’offre de littérature jeunesse s’est décuplée et la BD n’a pas fait exception. Voici deux albums coup de cœur qui proposent des modèles intéressants, actuels et inclusifs et que …

Les vagues Virginia Woolf Folio classique roman livre lecture littérature lyrique poésie

Un navire de papier

Les froides journées d’hiver me donnent toujours envie de tout abandonner pour hiverner jusqu’au retour du soleil et des p’tits oiseaux, et de me rouler en boule au coin d’un feu avec un chocolat chaud et une pile de livres. La lumière blafarde du ciel hivernal et le silence duveteux de la neige fournissent le cadre parfait pour les lectures poétiques et introspectives qui font rêver. C’est donc le moment idéal pour s’enrouler dans une couverture et plonger dans Les vagues de Virginia Woolf, et ainsi quitter les rives de la réalité toutes voiles dehors! Publié en 1931, Les vagues est un roman lyrique expérimental très particulier. C’est une lecture profonde, un voyage intérieur, une plongée dans les abysses de l’âme humaine. Les voix de six narrateurs, six amis d’enfance très différents les uns des autres, semblent rouler jusqu’à nous depuis un horizon lointain pour venir se briser sur les pages en alternance – elles arrivent et se retirent, comme des vagues! – et on se retrouve submergé dans une mer de sensations et de …

Le profil du papillon lune (partie 2), par Kim Renaud-Venne

Pour lire la première partie de la nouvelle, c’est ici! ** Quelques collègues harassés commencèrent à délaisser une à une leurs chaises de bois, aussi chancelantes qu’inconfortables, pour retrouver leurs lits douillets et leurs cernes du lendemain. La soirée avait passé sans que Robyne s’en rende compte, mais en voyant ces manteaux s’enfiler et ces regards fatigués, elle sentit quelques picotements tout le long de ses bras, comme un rappel lancé par cette autre Robyne : celle qui avait l’habitude de s’affoler lorsque l’heure du convenable prenait le bord. Agissant par mimétisme, elle fit ses aurevoirs et marcha seule en direction de son appartement, un peu froissée par cette partie d’elle-même qui la dévisageait quand le plaisir cherchait à entrer. Le bar n’était pas loin de chez elle, ce qui rendit la soirée tout de même satisfaisante. Elle connaissait bien le quartier, les ruelles bordées de vieux logis aux airs charmants et calmes qui la menèrent vers le sien. Elle repensa à cet intermède de vie qu’elle venait de quitter, déjà disposée à l’analyser. Elle …

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Miss Islande, par Auður Ava Ólafsdóttir : une histoire d’émancipation

D’emblée, je dois avouer que je n’avais jamais lu de livres d’Auður Ava Ólafsdóttir, pas même son célèbre Rosa Candida. On m’en avait parlé et j’avais toujours admiré les couvertures colorées de la maison d’édition Zulma, mais je n’avais pas encore eu l’occasion de m’y attaquer. J’étais donc bien contente de finalement prendre le temps de lire une œuvre d’Ólafsdóttir. Qui plus est, j’ai beaucoup apprécié Miss Islande et je l’ai lu très rapidement lors du congé du temps des fêtes. L’histoire en bref Miss Islande se déroule en 1963 et met en scène le personnage d’Hekla « vingt et un ans, [qui] emballe quelques affaires, sa machine à écrire, laisse derrière elle la ferme de ses parents et prend le car pour Reikjavik avec quatre manuscrits au fond de sa valise. Il est temps pour elle d’accomplir son destin: elle sera écrivain ». Miss Islande a été annoncé comme un récit féministe sur « la liberté, la création et l’accomplissement », et c’est ce qu’on retrouve à sa lecture. Ce court roman s’attarde à l’histoire …

La main d’Iman: espoir et réconciliation sont-ils toujours possibles?

« […] comme la plupart des choses d’une très grande beauté, elle inspire le désir de la posséder. Mais sa beauté parvient justement du fait qu’elle n’appartiendra jamais à personne. » Sans que je ne sache trop pourquoi, ces mots issus de la quatrième de couverture me bouleversent. Sans que je ne sache trop pourquoi, La main d’Iman demeure un chef-d’œuvre de l’indicible pour moi. Objet de mon mémoire de maîtrise, les passées années à l’étudier n’ont pas réussi à élucider les raisons du bouleversement qu’il opère en moi. J’y lis la beauté, au sens le plus pur et métaphysique, tout comme j’y trouve aussi l’horreur insaisissable propre à l’espèce humaine. Écrire ce mémoire et en accoucher furent des épreuves dont je me remets encore. Je crois être enfin prête à tenter cette « lettre d’amour » à cette œuvre dont j’ai su, quand que l’ai lue en début de bac, qu’elle m’accompagnerait jusqu’à la fin de mes études et plus encore. À ce jour, je n’ai jamais refait la rencontre d’un tel phénomène littéraire. …

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Traverser le miroir avec Christelle Dabos

Je ne me souviens plus très bien comment j’ai découvert Les fiancés de l’hiver, le premier tome de la série La Passe-miroir, de Christelle Dabos, paru chez Gallimard Jeunesse (me connaissant, c’est probablement la magnifique couverture dessinée par Laurent Gapaillard qui m’a attirée!). Ce dont je me souviens en revanche, c’est que je l’ai commencé sans trop d’entrain parce que je vivais une panne de lecture. Habituellement, il me faut quelques jours voire quelques heures pour terminer un livre, mais là, je n’avais envie d’aucun genre en particulier et je faisais traîner mes lectures en cours depuis plusieurs mois. Jusqu’à ce premier tome, qui m’a complètement happée et qui m’a redonné le goût de lire pour moi. La Passe-miroir en bref C’est à la suite du concours du premier roman jeunesse de Gallimard que Les fiancés de l’hiver a été publié. Les tomes 2 et 3 (respectivement Les disparus du Clairdelune et La mémoire de Babel) ont suivi, et entre temps la série a gagné en popularité. En décembre est sorti le dernier tome, La …

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Dans À fleur de pots, les meilleurs onguents des Trappeuses

«Tu sais que tu es grano quand… tu peux t’exfolier et récurer ta toilette avec le même ingrédient.»  (p.85) C’est l’une des nombreuses petites pointes d’humour dont est parsemé l’ouvrage des Trappeuses, trois blogueuses qui sortent de l’ordinaire. À fleur de pots est présenté par ses autrices comme un «petit grimoire de cosmétiques maison». Le terme grimoire s’inscrit parfaitement dans le concept de «sorcières des temps modernes» qui colle à la peau des Trappeuses. Leur livre se veut un guide pour la confection de produits de soins maison, mais c’est aussi un outil de référence puisqu’on y retrouve une excellente vulgarisation de tout ce qui touche l’univers des cosmétiques. Maîtriser le beurre de karité et l’huile d’olive À fleur de pots est séparé en cinq chapitres, les trois premiers proposant une introduction aux termes, aux étapes, aux ingrédients et à ce qui peut nous motiver à plonger dans la confection de nos propres cosmétiques, tandis que les chapitres 4 et 5 sont consacrés aux différentes recettes. Le tout est conçu pour nous faire avancer un …