All posts filed under: Bande dessinée et roman graphique

fiction historique, jazz, Montréal, Gaspésie, Le fil rouge, bibliothérapie, La Pastèque, La femme aux cartes postales, lefilrougelit, littérature, lecture, Jean-Paul Eid, Claude Paiement, bande dessinée québécoise,

Montréal, fin 1950: nostalgie de l’âge d’or du jazz à travers le hasard et la fatalité

Même en nuances de gris, je vois les couleurs flamboyantes du Montréal d’antan, j’entends la musique et même les voix des personnages.

Le fil rouge, le fil rouge lit, bibliothérapie, littérature, lecture, livres, les livres qui font du bien, Entretien avec un vampire, Anne Rice, Chroniques des vampires, Claudia’s Story, Ashley Marie Witter, adaptation graphique, bande dessinée, Yen Press, Vampirisme

La vampire qui n’aurait jamais dû être

Trop souvent, on entend parler de mauvaises adaptations qui ne respectent pas l’œuvre originale. C’est bien connu, lorsqu’on touche à un grand morceau de la culture populaire, le fandom est toujours sur la défensive. Et avec raison. On ne veut pas que notre univers imaginaire soit brisé. Mais pour vous rappeler qu’il n’y a pas que des adaptations outrageuses, j’avais envie de vous en présenter une qui, selon moi, est particulièrement bien réussie. Il s’agit d’Entretien avec un vampire, d’Anne Rice, adapté en BD par Ashley Marie Witter. Premier roman de la série « Chroniques des vampires », Entretien avec un vampire nous raconte comment Louis est devenu une créature de la nuit et comment il a vécu avec son mentor Lestat en Louisiane à la fin du 18e siècle. Lorsque Louis ne peut plus supporter les caprices de son maître, il songe à l’abandonner ou à mourir. Mais Lestat, qui est un vampire beaucoup plus vieux, sait parfaitement qu’il ne peut vivre seul à cette époque où tout le dépasse. C’est pour cette raison …

Julie Delporte, Bande dessinée, Le fil rouge, Le fil rouge litm Bibliothérapie, Les livres qui font du bien, Drawn and quarterly, Finlande, Femme, Féminisme, Art, Lecture, Littérature, Nordique, Froid, Anxiété, Anxiété de performance, Syndrome de l'imposteur

This woman’s work, lire Julie Delporte en anglais

Le dernier bijou de Julie Delporte, intitulé This woman’s work, paru en 2019 chez Drawn and Quarterly, est une œuvre à saveur autobiographique, comme la plupart de son travail. Cette nouvelle sortie est la version traduite de Moi aussi je voulais l’emporter, dont la parution, il y a à peu près un an pile, a enflammé les réseaux sociaux pendant plusieurs mois. Depuis, je suis entrée dans une espèce de bulle nommée Julie Delporte et je me suis mise à m’abreuver de toute sa bibliographie. J’ai décidé de relire ce chef-d’oeuvre en anglais, pour voir quel effet cela me ferait. Julie Delporte mentionne régulièrement qu’elle souffre du syndrome de l’imposteur et j’espère que ma critique pourra contredire ce sentiment. La pression d’être une femme À la base, This woman’s work devait être un livre sur Tove Jansson, la créatrice des Moomins, mais petit à petit, l’œuvre s’est transformée d’elle-même en une réflexion sur le rôle de la femme et ce qu’on assume de celui-ci. La femme mère, la femme maîtresse, la femme amoureuse, etc. Delporte réussit à …

Folk: un voyage au Far West

Iris et La Pastèque nous offrent une bande dessinée digne du Far West, Folk. On pourrait croire par sa couverture marrante que nous allons nous retrouver avec une petite bande dessinée sans plus, mais c’est mal connaître les choix de La Pastèque et le talent de son autrice et illustratrice, Iris. J’ai connu Iris grâce à sa collaboration avec Zviane pour la trilogie de L’ostie d’chat. Une série que je vous conseille fortement d’ailleurs. Par la suite, je l’ai découverte en solo grâce à ses zines, Justine, son blogue et ses réseaux sociaux. J’apprécie ses dessins qui sont assez minimalistes, mais dont on reconnaît les expressions. J’admire aussi son talent pour illustrer des décors. Il y a de la vie dans son art! Lorsque j’ai su qu’elle sortait une nouvelle série qui se déroulait dans le Far West et dont le personnage principal est un jeune homme pouilleux, égoïste et profiteur, j’ai tout de suite reconnu son style! Comme pour son personnage dans L’ostie d’chat, Iris semble aimer créer des personnages mal-aimés qu’on finit par trouver …

Le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; bande dessinée; BD; La geste d’Aglaé; Anne Simon; Misma; féminisme; féministe; bd féministe

La geste d’Aglaé: un conte cruel et féministe

C’est à la fin mai que le Festival BD de Montréal s’est installé au Parc Lafontaine. Comme je suis une grande amatrice du genre, j’ai bien entendu sauté sur l’occasion! J’y suis allée sans jeter un œil sur le programme, les éditeurs ou les auteurs, espérant simplement faire une belle découverte. Il n’a pas fallu très longtemps! Dès l’entrée, j’ai été interpellée par des panneaux présentant en grand format une bande dessinée ayant pour protagoniste une sorte d’enfant à tête de patate (qui était en fait le 3e volume d’une série, Les Contes du Marylène). Puis j’ai trouvé les livres, et l’autrice, Anne Simon. Une conversation, un achat et une dédicace plus tard, je n’avais qu’une hâte: me plonger dans l’univers loufoque d’Aglaé! Si on commençait par un petit résumé? Pour camper son histoire, l’autrice s’est inspirée d’une chanson des Beatles, « Being for the Benefit of Mr. Kite! ». Des éléments de l’univers du cirque présents dans le livre rappellent la chanson, mais aussi plusieurs personnages y font directement référence. On suit Aglaé, océanide tragiquement …

Le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; bande dessinée; BD; roman graphique; Juliette les fantômes reviennent au printemps; Camille Jourdy; Actes Sud BD; famille; chronique familiale

Juliette: Les fantômes reviennent au printemps, chronique d’une famille ordinaire

Après Une araignée, des tagliatelles et au lit, tu parles d’une vie! et la trilogie Rosalie Blum, j’ai été ravie de voir que Camille Jourdy revenait avec un très bel ouvrage, à mi-chemin entre le roman graphique et la bande dessinée. On y rencontre Juliette, fragile, hypocondriaque et dépressive, qui décide de quitter Paris pour passer quelques jours dans sa famille en province. Ce n’est pas le début d’une grande aventure, mais d’une histoire comme seule l’autrice sait en raconter: celle du quotidien. Une histoire (presque) ordinaire Juliette, c’est l’histoire d’une famille d’aujourd’hui avec ses moments de tendresse et de complicité, ses disputes, ses détails anodins… Une chronique familiale douce-amère, qui dépeint des personnages tous plus attachants les uns que les autres. Survoltée, la mère de Juliette est une artiste décalée qui court après les hommes. Depuis que sa femme l’a quitté, le père de Juliette, un homme introverti, vit seul et oublie le jour d’arrivée de sa fille. À l’inverse de Juliette, sa sœur est exubérante, rondouillarde et trompe son mari. La grand-mère perd …

le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; L'odyssée d'Hakim: de la Syrie à la Turquie; Fabien Toulmé; Delcourt; BD; bandes dessinées et romans graphiques; Syrie; réfugiés; exil; immigration

L’Odyssée d’Hakim : la bande dessinée qui raconte la crise des réfugié.e.s

Force est d’admettre que je lis peu de bandes dessinées, à mon grand désarroi. Hormis le classique Persépolis et quelques numéros de l’attachante série des Paul de Michel Rabagliati, les romans graphiques demeurent peu présents dans mes lectures quotidiennes. Peut-être ai-je inconsciemment défavorisé ce créneau littéraire en l’associant aux lectures de mon enfance, comme beaucoup de gens le font, à tort. Pourtant, la bande dessinée est un formidable médium qui gagne à être découvert par un public adulte, surtout lorsqu’elle dépeint une réalité politique. C’est dans ce contexte que j’ai récemment éprouvé un gros coup de cœur pour la BD L’Odyssée d’Hakim, qui raconte le parcours d’un réfugié syrien de son pays natal à son arrivée en France. Le premier tome, publié en 2018, couvre la période 2011-2013 et nous amène de la Syrie à la Turquie. Non seulement cette bande dessinée démystifie le conflit syrien, elle humanise la situation de milliers d’exilé.e.s à travers le monde. Vulgariser un conflit politique L’Odyssée d’Hakim offre une vulgarisation efficace du conflit syrien, un conflit politique difficile à comprendre pour …

Bande dessinée, BD, La fille dans l'écran, Lou Lubie, Manon Desveaux, Bédéiste, Artistes, Amour, Couple, Homosexualité, Anxiété, Santé mentale, Le file rouge lit, Le fil rouge, Lecture,

La fille dans l’écran : deux histoires de collaboration

Étant friande de bandes dessinées, je n’ai pas su résister à l’appel de la charmante œuvre La fille dans l’écran, qui me semblait tout à propos après la lecture assez lourde, mais envoûtante, du fameux Ligne de failles de Nancy Huston. En somme, je ressentais le besoin d’appliquer un doucereux baume sur mon cœur et je ne me suis pas trompée en choisissant l’oeuvre de Manon Desveaux et de Lou Lubie. C’est un réel bonheur de tourner les 180 pages de ce livre qui se veut à la fois léger et complexe, notamment par les thèmes qui y sont abordés. Résumé La fille dans l’écran raconte l’histoire de deux jeunes artistes, une vivant au Québec, Marley, et l’autre résidant en France, Coline. Cette dernière est une illustratrice qui a pour objectif de publier un livre jeunesse sur les animaux du Nord, particulièrement sur ceux qu’il est possible de retrouver au Canada. Pour ce faire, elle s’inspire de photographies trouvées sur le net dont la plupart sont de l’artiste photographe, Marley. Les deux femmes entrent en contact …

Le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; bande dessinée; BD; L’âge d’or; Cyril Pedrosa; Roxanne Moreil; Air Libre; féminisme; société; Moyen Âge; légende, épopée

«Ami, souviens-toi des hivers passés, jamais des tyrans»

Dans un monde aux accents moyenâgeux, il était une fois une princesse. Tilda doit succéder à son père à la tête du royaume, mais elle est écartée du trône par sa mère, qui y place son jeune frère. Accompagnée du chevalier Tankred et de Bertil, pupille du chevalier et aussi ami d’enfance de Tilda, la jeune princesse en exil va se lancer dans une véritable épopée pour reconquérir le pouvoir. Un début de scénario classique, auquel il ne faut pourtant pas se fier, parce que L’âge d’or tome 1, une bande dessinée de Cyril Pedrosa et Roxanne Moreil, est un vrai bijou. Un visuel époustouflant   Commençons par le visuel, puisque c’est lui qui a (entièrement) guidé mon choix alors que j’hésitais à acheter ce premier volume. Les pages de Cyril Pedrosa sont magnifiques. L’œil s’y promène, se laissant porter par les couleurs chatoyantes, vibrantes, qui nous offrent un panel d’ambiances grandioses. À chaque lieu sa couleur, à chaque action ses teintes. Ayant un faible pour l’art médiéval, j’ai aussi été subjuguée par les textures …

Le fil rouge; le fil rouge lit; bibliothérapie; littérature; lecture; livres; les livres qui font du bien; bande dessinée; BD; les grands espaces; Catherine Meurisse; campagne; nature; enfance; Dargaud

Les grands espaces : l’enfance à la campagne

Je suis une fille de la campagne. J’ai vécu mon enfance et mon adolescence au milieu des champs, dans une maison en perpétuelle rénovation, coincée entre une forêt et une rivière dans une région française qu’on appelait Poitou-Charentes. Catherine Meurisse, qui signe ici une bande dessinée autobiographique, a passé son enfance à la campagne, dans une vieille bâtisse à restaurer, entourée d’un immense jardin et d’arbres à perte de vue. En Poitou-Charentes. Comme souvent, j’ai choisi ce livre pour sa couverture, mais surprise! Elle et moi avons vécu une enfance similaire. Une balade dans la campagne française Première page. Catherine, adulte, dessine sur les murs de son appartement parisien une porte imaginaire qu’elle traverse pour se retrouver au milieu d’un champ de tournesols. Commence alors notre voyage dans son enfance. Catherine et sa sœur apprennent le nom des arbres, à planter des graines, participent aux fêtes de village et à l’abattage du cochon. Elles s’épanouissent dans un monde où la beauté et l’authenticité côtoient pourtant les dommages infligés à la nature par l’agriculture moderne. L’autrice …