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À la rencontre d’une jeune Simone

Je dois vous faire un aveu, car même si j’ai fait un certificat en études féministes à l’UQAM, je n’ai jamais lu de livres ou de romans de Simone de Beauvoir. Évidemment, j’ai lu des textes et des extraits de ses théories et philosophies de pensée, mais ça s’arrête là. Lorsque je suis tombée sur Simone de Beauvoir, une jeune fille qui dérange et que je pouvais voir sur la quatrième de couverture le célèbre Jean-Paul Sartre, je fus immédiatement intriguée. La relation entre ces deux personnages m’a toujours fascinée. Je me disais qu’avec ce roman graphique, j’allais satisfaire ma curiosité. Au départ, le terme « fille » me dérangeait. J’aurais préféré retrouver « une jeune (FEMME) qui dérange » dans le titre, surtout avec sa célèbre réplique « On ne naît pas femme, on le devient ». Après ma lecture, j’ai compris pourquoi les auteur-e-s ont utilisé le terme « fille ». C’est que le roman graphique se concentre surtout sur la jeunesse de notre célèbre féministe française. J’ai donc fait la connaissance d’une très jeune …

Quand les hivers deviennent éternels

Je vous présente une lecture parfaite pour les amoureux-ses de l’hiver, ainsi que ceux-celles qui aiment un univers fantastique. C’est grâce à la bédéiste D. Mathieu Cassendo (La petite suceuse) que j’ai découvert CAB. C’est l’année dernière, lors du Festival Montréal en BD qu’elle m’a présenté l’artiste et sa BD. Je trouvais déjà le titre attirant. J’étais prête à découvrir l’univers de cette nouvelle bédéiste. On se retrouve dans un Montréal futuriste, mais tout de même pas si lointain. Dès le début de notre lecture, j’apprends qu’une usine nucléaire a explosé à Montréal, ce qui crée un hiver éternel. Les radiations n’ont pas seulement plongé Montréal dans un hiver constant, elles ont également transformé quelques-uns de ses habitant-e-s en « mutants ». On retrouve alors des personnages à la peau verte, d’autres avec seulement un œil ou encore une force incroyable, ce qui fait en sorte de mettre encore plus d’intrigues à l’histoire. Et c’est ce qui est intéressant avec cette BD, Montréal prend beaucoup de place. CAB fait en sorte de mettre quelques petits …

Le cœur gros

J’ai rencontré Mélodie Vachon Boucher au Salon du livre de Montréal en novembre dernier après que mon cœur ait été complètement chaviré par Les trois carrés de chocolat 1. Son livre m’avait énormément touchée, et je souhaitais lui dire qu’elle avait toute mon admiration pour avoir partagé son histoire. J’étais quelque peu nerveuse à l’idée de rencontrer une auteure que j’appréciais, et je redoutais de ne pas savoir quoi dire une fois devant elle. Je n’ai heureusement pas créé de malaise — mes mots ont tendance à sortir tout croche quand je suis anxieuse — et je suis finalement repartie avec mon exemplaire dédicacé d’un mot rempli de douceur. J’étais très heureuse à l’annonce de La chamade, le plus récent livre de l’auteure. C’est un petit recueil autoédité en vente depuis janvier dans sa boutique Etsy et dans quelques librairies à Montréal et à Québec 2. Il réunit cinq bandes dessinées de quelques pages déjà publiées en tant que fanzines et dans divers projets auxquels l’auteure a participé en 2016. Ceux qui ont aimé Les trois carrés de chocolat vont adorer La chamade. L’auteure y …

Les Moomins : un coup de foudre finlandais

Une des émissions pour enfants à avoir le plus marqué mon imaginaire fut les Moomins. Quand j’étais petite, je n’étais pas tellement une enfant qui aimait être vissée devant la télévision : je préférais de loin regarder des livres ou jouer à des jeux de rôles avec mes amis et ma famille. J’avais une imagination plutôt débordante (pour le meilleur et pour le pire) et un sérieux presque adulte dans mes mises en scène. Cette famille d’hippopotames blancs finlandais et leurs amis m’ont séduite par leur singularité, et par le fait que les morales qui résonnaient dans leurs histoires n’infantilisaient jamais le public. Là où la majorité des séries pour enfants misaient sur le grotesque, les Moomins, eux, misaient sur la philosophie.

Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : Un projet culotté

Durant les vacances de Noël, je m’étais réservé à lire Les culottées de Pénélope Bagieu. J’attendais ce livre depuis vraiment longtemps et je n’ai fort heureusement pas été déçue. Des portraits de femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, ça m’attire beaucoup. Pénélope Bagieu est une bédéiste française que j’adore. J’aime sa personnalité, sa façon de parler de littérature, et pour être tout à fait honnête, elle est une des figures qui m’a donné envie, à mon tour, de faire de la critique littéraire (et de créer Le Fil rouge) de façon accessible et légère. Vous pouvez l’entendre sur le site Madmoizelle où elle fait des chroniques BD. Quant à son art, il est aussi rafraichissant, drôle et engagé. Laurence avait d’ailleurs fait un article au sujet de son oeuvre, juste ici. Avec Les culottées, Bagieu se lance dans une de ses oeuvres les plus engagées et féministes. Elle se donne le défi de nous faire découvrir des femmes exceptionnelles, trop souvent absentes de nos cours d’histoire. Elle nous raconte la vie de 15 femmes qui n’ont …

« Il était une fois »… critique enthousiaste de deux contes réinventés pas pour les enfants

Plus que jamais, les contes de fées sont un matériau privilégié dans la création d’oeuvres contemporaines détournées, et je ne peux qu’être surprise de la quantité de romans, de bandes dessinées, de films, qui sont créés à partir de ces récits. Si mon plaisir est de mettre la main sur ces créations de toutes sortes, il est surtout de trouver, à travers la grande masse de publications, des oeuvres réussies, captivantes, bien menées et déconcertantes. C’est ainsi que durant les vacances de Noël, j’ai eu la chance de lire deux de ces livres détournés, et ceux-ci se sont révélés être très réussis. D’abord, peu de réécritures humoristiques de contes m’ont autant plu que la bande dessinée Tout conte fée, pot pourri éclatant qui mélange les différents contes et récits d’un doigté de maître. L’histoire est construite autour des plusieurs personnages, qui habitent le même immeuble où il se passe des évènements étranges, comme des disparitions, des meurtres. Les policiers mènent enquête, mais se retrouvent face à des personnages rocambolesques, comme le Chaperon rouge, Peter Pan, le loup, il y a …

La petite suceuse, une BD à découvrir

Quel bonheur d’avoir enfin la BD de La petite suceuse dans mes mains, le premier bébé de mon amie D. Depuis l’annonce de la maison d’Éditions BerBer 13-13 qui ont fait confiance au talent de l’artiste D., plusieurs attendaient sa parution, mais pourquoi cette attente? Parce que nous avons affaire à une artiste engagée qui met en oeuvre dans sa BD des personnages de diverses cultures. C’est une mission que D. se donne, de mettre à l’avant des personnages que nous voyons souvent de manière stéréotypée. Elle nous offre une histoire politisée, féministe-Queer, qui parle de xénophobie/racisme. Ce qui fait que je reconnais beaucoup d’elle dans son personnage de Magdalena. Protéger les humains en échange de sang froid en sac et rempli d’agents de conservation: il n’y a rien de naturel là-dedans. Pourtant, c’est l’emploi de Magdalena. Sa patience atteint ses limites un soir de patrouille où elle et son collègue ont pour tâche de former des nouveaux aspirants hemagis. La petite suceuse n’est pas seulement l’histoire d’une jeune vampire qui rêve de révolution, elle est tout …

Ce qui se passe dans la forêt : adolescence et petites violences

Ce qui se passe dans la forêt, en Suède, n’est pas bien différent de ce qui pourrait se passer en forêt ici au Québec. Dans ce roman graphique aux magnifiques images au plomb, on retrouve trois adolescentes suédoises qui explorent les relations avec les garçons, expérimentent avec l’alcool et doivent faire face aux changements qu’apporte l’adolescence. «Aida Karlsson, une jeune suédoise de quatorze ans, vit à proximité d’une petite ville dans la région du Småland. Elle et ses amies, Tess et Marlène, sont en classe de cinquième et se retrouvent confrontées à de nombreux changements dans leurs relations avec les garçons ; nouvelles règles du jeu, nouveaux comportements, attouchements qui dégénèrent en agressions, relations amour/haine et cette frontière parfois ténue entre les simples jeux d’enfants et la violence… Les trois amies réalisent qu’elles vont devoir s’endurcir pour ne pas perdre leur place dans la nouvelle hiérarchie qui s’instaure dans ce monde où les adultes sont presque perçus comme une menace, un monde où elles ne peuvent compter que sur elles-mêmes.» Sous ces allures de récit …

Regard sur une librairie d’ici: Drawn and Quaterly

En temps normal, mes visites chez Drawn and Quaterly sont synonyme d’après-midi chaleureux où, des heures durant, je me plais à parcourir ce joyeux fouillis composé d’ouvrages aux couleurs vives, à effleurer pour la énième fois ce cahier de notes tant convoité dont les pages ne demandent qu’à être noircies. Nous pouvons toujours trouver un coin où l’on peut bouquiner discrètement, tendant l’oreille à ce merveilleux silence, teinté par le doux crissement des pages qui se tournent et de conversations chuchotées à mi-voix. Les vieilles tables en bois, les étagères vacillantes, les nombreuses illustrations collées par-ci par-là sur les murs, ainsi que la fusée rouge (recueillant les albums de Tintin) posée tout au fond rendent l’espace encore plus charmant. Afin d’égayer ces premiers jours de décembre, ternis par le temps gris et la morosité de l’hiver, j’ai déposé l’espace d’un instant crayons de plomb, surligneurs et manuels scolaires pour me rendre dans l’une des plus jolies librairies montréalaises. (crédit photo: artreport.com) La bande dessinée à l’honneur  La maison  Drawn and Quaterly, fondée en 1989 par …

L’Iran de Marjane Satrapi

Persepolis est un roman graphique autobiographique écrit par Marjane Satrapi. On y suit l’auteure alors qu’elle passe de gamine espiègle à jeune femme incroyablement résiliente, en même temps que son pays natal subit de graves transformations au niveau social et politique. C’est l’ouvrage le plus populaire de l’auteure avec plusieurs éditions publiées dans différentes langues et une adaptation cinématographique prisée à maintes reprises à son actif. Il est aussi un favori de plusieurs de mes collègues fileuses qui l’ont recommandé dans différents articles au cours des deux dernières années (voir les articles de Karina, Martine et Marika). De mon côté, j’ai découvert ce petit bijou l’été dernier par l’entremise d’Emma Watson – une autre femme inspirante – et de son club de lecture Our Shared Shelf. J’ai été agréablement surprise de voir que les bandes dessinées, un genre littéraire que je croyais réservé à un public jeunesse, pouvaient traiter d’un sujet aussi sérieux que la guerre. Certains passages du livre font sourire par leur côté anecdotique – comme lorsque le père de Marjane dissimule des …