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Quand les filles prennent les armes

Il y a près d’un an, je suis embarquée dans un projet incroyable au sein duquel j’ai rencontré des personnes exceptionnelles. Ce projet donne la parole à des femmes talentueuses qui souhaitent parler de sujets divers en lien avec l’univers geek… Il s’agit du podcast Les Amazones qui est diffusé sur choq.ca. C’est durant l’une des émissions et grâce à la chronique d’une de mes collègues (en écoute libre juste ici) que j’ai découvert l’une de mes plus belles révélations de 2017, à savoir la bande des Rat Queens. Rat Queens est une bande dessinée qui prend la forme, en quelque sorte, d’une partie de Donjons et Dragons. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le fonctionnement des jeux de rôle, il suffit de vous imaginer une troupe de personnages, lesquels détiennent très souvent des capacités extraordinaires dans des domaines spécifiques tels que la magie, le combat, le stratège, à qui on offre des quêtes dangereuses dans lesquelles ils pourront mettre à profit leurs qualités. Dans Rat Queens plus précisément, on met en scène …

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L’unE pour l’autrE : ensemble, envers et contre tous

Il y a quelques mois, nous avions reçu, en service de presse, un roman graphique bien intrigant. D’un trait foncé, gras, au plomb, l’œuvre de l’auteure et illustratrice Hilding Sandgren m’avait alors transportée dans l’univers de trois pré-adolescentes aux sens éveillés qui ne savaient pas encore faire la différence entre jeux d’enfants, caresses non-désirées et limites. C’était fort et doux à la fois, violent et touchant. J’ai donc été agréablement surprise lorsque nous avons reçu la suite de Ce qui se passe dans la forêt, L’unE pour l’autrE. Dans cette suite, on retrouve les trois mêmes personnages, quelques années plus tard. Aïda, Marlène et Tess ont 16 ans et font l’expérience de la vie, ensemble ou chacune de leur côté. Encore plus que dans le premier tome, c’est l’amitié qui a le rôle principal. Une continuation  J’avais quelques réticences, sachant que la mauvaise traduction très franchouillarde m’avait déplu auparavant. Ce fût aussi le cas dans l’unE pour l’autrE. C’est destiné à un public très européen et ça parait. Mais bon, une fois qu’on s’y attend, on …

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Les BD de Guy Delisle : exploration en images

L’été dernier, j’ai eu quelques semaines où mon horaire était super chargé. J’avais de longues journées de travail qui me demandaient beaucoup de concentration et de patience. Je rentrais le soir épuisée, parfois avec juste la force de m’effondrer dans mon lit. C’est dire que je n’étais pas dans un état propice pour faire de grandes lectures! J’avais bien un roman en cours pour les quelques temps morts que je pouvais avoir dans la journée, mais j’avançais à pas de tortue; c’était plus frustrant qu’autre chose. Alors, au lieu de m’acharner, j’ai parcouru mes livres dans ma bibliothèque, et j’ai pris une BD qu’une très bonne amie m’avait prêtée il y a déjà quelques années : Chroniques de Jérusalem. Ce fut un bonheur total, de la première à la dernière page. C’était exactement ce dont j’avais besoin et tout à fait le genre de BD qui me plaît. À peine avais-je tourné la dernière page que je me précipitais à la bibliothèque pour aller chercher les autres albums du bédéiste. Tour à tour, Guy Delisle …

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Pinkerton; blâmer la musique des années ’90 pour expliquer ses échecs amoureux

Avant de lire cet article, je vous propose d’écouter cette chanson afin de vous mettre dans l’ambiance :   J’étais jeune, j’avais l’amour douloureux et une de mes activités favorites était de trouver écho à mes sentiments déprimants dans des paroles de chansons. Je faisais des mixtapes avec ma radiocassette; Nirvana, Radiohead, The Used (eh oui, notez que je suis née en 87 et non en 79) et Weezer. Mais pas n’importe quel album de Weezer; Pinkerton, le seul album de leur discographie qu’il est possible de confondre avec le journal intime d’un adolescent désillusionné en peine d’amour. Le conditionnement romantique négatif Je ne fut certainement pas la seule adolescente hyper-émotive à avoir validé ses douloureux sentiments amoureux dans la musique où l’échec et la mélancolie étaient glorifiés. Les personnages de la bande dessinée Pinkerton pensent plus loin que la simple validation des sentiments; ils croient que la musique les a conditionnés à les rendre sentimentalement malheureux. Ils nient leur responsabilité personnelle en mettant la faute sur la musique pop-rock des années ’90, qui par l’entremise de …

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Nous avons tous une dépendance

Il existe différents types de dépendances… les petites, les fortes, les dangereuses, les bénignes, celles que l’on cache aux autres, celles contre lesquelles on se bat… Et une addiction, aussi minime soit-elle, peut changer une vie à tout jamais. Surtout si vous en perdez le contrôle. Addiction, cette bande dessinée française, est parue en avril dernier chez Akileos. Je venais tout juste de terminer ma lecture du premier roman de Stéphane Larue, Le plongeur, et le sujet de la dépendance me semblait encore une fois un choix de lecture à explorer. Avec Josep Busquet au scénario et Pedro J. Colombo aux illustrations, Addiction attire le regard par sa première de couverture, une femme nue coincée dans un labyrinthe qui s’effrite. Une métaphore toute bleue de l’addiction, représentative de l’oeuvre, car déjà, l’absence d’issues de l’illustration est flagrante. Chacun sa dépendance La bande dessinée représente la vie de six personnages piégés, dépendants, intoxiqués. Ils ont tous perdu le contrôle de leur addiction, au point où la lecture de l’oeuvre ne nous fait que suivre leur longue descente aux …

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Aidez Gilbert et Henriette à financer leurs découvertes

Ce n’est un secret pour personne, chez le Fil rouge, on est bien fan de tout ce qui est bande dessinée et roman graphique, surtout quand c’est créé au Québec. Alors j’ai immédiatement été emballée lorsque j’ai entendu parlé du projet Les dépassés, proposé par Gamet Productions, une jeune maison de production établie à Repentigny. De qu’est-c’est? Les dépassés, c’est une bande dessinée imaginée par l’illustratrice Sévrine Dumais qui met en scène Henriette et Gilbert, un couple de personnes âgées qui tentent tant bien que mal de se familiariser avec la technologie d’aujourd’hui. On a tous dans notre entourage une personne (vieille ou moins vieille!) qui éprouve des difficultés avec sa compréhension des réseaux sociaux et des différents appareils électroniques. On sait donc à quel point des mises en scène loufoques peuvent ressortir de ce genre d’anecdotes! Mais en plus d’une BD, Gamet Productions proposera bientôt une websérie où l’on pourra suivre ces deux personnages à travers leurs découvertes et (més)aventures, et c’est Bernard Fortin* qui assurera les rôles de script-éditeur et de consultant artistique. …

Sophie Labelle : dans le tumulte, rejoindre son public

Sophie Labelle et son travail ont été l’objet d’attaques incessantes de la part de groupes néonazis. Comme nombre de fans de sa BD Facebook pro-trans assignée garçon, je souhaite souligner l’importance de la prise de parole de cette auteure montréalaise. Cette chronique s’intéressera à la toute dernière publication « papier » de la bédéiste, Comment sortir avec quelqu’un quand on est trans et queer. Une histoire intriguante dans un format appétissant Ce qui saute aux yeux, c’est la qualité de l’objet-livre : en couleur à l’extérieur comme à l’intérieur, avec des dessins comportant tous une composition simple, mais truffée de détails judicieux. Pour une publication « maison », la finition n’est pas balayée du revers de la main. Analyser les vêtements des personnages est d’ailleurs en soi un plaisir de lecture. Dans les premières pages, on nous présente les personnages avec de courtes descriptions amusantes, d’une façon qui m’a donné un baume sur le cœur en me rappelant les BDs d’Astérix et Obélix que je lisais, enfant. Pour cette publication, l’histoire ne tourne pas autour de Stéphie, jeune fille trans …

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Hannah Arendt à travers la BD

Quand j’étais jeune, je détestais les bandes dessinées, je trouvais que ça laissait trop peu de place à mon imagination et je n’arrivais pas à prendre le rythme. C’est bien plus tard, alors que je travaillais à la bibliothèque de mon cégep, que j’ai découvert le plaisir des romans graphiques. J’ai appris à aimer la vitesse, particulièrement cette certitude qu’avant la fin de la journée j’aurais fini ma lecture. J’aime aussi comment on peut combler quelques minutes de vide, en suspens entre deux obligations, avec une BD. C’est une chose que je trouve beaucoup plus difficile à faire avec un roman. Et j’aime le nouvel esthétique adopté par de nombreux romans graphiques, qui semble s’inspirer de l’aquarelle et du dessin au pastel. Bref, je me suis réconciliée avec ce genre littéraire et c’est tant mieux parce que cela me permet de faire de magnifiques découvertes, comme la biographie de Hannah Arendt en image. Qui est Hannah Arendt? Elle est née en Allemagne, en 1906, où elle étudiera la philosophie, mais étant juive, elle devra fuir, …

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L’amour au temps du patriarcat

Côté humour en littérature, je suis difficile. Je souris beaucoup, je ris peu. Récemment, le roman graphique Les sentiments du Prince Charles de l’auteure suédoise Liv Strömquist est parvenu à renverser cette tendance en me faisant rire fort, à plusieurs reprises. À l’aide de blagues réussies, ce livre cerne des malaises qui pullulent notre quotidien. Le ton est sarcastique, revendicateur et féministe. La description – peu éloquente – des sentiments du Prince Charles à l’égard de Lady Diana constitue le point de départ de l’auteure dans sa déconstruction des dynamiques oppressantes que subissent les femmes – mais aussi les hommes – au sein du couple. Fini le temps où l’on riait de ces amoureuses considérées par leurs maris comme des boulets, c’est ici l’absurdité de notre société patriarcale qui est montrée et ridiculisée. Voici donc en quatre points en quoi le roman graphique Les sentiments du Prince Charles s’impose dans la liste de mes lectures les plus réjouissantes faites jusqu’à ce jour. La critique du couple et de la vision de l’amour  Sous ses airs ludiques, le livre de Strömquist …

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Bitch Planet, une dystopie (trop) vraie

Bitch Planet est une bande dessinée écrite par Kelly Sue Deconnick et illustrée par Valentine De Landro, publiée par le célèbre éditeur Image Comics en 2014. C’est l’œuvre de deux féministes engagés, une femme et un homme. C’est d’ailleurs le but de cette oeuvre graphique, dénoncer la misogynie et la société patriarcale. Une idée extrême, ou pas Ce que j’ai aimé tout d’abord de cette bande dessinée, c’est la thématique évidente et la façon dont elle est exploitée. L’auteure crée une dystopie sans compromis d’une société futuriste où le patriarcat règne comme il n’a jamais régné. Les hommes gouvernent et les femmes qui refusent de se plier à leurs attentes et volontés doivent être ‘’rééduquées‘’. Elles sont envoyées sur Bitch Planet, une planète prison pour les femmes non-conformes aux yeux des hommes. Parmi ces femmes, on y retrouve des femmes qualifiées de trop grosses, trop minces, trop bruyantes, trop religieuses, trop pudiques, trop sexuelles, trop queer, etc., ce sont les principales raisons pour aboutir sur la Bitch Planet. Il va sans dire que ce simple …