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Catel & Bocquet : redécouvrir Olympe de Gouges & Joséphine Baker en romans graphiques

En novembre dernier, j’ai découvert sur Instagram que le duo Catel & Bocquet, bédéistes, avait créé des briques de romans graphiques (!) au sujet de femmes ayant marqué l’histoire. Ma curiosité avait été piquée. Or, le prix de chacun des romans graphiques (50 $) m’avait un peu rebutée, je me suis donc mise sur une liste d’attente à la bibliothèque et ce n’est que ce printemps que j’ai eu la chance de me plonger dans deux des trois œuvres réalisées par le duo : Olympe de Gouges et Joséphine Baker. Publiés chez Casterman, ces deux romans graphiques m’ont permis de connaître davantage deux femmes exceptionnelles de l’histoire. J’avais pris un peu plus connaissance du destin complètement inspirant de ces deux femmes dans Culottées 1 et 2 de Pénélope Bagieu, mais c’est vraiment en lisant ces deux romans graphiques que j’ai découvert leur vie et leurs histoires. Ce sont deux femmes libres, avant-gardistes et profondément habitées de convictions de justice qui m’ont vraiment impressionnée et je resterai longuement marquée par ces lectures. Ces deux femmes se rejoignent dans leurs forces …

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Le problème avec les femmes

Je suis tombée par hasard sur ce roman graphique alors que j’errais dans la section bd adulte de ma librairie de quartier. Le titre m’a d’abord intriguée, puis je l’ai feuilleté rapidement et j’ai décidé de me le procurer. Je n’ai pas été déçue de cette décision, puisque je l’ai lu deux fois de suite. Le problème avec les femmes de Jacky Flemming nous explique pourquoi les femmes ne se retrouvent pas dans nos livres d’histoire et pourquoi aucune femme ne s’est démarquée à travers les siècles. Plusieurs éléments sont en cause : leur tête est trop petite, elles vivent dans une bulle domestique, leur chevelure les empêche d’entendre et elles sont trop émotives pour comprendre les mathématiques, entre autres choses. Vous l’aurez compris, la totalité de cette histoire est basée sur l’ironie et le sarcasme. En utilisant un ton qui se rapproche du mansplaining, Flemming nous explique pourquoi les femmes, arrivées dans le monde bien après les hommes, n’ont pas les capacités physiques et mentales d’exercer les métiers masculins. Elle y insère même de …

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Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : un deuxième tome tout aussi pertinent

Il y a quelques mois déjà, je vous parlais du premier tome de Culottées, une bande dessinée de Pénélope Bagieu qui nous fait découvrir des femmes exceptionnelles, culottées, qui auraient dû, elles aussi, marquer l’histoire. Tout comme notre fileuse Laurence, je suis une admiratrice du travail de Pénélope Bagieu, une bédéiste fascinante qui depuis quelque temps, prend position comme féministe dans son œuvre. Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent  Voilà le sous-titre de cette série et ça résume parfaitement bien le contenu. On y découvre la vie de femmes inspirantes, très souvent à contre-courant de leur époque et fondamentalement culottées, déterminées et inspirantes. Dans ce deuxième tome, on y croise 15 nouvelles femmes, toutes plus fascinantes les unes que les autres. Ce que j’aime le plus de ces bandes dessinées, c’est le côté féministe de l’œuvre. Pénélope Bagieu veut nous faire découvrir des femmes qui n’ont pas été reconnues, ou du moins, pas beaucoup, pour diverses raisons. Elle prend la parole en dénonçant l’invisibilité des femmes vis-à-vis les hommes et, du fait même, …

La fin de l’innocence

L’été est une saison unique. Chaque année, elle nous tient en haleine par son imprévisibilité. C’est elle qui anime les conversations et les espoirs de chacun. Elle marque la fin de l’hibernation et le début d’un souvenir ancien. Elle se dissocie des trois autres par sa légèreté, ses chaleurs et ses nuits sans fin. C’est le temps des glaïeuls, de l’amour et de la nouveauté. Je garde un souvenir précis de mes étés de jeune adolescente. Ces 2 mois qui nous semblent éternels et qui nous dissocient de la tempête qui gronde entre les casiers de la jungle du secondaire. C’est le seul moment où rien ne nous oblige à quoi que ce soit. Pas besoin de fuir, de faire semblant, de survivre. C’est la possibilité infinie de slush, de premières bières et de marathon THE O.C. (j’avais une belle vie, eh oui). C’est être soi-même complètement, et c’est se découvrir à travers nos propres yeux. 

C’est aussi la fin de l’innocence, l’éveil des sens et de l’émancipation. C’est s’opposer à toute figure parentale, être …

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Le maître des livres: la littérature qui soigne

Amadouer la bête Mis à part quelques Dragon Ball lus dans ma jeunesse, je n’avais aucune expérience en matière de manga. Alors quand j’ai nommé le titre de la série que je cherchais, Le maître des livres de Umiharu Shinohara, au libraire et qu’il m’a demandé si c’était un «shhhyenihusfggen» (je vous jure que le mot n’évoquait rien de plus pour moi à cet instant), je me suis abstenue de répondre autre chose que «?!?». Grâce à mon solide sens de la déduction (oui, mais non), j’ai pu comprendre que ce mot mystère évoquait un type du manga. En fait, le terme est défini selon le lectorat ciblé par le magazine dans lequel les premières planches ont été publiées. Le maître des livres a été prépublié dans le Weekly Manga Times, un magazine ciblant principalement les jeunes hommes adultes âgés de 15 à 30 ans. (Ah!) Le seinen manga (parce que c’est un seinen, finalement) présente des histoires un peu plus sérieuses et complexes. La lecture du premier tome fut une expérience plutôt ardue pour …

À la rencontre d’une jeune Simone

Je dois vous faire un aveu, car même si j’ai fait un certificat en études féministes à l’UQAM, je n’ai jamais lu de livres ou de romans de Simone de Beauvoir. Évidemment, j’ai lu des textes et des extraits de ses théories et philosophies de pensée, mais ça s’arrête là. Lorsque je suis tombée sur Simone de Beauvoir, une jeune fille qui dérange et que je pouvais voir sur la quatrième de couverture le célèbre Jean-Paul Sartre, je fus immédiatement intriguée. La relation entre ces deux personnages m’a toujours fascinée. Je me disais qu’avec ce roman graphique, j’allais satisfaire ma curiosité. Au départ, le terme « fille » me dérangeait. J’aurais préféré retrouver « une jeune (FEMME) qui dérange » dans le titre, surtout avec sa célèbre réplique « On ne naît pas femme, on le devient ». Après ma lecture, j’ai compris pourquoi les auteur-e-s ont utilisé le terme « fille ». C’est que le roman graphique se concentre surtout sur la jeunesse de notre célèbre féministe française. J’ai donc fait la connaissance d’une très jeune …

Quand les hivers deviennent éternels

Je vous présente une lecture parfaite pour les amoureux-ses de l’hiver, ainsi que ceux-celles qui aiment un univers fantastique. C’est grâce à la bédéiste D. Mathieu Cassendo (La petite suceuse) que j’ai découvert CAB. C’est l’année dernière, lors du Festival Montréal en BD qu’elle m’a présenté l’artiste et sa BD. Je trouvais déjà le titre attirant. J’étais prête à découvrir l’univers de cette nouvelle bédéiste. On se retrouve dans un Montréal futuriste, mais tout de même pas si lointain. Dès le début de notre lecture, j’apprends qu’une usine nucléaire a explosé à Montréal, ce qui crée un hiver éternel. Les radiations n’ont pas seulement plongé Montréal dans un hiver constant, elles ont également transformé quelques-uns de ses habitant-e-s en « mutants ». On retrouve alors des personnages à la peau verte, d’autres avec seulement un œil ou encore une force incroyable, ce qui fait en sorte de mettre encore plus d’intrigues à l’histoire. Et c’est ce qui est intéressant avec cette BD, Montréal prend beaucoup de place. CAB fait en sorte de mettre quelques petits …

Le cœur gros

J’ai rencontré Mélodie Vachon Boucher au Salon du livre de Montréal en novembre dernier après que mon cœur ait été complètement chaviré par Les trois carrés de chocolat1. Son livre m’avait énormément touchée, et je souhaitais lui dire qu’elle avait toute mon admiration pour avoir partagé son histoire. J’étais quelque peu nerveuse à l’idée de rencontrer une auteure que j’appréciais, et je redoutais de ne pas savoir quoi dire une fois devant elle. Je n’ai heureusement pas créé de malaise — mes mots ont tendance à sortir tout croche quand je suis anxieuse — et je suis finalement repartie avec mon exemplaire dédicacé d’un mot rempli de douceur. J’étais très heureuse à l’annonce de La chamade, le plus récent livre de l’auteure. C’est un petit recueil autoédité en vente depuis janvier dans sa boutique Etsy et dans quelques librairies à Montréal et à Québec2. Il réunit cinq bandes dessinées de quelques pages déjà publiées en tant que fanzines et dans divers projets auxquels l’auteure a participé en 2016. Ceux qui ont aimé Les trois carrés de chocolat vont adorer La chamade. L’auteure y …

Les Moomins : un coup de foudre finlandais

Une des émissions pour enfants à avoir le plus marqué mon imaginaire fut les Moomins. Quand j’étais petite, je n’étais pas tellement une enfant qui aimait être vissée devant la télévision : je préférais de loin regarder des livres ou jouer à des jeux de rôles avec mes amis et ma famille. J’avais une imagination plutôt débordante (pour le meilleur et pour le pire) et un sérieux presque adulte dans mes mises en scène. Cette famille d’hippopotames blancs finlandais et leurs amis m’ont séduite par leur singularité, et par le fait que les morales qui résonnaient dans leurs histoires n’infantilisaient jamais le public. Là où la majorité des séries pour enfants misaient sur le grotesque, les Moomins, eux, misaient sur la philosophie.

Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : Un projet culotté

Durant les vacances de Noël, je m’étais réservé à lire Les culottées de Pénélope Bagieu. J’attendais ce livre depuis vraiment longtemps et je n’ai fort heureusement pas été déçue. Des portraits de femmes qui ne font que ce qu’elles veulent, ça m’attire beaucoup. Pénélope Bagieu est une bédéiste française que j’adore. J’aime sa personnalité, sa façon de parler de littérature, et pour être tout à fait honnête, elle est une des figures qui m’a donné envie, à mon tour, de faire de la critique littéraire (et de créer Le Fil rouge) de façon accessible et légère. Vous pouvez l’entendre sur le site Madmoizelle où elle fait des chroniques BD. Quant à son art, il est aussi rafraichissant, drôle et engagé. Laurence avait d’ailleurs fait un article au sujet de son oeuvre, juste ici. Avec Les culottées, Bagieu se lance dans une de ses oeuvres les plus engagées et féministes. Elle se donne le défi de nous faire découvrir des femmes exceptionnelles, trop souvent absentes de nos cours d’histoire. Elle nous raconte la vie de 15 femmes qui n’ont …