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Relire une œuvre marquante pour mieux la redécouvrir: Mange, prie, aime

C’est en 2008, il y a maintenant onze ans, qu’Elizabeth Gilbert nous a offert l’inspirant récit Mange, prie, aime. À cette époque, je sortais à peine de l’université et goûtais à ma nouvelle vie «d’adulte» salariée. Au boulot, un livre circulait et faisait beaucoup jaser. Toutes mes collègues l’avaient lu, et je devais mettre la main dessus. Je me suis alors plongée dans les mots d’Elizabeth Gilbert, sans pouvoir m’arrêter. Je me souviens avoir dévoré le récit en un rien de temps. Si vous ne connaissez pas Mange, prie, aime, je vous suggère fortement de lire l’excellent article de ma consœur du Fil rouge Marion Gingras-Gagné. En gros, le livre raconte le périple de l’autrice en Italie, en Inde et en Indonésie, pour tenter de découvrir qui elle est à la suite d’un divorce éprouvant. La légèreté de la jeunesse Lors de ma première lecture, je m’étais surtout attardée à la portion «Italie» de l’histoire. L’autrice y décrit en détail la nourriture délicieuse qu’elle découvre et déguste, l’architecture magnifique des régions qu’elle visite ainsi que …

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Agathe et son écriture de dentelle

Il est rare que je m’attarde à lire la quatrième de couverture d’un roman. D’habitude, je lis des romans qui me sont conseillés par des ami.e.s, des blogues (pour ne pas dire Le fil rouge), des podcasts ou encore, plus traditionnellement, j’aime découvrir et redécouvrir ceux qui ont fait leur place dans les classiques de la littérature. Pour Agathe, cependant, ce fut une autre histoire… Charmée par le résumé d’Agathe Le résumé de ce roman nouvellement paru dans la collection « Fictions du Nord » de La Peuplade m’a effectivement charmée. On y parle d’une rencontre entre deux êtres « vides » qui se « remplissent à nouveau », d’un psychanalyste au bord de la retraite et de sa nouvelle patiente « fragile comme du verre » et « à l’odeur de pomme ». Déjà, la délicatesse de la prose et la simplicité du propos m’invitaient à plonger dans ce petit ouvrage. Bercée par le nom d’Agathe Zimmerman et les couleurs tendres de la page couverture, je me suis laissée porter dans le premier chapitre « Mathêma ». Un roman lourd-léger Le livre est ainsi divisé …

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La Société des grands fonds: Une mise en abyme littéraire et littérale!

«Quel lecteur qui se respecte n’a jamais cru atteindre, entre les pages d’un livre, le cœur caché des choses, battant la chamade au revers des apparences?» (p. 34) C’est par une double mise en abyme que Daniel Canty exprime, dans cet essai très personnel, son rapport aux livres et l’importance de la littérature dans sa vie. Comme si un livre qui parle de livres n’était pas déjà assez meta, l’auteur fait littéralement plonger son lecteur dans les profondeurs de sa psyché, dans sa «mer intérieure», par l’entremise de références constantes aux fonds marins – des références aux «abîmes» océaniques. Si son allégorie sous-marine manque parfois de clarté, il ne s’en soucie guère, car pour lui, la métaphore est le fondement même de notre interprétation du monde. L’apprentissage de la vie est un jeu d’associations, de rapprochements entre les idées à partir desquels nous développons des images et créons notre propre représentation du monde qui nous entoure. L’eau et le rapport métaphorique au réel constituent ensemble le fil conducteur du livre, le courant qui porte le …

Mademoiselle Samedi Soir

La fin des commencements

J’ai toujours adoré les romans de Heather O’Neill. J’aime comment l’écriture est extrêmement imagée, comment elle fait également appel à l’imaginaire de l’enfance et des contes de fées tout en traitant de sujets on ne peut plus adultes. J’ai récemment assisté à une conférence de Katy Roy sur la bibliothérapie, et j’ai été marquée par l’importance thérapeutique de l’imagerie mentale, et par la façon dont cela vient faire appel à quelque chose de profondément ancré en nous. Avant que nous n’apprenions à parler le langage verbal, lorsque nous étions enfants, nous interprétions le monde à l’aide d’images plutôt que de mots; l’imagerie mentale vient refaire appel à cette connaissance primaire chez nous, et est utilisée dans ce roman comme une béquille pour affronter le quotidien: «Raphaël avait commencé à me bombarder de questions détaillées. Il essayait de couler mon porte-avions.» (p.306) Les romans de Heather O’Neill m’ont toujours fait un bien fou, et je n’avais pas spécifiquement compris pourquoi avant d’assister à cette conférence: c’est que le langage y est tellement imagé que ça ne …

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À la verticale de soi, de Stéphanie Bodet

Déjà le titre, rien que ça. Comme un appel à se hisser sur des hauteurs qui nous dépassent. Et puis la couverture, vertigineuse ascension sur une paroi exempte de toute aspérité hormis cette faille, mince et étroite. Enfin la préface — bien sûr! — de Sylvain Tesson. TOUT dans ce livre m’appelait, sans compter ces incroyables similitudes avec l’autrice: la littérature, la région grenobloise, la montagne, l’escalade, la quarantaine: l’âge où l’on prend rendez-vous avec soi-même… Plus qu’un récit d’aventure Je suis comme ça, j’aime les récits qui me font voyager, m’emmènent hors de ma douce zone de confort. Lors de mon dernier voyage en France, qui fut un retour aux sources pour moi, je suis allée avec bonheur errer dans une de mes librairies préférées à Grenoble. Je ne saurais décrire le sentiment qui m’habite quand je rentre dans la section dédiée aux « Grands » de la région : alpinistes, grimpeurs, explorateurs, skieurs hors pair… C’est comme un second voyage! Je retrouve alors tout ce qui me fait vibrer, et principalement la montagne. Le récit …

La tendance bien-être 2019 – Faire preuve de Gratitude!

Levez la main si vous avez déjà abandonné votre nouvelle résolution? Honnêtement, je déteste prendre des résolutions car je trouve toujours que c’est impossible de les tenir : perdre du poids, aller courir, apprendre une nouvelle langue, me faire davantage de lunchs ne sont que quelques-unes des résolutions abandonnées dans les dernières années. Cependant, cette année, j’ai choisi de faire différent et d’aller de l’avant avec une résolution impossible à abandonner, vous êtes prêts?  Celle de faire preuve de gratitude davantage au quotidien. Facile à dire? Un cours 101 sur la gratitude Le mot gratitude signifie, selon le Larousse : Reconnaissance pour un service, pour un bienfait reçu ; sentiment affectueux envers un bienfaiteur : Manifester sa gratitude à quelqu’un. En résumé, cela voudrait donc dire simplement de prendre le temps de remercier les gens. Nous sommes d’accord? Récemment, j’ai lu le livre La Gratitude qui guérit : comment soigner les blessures du passé, par Christine Angelard, qui m’a amenée à me dire qu’en 2019 ce serait ma nouvelle résolution, mon nouveau mantra. Car en effet, dire merci, on fait déjà tous ça, non? …

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Les bienfaits de lire pour le plaisir pendant ses études

Comme plusieurs d’entre vous, je suis étudiante. Étudiante à l’université, en première année de droit. Et Dieu sait qu’en droit, il y a en masse de quoi lire : les ouvrages de doctrine rédigés par des professeurs, la jurisprudence, les textes de loi, et j’en passe. Je ne peux pas parler pour les autres programmes, mais je pense bien qu’en général, on est pas mal tous et toutes dans le même bateau qui navigue sur des pages et des pages de lecture à n’en plus finir. J’ai souvent entendu des étudiants dire : « Pendant mes études, je ne lis rien d’autre que ce qui a rapport à mes cours », et ce, dans le but de se concentrer au maximum sur leurs études, ce qui est bien, dans un sens. Je comprends le rationnel de la chose, ayant également essayé d’arrêter de lire pendant ma première session de droit parce que je pensais que cela me permettrait de me concentrer davantage sur mes études. MAIS C’ÉTAIT SI DIFFICILE DE RÉSISTER. Je n’ai pas pu m’empêcher d’écouter ce bouquin …

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La vraie mort avec Caitlin Doughty

La mort a déjà fait couler beaucoup d’encre chez les philosophes et chez les théologiens, mais aussi dans les journaux intimes du commun des mortels, des plus ésotériques aux plus terre-à-terre. Ce sujet est réfléchi encore aujourd’hui en Occident, mais ses aboutissants ne sont-ils pas tout de même tabous dans la société? Quel est notre rapport contemporain à la mort? Questions de prime abord lugubres, mais ô surprise, Caitlin Doughty tente d’y répondre (et réussi) avec humour, légèreté et précision dans Chroniques de mon crématorium. Faire la paix avec la mort Permettre aux gens de faire la paix avec la mort, tel est l’objectif ultime de Caitlin, personnage principal du roman, mais également son auteure. Cependant, ce but ne s’atteint pas si facilement étant donné qu’aujourd’hui, le vieillissement est médicalisé et se passe plus souvent qu’autrement à l’écart des vivants (hôpitaux, maisons de retraite), tout comme c’est le cas des processus entourant la mort, qui se sont littéralement industrialisés. Ces stratégies modernes, fondées sur le déni de la mort, sont censées aider les gens en deuil …

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Une histoire d’allergies

La clé : l’éducation Encore toute petite, j’avais déjà plusieurs chocs anaphylactiques (réactions allergiques sévères) à mon actif. Les vomissements, les yeux qui piquent, le corps qui enfle, les étourdissements, la respiration sifflante, la gorge qui se serre et un avant-goût de la mort; les symptômes que j’ai ressentis lorsque j’ai mangé des allergènes par mégarde sont à ce jour bien présents dans ma mémoire et encore aujourd’hui une grande source d’anxiété. Si vous pensez que les allergies alimentaires sont mal comprises aujourd’hui, tentez d’imaginer la vie des enfants aux prises avec des allergies sévères il y a 25 ans… Jamais un enseignant n’a expliqué les risques de ma condition de santé aux autres élèves de ma classe. Lorsque j’en parlais, on me disait que j’exagérais ou on ne me croyait tout simplement pas.  Au primaire, l’infirmière m’a rencontrée deux fois (avec le seul autre élève allergique de mon année scolaire) afin de nous montrer comment utiliser nos injecteurs d’épinéphrine. C’était bien, mais c’était aussi la seule tentative d’éducation de la part de l’école face …

On vous donne enfin des nouvelles !

Il me semble que ça fait des vies qu’on n’a pas pris le temps de vous écrire, ce qui n’est pas faux, car en vérifiant, j’ai vu que la dernière infolettre avait été envoyée le 6 mai dernier. Il s’en est passé des choses depuis et on avait envie de vous écrire pour vous tenir au courant et parce que ça nous avait manqué de vous écrire ainsi. La plupart d’entre vous le savent peut-être, mais nous animons depuis janvier dernier des clubs d’écriture, nous avons eu déjà 4 beaux groupes de 8 femmes créatives et allumées. C’est incroyablement beau ce qui se passe lors de ces séances, on tente du mieux qu’on peut de redonner l’envie d’écrire aux participantes. Et on tente de les accompagner le mieux qu’on peut là-dedans. Et bien, cordonnier mal chaussé, comme on dit, nous avons mis un peu de côté l’écriture… Peut-être l’avez-vous remarqué, mais sur le blogue, il y a de moins en moins d’articles écrits par nous deux. Bref, on en discutait cette semaine justement et on …