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Tous mes amis sont des super héros

Tous mes amis sont des superhéros, ou le super pouvoir d’Andrew Kaufman

Au dernier salon du livre, j’ai passé beaucoup de temps à jaser avec Antoine Tanguay, le directeur des Éditions Alto. J’étais avec mon copain et ma belle-mère, et cette dernière, qui n’aime habituellement pas vraiment lire, lui a demandé une suggestion de lecture. À la suite de son conseil, Tous mes amis sont des superhéros d’Andrew Kaufman a réussi l’impossible : en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, ma belle-mère m’a prêté le livre en me disant qu’elle l’avait déjà terminé. Il s’agit d’une toute petite plaquette, mais elle l’a dévorée… et moi aussi! Comme chaque fois, ce (micro) roman des Éditions Alto (ma maison d’édition préférée parce qu’elle a toujours LE roman parfait selon mon humeur) m’a complètement subjuguée. L’origine des super pouvoirs Comme le résume si bien Virginie Pérucaud dans une précédente critique de Kaufman : « C’est l’histoire d’amour entre Tom et Super-Perfectionniste. Le jour de leur mariage, Super-Hypno, jaloux, hypnotise Super-Perf pour qu’elle ne voit plus Tom. Celui-ci devient donc sélectivement invisible, ce qui est bien ennuyeux. » …

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Valérie Carreau et le deuil de Nos morts

La quatrième de couverture troublante de Nos morts, par l’écrivaine Valérie Carreau, laisse difficilement indifférent: «Neuf ans après la mort de ma fille, j’ai tenté, à partir de mes journaux intimes de l’époque, des faits et des dates qu’il me restait, de recomposer l’histoire de la courte vie de Laurence, afin de raviver mes souvenirs.» Que ce soit parce que j’ai moi-même vécu la perte d’êtres chers, que ce soit parce que la mort est un sujet qui m’apparaît inépuisable ou simplement parce que la quête à travers le deuil de Valérie m’a profondément touchée, j’ai eu envie de me plonger dans ce récit, et j’ai d’ailleurs bien fait. Raviver la mort Laurence, c’est la fille de Valérie Carreau. Un être minuscule qui décède quelque 22 jours après l’accouchement de la mère, en raison de complications médicales. Les parents, les amis et la famille en sont évidemment troublés. «Le 26 septembre: « J’ai envie de crier, de vomir. J’ai d’affreuses migraines. J’ai des idées noires, des images de mort. » L’état de Laurence se détériore.» Toutefois, c’est …

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Moins de Schtroumpfette, plus de ça!

Comme bien d’autres, j’ai été dans ma jeunesse une très grande lectrice de bandes dessinées. À cette époque, j’ai lu compulsivement tous – et je dis bien TOUS – les albums disponibles à ma bibliothèque de quartier. Avec le recul et la maturité qu’apporte inévitablement l’âge adulte, j’ai réalisé, non sans quelque amertume, que presque toutes mes héroïnes de jeunesse préférées, de Laureline à Natacha, en passant par Aria, Calendula ou les espionnes du Brelan de dames, aussi badass soient-elles, étaient avant tout… des pin-up! C’est maintenant évident : toutes ces vieilles séries, même si elles ne sont pas dépourvues de qualités, manquent cruellement de représentations féminines réalistes et non sexualisées. Par chance, Yoko Tsuno, qui était de loin ma favorite, est là pour sauver la mise de la BD franco-belge des années 70 et 80! Heureusement, les mentalités ont beaucoup évolué! Depuis l’avènement d’Harry Potter, l’offre de littérature jeunesse s’est décuplée et la BD n’a pas fait exception. Voici deux albums coup de cœur qui proposent des modèles intéressants, actuels et inclusifs et que …

Mon plan machiavélique pour changer le monde ou comment faire lire les enfants

On entend souvent que le plus beau cadeau que l’on puisse faire à un enfant pour sa vie future, c’est de lui apprendre à aimer la lecture. C’est, certes, un cliché, mais tout de même une idée pleine de bon sens! Il semblerait – et je n’en suis pas peu fière! – que je sois parvenue avec un certain succès à transmettre mon goût des livres à ma progéniture. Et comme j’ai la conviction que la littérature peut rendre les gens meilleurs, je partage avec vous mes astuces pour que vous puissiez à votre tour faire de vos enfants des lecteurs aussi assidus que Matilda afin qu’ensemble, nous créions une génération de book nerds qui régnera sur le monde de demain! AVERTISSEMENT : Je ne suis ni éducatrice ni pédopsychiatre. Mon expérience parentale personnelle ne constitue pas une méthode approuvée par des spécialistes, et si un jour vos enfants vous reprochent amèrement d’avoir gâché leur enfance, sachez que je me dégage de toute responsabilité! Prenez-les au berceau Tous les gourous vous le diront : le …

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Quatre romans pour un été noir

C’est grâce à Hercule Poirot, dont ma grand-mère regardait tous les jours à la même heure l’adaptation télévisée, que j’affectionne les romans policiers, les intrigues mystérieuses et les secrets enfouis de génération en génération… J’aime particulièrement dévorer ce genre de romans en été, lorsque mon rythme de vie est ralenti par la chaleur (et à l’automne évidemment, Halloween n’étant pas très loin). L’été étant déjà bien commencé, j’ai eu l’occasion de me plonger dans plusieurs histoires qui m’ont tenue en haleine. Si vous aussi vous appréciez lire des polars ou des thrillers sous le soleil et les pieds dans l’eau, voici un petit échantillon de mes derniers coups de cœur en la matière. Tout ce qu’on ne s’est jamais dit, de Céleste Ng «Lydia est morte, mais ils ne le savent pas encore.» Ohio, 1977. Lydia, jeune fille brillante de 16 ans, est retrouvée dans un lac non loin de la maison familiale. Avec sa mort, c’est sa famille tout entière, née d’une rare union mixte entre une femme blanche et un homme d’origine chinoise, …

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Relire une œuvre marquante pour mieux la redécouvrir: Mange, prie, aime

C’est en 2008, il y a maintenant onze ans, qu’Elizabeth Gilbert nous a offert l’inspirant récit Mange, prie, aime. À cette époque, je sortais à peine de l’université et goûtais à ma nouvelle vie «d’adulte» salariée. Au boulot, un livre circulait et faisait beaucoup jaser. Toutes mes collègues l’avaient lu, et je devais mettre la main dessus. Je me suis alors plongée dans les mots d’Elizabeth Gilbert, sans pouvoir m’arrêter. Je me souviens avoir dévoré le récit en un rien de temps. Si vous ne connaissez pas Mange, prie, aime, je vous suggère fortement de lire l’excellent article de ma consœur du Fil rouge Marion Gingras-Gagné. En gros, le livre raconte le périple de l’autrice en Italie, en Inde et en Indonésie, pour tenter de découvrir qui elle est à la suite d’un divorce éprouvant. La légèreté de la jeunesse Lors de ma première lecture, je m’étais surtout attardée à la portion «Italie» de l’histoire. L’autrice y décrit en détail la nourriture délicieuse qu’elle découvre et déguste, l’architecture magnifique des régions qu’elle visite ainsi que …

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Agathe et son écriture de dentelle

Il est rare que je m’attarde à lire la quatrième de couverture d’un roman. D’habitude, je lis des romans qui me sont conseillés par des ami.e.s, des blogues (pour ne pas dire Le fil rouge), des podcasts ou encore, plus traditionnellement, j’aime découvrir et redécouvrir ceux qui ont fait leur place dans les classiques de la littérature. Pour Agathe, cependant, ce fut une autre histoire… Charmée par le résumé d’Agathe Le résumé de ce roman nouvellement paru dans la collection « Fictions du Nord » de La Peuplade m’a effectivement charmée. On y parle d’une rencontre entre deux êtres « vides » qui se « remplissent à nouveau », d’un psychanalyste au bord de la retraite et de sa nouvelle patiente « fragile comme du verre » et « à l’odeur de pomme ». Déjà, la délicatesse de la prose et la simplicité du propos m’invitaient à plonger dans ce petit ouvrage. Bercée par le nom d’Agathe Zimmerman et les couleurs tendres de la page couverture, je me suis laissée porter dans le premier chapitre « Mathêma ». Un roman lourd-léger Le livre est ainsi divisé …

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La Société des grands fonds: Une mise en abyme littéraire et littérale!

«Quel lecteur qui se respecte n’a jamais cru atteindre, entre les pages d’un livre, le cœur caché des choses, battant la chamade au revers des apparences?» (p. 34) C’est par une double mise en abyme que Daniel Canty exprime, dans cet essai très personnel, son rapport aux livres et l’importance de la littérature dans sa vie. Comme si un livre qui parle de livres n’était pas déjà assez meta, l’auteur fait littéralement plonger son lecteur dans les profondeurs de sa psyché, dans sa «mer intérieure», par l’entremise de références constantes aux fonds marins – des références aux «abîmes» océaniques. Si son allégorie sous-marine manque parfois de clarté, il ne s’en soucie guère, car pour lui, la métaphore est le fondement même de notre interprétation du monde. L’apprentissage de la vie est un jeu d’associations, de rapprochements entre les idées à partir desquels nous développons des images et créons notre propre représentation du monde qui nous entoure. L’eau et le rapport métaphorique au réel constituent ensemble le fil conducteur du livre, le courant qui porte le …

Mademoiselle Samedi Soir

La fin des commencements

J’ai toujours adoré les romans de Heather O’Neill. J’aime comment l’écriture est extrêmement imagée, comment elle fait également appel à l’imaginaire de l’enfance et des contes de fées tout en traitant de sujets on ne peut plus adultes. J’ai récemment assisté à une conférence de Katy Roy sur la bibliothérapie, et j’ai été marquée par l’importance thérapeutique de l’imagerie mentale, et par la façon dont cela vient faire appel à quelque chose de profondément ancré en nous. Avant que nous n’apprenions à parler le langage verbal, lorsque nous étions enfants, nous interprétions le monde à l’aide d’images plutôt que de mots; l’imagerie mentale vient refaire appel à cette connaissance primaire chez nous, et est utilisée dans ce roman comme une béquille pour affronter le quotidien: «Raphaël avait commencé à me bombarder de questions détaillées. Il essayait de couler mon porte-avions.» (p.306) Les romans de Heather O’Neill m’ont toujours fait un bien fou, et je n’avais pas spécifiquement compris pourquoi avant d’assister à cette conférence: c’est que le langage y est tellement imagé que ça ne …