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Allez, on va danser au bal des absentes!

De La femme qui fuit d’Anaïs Barbeau-Lavalette à Mettre la hache de Pattie O’Green, en passant par Autour de ton cou de Chimamanda Ngozi Adichie et Femme, réveille-toi! d’Olympe de Gouges, Amélie Paquet et Julie Boulanger racontent leur amour de l’enseignement de la littérature et leur amour de la littérature tout court dans leur essai Le bal des absentes paru chez La Mèche, ce printemps. Mais il ne s’agit pas de n’importe quelle littérature : la littérature des femmes. Grâce aux voix fortes d’autrices trop peu enseignées par leurs collègues, Paquet et Boulanger essaient de faire réfléchir leurs étudiant.e.s sur de nombreux enjeux : les rapports familiaux, les classes sociales, l’inceste, la place de la femme dans la société québécoise, etc. En commentant ces autrices dans leurs courts chapitres, les deux enseignantes font découvrir des inconnues, dépoussièrent leurs propres histoires de jeunesse et surtout, donnent le goût de courir lire toutes ces femmes férocement vivantes. Divisé en cinq parties (La littérature et la vie; Mésententes; L’étudiant.e vis-à-vis de l’école; Figures de l’absente; La professeure vis-à-vis …

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Nos plumes comme des armes : un recueil nécessaire et poignant.

Nos plumes comme des armes – Our words as weapons- est un recueil de poèmes engagé et  bilingue qui a pris vie suite à la colère et l’indignation de son instigatrice, Elisabeth Massicoli. J’ai décidé de lui poser quelques questions pour en savoir un peu plus sur ses motivations, ainsi que le travail derrière la création d’un recueil comme celui-ci. Le recueil Le recueil de 25 textes et de 20 illustrations est, dans un premier temps, magnifique. On ne peut passer à coté de l’attrait visuel qui est un beau plus value à la puissance des textes, tout en leur laissant la place nécessaire pour être et se tenir entièrement d’eux-mêmes. À l’intérieur, on retrouve donc 25 poèmes, en anglais, en français, courts, longs, de tous les genres. On y parle de féminisme, de racisme, de la place des femmes. Les sujets sont tout aussi variés et uniques que les formes et les personnes qui les ont écrits. C’est vraiment dans cette diversité des textes et des approches que se trouve la force de Nos …

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Être une « bad feminist »

Aimer le rap dont plusieurs chansons dans lesquelles le mot Bitch est utilisé, parfois à outrance. Se surprendre à vouloir écouter des émissions de télé-réalité, des soirées entières. Voilà toutes des activités auxquelles je m’adonne et qui me procurent du plaisir, bien qu’elles viennent souvent de pair avec un vague sentiment de culpabilité. Tout en m’y consacrant, je me répète qu’elles ne concordent pas avec l’image que je me fais de moi, qu’elles sont à l’opposé de mes valeurs. Et pourtant, une part de moi aimerait assumer ces goûts, sans aucune gêne. Jusqu’à tout récemment, parler de ce sujet dans un article aurait été pour moi de l’ordre de l’impensable. Et puis il y a eut ma lecture de l’essai Bad feminist de Roxane Gay, que j’aime sans complexe. Dans un style très personnel, proche de la conversation, l’auteure traite de cette impression d’exacerber ses contradictions en aimant certains films, livres ou artistes. En se détachant d’une définition essentialiste du féminisme, Gay décortique la culture populaire tout en revendiquant son titre de Bad Feminist. Ainsi, elle affirme que ses goûts ne …

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Dear Ijeawle : petit manifeste en 15 suggestions

C’est lors de la journée internationale des droits des femmes, une journée après sa sortie, que je me suis retrouvée en librairie avec la ferme intention de me procurer le nouvel essai de l’auteure Chimamanda Ngozi Adichie. Dans la même veine que Nous sommes tous des féministes, elle  nous revient avec une autre petite plaquette ; Dear Ijeawele, or A Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions.   Sous forme de missive, elle prodigue 15 conseils et suggestions  à une amie, nouvellement maman d’une petite fille.  Tout en nuances, Chimamanda offre son opinion sur les possibles marches à suivre pour élever une fille forte et indépendante dans une société qui valorise plus souvent qu’autrement  le contraire. La perspective d’Adichie est intersectionelle, racisée et bien évidemment féministe. Elle crée un espace pour discuter des stéréotypes de genres, des standards de beauté, de la sexualité, en remettant le tout dans un contexte bien ancré dans la culture de son pays d’origine, le Nigéria. D’à peine 80 pages, ce petit essai est rempli de bon sens. Je dois avouer avoir eu, …

Des crocos ? Faut pas charrier!

J’ai eu la chance de mettre la main sur l’album bande-dessinée « Les crocodiles » qui aborde le large sujet qu’est le harcèlement de rue et le sexisme ordinaire. Plusieurs intervenants, associations et organismes ont mis la main à la tâche et le rendu est hyper complet. Les thématiques comme le bodyshaming, le harcèlement au travail, dans la rue, dans les bars, avec les ex, entre nous, dans les fêtes, entre chum et blonde sont abordés de façon sensible et complexe. Avant de devenir cet album, Thomas Mathieu démarra le projet crocodiles, demandant aux filles d’envoyer leurs témoignages. D’où le choix délibéré de représenter les hommes en crocodiles, pour donner la parole à ces femmes. Nous savons très bien qu’en réalité tout n’est pas aussi noir et blanc… Ou aussi blanc et vert. Aussi, parlant de blanc, j’aurais aimé que ce soit moins blanc, hétérosexuel (où sont les gens racisés, âgés, LGBTIQ ) Mais bon. C’est un super bon début ! Des crocos, y semble en avoir pas mal en France! (sources provenantes du livre) Les chiffres …

Littéraires, Les Simone ?

C’est avec impatience que j’ai attendu l’arrivée sur les ondes de la série Les Simone. J’ai toujours aimé les univers féminins pluriels. Voir les différents personnages de femmes emmêler leurs vies : je ne m’en lasse pas. En plus, une série avec un titre qui évoque Simone de Beauvoir : j’avais des attentes. Et puisque je cherche la littérature un peu partout, je l’ai cherchée dans la série. Bien que je n’aie pas l’impression que l’aspect littéraire structure l’émission, il alimente certainement ces quatre Simone qui se remettent en question et se réinventent constamment. Maxim En lisant le livre autobiographique Mémoire d’une jeune fille rangée de Simone de Beauvoir et en regardant Les Simone, une réflexion commune s’impose: quels choix s’offrent à une femme qui désire faire autrement ?  La jeune Simone, tout comme Maxim, aspire à autre chose qu’une vie rangée avec un mari et une maison. Pour de Beauvoir, c’est une vie riche du point de vue intellectuel qui prime, elle veut se dédier entièrement à écrire. Du côté de Maxim, c’est la curiosité qui la pousse …

Féminisme et végétarisme

J’ai d’abord été drôlement interpellée par la couverture un peu rétro de La politique sexuelle de la viande. C’est ensuite son sous-titre qui m’a convaincue de le prendre sur la tablette de la bibliothèque : Une théorie critique féministe végétarienne. Je trouvais cela à la fois tiré par les cheveux et un peu prétentieux, bien que je me considère comme féministe et que le végétarisme occupe une grande place dans ma vie. J’étais très curieuse de savoir comment les deux pensées pouvaient se retrouver dans un ouvrage (très épais d’ailleurs)… Présentation L’essai The Sexual Politics of Meat : A Feminist-Vegetarian Critical Theory a été publié pour la première fois en 1990, aux États-Unis. Ce fut un grand succès immédiatement. Il a été réédité dix ans plus tard, puis un autre dix ans après. Déjà traduit en allemand, en portugais et en coréen, ce n’est que cette année (2016) qu’une version française a vu le jour. L’auteure Carol J. Adams fait le rapprochement entre les revendications des mouvements féministes et des regroupements végétariens. Mais plus encore, …

Construction de la féminité

Un des livres qui m’a le plus marquée au courant de l’année 2016 est sans aucun doute La femme gelée, par Annie Ernaux. Pour moi, l’autrice trouvait chaque fois les mots justes pour construire des phrases percutantes qui venaient ébranler mes certitudes et en même temps me donner l’impression d’être éminemment comprise. Ma relation avec Annie Ernaux n’a pas toujours été aussi simple. La première fois que j’ai lu un de ses livres, j’étais au cégep et je n’ai pas du tout aimé. L’écriture épurée de l’autrice, presque dénuée d’émotion, m’avais semblé froide, voire impénétrable. La jeune fille de 19 ans que j’étais à l’époque avait été incapable de se reconnaître à travers le récit ou même d’éprouver de l’empathie. Tout aurait pu finir là, une rencontre littéraire ratée, puis plus rien. Mais une de mes proches amies adore cette autrice et m’a encouragée (lire tordu un peu le bras) pour que je lise d’autres récits d’Ernaux. Elle m’a expliqué qu’Annie Ernaux faisait de l’auto-socio-biographie, d’où l’impression de distance, puisqu’elle se pose toujours comme témoin et …

GUÉDAILLES : ce zine féministe tellement nécessaire

Chaque mois, je salis tout ce qui touche à ma vulve. Mes bobettes blanches, vertes, roses sont tachées de rouge, comme si je les avais embrassées avec la plus grande passion. – Les Panthères rouges, GUÉDAILLES, p. 8. En célébrant le corps féminin et en détabouisant ses fluides, le premier fanzine du collectif subversif non mixte Les Panthères rouges, sauvagement intitulé GUÉDAILLES, nous offre une belle raison de faire gicler notre rage sur le patriarcat d’une voix forte et solidaire. D’une quarantaine de pages, ce zine réunit les voix et les images d’une quinzaine d’artistes désireuses d’essuyer du revers de leurs griffes les litres de male tears qui ne cessent de couler sur nous toutes. Dans le cadre d’une courte entrevue virtuelle, les Panthères – trio composé de Catherine Dupuis, Kim Venn et Stéphanie Roussel – expliquent que l’élément déclencheur derrière la création de leur collectif fut l’Ostie de grosse soirée de poésie subversive organisée par la revue littéraire Main Blanche dans le cadre de la grève de 2015. Mais depuis, pourquoi ce nom les Panthères rouges? S : …

Je suis féministe : un collectif nécessaire

Le blogue Je suis féministe fait partie de mes favoris depuis plusieurs années. C’est grâce à leurs articles que j’ai réfléchi à des tonnes de sujets, que j’ai remis en question mes croyances et que je suis fière de me dire féministe aujourd’hui. Mes cours de philosophie au cégep et de littérature m’ont aussi donné envie de lire davantage sur le sujet, mais c’est par le blogue Je suis féministe que j’ai trouvé ma place sur le web. Or, en 2008, lorsque le blogue a été créé, c’était ça leur désir, prendre la place qui leur revenait, aux jeunes féministes qui ne se sentaient pas impliquées dans les médias québécois : Nous sommes des jeunes féministes dans la vingtaine et la trentaine. Nous sommes absentes des médias. On ne parle du féminisme qu’en montrant des femmes de l’âge de nos mères qui ont accompli de grandes choses et livré de grands combats. Mais nos combats à nous, qui en parle? On y parle aussi en introduction de la grande noirceur du féminisme québécois, ces deux …