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Cacher ses soucis dans ses poches

Bien qu’il s’agisse d’un livre pour enfants, le titre Des roches plein les poches m’a toute de suite séduite. C’est que j’ai moi-même tendance à cacher des « roches », mes soucis et mes émotions négatives, non pas dans mes poches, mais derrière la tête, là où les problèmes vont fermenter pour en ressortir plus aigres. Ce court livre de grand format est très joli et communicatif. Les illustrations de Marie-Ève Tremblay forment le visuel parfait, juste assez imaginatif tout en restant dans le réalisme, pour accompagner l’histoire de Frédérick Wolfe, pertinente en tout point. L’histoire On rencontre la petite Alice, pour qui la vie n’est pas tout à fait rose. Il y a souvent des conflits à la maison dont elle est témoin malgré elle, mais elle n’ose en parler à personne. Sur le chemin de l’école, elle prend l’habitude de ramasser des cailloux et de leur raconter ses problèmes, puis elle les cache dans les poches de sa robe. À force d’accumuler les petites roches, elle n’arrive plus à courir ni à jouer …

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La magie des aventures de ruelles du Mile-End

Je suis une grande admiratrice du travail d’Isabelle Arsenault. J’en ai parlé à quelques reprises sur le blogue (Jane, le renard et moi, Louis parmi les spectres, Virginia Woolf, Une berceuse en chiffons). Lorsque j’ai appris qu’elle publiait un nouveau livre et ce, son premier en tant qu’auteure et illustratrice, j’avais vraiment très hâte de le découvrir. L’oiseau de Colette est le premier d’une série publiée chez La Pastèque qui mettra en scène des enfants du Mile-End. Chaque prochain livre portera sur les aventures de la vie quotidienne de chacun des enfants de la troupe. Dans ce premier album, on y suit la jeune et imaginative Colette qui voudrait tellement avoir un animal de compagnie, si seulement sa mère acceptait! Arrivée dans son nouveau quartier, le Mile-End, Colette se fera de nouveaux amis, tout en partant à la recherche de sa perruche imaginaire, Elizabeth comme la princesse, oups la reine! C’est dans la ruelle Clark que ces aventures se dérouleront. Je trouve intéressant le choix de positionner le récit directement dans ce quartier de Montréal, …

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La Bande dessinée et tous mes amis d’enfance

Alors que j’en lis pratiquement plus, la bande dessinée a eu une place si importante dans mon enfance. Quand j’étais petite, j’allais à la bibliothèque toutes les semaines et dans ma pile de livres, je prenais toujours au moins 2 à 3 bandes dessinées. Arrivée à la maison, il m’en restait en général juste une à lire pour la semaine, car je les lisais toujours en marchant sur le chemin du retour. Mes souvenirs de BD sont également étroitement liés au Salon du Livre de Montréal. Mon père était éditeur et on allait donc chaque année passer la fin de semaine entière au Salon du Livre. J’adorais flâner dans les kiosques à ma guise, mais surtout, j’aimais plus que tout celui de Dupuis. Je m’écrasais par terre et je lisais BD après BD gratuitement. J’avais l’impression de me retrouver dans une véritable caverne d’Ali Baba de livres. Évidemment, je n’avais jamais assez de temps pour en lire alors j’en notais des dizaines pour ma prochaine liste de Noël. Quand je les recevais sous le sapin, …

Récit de jeunes rescapés

Les glissades d’eau sont souvent synonyme d’euphorie. Elles sont singulières par leur éphémérité et leur authenticité. Il faut l’admettre ; nager dans l’eau pendant des heures entières n’aura jamais procuré autant de satisfaction à un enfant. C’est le summum du divertissement, le Saint-Graal de nos jeunes étés. 
Mais si, comme moi, vous avez été cloîtré à une vision équivalente à celle de vos grands-parents, les glissades d’eau ont souvent été associées à la terreur. Car contrairement aux autres enfants de votre âge, le divertissement avait ses limites et ses conséquences. Je garde un souvenir très précis de cette peur constante. Celle de perdre ses lunettes, de devoir s’abstenir d’aller rejoindre mes amis dans la piscine à vague ou celle des nuits précédentes, où mon sommeil cédait à l’angoisse et aux mauvais scénarios déjà envisagés. Malgré tout, de loin ou de près, les glissades d’eau restent gravées dans notre mémoire comme l’équation d’une jeunesse absolue. Car pendant un bref moment, vous vous sentez à la fois en danger et immortel. C’est d’ailleurs cette idée qui a influencé un …

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Françoise et Marie-Reine

L’amitié est un thème courant dans plusieurs romans, mais rarement est-elle le cœur d’une histoire, la raison d’être de deux personnages qui ne partageront qu’une amitié pure, simple et parfois cruelle. Françoise de Luca nous rappelle l’importance et l’influence des amitiés de notre enfance sur le reste de nos vies grâce à son roman Reine. Son écriture est fluide comme une longue rivière sur laquelle je me suis laissée glisser doucement. Notre amie Françoise Ce roman est écrit à la première et deuxième personne, la narratrice s’adresse au lecteur comme s’il s’agissait de son amie d’enfance : Marie-Reine. Cela ajoute une sensibilité et une pureté au texte, car l’auteure crée un espace intime et privé entre deux personnes, oubliant le reste du monde. Je ne sais pas à quel point l’auteure et le personnage de Françoise sont différents, mais la Françoise que j’ai appris à connaître dans ce roman est charmante. Douce, généreuse et fondamentalement gentille, elle vit la majeure partie de son enfance à travers les yeux de son amie Reine, qu’elle idolâtre. J’y ai …

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« Les fleurs, ce sont les poèmes de la nature »

La littérature jeunesse est une façon délicate d’aborder avec les enfants et les adolescents des sujets plus difficiles et complexes. En lisant des histoires abordant des thèmes tels que le racisme, l’homosexualité, le terrorisme et dans ce cas-ci, la vie dans un camp de réfugiés, les enfants apprennent à parler de ces sujets plus sensibles, développent leur sens critique et par le fait même, leur compassion, leur empathie et leur ouverture d’esprit. L’enfant qui n’avait jamais vu une fleur d’Andrée-Anne Gratton et Oussama Mezher est l’histoire d’une petite fille, Samia, qui comme le titre l’indique, n’a jamais vu une fleur de sa vie. Elle est née et habite avec ses parents dans un camp de réfugiés situé entre deux pays en guerre. Son quotidien n’est pas composé de couleurs, de fleurs, de nature. C’est son voisin Mayi qui lui dira cette phrase d’une telle beauté et poésie pour lui décrire ce que sont les fleurs et c’est aussi à ce moment qu’il décidera que Samia doit voir une fleur, une fois au moins dans sa …

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Tu me places les yeux : ces souvenirs d’enfance perlés de tendresse

J’approche le 200e article sur ce blogue, mais encore aucune critique de poésie,  excepté dans le cadre du défi #unlivrequébécoisparmois. Ce n’est pas que je n’apprécie pas ce genre littéraire, au contraire, je pense seulement que je vis un petit sentiment d’infériorité quand il vient le temps d’analyser, d’écrire sur ma lecture, comme si j’étais inadéquate à saisir le sens des mots. J’ai toutefois pris la décision de lire et d’écrire sur Tu me places les yeux, recueil de poème d’Aimée Lévesque, publié chez La peuplade. C’est la description du recueil de poésie qui m’a convaincue. En la lisant, j’avais déjà les larmes aux yeux. La simple évocation des souvenirs d’enfance, de la nostalgie d’une grand-mère, m’a touchée. C’est comme si dans ces mots, j’ai ressenti un désir, un besoin de me plonger dans ce recueil coloré pour moi aussi, à mon tour, revisiter les souvenirs d’enfance reliés à ma grand-mère qui me bercent encore chaque fois que j’y repense. « Après le décès de sa grand-mère, la petite-fille de cinq ans devenue grande revisite la …

Le rêve d’Azadah

Depuis ma lecture de L’abragan de Jacques Goldstyn, je suis rendue «fan» de son art. Ce que j’apprécie le plus de cet auteur-illustrateur est son amour pour la liberté d’expression, des enfants et le fait qu’il soit un homme engagé. J’ai pu retrouver tout cet amour dans son p’tit dernier : Azadah, qui raconte l’histoire d’amitié entre cette enfant et la photographe Anja. Azadah apprend que sa nouvelle amie quitte le pays. C’est la panique! Elle la supplie de l’emmener avec elle, dans son pays où les femmes ont plus de chances de réussite, où les écoles ne sont pas détruites et où son avenir n’est pas tracé. Azadah rêve de devenir elle aussi une Anja, une femme libre qui a la chance de pouvoir faire un métier qu’elle aime et surtout de pouvoir voyager. Elle rêve d’une vie à l’occidentale. Mais, malheureusement ce n’est pas possible, Anja doit quitter le pays. Elle prend un taxi et laisse derrière elle son sac à dos et une Azadah en larmes. Découvrant le trésor que son amie lui …

Comment rire avec un enfant un peu trop curieux

Après Un ange cornu avec des ailes de tôle et Bonbons assortis, Michel Tremblay revient avec des moments tirés de son enfance grâce à son petit dernier, Conversations avec un enfant curieux.  Déjà, en regardant la couverture, on retrouve l’époque des photos en noir et blanc, des uniformes d’écoliers et des bas blancs. Cette photo du petit Michel de 3 ans nous fait replonger aisément dans le passé de notre auteur prolifique et on sent que la lecture va être délectable… et elle l’est. Conversations avec un enfant curieux est un petit bijou de souvenirs. Chacun des nombreux chapitres porte sur un instant dialogué entre Michel et des personnes qui ont animé son enfance: sa mère, sa tante, les petites voisines, son institutrice, etc. Le petit Michel est décidément un enfant bien éveillé, posant ces millions de questions qui font le charme et la candeur des plus jeunes, cherchant à comprendre toutes les facettes de sa vie. Et ce, même si les adultes n’ont pas nécessairement la réponse qui va le satisfaire. «Je voulais écrire sur l’irréductible pensée qui nous habite …

Une ode rosée à ses racines

Dans ce petit livre d’un vieux rose réconfortant, on plonge avec douceur et avidité. Marianne Ferrer, l’illustratrice du livre, y raconte comment son enfance, sa famille, a forgé son identité et ses racines. C’est une petite ode à ce qu’on est, d’où on vient, ce qui nous influence et ce qui nous permet d’être tout simplement soi. Ce livre accordéon s’ouvre et prend toute la place, le temps qu’on s’y immerge complètement. La tête entièrement dans l’histoire de Racines, dans ses magnifiques illustrations et la douceur de ses mots, j’admirais le travail et la motivation derrière chaque page. J’ai beaucoup aimé cette lecture, courte, certes, mais pas moins marquante. Il faut des ouvrages minimalistes comme celui-là, qui par l’intimité et la délicatesse de l’objet comme des mots, nous ébranlent et nous font du bien, vraiment. Une histoire d’amour qui traverse les montagnes, un grand-père passionné et l’héritage d’une mère… Marianne Ferrer tisse une fresque tendre et intimiste dans un superbe livre-objet qui retrace les moments marquants de son histoire familiale. Elle transcende le temps et …