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Homo Sapienne: du territoire intérieur

Le Groenland. Lorsque j’entends son nom, je pense à l’immensité brute de ce territoire, à sa blancheur, à son opacité. Ce n’est pourtant pas ce qu’aborde Niviaq Korneliussen, jeune auteure groenlandaise, dans son premier roman, Homo Sapienne. Depuis sa parution originale en 2014, ce livre a fait couler tellement d’encre, que je me suis longuement demandé « pourquoi diable ai-je choisi d’en parler pour mon premier article au Fil Rouge?». Au cœur de mon doute, toutefois, subsiste quelque chose qui me rattache aux personnages peuplant les (trop courtes) 213 pages du roman: l’importance de la subjectivité, et le discours intérieur comme réalité première. De l’enfermement Homo Sapienne est un de ces livres qu’on entame, la tête pleine d’attentes bâties par toutes les critiques qui nous préviennent: vous ne pouvez qu’être chamboulée par cette lecture. Pourtant, les premières pages se font dures. Sous la plume tranchante et inventive de Niviaq Korneliussen, rien n’est filtré ni embelli. Si, dans l’imaginaire populaire, le Grand Nord se charge de romantisme, il en est autrement dans le quotidien de ceux …

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Lignée de femmes soudées

Cet automne, nous avons reçu un communiqué de presse de Québec Amérique annonçant la traduction française d’un roman manitobain ayant eu énormément de succès depuis sa parution. Il s’agissait de Ligne brisée de Katherena Vermette, la version française de The break, traduit par nul autre que Mélissa Verreault. J’ai tout de suite eu envie de découvrir ce roman. On en parlait comme d’un incontournable et les thèmes ont, d’emblée, suscité mon intérêt. Il s’agit d’un roman traitant de la violence que subissent les femmes autochtones. C’est un roman choral qui suit plusieurs femmes toutes connectées de différentes manières, ces femmes sont de différentes générations, mais elles ont en commun de subir du racisme systémique. Elles s’unissent, se soutiennent, se séparent, s’éloignent, se révoltent, portent en elles des noirceurs, mais malgré tout, elles sont soudées. L’histoire débute avec le viol d’une jeune fille de 13 ans auquel assiste, par sa fenêtre, sans le vouloir, une jeune mère tenant son enfant dans ses bras. Dès les premières pages, on se sent impliqué dans l’histoire, on veut savoir ce qui est …

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Le monde est à toi : l’amour au centre de tout

Cette lecture, Le monde est à toi, essai de Martine Delvaux, se veut une lettre d’amour de l’auteure à sa fille. J’ai lu ce texte avec émotion, m’étonnant à chaque page de la beauté des propos, de la puissante bienveillance qui ressort de cette relation mère-fille. Elle interroge son rapport à sa fille, leur lien, leur amour, leur complicité. Elle ne cherche pas à en faire un manuel sur Comment élever sa fille pour qu’elle devienne féministe. C’est beaucoup plus que cela, c’est l’importance du féminisme dans leur amour, mais surtout cet amour inépuisable, innommable qu’elle porte envers elle. La transmission, ce qu’elle lui lègue au quotidien, traverse le livre. J’avoue avoir été plus qu’émue pendant quelques passages. Delvaux écrit à sa fille, lui donne des conseils, questionne leur relation, la façon dont elle l’a accompagnée, elle lui parle de son histoire familiale, de ce qu’elle souhaite qu’elle devienne. « Je ne sais pas quel genre de vie tu vas mener, mais j’espère que tu n’oublieras jamais que tu as le droit d’en changer le cours. …

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Club de lecture : L’événement et La femme gelée

Dimanche, le 20 novembre. Pour la seconde fois ce week-end, on se retrouve au Café Les oubliettes, après un arrêt au Salon du livre de Montréal. C’est la faim dans les talons qu’on arrive, en avance, au café, pour casser la croûte en attendant les participantes. Pour cette troisième session, nous avions deux livres à l’étude, deux romans d’Annie Ernaux ; La femme gelée et L’événement. C’était, pour certaines, un premier contact avec l’auteure. Alors, avez-vous aimé? Qu’en avez-vous pensé?  C’est assez unanime, Ernaux a plu à toutes. Nous avions suggéré de commencer les lectures avec l’ouvrage qui fut publié en premier, soit La femme gelée, et ensuite lire L’événement, pour ainsi comparer l’évolution dans l’écriture de l’auteure, mais… Peut-on comparer les deux œuvres?  Comparer deux œuvres d’une auteure, nous ne sommes pas les premières à le faire. Pourtant, ce n’est pas véritablement ce qui nous intéresse, finalement. Nous en venons à la conclusion que, outre les questions de forme, les deux livres ne se comparent pas. « Non, il y a trop de différences dans les émotions ressenties »,  dit …

Les filles en série… lecture obligée d’été

Enfin! J’ai attendu, attendu cet essai de Martine Delvaux, heureuse de constater qu’il était en si grande demande à la Grande Bibliothèque. L’attente aura valu la peine… c’est percutant, intelligent, nécessaire et soulevant! Beecroft, Pussy Riot ou Femen sont à ma mémoire celles qui refusent cette assimilation « en masse », ce polissement du nombre. Avec ces analyses et zoom in sur plusieurs faits et représentations que nous ne voyons plus tellement ils nous ont été surreprésentés, Delvaux remue notre laisser-faire, laisser-aller, notre acceptation comme évidence d’aplanissement du genre. Avec tout ce poids du nombre, ne pourrions-nous pas en faire quelque chose de grand et de puissant? Pour avoir un futur, il faut avoir une histoire Peut-être que ce livre devait être la suite logique de mes lectures, après Le bal des absentes par Amélie Paquet et Julie Boulanger. L’élément déclencheur pour cet essai fut le traitement différent des sujets féminins vs masculins lors des manifestations étudiantes de 2012. Nous ne nous en sortons pas : autant dans la littérature que dans les médias actuels, …

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Nos plumes comme des armes : un recueil nécessaire et poignant.

Nos plumes comme des armes – Our words as weapons- est un recueil de poèmes engagé et  bilingue qui a pris vie suite à la colère et l’indignation de son instigatrice, Elisabeth Massicoli. J’ai décidé de lui poser quelques questions pour en savoir un peu plus sur ses motivations, ainsi que le travail derrière la création d’un recueil comme celui-ci. Le recueil Le recueil de 25 textes et de 20 illustrations est, dans un premier temps, magnifique. On ne peut passer à coté de l’attrait visuel qui est un beau plus value à la puissance des textes, tout en leur laissant la place nécessaire pour être et se tenir entièrement d’eux-mêmes. À l’intérieur, on retrouve donc 25 poèmes, en anglais, en français, courts, longs, de tous les genres. On y parle de féminisme, de racisme, de la place des femmes. Les sujets sont tout aussi variés et uniques que les formes et les personnes qui les ont écrits. C’est vraiment dans cette diversité des textes et des approches que se trouve la force de Nos …

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Le problème avec les femmes

Je suis tombée par hasard sur ce roman graphique alors que j’errais dans la section bd adulte de ma librairie de quartier. Le titre m’a d’abord intriguée, puis je l’ai feuilleté rapidement et j’ai décidé de me le procurer. Je n’ai pas été déçue de cette décision, puisque je l’ai lu deux fois de suite. Le problème avec les femmes de Jacky Flemming nous explique pourquoi les femmes ne se retrouvent pas dans nos livres d’histoire et pourquoi aucune femme ne s’est démarquée à travers les siècles. Plusieurs éléments sont en cause : leur tête est trop petite, elles vivent dans une bulle domestique, leur chevelure les empêche d’entendre et elles sont trop émotives pour comprendre les mathématiques, entre autres choses. Vous l’aurez compris, la totalité de cette histoire est basée sur l’ironie et le sarcasme. En utilisant un ton qui se rapproche du mansplaining, Flemming nous explique pourquoi les femmes, arrivées dans le monde bien après les hommes, n’ont pas les capacités physiques et mentales d’exercer les métiers masculins. Elle y insère même de …

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Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent : un deuxième tome tout aussi pertinent

Il y a quelques mois déjà, je vous parlais du premier tome de Culottées, une bande dessinée de Pénélope Bagieu qui nous fait découvrir des femmes exceptionnelles, culottées, qui auraient dû, elles aussi, marquer l’histoire. Tout comme notre fileuse Laurence, je suis une admiratrice du travail de Pénélope Bagieu, une bédéiste fascinante qui depuis quelque temps, prend position comme féministe dans son œuvre. Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent  Voilà le sous-titre de cette série et ça résume parfaitement bien le contenu. On y découvre la vie de femmes inspirantes, très souvent à contre-courant de leur époque et fondamentalement culottées, déterminées et inspirantes. Dans ce deuxième tome, on y croise 15 nouvelles femmes, toutes plus fascinantes les unes que les autres. Ce que j’aime le plus de ces bandes dessinées, c’est le côté féministe de l’œuvre. Pénélope Bagieu veut nous faire découvrir des femmes qui n’ont pas été reconnues, ou du moins, pas beaucoup, pour diverses raisons. Elle prend la parole en dénonçant l’invisibilité des femmes vis-à-vis les hommes et, du fait même, …

À la rencontre d’une jeune Simone

Je dois vous faire un aveu, car même si j’ai fait un certificat en études féministes à l’UQAM, je n’ai jamais lu de livres ou de romans de Simone de Beauvoir. Évidemment, j’ai lu des textes et des extraits de ses théories et philosophies de pensée, mais ça s’arrête là. Lorsque je suis tombée sur Simone de Beauvoir, une jeune fille qui dérange et que je pouvais voir sur la quatrième de couverture le célèbre Jean-Paul Sartre, je fus immédiatement intriguée. La relation entre ces deux personnages m’a toujours fascinée. Je me disais qu’avec ce roman graphique, j’allais satisfaire ma curiosité. Au départ, le terme « fille » me dérangeait. J’aurais préféré retrouver « une jeune (FEMME) qui dérange » dans le titre, surtout avec sa célèbre réplique « On ne naît pas femme, on le devient ». Après ma lecture, j’ai compris pourquoi les auteur-e-s ont utilisé le terme « fille ». C’est que le roman graphique se concentre surtout sur la jeunesse de notre célèbre féministe française. J’ai donc fait la connaissance d’une très jeune …

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Le second magazine papier des Filles Missiles : #pouvoirmagique.

10 février 2017. Lancement du deuxième magazine papier des Filles Missiles au Quai des brumes. Il est possible de voir certaines auteures au bar, devant le stand de vente, éparpillées un peu partout… Les femmes ne sont pas discrètes, elles prennent toute la place. Puis des sifflements, des cris, des gorges qui se déploient : une performance. Le thème de ce second magazine est MAGIE. Après les lectures, la soirée s’étire encore un peu, les gens se donnent des câlins, les esprits un peu plus embrumés que tantôt s’entremêlent et c’est dans le métro, direction Honoré-Beaugrand, que je commence ma lecture. (En pensant encore au one-piece rose vraiment #goal de Marie Darsigny) Malgré sa sombre couverture, l’intérieur du magazine déborde de couleurs. On dirait presque que des paillettes se déposent sur nos doigts en tournant les pages. Les illustrations sont signées par Véronique Lévesque-Pelletier, Camille Monette-Dubeau, Sophie Latouche (qui a aussi fait la couverture), Charline Bataille et Geneviève Lovestruck. Dans ces images, il est question du quotidien, de douceur, d’enjeux féministes (obviously), de rage et de …