Bibliothérapie
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Tout le monde brille comme une comète

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Dernièrement, la mort de Robin Williams a secoué tout le monde, y compris moi-même. Une vague de commentaires a déferlé sur les réseaux sociaux et, même si je n’ai pas cette tendance naturelle à aller publier des statuts et mettre à jour mes différents comptes, j’ai moi aussi eu l’envie d’écrire sur cette bien trop triste nouvelle. J’ai eu envie de dire à quel point le départ de ce grand homme m’attristait, j’ai aussi eu envie de lui faire un hommage merveilleux, mais je ne me sentais pas la force, ni même la capacité d’égaler toutes les belles choses qui ont été dites sur cet acteur extraordinaire.

Alors, j’ai commencé à me questionner sur ce qui devait être retenu de cette consternante nouvelle, sur ce qui ne devrait jamais être oublié. J’ai commencé à me demander : pendant combien de temps allions-nous parler de ce malheur ? Pendant combien de temps allions-nous parler de suicide et de perte? Combien de temps avant que le temps ne passe et qu’on retourne dans notre quotidien routinier ?

Peu de temps pour plusieurs. Une éternité pour plusieurs autres.

Une chose est certaine, on ne doit pas oublier qu’on a le pouvoir de changer les choses. Et qu’il faut l’utiliser, ce pouvoir, avant qu’il ne soit trop tard.

Loin de moi l’idée de me servir de la mort d’une célébrité pour écrire un autre commentaire visant à sensibiliser quiconque. Non. Je ne suis pas mieux placée que personne pour le faire. Ce que je sais cependant, c’est que nous ne prenons pas assez soin les uns des autres. Et attention, je ne dis pas ça dans une perspective clichée où j’aimerais que tout le monde se tienne par la main et se regarde dans le blanc des yeux en se faisant des confessions. Non. Je suis réaliste. Je sais bien que nous vivons dans un monde où tout doit toujours aller trop vite et où nous avons à peine le temps de nous arrêter. Je sais bien que de prendre soin de soi est déjà un grand défi et que l’on ne sait pas toujours comment s’y prendre pour aider les autres. Je sais bien que je parle aussi un peu à travers mon chapeau puisque je ne prends pas non plus toujours le temps de m’informer de la situation de chacune des personnes qui me tiennent à cœur. Pas plus que je ne prends le temps de m’arrêter pour les aider. Mais je sais que c’est ce qu’il faudrait que je fasse. Je sais que c’est une action qui pourrait quelques fois avoir des effets plus que bénéfiques.

Cette année, j’ai lu le roman de Philippe Meilleur : André Fortin. L’homme qui brillait comme une comète. Pour ceux qui ne connaissent pas André Fortin (peu de gens, j’imagine), il était le chanteur du groupe québécois Les Colocs et il s’est enlevé la vie en mai 2000. Onde de choc qui avait ébranlé le Québec en entier (*voici un bien trop court résumer de la vie d’un grand homme, mais j’y reviendrai dans un autre article).
Or, en lisant cette biographie, je me suis rendue compte (même si j’étais déjà un peu au courant) que Dédé était un jeune homme très troublé. Qu’il avait besoin d’aide et qu’il ne savait pas toujours comment s’y prendre pour en demander. Que la création était pour lui une échappatoire, mais qu’il subissait les moindres revers de sa vie avec une intensité folle, trop folle.
André était aussi une personne angoissée, un être à fleur de peau qui absorbait toutes les vibrations de son environnement. Il était tourmenté, traversé de crises existentielles, se remettait sans cesse en question, doutait énormément de son art, de ses choix, de sa personne. Un petit garçon, pas tout à fait adulte, rempli de peurs et de tourments dans lesquels il puisait pour créer.

À chaque page, je me disais que j’aurais aimé être auprès de lui. Que j’aurais su l’aider. Que j’aurais su être présente pour lui et qu’il n’aurait surement pas posé le geste qu’il a posé si j’avais été là. Je suis persuadée que je ne suis pas la seule à avoir eu cette pensée. Et je réalise aujourd’hui que je ne n’aurais pas pu le sauver. Que personne, peut-être, n’aurait pu le sauver. Je suis persuadée que tout le monde aurait essayé (puisque tout le monde a essayé, à l’époque), mais qu’il aurait fallu savoir comment s’y prendre pour aider quelqu’un de si tourmenté.

Je pense que tout le monde brille comme une comète. Mais j’ai peur qu’à force de nous concentrer sur la lumière que nous-mêmes, nous projetons, nous oublions de nous occuper des autres comètes qui gravitent autour de nous. J’ai peur qu’à force d’avoir soif d’expansion, nous nous éloignons des autres. J’ai peur qu’on ne fasse pas assez attention aux autres. J’ai peur, moi-même, de ne pas assez faire attention aux autres.

J’ai vu beaucoup de gens partir… par choix, ou non. Et j’ai côtoyé beaucoup de gens qui étaient près de moi (ou un peu plus loin) et qui ont subi des départs forcés. Ces départs sont déchirants parce qu’on sait qu’on aurait pu jouer un rôle salvateur, mais qu’on ne l’a pas fait. On ne l’a pas fait parce qu’on n’a pas su voir ce qui se tramait, ou on ne l’a pas fait parce qu’on n’a tout simplement pas été avisé.

Ce problème est sérieux. Ignorons-le et il deviendra encore plus sérieux.

Je ne sais toujours pas à ce jour comment je m’y prendrais pour aider quelqu’un de si troublé, mais je sais que je l’aiderais. Sans hésiter. Je sais qu’il faut en parler et ne pas avoir peur de le faire. Je sais qu’il faut profiter du fait qu’on peut aider et qu’on peut être aidé.

Finalement, comme je crois fortement que bien des choses peuvent se régler par la bibliothérapie. Voici quelques livres que vous pourriez lire ou conseiller à quelqu’un à qui ça pourrait faire du bien de les lire.

André Fortin. L’homme qui brillait comme une comète (Phillipe Meilleur)
Pour comprendre un peu le mal de vivre. Pour en savoir plus sur la vie de Dédé. Pour se mettre dans la peau d’un être troublé.

N’oublie pas d’être heureuse (Christine Orban)
Pour ceux qui ont envie de changer de vie, de s’évader. Pour ceux qui ont envie de mener une autre vie que la leur.

Une parfaite journée parfaite (Martin Page)
Pour les désespérés. Pour ceux qui ne voient pas d’issus possibles. Pour ceux qui pensent que plus rien, jamais, ne leur fera changer d’idée sur leur malheur.
Les souvenirs (David Foenkinos)
Pour les nostalgiques. Pour survivre à une situation difficile (dans ce cas-ci, le deuil) et ne pas trop tomber du côté de la folie.
Accro au malheur (Marie-Ève Potvin)
Pour ceux qui tentent de s’en sortir, mais qui ont de la difficulté à trouver LA bonne façon de le faire. Pour ceux qui ont besoin d’humour et de compréhension.

Petite (Geneviève Brisac)
Pour ceux qui sont obsédés par leur poids et qui ont un mal de vivre qui en découle. Pour ceux qui ont besoin qu’on leur parle d’émotions et de compréhension.

Manuel du guerrier de la lumière (Paolo Coehlo)
Pour ceux qui tentent de trouver un sens à leur vie. Pour ne pas abandonner cette quête de sens qui finira bien par aboutir.

Je ne dis pas que ces livres vous sauveront la vie (quoique…), mais je dis qu’il vous aideront.

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