Art et créativité
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Un voyage où absolument tout était prévu

Il y a de cela plusieurs mois, j’ai fait la lecture de mon premier Jules Verne, «Le tour du monde en 80 jours», qui fut pour moi un vrai coup de cœur. Ayant eu comme cadeau de Noël des billets pour aller voir la pièce au Théâtre du Nouveau Monde, j’étais impatiente de rencontrer ces célèbres aventuriers, Phileas Fogg, Passepartout et la Princesse Aouda. Ils ont chacun un caractère et une personnalité différente. Il faut déjà savoir qu’ils sont tous d’origine différente et cela semble avoir un impact sur leur personnalité. Fogg étant un anglais, il est gentleman, rationnel et minutieux surtout en ce qui concerne le temps. Tandis que Passepartout, étant français, sera peut-être un peu plus libertin, attachant et maladroit. Tous les deux se feront poursuivre par un policier, Fix (également anglais), suite au cambriolage d’une grande banque anglaise. Fogg est soupçonné. Ensemble, ils feront la rencontre avec différentes cultures, dont celle de la Princesse Aouda. La vision de l’Orient et de l’Occident seront confrontées, ainsi que les valeurs de Fogg. Finalement, au cours de notre lecture, Fogg nous énerve parce que son personnage ressemble à la mécanique d’un cadran. Tout est routinier et il est détestable par ses raisonnements sans émotion.

Puis, suite à ma lecture, j’ai constaté que Disney m’a encore menti. Je ne sais pas si tout comme moi vous avez vu la version de Disney du «Tour du monde en 80 jours». Passepartout se trouve à être joué par nul autre que Jackie Chan. Oui oui. Un chinois qui personnifie un français. Il y a également Aouda qui n’est pas Aouda… Il n’y a aucune montgolfière dans l’histoire. Il est vrai que Jules Verne avait tendance à présenter de nouvelles inventions en ce qui concerne les moyens de transports, cependant la montgolfière n’en fait pas partie dans ce roman. C’est plutôt en train, en bateau ou à dos d’éléphant que j’ai voyagé au cour de ma lecture. Tout au long, j’espère que Fix ne réussira pas à capturer Fogg et que celui-ci réussira son pari, mais après tout «absolument tout était prévu».

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Photo : Karina

Au théâtre… Telle une gamine, je suis excitée de rencontrer ces personnages que j’aime tant. Je suis curieuse de savoir comment ils vont représenter l’Inde, la Chine, le Japon, les États-Unis, etc. Sur le haut de la scène nous retrouvons le mécanisme d’une horloge, tout en ayant en bruit de fond le tic-tac de celle-ci. La scène est en mouvement. On débute le spectacle dans le célèbre Club des gentlemen de Fogg pour ensuite se retrouver dans un bateau en direction de l’Inde. Grâce au décor, mais surtout à la participation des acteurs, nous croyons au mouvement des transports. Qui se soit de bouger de haut en bas pour démontrer le mouvement régulier du train ou de se balancer de gauche à droite pour représenter le mouvement des vagues sur un bateau. Mais le plus impressionnant, c’est le moment où les acteurs se transforment en éléphants !

Les changements de pays sont démarqués par un petit quelque chose de très typique au pays, que ce soit les ombres chinoises pour représenter la Chine ou encore des vendeurs de rue qui nous arnaquent en Inde. La pièce est construite avec humour et est fidèle au roman, sauf pour la montgolfière.

Les acteurs jouent parfaitement leur rôle. Fogg (Benoît Gouin) est détestable, Passepartout (Stéphane Breton) adorable, Fix (Carl Béchard) est… comique dans son ambition de tant vouloir attraper son criminel. Mon personnage préféré reste la Princesse Aouda (Tania Kontoyanni), puisqu’elle sait comment confronter les valeurs masculinistes et occidentales de ce cher Fogg. J’ai passé un excellent moment en compagnie de ces quatre aventuriers. Si vous n’avez pas la chance d’aller voir la pièce, je vous conseille sa lecture.

LE TOUR DU MONDE EN 80 JOURS

au Théâtre du Nouveau monde

(Une création du Théâtre Tout à trac)

du 28 avril au 23 mai 2015

adaptation et mise en scène HUGO BÉLANGER

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