Le mystère
L’idée de base de ce roman avait tout pour piquer ma curiosité. Ici, Lola Lafon nous propose de lever le voile sur la vie de Nadia Comaneci, l’enfant prodige des Jeux Olympiques de Montréal. L’histoire de Nadia éveillait une double curiosité en moi. D’abord, j’étais curieuse d’en apprendre davantage sur la vie dans les pays de l’Est, sur la Roumanie communiste. Il me semble que l’URSS est entourée d’une aura de mystère et j’ai toujours envie de faire partie de ces initiés qui savent comment c’était de l’autre côté du mur. Ensuite, il y a la curiosité de connaître le parcours et les aléas d’une personne connue, qui a eu un destin qui nous semble extraordinaire.
La narration
Bien que ce soit une histoire romancée, où l’autrice interprète et parfois imagine ce qu’a pu être la vie de la gymnaste, parce que nous savons somme toute très peu de chose sur sa vie, j’ai été complètement charmée par ce récit/fiction. La force de ce roman réside dans sa double narration. La première est une narration traditionnelle où Lola Lafon nous raconte l’enfance de Nadia: sa rencontre avec son entraîneur, les longues heures d’entrainement, les différentes compétitions auxquelles elle a participé. Bref, une narration de type biographique. La deuxième narration, la plus intéressante selon moi, est une conversation imaginée entre l’autrice et Nadia. Ce sont les réponses et les réactions imaginées de Nadia face à l’interprétation que Lola Lafon fait de sa vie qui constituent les meilleurs moment, les réflexions les plus solides. Ce jeu de réponse où Nadia commente et critique les chapitres que lui envoie l’autrice permet d’insérer une critique de l’Ouest et une touche féministe tout au long du roman.
Sommes-nous vraiment meilleurs?
En levant le voile sur la Roumanie communiste, Lola Lafon montre aussi l’interaction entre l’Est et l’Ouest, comment il y avait une compétition et un jugement constant, comment il était important d’être meilleur que le bloc adverse. À la lumière de l’histoire de Nadia, l’autrice nous rappelle sans détour notre occidentalocentrisme et les failles de notre système. C’est comme une claque dans la face pour nous rappeler que nous ne sommes pas les meilleurs, qu’il n’y a rien de parfait et que nous devons encore travailler à nous améliorer.



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