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La solitude lumineuse de Pablo Neruda, un voyage en quelques pages

Pablo Neruda La Solitude Lumineuse Le Fil Rouge

Pablo Neruda est un auteur et poète chilien que j’aime beaucoup. Ce genre d’auteur qui sait révéler la beauté et la cruauté du monde avec des mots simples et percutants. Qui sait balader le lecteur sur le fil qui sépare le réel de l’imaginaire.

Je reviens d’un (trop) court séjour au Chili, durant lequel j’ai beaucoup appris sur la dictature de Pinochet, ce régime qui a contrôlé le pays entre 1973 et 1990 et qui n’est pas encore tout à fait reconnu comme dictature par le gouvernement chilien. Si vous allez un jour à Santiago et que le sujet vous intéresse, je vous recommande d’aller faire un tour au Musée de la mémoire et des droits de l’homme. Une belle claque dans la face.

Si je vous en parle, c’est parce que la vie et l’œuvre de Neruda y sont liées.

Le coup d’État de 1973

Dans les années 70, le Chili est gouverné par le socialiste Salvador Allende. Dans le contexte de la Guerre froide, les États-Unis de Richard Nixon voient d’un mauvais œil la montée du socialisme et du communisme en Amérique du Sud. Ils offrent alors leur soutien à Pinochet, qui renverse le gouvernement d’Allende par un coup d’État militaire le 11 septembre 1973. S’en suivront 17 ans de dictature, dont plus de 40 000 Chiliens seront victimes (disparitions, emprisonnements, tortures, etc.).

Communiste engagé, ami de Salvador Allende, Neruda est retrouvé mort dans sa maison saccagée le 23 septembre 1973, soit 12 jours après le putsch. Le transfert de son corps depuis sa maison jusqu’au cimetière de Santiago est considéré comme la première protestation publique du peuple chilien contre le nouveau régime militaire.
Comme la plupart des crimes commis durant la dictature, son assassinat n’est toujours pas reconnu par le gouvernement chilien, bien qu’une autopsie de 2017 ait permis de rejeter la version officielle d’une mort due à un cancer.

Un voyage en Asie

Je suis tombée sur La solitude lumineuse au hasard d’une sélection « Coup de cœur » dans un Renaud-Bray. La couverture de cette édition de Folio a tout de suite attiré mon regard : lumineuse, c’est le cas de le dire. Une invitation au voyage.

La solitude lumineuse est un court extrait de l’œuvre J’avoue que j’ai vécu. Cet extrait est un voyage dans l’Asie coloniale des années 30. Pablo Neruda y raconte sa vie au Sri Lanka, à Singapour et en Indonésie, lorsqu’il y était envoyé comme diplomate par le gouvernement chilien. Au temps où, comme le dirait Marguerite Duras, « vivre du voyage était encore possible ». 

À cette époque, le Chili avait des consulats un peu partout dans le monde, malgré une position géopolitique mondiale qui n’était pas assez dominante pour le justifier vraiment. Les consuls chiliens ne jouissaient donc pas d’un statut et d’un niveau de vie prestigieux, ni d’une activité quotidienne très intense. De ce fait, Neruda vivait dans la simplicité et avait du temps pour écrire, c’est donc à cette époque qu’il termina son œuvre Résidence sur la Terre.

La solitude lumineuse est bercée de cette tranquillité et de cette nonchalance si caractéristiques des pays chauds, et dans lesquelles il est doux de se plonger pendant notre hiver québécois.

Pablo Neruda y raconte avec bienveillance et autocritique sa découverte de ces pays étrangers et ses rencontres passagères avec toutes sortes d’individus : des locaux, des étrangers et des femmes, bien sûr. Et Kiria, sa mangouste apprivoisée, à qui il prête des pouvoirs magiques capables d’éloigner les serpents.

Cette œuvre est comme un pont entre deux époques, figée dans un moment où le monde était en train de changer radicalement, où l’apparente douceur de la vie en Asie décrite par Neruda ne laissait rien présager des drames qui allaient se dérouler quelques années plus tard en Europe, qui allaient marquer un tournant dans la géopolitique mondiale et amener le Chili à la crise démocratique qui a provoqué la mort de Neruda.

En quelques mots, La solitude lumineuse est un petit livre rapide à lire, parfait pour s’évader de la saison grise interminable.

Et vous, avez-vous un livre qui vous permet de voyager sans sortir de chez vous?

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