La fille d’Ulysse et l’idéalisation du voyage
La fille d’Ulysse, de Marie-Pascale Huglo, est un récit de voyage qui n’en est pas un. C’est plus une fuite qu’un voyage, c’est un empressement, un étouffement qui conduit nulle part. Dans ce récit écrit à la première personne, on ne connaît pas le nom du personnage principal, une jeune femme de 17 ans qui vit sur une petite île du sud. Blasée par un milieu isolé elle part, laissant derrière elle sa soeur jumelle. Clandestine, elle est loin d’avoir le choix de sa destination et se retrouve sur ce que Huglo appelle le neuvième continent. À travers le périple de la «fille d’Ulysse», on se retrouve donc sur le neuvième continent, une île formée par l’agglutination de tonnes de déchets. La tentation d’un nouveau départ est forte pour les volontaires sur ce nouveau continent, mais la réalité rattrape bien vite cette jeune voyageuse qui apprend petit à petit que changer d’endroit ne change pas toujours le mal de place. Quand je dis que La fille d’Ulysse est un récit de voyage qui n’en est pas un, c’est bien parce …

