Auteur : Marjorie Rhéaume

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Futur Sex : les expériences et impressions d’une journaliste en quête de réponses

Alors qu’elle se retrouve célibataire à 30 ans, Emily Witt, journaliste pour la prestigieuse revue N+1 à New York, se pose des questions sur l’amour, la sexualité, le couple. La révolution sexuelle est loin, les relations amoureuses ont bien évolué, et elle décide d’enquêter, tant pour comprendre ce qu’est devenu le couple que pour mieux connaître sa propre sexualité. Elle pose ses bagages à San Francisco et dresse le portrait de nouvelles pratiques sexuelles : sites de rencontre virtuels, gigantesques festivals libertaires, castings pornographiques extrêmes, méditation orgasmique, polyamour. Emily Witt les explore tous et va jusqu’à tester elle-même certaines de ces méthodes. Elle met en scène ses doutes, ses fous rires, ses angoisses et ses coups de spleen, et questionne ce qu’est devenu le sexe dans une société ultramoderne. Divisé en 9 textes mettant en scènes différentes expériences et questionnements, Émily Witt aborde la sexualité, les rapports humains, l’esprit de communauté et certains tabous avec l’esprit ouvert, sans pour autant mettre de côté son sens critique. Alors que certaines des expériences qu’elle expérimente m’ont surprise et …

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Nos plumes comme des armes : un recueil nécessaire et poignant.

Nos plumes comme des armes – Our words as weapons- est un recueil de poèmes engagé et  bilingue qui a pris vie suite à la colère et l’indignation de son instigatrice, Elisabeth Massicoli. J’ai décidé de lui poser quelques questions pour en savoir un peu plus sur ses motivations, ainsi que le travail derrière la création d’un recueil comme celui-ci. Le recueil Le recueil de 25 textes et de 20 illustrations est, dans un premier temps, magnifique. On ne peut passer à coté de l’attrait visuel qui est un beau plus value à la puissance des textes, tout en leur laissant la place nécessaire pour être et se tenir entièrement d’eux-mêmes. À l’intérieur, on retrouve donc 25 poèmes, en anglais, en français, courts, longs, de tous les genres. On y parle de féminisme, de racisme, de la place des femmes. Les sujets sont tout aussi variés et uniques que les formes et les personnes qui les ont écrits. C’est vraiment dans cette diversité des textes et des approches que se trouve la force de Nos …

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Je finirai bien par comprendre; quand l’art devient un no man’s land contre l’exil.

Avoir deux pays, être déchiré entre deux endroits, deux mondes, deux soi. Quitter la France à 6 ans, quitter le Québec à 15, y revenir jeune adulte, quelles sont les traces que ces exils laissent chez quelqu’un? Ce sont ces questions que se posent l’auteure Élisabeth Recurt dans son court roman Je finirai bien par comprendre. Divisé en 4 livres – ou bien chapitres – on retrouve Élisabeth, 6 ans, prête à partir en vacances, sans date de retour. Dans cette première partie, on se trouve face à la naïveté d’une enfant qui ne comprend pas l’ampleur de ce qui lui arrive, qui subit les choix d’adultes et qui n’a d’autres options que de suivre, sans trop poser de questions. S’en suit alors les questionnements d’une adolescente qui n’est française que pour les québécois et québécoise que pour les français. Prise entre deux, amoureuse de son pays d’adoption, c’est face à la colère d’une adolescente qui se voit contrainte de retourner sur une terre qui ne semble plus être la sienne qu’on se retrouve dans le second …

Rien n’est trop beau pour les gens ordinaires; au coeur d’une guerre de HLM

Berthold vit chez sa mère. Pourtant, il approche la cinquantaine. Ensemble, ils vivent dans un HLM que le gouvernement tente de reprendre à ceux qui ont une chambre inoccupée. Situation dans laquelle notre protagoniste se retrouve lorsque sa mère, un peu sénile, meurt. Que faire s’il ne veut pas perdre son loyer- seul endroit ou il se sent chez lui après un divorce, la mort de sa fille et une lourde dépression- ? Trouver quelqu’un pour jouer le rôle de sa mère, bien sûr! C’est  ainsi que débute le tout dernier roman de Marina Lewycka. Après Traders, Hippies  et Hamsters, que j’avais bien apprécié, j’étais bien curieuse de retrouver la plume de cette auteure et de voir dans quelle histoire rocambolesque elle allait m’emporter cette fois. On se retrouve donc à suivre Berthold, fils à maman, comédien déchu, se remettant tant bien que mal d’une dépression, alors qu’il recrute la colocataire de chambre d’hôpital de sa mère, une vieille ukrainienne au tempérament bien trempé, pour jouer le rôle de sa mère, tentant de flouer les services …

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Nous sommes bien seules : des nouvelles douces-amères sur la solitude, sous toutes ses formes.

Nous sommes bien seules est une petite plaquette de tout juste 100 pages, résultat du travail de Julie Bosman. Après avoir rencontré et interviewé des femmes, d’âges et de milieux différents, ayant comme point commun le fait d’être seule depuis un bon moment, Bosman fut inspirée à écrire les 15 nouvelles qui forment Nous sommes bien seules. Le résultat est touchant, poignant, empreint à part égale de tristesse et d’espoir. La solitude, bien au-delà du célibat  Les différentes solitudes dépeintes dans les nouvelles de Bosman vont bien au-delà du célibat. Elles abordent aussi la mort, les émotions refoulées, le fait de se sentir seule à deux, les séparations douloureuses, les difficultés à trouver quelqu’un avec qui partager un moment. On se trouve face à une série d’histoires différentes qui font résonner quelque chose en nous. Toutes tournent autour de la solitude, le manque de l’autre, sans tomber dans aucun cliché simple. Bien outre le fait que chacune des nouvelles soit tirée d’un véritable témoignage, on ressent la véracité et l’authenticité de chacune d’elles. Non pas parce qu’elles sont vraies, …

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À vos crayons : oser s’approprier nos lectures

Tout a commencé par quelques pages cornées, ici et là. Doucement, minutieusement, juste pour donner un peu de vécu. Ensuite, rapidement, ce fut les crayons de plomb, les marqueurs jaunes, mais pas dans tous les livres. Seulement les essais, les livres usagés, les livres de psychopop. Les romans restent, pour le moment, intouchables, mais je ne sais pour combien de temps encore. Alors oui, j’ai osé noircir les pages de mes livres, y mettre de l’encre indélébile et même, parfois, y ajouter mes propres mots. Je m’approprie mes lectures et j’en ressors toujours avec une plus grande compréhension, une impression d’immersion plus profonde. Peut-être est-ce l’habitude des textes universitaires que je soulignais et annotais abondamment pour essayer d’en ressortir l’essence. Peut-être est-ce simplement le fait de pouvoir y revenir et y retrouver plus facilement des passages bouleversants, peut-être est-ce simplement le fait d’avoir l’impression de mieux lire ainsi. En fait, c’est sûrement un mélange de tous ces « peut-être ». Ralentir la cadence pour mieux assimiler Je suis quelqu’un qui lit vite. J’embarque dans l’histoire, je …

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Petit exercice d’écriture : entre père et fille

Aujourd’hui, c’est l’anniversaire de mon père et, pour célébrer, pour lui offrir un petit quelque chose de spécial, je fais cet article. Il m’avait parlé, à quelques reprises, de son intérêt à voir publiés nos deux textes sur le blogue, chose due, chose faite. Bonne fête papa !! Tout a commencé par un extrait de Plus on est de fous, plus on lit! Je ne sais plus lequel mais il s’agissait d’un exercice d’écriture où, à tour de rôle, chacun donnait une phase à l’autre et il avait deux heures pour écrire un texte qui débutait avec la phrase choisie par l’autre personne. Mon père, ayant trouvé l’idée bien originale et intéressante, me lança le défi. On a tous deux pris bien plus de deux heures pour écrire nos textes et nous l’avons fait en alternance. Mon père m’a donné une phrase, j’ai écrit un texte. Je lui ai donné une phrase et il a simplement continué ce qui avait été écrit, avec la phrase donnée. C’est un exercice pas trop contraignant et vraiment plaisant à faire, …

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L’hibiscus pourpre : religion, abus et dogmes

L’hibiscus pourpre, tout dernier roman de l’auteure nigériane Chimamanda Gnozi Adichie est aussi la première fiction de l’auteure qui se retrouve entre mes mains. Après avoir lu – et adoré- Nous sommes tous des féministes et Chère Ijeawele, il était plus que temps de me plonger dans l’un de ses romans. J’aurais tout aussi bien pu me plonger dans Américanah ou Autour de ton cou, mais c’est par L’hibiscus pourpre que j’ai choisi de découvrir la prose de l’auteure. Un lent début Campé dans un Nigéria post coup d’État, Adichie s’immisce dans le quotidien de Kambili, jeune adolescente nigériane vivant dans une famille aisée dont le père, propriétaire d’usines, est un catholique fondamentaliste hautement placé et très respecté dans leur communauté. Les premières pages, disons les 60 premières, m’ont laissée plus ou moins de glace. Pourtant, c’est dans ces premières pages que s’installe le drame, mais tout s’installe tellement doucement, si lentement qu’il faut patienter quelque temps avant de comprendre toutes les subtilités et tous les non-dits dans lesquels se déroule l’histoire. Par contre, du moment où l’histoire …

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Dear Ijeawle : petit manifeste en 15 suggestions

C’est lors de la journée internationale des droits des femmes, une journée après sa sortie, que je me suis retrouvée en librairie avec la ferme intention de me procurer le nouvel essai de l’auteure Chimamanda Ngozi Adichie. Dans la même veine que Nous sommes tous des féministes, elle  nous revient avec une autre petite plaquette ; Dear Ijeawele, or A Feminist Manifesto in Fifteen Suggestions.   Sous forme de missive, elle prodigue 15 conseils et suggestions  à une amie, nouvellement maman d’une petite fille.  Tout en nuances, Chimamanda offre son opinion sur les possibles marches à suivre pour élever une fille forte et indépendante dans une société qui valorise plus souvent qu’autrement  le contraire. La perspective d’Adichie est intersectionelle, racisée et bien évidemment féministe. Elle crée un espace pour discuter des stéréotypes de genres, des standards de beauté, de la sexualité, en remettant le tout dans un contexte bien ancré dans la culture de son pays d’origine, le Nigéria. D’à peine 80 pages, ce petit essai est rempli de bon sens. Je dois avouer avoir eu, …

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Un long soir; microrécits à saveur d’exil

Un long soir, de Paul Kawczak, est une petite tablette qui se lit, du début à la fin, en l’espace d’une heure, peut-être deux. C’est la forme de ce livre qui m’a d’abord attirée, outre la couverture assez tape à l’oeil. J’ai eu envie de sortir de ma zone de confort de lectrice, sans pour autant m’engager longuement dans une nouvelle lecture. Une série de courts récits me semblait donc la réponse à mon envie d’aventure littéraire. Je n’aurais pu mieux tomber en termes d’aventure et de dépaysement. Non seulement la structure de type microrécits, mélangée à une écriture poétique et imagée, est venue me rejoindre, mais les thématiques, celles de l’exil, de la quête, du voyage, du passé et du désir sont aussi parfaitement mis en scène et adaptés à la forme. Dans un premier temps, il faut dire que j’ai été impressionnée par toute la force et l’émotion qui se dégagent de chacun des récits. Séparés par chapitres, les lieux, autant les maisons que les pays, sont au cœur de presque tout les récits, d’une …