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Les débutantes : un roman sur l’amitié et le féminisme

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Dans son premier roman, J. Courtney Sullivan s’intéresse à l’amitié dans l’université féminine américaine de Smith. Les débutantes raconte l’histoire de quatre amies. À l’image de Quatre filles et un jean, elles sont complètement différentes, mais savent si bien se compléter. Malgré ce cliché un peu dérangeant dans les premières pages, l’histoire réussit tout de même à accrocher. Les personnages féminins sont bien ficelés et tout en nuance. Outre les potins et les séances de lecture du Vogue, les quatre filles : Bree, Celia, April et Sally sont multidimensionnelles et réalistes. Elles représentent à merveille les femmes contemporaines coincées entre l’envie de réussir et celle de s’épanouir.

Les thèmes abordés sont nettement plus originaux que la structure ; culture du viol, homosexualité, mariage, carrière, inceste, féminisme. En effet, le roman est traversé par l’histoire du féministe américain. Les changements sociaux liés aux femmes sont racontés tout en livrant une réflexion fort intéressante sur l’importance du féminisme de nos jours et sur la complexité contemporaine d’être tout en même temps : amante, copine, carriériste, mère, épouse, féministe, amie, etc.

« Aussi libérées qu’elles puissent paraître, ses amies vivaient bel et bien dans un roman de Jane Austen »

L’histoire raconte la vie universitaire et le début de vie professionnelle de quatre amies. Chacune à sa manière, elles confronteront les dilemmes et les paradoxes de la vie adulte. Écrite dans une langue simple, l’oeuvre de J. Courtney Sullivan réussit, à travers les péripéties de ces quatre personnages, à nous donner envie, à nous aussi, d’être leur amie. Et c’est tant mieux, car il s’agit d’un roman qui rend hommage à l’amitié féminine, à sa force comme à sa beauté.

Le féminisme ne tient pas une place primordiale, dans le sens où le roman s’attarde tout de même à la vie des filles. Cependant, le personnage d’April, qui est considérée comme une féministe radicale, apporte une substance plus intellectuelle au roman. Cette dernière, qui travaille avec une féministe renommée, permet au roman de s’attarder davantage à des faits historiques de la pensée féministe américaine. C’est d’ailleurs ce personnage qui sera à la base même de l’intrigue du roman.

Bref, je conseille ce roman léger à des lectrices qui s’intéressent au féminisme et qui ont envie de décrocher un peu. L’oeuvre est en soi facile à lire et réussit à décrire les personnages féminins avec douceur et sincérité. Pour celles qui auront été conquises par ce roman à mi-chemin entre le roman adolescent et le roman féminisme, je conseille Maine, le deuxième roman de l’auteure. Dans cette oeuvre, elle se penche sur les rapports familiaux féminins. En s’intéressant à des personnages de 80 ans à 20 ans, elle réussit, encore, à offrir des protagonistes féminins remplis de véracité et de tendresse.

« Toute femme a besoin d’un jardin secret, dit sa mère en souriant, puis son regard croisa celui de Sally dans le miroir du rétroviseur. Rappelle-toi de cela quand tu auras mon âge, ma chérie, parce que le monde est ainsi fait que la vie des femmes devient l’affaire de tous ; il faut se faire un petit coin juste à soi. »

Avez-vous déjà lu un roman de cette auteure américaine ? Et qu’est-ce que vous en avez pensé ?

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Lectrice invétérée, Martine est bachelière en études littéraires et la cofondatrice du Fil rouge. Créative et inspirée, elle a l’ambition de faire du Fil rouge un lieu de rassemblement qui incite les lectrices à prendre du temps pour elles par le biais de la lecture. Féministe, elle s’intéresse aux paradoxes entourant les mythes de beauté et la place des femmes en littérature. Elle tentera, avec ses projets pour Le fil rouge, de décomplexer et de dédramatiser le fait d’être une jeune adulte dans une société où tout le monde se doit de paraitre et non d’être. Vivre sa vie simplement et entourée de bouquins, c’est un peu son but. L’authenticité et l’imperfection, voilà ce qui lui plait.

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