Auteur : Martine Latendresse Charron

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Passion menstrues : le grand mystère des règles vu par Jack Parker

Connaissez-vous Jack Parker, la blogueuse derrière le blogue Passion Menstrues ? Dans ce blogue qui se veut totalement anti-complexes, elle aborde tout ce qui touche aux menstruations. Son but est vraiment de détruire les tabous, les croyances populaires et la honte qui découle (!) des menstruations. Détruire un tabou un mois à la fois…  Depuis 2015, Jack Parker informe les lectrices sur son blogue et souhaite les décomplexer vis-à-vis de leurs menstruations. Son livre aborde plusieurs questions d’un point de vue féministe qui font réellement comprendre toute l’importance de parler des menstruations avec naturel et simplicité. C’est facile en vieillissant d’oublier les tourments et les complexes que causait le fait d’avoir ses règles. Il suffit que je me souvienne de ma phobie de tacher mon pantalon au secondaire ou qu’on entende le plastique de ma serviette sanitaire lorsque je la changeais dans les toilettes publiques pour me souvenir que oui, il existe une sorte de honte dans notre société à être menstruée. Il faut que cela reste caché et ce, même entre filles. Pensons aux …

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Planète végane : pour le grand bien de la planète, des animaux & de nous-même

Dernièrement, je répondais à la question Quels sont tes 5 livres les plus marquants ? Or, je pense que si l’on m’avait posé la question après avoir lu Planète végane, il aura fait partie de ce top. Ce livre est apparu un peu par hasard, suite à un courriel de Hachette, entre mes mains, mais surtout, il est arrivé au bon moment. L’an dernier, j’avais aussi commencé ma réflexion concernant mon mode de vie et mon assiette, mais il faut croire que je n’étais pas encore tout à fait prête. Planète végane est donc arrivé au moment idéal. N’est-ce pas ce que font tous les livres qui nous marquent à jamais ? Je ne suis pas (encore) végane, j’ai toutefois fait beaucoup de changements dans mon mode de vie, mes croyances bien ancrées et dans mes placards dans les derniers mois, en devenant végétarienne par exemple, et je dois dire que Planète Végane m’a guidée et m’a fait cheminer dans ma réflexion. Je ne crois pas qu’il faut être végane pour apprécier cette lecture, ni …

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Valet de pique : Quand Joyce Carol Oates m’épate encore

J’aime me sentir obnubilée par une lecture. Avoir l’impression d’être complètement investie dans un récit et ne pas réussir à fermer le bouquin, avant de savoir. Savoir, tout simplement. Savoir comment les événements défileront. Vous connaissez sans aucun doute ce sentiment, vous lisez et hop, vous reprenez conscience de ce que vous étiez en train de faire! Quel plaisir de s’évader le temps de quelques pages, voire quelques heures, avec un bouquin entre les mains! C’est ce qui m’est arrivé à nouveau avec Joyce Carol Oates. La lecture de Sacrifice, un de ses derniers romans, m’avait totalement ravie et j’étais restée avec la forte impression que Carol Oates maîtrise à merveille les codes du thriller psychologique. En recevant Valet de pique, j’étais nerveuse à l’idée de lire à nouveau un de ses livres. Ça me fait toujours ça, quand j’aime trop un roman, je crains d’en lire d’autres du même auteur-e de peur de briser ce sentiment si fort que j’avais ressenti la première fois. Or, avec Valet de pique, je me suis sentie aspirée par …

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Tomber amoureuse d’une ville, est-ce possible ?

Êtes-vous déjà tombé(e) amoureuse ou amoureux d’une ville ? Vous êtes-vous déjà senti à la maison dans un endroit totalement à l’opposé de votre lieu de résidence ? Est-ce que c’est dans un autre lieu, dans une autre ville, que vous avez réussi à sentir la pure et tendre liberté d’être simplement vous ? Dans son essai Ceci n’est pas une ville, Laure Murat s’intéresse à son propre rapport à Los Angeles, où elle vit depuis plusieurs années. Elle affirme être tombée amoureuse de L.A., de sa lumière et en la lisant, on comprend qu’elle est tombée amoureuse des possibilités que la ville lui offrait, de l’espace que ce lieu de résidence créait pour elle. « J’ai aimé Los Angeles tout de suite, dès la sortie de l’avion. Tout m’a plu, la lumière, l’horizon, les palmiers, les voitures, l’urbanisme improbable, la langueur du paysage, la couleur d’or rose de l’atmosphère. Los Angeles, cité dépourvue de centre et de monuments, propice à l’errance et à la rêverie, défaisait d’un coup tous mes préjugés et m’offrait ce …

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Un journal de création pour mieux saisir les départs

Un tout petit livre qui raconte pourtant de bien grandes histoires. Tout doit partir de Johanne Fournier se lit avec lenteur, délectation et douceur. Il laisse place aux changements des saisons, au charme lourd et puissant d’un fleuve qui devient le phare d’un deuil. Il s’agit d’une oeuvre collage, collage entre le journal, la création, la poésie et le cinéma. Johanne Fournier est une cinéaste, c’est la première fois qu’elle prend le crayon et elle le fait nettement bien. Elle dira en entrevue que ce livre est le film qu’elle n’a pas fait concernant le décès de son père. Le temps qui file et les saisons qui bercent… Il y a quelque chose de très franc dans ce récit, on sent dès les premières pages l’authenticité de la voix qui nous raconte, de nombreuses façons et moments, la vie de son père. Essayant de faire du sens de cette perte, de ce deuil qu’elle se doit d’apprivoiser comme nouveau quotidien, Johanne Fournier fait preuve d’une grande vulnérabilité et parallèlement, elle nous dévoile ses racines. Les saisons …

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« Des images aussi minces que du papier » et tirées par les cheveux

Publié en 2004 aux Éditions de l’Effet pourpre, Ataraxie, de l’artiste Karoline Georges, ne ressemble à rien que vous connaissez déjà. Elle nous entraîne dans une histoire totalement fascinante où la quête du sublime et de la perfection est au centre du récit. Les Éditions Alto le rééditent dans une couverture des plus justes ce printemps (en librairie depuis le 13 juin). La couverture ne peut sembler être qu’un simple fer à lisser sous un fond rose, mais il s’agit de la source même du roman qui se déroule dans un salon de coiffure bas de gamme. Le roman raconte l’histoire d’une fille qui rêve d’atteindre le sublime, une pureté idéalisée. Elle met toute son énergie, physique comme intellectuelle, à atteindre cet objectif. Avec son amant parfait, rêvé et idéalisé, elle se retrouve dans un salon de coiffure où celui-ci travaille et c’est là-bas que l’histoire nous entraîne aux antipodes de ce qu’on aurait pu croire au départ. « Jamais il n’était question de nos passés, de notre devenir, du quotidien. Nous avions choisi la …

La beauté des traditions familiales

Je suis là, je suis là, c’est la petite phrase que la maman dit toujours à son fils en rentrant travailler, quand celui-ci est dans son lit, à attendre tendrement ces mots qui rassurent tant. Je suis là, je suis là, c’est un hommage aux traditions familiales, aux petites gestes qu’on fait maintes et maintes fois et qui deviennent, dû à l’accumulation, des repères dans une vie parfois trop grise. Je suis là, je suis là, c’est un album écrit par Marie-Francine Hébert, une auteure très reconnue dans le milieu littéraire jeunesse. Cette dernière fait preuve d’une grande tendresse dans les dialogues de l’album. Que ce soit par la grand-mère qui demande à sa fille de venir manger ou par les gestes quotidiens qu’elle répète pour aider sa fille, on décèle dans ce très bel album illustré par la talentueuse Mathilde Cinq-Mars, une grande douceur et poésie, qui se veut un bel hommage aux rituels familiaux et aux liens familiaux. Publié dans la collection Motif chez les éditions Druide qui est:  «  une collection proposée …

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L’autre Marie et la même Jeanne

En décembre dernier, j’ai découvert Jeanne chez les autres et Marie Larocque grâce à la réédition du roman chez No de série. C’était aussi le choix de notre groupe du samedi de notre club de lecture et ce fût vraiment une lecture appréciée par les membres, et par moi aussi! J’ai rapidement été charmée par la petite Jeanne, par sa famille toute croche, mais surtout, j’ai été éblouie par l’écriture de Marie Larocque. Sa plume est extrêmement orale, tellement qu’on entend les dialogues en les lisant, ce qui est un talent des plus chers et importants comme auteur-e, à mon sens. Ce printemps, Marie Larocque nous offrait L’autre Jeanne et ce, plusieurs années après la parution de Jeanne chez les autres, qui était en 2013. Sans le vendre comme une suite, on y découvre les mêmes personnages que dans Jeanne chez les autres qui quant à lui, devient le premier roman écrit par Jeanne. Du nom de Marie chez les autres dans le roman, on y décèle clairement un jeu de mise en abîme entre l’auteure et …

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La magie des aventures de ruelles du Mile-End

Je suis une grande admiratrice du travail d’Isabelle Arsenault. J’en ai parlé à quelques reprises sur le blogue (Jane, le renard et moi, Louis parmi les spectres, Virginia Woolf, Une berceuse en chiffons). Lorsque j’ai appris qu’elle publiait un nouveau livre et ce, son premier en tant qu’auteure et illustratrice, j’avais vraiment très hâte de le découvrir. L’oiseau de Colette est le premier d’une série publiée chez La Pastèque qui mettra en scène des enfants du Mile-End. Chaque prochain livre portera sur les aventures de la vie quotidienne de chacun des enfants de la troupe. Dans ce premier album, on y suit la jeune et imaginative Colette qui voudrait tellement avoir un animal de compagnie, si seulement sa mère acceptait! Arrivée dans son nouveau quartier, le Mile-End, Colette se fera de nouveaux amis, tout en partant à la recherche de sa perruche imaginaire, Elizabeth comme la princesse, oups la reine! C’est dans la ruelle Clark que ces aventures se dérouleront. Je trouve intéressant le choix de positionner le récit directement dans ce quartier de Montréal, …

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Le charme de la relecture

« Cherche-t-on dans la relecture la personne qu’on était ou celle qu’on est devenue? » C’est en lisant cette question que j’ai pris conscience de la motivation de Laure Murat dans son essai Relire, Enquête sur une passion littéraire. Dans cet essai, elle s’entretient avec différents auteurs contemporains français et gens du milieu du livre, tels que Christine Angot, Annie Ernaux, Éric Chevillard et plusieurs autres. Elle leur a envoyé un questionnaire (disponible à la fin de cet article) pour connaître de quelle façon ceux-ci voyaient la relecture. Elle tenait à donner la parole à ceux qui relisent pour mieux comprendre le charme de se replonger dans un livre qu’on a déjà connu. Le premier chapitre de l’essai est consacré à analyser la relecture et les raisons pour lesquelles les gens aiment relire ou au contraire n’aiment pas. Quoique cela reste profondément intime, comme le démontreront les réponses des participant-es, il est intéressant d’analyser ce phénomène auquel s’adonnent les amoureux des livres. N’avons-nous tous pas un livre marquant voire fétiche qu’on aime relire, pour s’y …