Auteur : Martine Latendresse Charron

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Des images aussi minces que du papier et tirées par les cheveux

Publié en 2004 aux Éditions de l’Effet pourpre, Ataraxie, de l’artiste Karoline Georges, ne ressemble à rien que vous connaissez déjà. Elle nous entraîne dans une histoire totalement fascinante où la quête du sublime et de la perfection est au centre du récit. Les Éditions Alto le rééditent dans une couverture des plus justes ce printemps (en librairie depuis le 13 juin). La couverture ne peut sembler être qu’un simple fer à lisser sous un fond rose, mais il s’agit de la source même du roman qui se déroule dans un salon de coiffure bas de gamme. Le roman raconte l’histoire d’une fille qui rêve d’atteindre le sublime, une pureté idéalisée. Elle met toute son énergie, physique comme intellectuelle, à atteindre cet objectif. Avec son amant parfait, rêvé et idéalisé, elle se retrouve dans un salon de coiffure où celui-ci travaille et c’est là-bas que l’histoire nous entraîne aux antipodes de ce qu’on aurait pu croire au départ. « Jamais il n’était question de nos passés, de notre devenir, du quotidien. Nous avions choisi la …

La beauté des traditions familiales

Je suis là, je suis là, c’est la petite phrase que la maman dit toujours à son fils en rentrant travailler, quand celui-ci est dans son lit, à attendre tendrement ces mots qui rassurent tant. Je suis là, je suis là, c’est un hommage aux traditions familiales, aux petites gestes qu’on fait maintes et maintes fois et qui deviennent, dû à l’accumulation, des repères dans une vie parfois trop grise. Je suis là, je suis là, c’est un album écrit par Marie-Francine Hébert, une auteure très reconnue dans le milieu littéraire jeunesse. Cette dernière fait preuve d’une grande tendresse dans les dialogues de l’album. Que ce soit par la grand-mère qui demande à sa fille de venir manger ou par les gestes quotidiens qu’elle répète pour aider sa fille, on décèle dans ce très bel album illustré par la talentueuse Mathilde Cinq-Mars, une grande douceur et poésie, qui se veut un bel hommage aux rituels familiaux et aux liens familiaux. Publié dans la collection Motif chez les éditions Druide qui est:  «  une collection proposée …

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L’autre Marie et la même Jeanne

En décembre dernier, j’ai découvert Jeanne chez les autres et Marie Larocque grâce à la réédition du roman chez No de série. C’était aussi le choix de notre groupe du samedi de notre club de lecture et ce fût vraiment une lecture appréciée par les membres, et par moi aussi! J’ai rapidement été charmée par la petite Jeanne, par sa famille toute croche, mais surtout, j’ai été éblouie par l’écriture de Marie Larocque. Sa plume est extrêmement orale, tellement qu’on entend les dialogues en les lisant, ce qui est un talent des plus chers et importants comme auteur-e, à mon sens. Ce printemps, Marie Larocque nous offrait L’autre Jeanne et ce, plusieurs années après la parution de Jeanne chez les autres, qui était en 2013. Sans le vendre comme une suite, on y découvre les mêmes personnages que dans Jeanne chez les autres qui quant à lui, devient le premier roman écrit par Jeanne. Du nom de Marie chez les autres dans le roman, on y décèle clairement un jeu de mise en abîme entre l’auteure et …

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La magie des aventures de ruelles du Mile-End

Je suis une grande admiratrice du travail d’Isabelle Arsenault. J’en ai parlé à quelques reprises sur le blogue (Jane, le renard et moi, Louis parmi les spectres, Virginia Woolf, Une berceuse en chiffons). Lorsque j’ai appris qu’elle publiait un nouveau livre et ce, son premier en tant qu’auteure et illustratrice, j’avais vraiment très hâte de le découvrir. L’oiseau de Colette est le premier d’une série publiée chez La Pastèque qui mettra en scène des enfants du Mile-End. Chaque prochain livre portera sur les aventures de la vie quotidienne de chacun des enfants de la troupe. Dans ce premier album, on y suit la jeune et imaginative Colette qui voudrait tellement avoir un animal de compagnie, si seulement sa mère acceptait! Arrivée dans son nouveau quartier, le Mile-End, Colette se fera de nouveaux amis, tout en partant à la recherche de sa perruche imaginaire, Elizabeth comme la princesse, oups la reine! C’est dans la ruelle Clark que ces aventures se dérouleront. Je trouve intéressant le choix de positionner le récit directement dans ce quartier de Montréal, …

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Le charme de la relecture

« Cherche-t-on dans la relecture la personne qu’on était ou celle qu’on est devenue? » C’est en lisant cette question que j’ai pris conscience de la motivation de Laure Murat dans son essai Relire, Enquête sur une passion littéraire. Dans cet essai, elle s’entretient avec différents auteurs contemporains français et gens du milieu du livre, tels que Christine Angot, Annie Ernaux, Éric Chevillard et plusieurs autres. Elle leur a envoyé un questionnaire (disponible à la fin de cet article) pour connaître de quelle façon ceux-ci voyaient la relecture. Elle tenait à donner la parole à ceux qui relisent pour mieux comprendre le charme de se replonger dans un livre qu’on a déjà connu. Le premier chapitre de l’essai est consacré à analyser la relecture et les raisons pour lesquelles les gens aiment relire ou au contraire n’aiment pas. Quoique cela reste profondément intime, comme le démontreront les réponses des participant-es, il est intéressant d’analyser ce phénomène auquel s’adonnent les amoureux des livres. N’avons-nous tous pas un livre marquant voire fétiche qu’on aime relire, pour s’y …

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Catel & Bocquet : redécouvrir Olympe de Gouges & Joséphine Baker en romans graphiques

En novembre dernier, j’ai découvert sur Instagram que le duo Catel & Bocquet, bédéistes, avait créé des briques de romans graphiques (!) au sujet de femmes ayant marqué l’histoire. Ma curiosité avait été piquée. Or, le prix de chacun des romans graphiques (50 $) m’avait un peu rebutée, je me suis donc mise sur une liste d’attente à la bibliothèque et ce n’est que ce printemps que j’ai eu la chance de me plonger dans deux des trois œuvres réalisées par le duo : Olympe de Gouges et Joséphine Baker. Publiés chez Casterman, ces deux romans graphiques m’ont permis de connaître davantage deux femmes exceptionnelles de l’histoire. J’avais pris un peu plus connaissance du destin complètement inspirant de ces deux femmes dans Culottées 1 et 2 de Pénélope Bagieu, mais c’est vraiment en lisant ces deux romans graphiques que j’ai découvert leur vie et leurs histoires. Ce sont deux femmes libres, avant-gardistes et profondément habitées de convictions de justice qui m’ont vraiment impressionnée et je resterai longuement marquée par ces lectures. Ces deux femmes se rejoignent dans leurs forces …

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Combattre la solitude par l’humour ; autopsie d’une femme pas si plate que ça

Prémisse simple ici : une femme se fait quitter par son mari parce qu’il en aime une autre. Classique, prévisible (elle est plus jeune), et, disons-le, un peu facile comme élément déclencheur. Une chance, cela est raconté par Marie-Renée Lavoie, ce qui en fait un roman divertissant et loin d’être si banal, au fond. Diane, le personnage principal, se considère plate, beige et se tape sur la tête un peu suite au départ de son mari. Elle doit apprendre à vivre seule. Ses enfants ont quitté la maison familiale, son mari aussi, elle s’y retrouve donc éprise de souvenirs douloureux d’enfance et de vies heureuses. Diane tentera d’aller mieux en rêvassant à son collègue ou en s’offrant des bottes en cuir très dispendieuses. Tous les moyens sont bons pour survivre à cette épreuve et aux effets collatéraux de cette rupture. Et l’alcool aide toujours un peu. Autopsie d’une femme plate, m’a longuement intéressée. Depuis que j’ai appris qu’il y aura un nouveau titre de Marie-Renée Lavoie, j’avais bien hâte de m’y plonger, car j’avais adoré …

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Moi aussi j’aime les hommes : un échange touchant et nécessaire

Alain Labonté et Simon Boulerice ont correspondu pendant plusieurs mois et cela a donné naissance à ce livre publié chez les Éditions Stanké, Moi aussi j’aime les hommes. Ce qui a motivé cette discussion épistolaire c’est lorsqu’Alain Labonté a vu aux informations qu’un jeune homme a été tué à cause de son orientation sexuelle. Il décide alors d’écrire à son ami Simon Boulerice pour lui faire part de sa douleur et de son incompréhension. S’ensuit une magnifique correspondance à laquelle on se sent privilégié d’avoir accès. C’est au fil de leurs voyages et de leurs réflexions propres à chacun que les deux hommes prennent le temps et le crayon pour s’écrire un peu. Leurs échanges sont généreux, intimes et ils nous touchent directement au cœur, car on y parle de thèmes des plus sincères et universels : l’affirmation de soi, la création, la vie familiale et amoureuse. Dès la première seconde où je me suis plongée dans ce bouquin, je me suis laissée prendre par cette discussion, je me faisais spectatrice d’un moment important ; celui …

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Elena & Lila, quel plaisir de vous retrouver…

Je ne suis pas une très grande lectrice de séries, mais celle-ci fait exception. L’amie prodigieuse dont j’avais parlé avec beaucoup d’émotion juste ici m’a conquise. Et je dois avouer que le deuxième tome, Le nouveau nom, m’a aussi obnubilée. J’avais tellement hâte – et beaucoup d’attentes – face à ces retrouvailles. C’est en juillet dernier que je me suis laissée captiver et fasciner par cette histoire d’amitié avec le premier tome de la série. Je voulais retrouver cet amour et cette tendresse que je portais envers ces deux filles, Lila & Elena. J’avais tellement pensé à elles au fil des mois. Cette série a le don de nous faire vivre, vieillir, évoluer avec ses personnages et d’ainsi avoir l’impression qu’ils nous habitent un peu. C’est exactement cela ; j’étais accompagnée de Lila & Elena. Durant mon voyage à Naples bien sûr, mais à Montréal aussi. C’est une lecture qui m’avait beaucoup marquée, alors j’étais fort heureuse et nerveuse de retourner à Naples avec elles. Elena & Lila, vous ne m’avez pas déçue. Vos vies …

13 lettres pour vous dire qu’on vous aime

Parfois j’ai l’impression de me répéter sur ce blogue (!) parce que j’ai dit à de nombreuses reprises à quel point j’aimais Simon Boulerice. Tant pis, on dit jamais assez je t’aime, comme me l’a rappelé le roman dont je veux vous parler, je le redis, encore et encore, Simon Boulerice, je t’aime. (J’ai quand même eu la chance de lui dire, en vrai lors de notre dernier événement à Arsenal, n’ayez crainte, avec plus de nuance bien sûr!) Avec ce dernier roman pour adolescents, Le dernier qui sort éteint la lumière, Simon Boulerice nous fait découvrir une famille des plus attachantes. Pour vrai, j’avais presque envie d’être adoptée! Les deux jumeaux, Arnold (pour Schwarzenegger voyons!) et Alia vivent avec leurs deux papas : Papou et Poupa ou plus communément appelés Julien et Édouard. 13 lettres pour vous dire qu’on vous aime Les parents décident pour le 13e anniversaire de leurs jumeaux de leur offrir une lettre par jour, pendant 13 jours, pour leur avouer qui est entre les deux le père biologique des jumeaux, la …